en avoir marre

en avoir marre (tableau rapide)
en avoir marre ■ (Idée d'excès de fatigue et d'ennui). En avoir assez, en avoir trop, être fatigué de, être dégoûté de ; s'ennuyer, (s'ennuyer en prison) ■ c'est bon, c'est fini, c'est tout, ça suffit ; expression de refus
synonyme non, refus, ennuyer, s'ennuyer, assez, en avoir assez, excédé
date 1895
fréquence 228

en avoir marre

& en avoir mare ; en avoir mar ; y en avoir marre ; y en a marre de ; avoir son marre ; c'est marre ; c'est marre pour ; en voilà marre ; faire marre ; ça fait marre ; mare ; mar ; mart ; marre ; marré ; être marré ; en avoir marré ; en avoir maré ; avoir marré de ; mare, j'en ai marre

locution

Définition

■ (Idée d'excès de fatigue et d'ennui). En avoir assez, en avoir trop, être fatigué de, être dégoûté de ; s'ennuyer, (s'ennuyer en prison) ■ c'est bon, c'est fini, c'est tout, ça suffit ; expression de refus ALL : Rechnung, genug, ich habe genug davon / ANG : enough ; I am tired of it

registre ancien : 8 registre moderne : 6

Synonyme : non, refus, ennuyer, s'ennuyer, assez, en avoir assez, excédé Morphologie : e/é-et-ez Famille : marre, maré (assez)

4623_mistinguett_j_en_ai_marre.jpg: 468x600, 80k (12 février 2018 à 19h28)

Citations
1932 Alors, pendant qu'les frangin's sont à leur boulot et qu'c'est marr' pour la r'luque, la môm' ouvr' la dardant' et fout son bif' à la vioqu' qui l'agrippe en quatrième. source : 1932. Le pourrissoir / edit
1976 Aujourd'hui, t'en as la moitié qui sont toutes seules ! Elles paient tant la journée pour venir tapiner, et c'est marre ! source : 1976. Le nouveau visage de la prostitution / edit
1965 Adolf, avec les Sudètes et l'Autriche, je trouve que c'est marre. Maintenant que t'as montré ce que t'es capable, tu vas rester peinard avec ta paye de Furère et te mettre de l'argent de côté pour nos vieux jours. source : 1965. La débâcle / edit
1932 il en avait marre des bombardements source : 1932. De Gaby Deslys à Mistinguett / edit
1935 Aussi n'ouvrait-elle pas la bouche, de crainte de mécontenter, par quelque sottise, le Père Noël qui entend tout. Barjon et Chouard eurent beau insister, elle se refusa de chanter : Moi, j'en ai marre. Jeanette lui a dit que c'est une vilaine chanson. source : 1935. Viande à brûler / edit
1935 Y en quelques-uns, des gars qui ont essayé de me coincer, mais je leur ai fait comprendre que c'est marre avec les clients et que quand je me pieute pour de vrai, je roupille mieux toute seule. source : 1935. Viande à brûler / edit
1898 Pour ma part, j'en ai marre et je ne veux plus rien savoir pour m'en laisser boucher des surfaces comme ça. source : 1898. Notes d'un tricoteur (L'Auto-Vélo) / edit
1981 T'en as pas marre de ces marioles source : 1981. J'ai raté télé foot / edit
1979 Les hommes, j'en ai marre et plus que marre et je peux me vanter de les connaître source : 1979. Les mauvais lieux de Paris / edit
1939 des délégations de snobs que démange l'envie de s'affranchir, et qui éprouvent une volupté réelle à dire : « C'est régulier, c'est correct, je suis à la page, j'en ai marre, un truc marle, un malabar, etc. » source : 1939. Le piéton de Paris / edit
1994 Y'en a marre, c'est dégueulasse source : 1994. C'est quand qu'on va où / edit
1927 Tu attiges un peu, tu ne vois pas que tu les barbes ! Un discours, ça va bien, mais quand ça dure trop, on en a marre source : 1927. Les Pieds-Nickelés au Mexique, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927) / edit
1937 Il faut remonter les boulets de quelques crans et puis c'est marre source : 1937. Bagatelles pour un massacre / edit
1945 pour moderniser son propos, il emploie parfois l'argot, à l'étonnement général : « Zigouillé !… On en avait marre ! » source : 1945. Mon journal depuis la Libération / edit
1950 Où il devenait nettement emmerdeur, c'est quand il commençait à raconter des salades sur chacun des petits gars épinglés au mur. Au bout de quelques mois, ça finissait par faire marre source : 1950. Ainsi soit-il / edit
1918 Je commençais à en avoir marre source : 1918. Loin de la rifflette / edit
1955 Qu'est-ce que tu as fait pour le posséder, hein ? Des sourires et c'est marre source : 1955. Pas de pitié pour les caves / edit
1957 j'en ai marre, marre. Les hommes se soutiennent entre eux source : 1957. Les eaux troubles de Javel / edit
1969 Marre d'être fils à maman ! Marre d'être gendre, marre d'être cadre à vie, paré devant, paré derrière, sécurité d'abord ! source : 1969. Les fous de Hong-Kong / edit
1953 T'avoues, toi, pour ton compte et c'est marre. source : 1953. Les aveux les plus doux / edit
1995 en plus, je vois pas ce qu'on peut faire, après une journée pareille, y a qu'à se coucher et pis c'est marre… source : 1995. Les pieds-bleus / edit
1952 Ne me parlez plus de chasse. J'en ai marre et marre et marre. […] Non, non ! La chasse, c'est marre, c'est marre, marre et marre. source : 1952. Émile et son flingue / edit
1921 je vais, semant la mauvaise nouvelle ; et sous mes pas lève une moisson d'imprécations : « Quelle fouterie !… Y en a marre !… Pour qui qu'on nous prend ?… Cochon d'blockhauss ! » source : 1921. La boue / edit
1915 On sent bien maintenant, nous autres qui sommes sur les lieux, que les Boches en ont mar. Notre artillerie les harcelle toute la journée et toute la nuit. source : 1915. (correspondance) Lettre de combattant (4) / edit
1915 Si ça vous plaît, à vous autres, de bouffer des kilomètres, moi, je vous cacherai pas que j'en ai « mare »… source : 1915. Les poilus de la 9e / edit
1971 Se lever toujours à la même heure, se coucher tôt le soir, être aimable avec les autres, bien faire son lit, se laver… et puis tout le reste…. Marre… marre… marre… il y en avait marre. Je veux « vivre » source : 1971. Histoire de Michèle / edit
1987 je m'étais engagé à dix-sept. Marre de casser du nègre, de jouer les flics de l'Afrique, mais j'étais dans les paras source : 1987. Voyage à l'intérieur des prisons - Témoignage / edit
1994 Je ne voulais pas y aller et puis c'est marre. source : 1994. La guerre des gusses / edit
1922 Y en a des plus marles que tes cols qui m'ont cuisiné depuis quinze jours et je leur ait dit que dalle ! Et puis en v'là marre avec ça ! source : 1922. Au Lion Tranquille / edit
2004 Les habitants du plateau en ont marre, mais marre à un point inimaginable. source : 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne / edit
1963 J'en ai marre, Willsdorff, tu comprends. J'en ai marre de me sauver comme un romanichel. J'en ai marre des Viets, j'en ai marre, j'en ai marre… source : 1963. La 317e section / edit
1977 La rue, c'est pas fait pour se baguenauder, une souris au bras. Seul ou avec les copains, c'est marre. source : 1977. Faut pas rire avec les barbares / edit
1977 Et puis, ça suffit pas pour la tranquillité, parce que j'en ai marre, marre, marre, marre. Bart, enculé de ta race, où tu m'as mené, dis ? source : 1977. Faut pas rire avec les barbares / edit
1953 J'en ai marre, marre de tout… source : 1953. Alors, pommadé, tu jactes ? / edit
1953 S'il calenche, c'est plus simple : règlement de comptes, diront les canards du lendemain. Et c'est marre. On écrase le coup, on classe le machin et Pigalle continue à se fendre la pipe source : 1953. Alors, pommadé, tu jactes ? / edit

<35 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

MARRE, adv. Pop. [Dans des expr.] Synon. de assez. En avoir marre (de qqn, de qqc.). En avoir assez, être excédé, écoeuré. Quand Trimault eut bien usé d'elle, un matin, après une scène: Ma petite, j'en ai marre de t'entretenir (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p.33). Il faut que je rouvre maintenant les trois valises! Eh bien, non et non! J'en ai marre, moi! (MONTHERL., Fils personne, 1943, IV, 4, p.342): Allons, en avant! Maniez-vous, les gars! dit l'adjudant (...). L'endroit n'est pas bon. On est éreinté, meugle une voix (...). Zut! J'en ai marre, j'reste là, gémit un autre à bout de souffle et de force. BARBUSSE, Feu, 1916, p.183. C'est marre, (il) y en a marre. Cela suffit. Cette fois-ci, y en a marre, j'vais tous les virer (SIMONIN, J. BAZIN, Voilà taxi! 1935, p.189). Il en avait eu sa claque des litiges, des réclamations... à propos de tous les brevets (...) c'était marre! (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p.683). Prononc.: []. Étymol. et Hist. 1881 adv. maré « assez » (ESN.); 1883 subst. masc. J'en ai maré «dégoût» (ibid.); 1895 J'en ai mar « je suis excédé » (ibid.); 1896 adv. Marre « assez ! » (DELESALLE, Dict. arg.-fr. et fr.-arg., p.176). Orig. incert. Plus prob. déverbal de marer, se marer* « s'ennuyer » (v. ESN.), qu'issu de se marrir (v. marri), cf. les dér. marrement « chagrin, déplaisir » (1050 XIIIe s.), marrissement « déplaisir » (XIIIe XVIe s.), marance « affliction, faute légère, toute sorte de faute, d'infraction aux règles » (ca 1200 ca 1400), etc., dont il reste quelques traces dans les parlers d'oïl ; selon P. GUIRAUD ds Cah. Lexicol. t. 17, pp.10 à 13, le rattachement de maré*, mare à la famille de marelle* et plus particulièrement aux formes merel, mereau, qui désignent différentes sortes de jetons: meriau « jeton servant de monnaie de convention » (ca 1245-1400), méreau « jeton de présence, jeton qui sert à compter » (XVIe-XVIIe s.), merelle « jeton », puis « gage, gain », « part due » (XVe-XVIe s.) (v. FEW t. 6, 1, p.368b, 369, 370a) l'amène à donner à mare le sens de « jeton qui sert à attribuer la part qui vous est due dans une distribution », puis de «part» et à avoir son maré, son mar le sens de « avoir sa part », mais cette hyp. n'entraîne pas entièrement la conviction. L'hyp. d'un empr. à l'ar. andek « tu as eu », marra « une fois » c'est-à-dire « ça suffit » (ROB.) n'est étayée par aucun texte venant d'Afrique du Nord. (tlfi:marre) /

  • Mare, mar : abrév. de maré = blasé, qui vient de marée = répulsion, dégoût par allusion à l'odeur du poisson peu frais (SAIN-TRANCH)
  • Il semble que c'est un vieux mot, de la famille du mot marri encore en usage, dans l'acception de fâché, triste, chagriné (Dech1918)
  • Se marrer signifiait autrefois s'ennuyer, être dégoûté, avoir des nausées, sensation du mal de mer (mar) - d'où : en avoir marre - : on a fini par sous-entendre « à force de rire », comme quelqu'un qui rit aux larmes, et crie « assez, assez » (AYN)
  • Esp. mareo (mal de mer) : la comparaison de l'ivresse au mal de mer se trouve déjà dans les Prov. bibliques (MCC)
  • P.-ê de se marrir « s'affliger », maré « excédé » (1895, Chautard)
  • Marri, ou esp. marearse «avoir la nausée», de mar « mer » ; P. Guiraud rattache le mot à l'anc. franç. marre « caillou », d'où merel, marreau « jeton », d'où merel « part due », par la loc. prendre son marre, comme prendre son pied, son taf (GR)
  • signalé comme usité dans contingents parisiens, antérieur à la guerre, ayant obtenu un succès considérable (Dauzat1918)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)
  • 1895, j'en ai mar (GR) /

Enrichir la notice. Si vous connaissez une source ancienne, une première attestation méconnue, ou si vous pouvez compléter l'étymologie ou corriger une erreur, cette notice a besoin de votre aide. Formulaire de commentaire (s'ouvre dans une nouvelle page).

+Bob +Move +Régénérer

  • 117666 rapport aux Yankees qui ne l'avaient pas à la bonne parce qu'il allait rétamer leur bon pèze.
  • 117665 D'ailleurs le père Rivierre s'est déjà barré de New-York ; il est en train de retraverser la grande mare aux Barbeaux et d'ici quelques jours on va pouvoir jaspiner avec
  • 117664 Quant à Stéphane et Rivierre je ne sais pas s'ils vont revenir très rupins de Madison ; ils se sont éreintés le système à cavaler comme des écureuils pendant une centaine
  • 117663 je ne crois pas qu'il a fait fortune au pays des dollars et je serai plutôt d'avis qu'il doit être dans une mouise comparable à celle du père Job quand il se tenait assis
  • 24131 ou bien c'est un terrible con… encore mille fois plus dangereux… quelque présomptueux aveugle… C'est un fourvoyeur des masses… Même tabac pour l'autre Jacques
Citation :
Source (id) :
Bob (id) :
Citation (id) :