Définition de : zut !

  • zut !
    • Interjection de dépit, de déception, de surprise, de contrariété, d'agacement ; exclamation très fam. de négation, de refus, de mécontentement, d'indignation, d'agacement ; réponse pour couper court à la question
    • fréquence : 154
    • id : 8442

zut ! & zut ; zutt ! ; zut à X ; zut pour X ; zut, zut alors ! ; ah ! zut, alors ! ; et puis, zut ! ; et puis zut ! ; rezut ; quinze fois zut ; zut de zut ; zut et zut ; zut ! zut ! zut ! ; ben zut alors ! ; ah ben ! zut ! interj./juron

Définition

Interjection de dépit, de déception, de surprise, de contrariété, d'agacement ; exclamation très fam. de négation, de refus, de mécontentement, d'indignation, d'agacement ; réponse pour couper court à la question

ANG : oh ! blow it ! (for bad luck)
fréquence : 154
registre ancien : 6 registre moderne : 5

synonyme : non, refus, déception, dépit, expression de dépi famille : zut

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1813.

1845 1852 1857 1863 1863 1863 1875 1878 1880 1880 1884 1886 1887 1889 1891 1892 1892 1894 1895 1895 1896 1897 1898 1899 1899 1899 1900 1900 1901 1902 1903 1903 1905 1905 1905 1906 1907 1908 1908 1908 1909 1910 1910 1911 1911 1912 1912 1914 1914 1914 1915 1915 1915 1916 1916 1916 1916 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1917 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1918 1919 1919 1919 1920 1921 1921 1921 1922 1925 1925 1926 1927 1927 1927 1927 1927 1927 1927 1929 1930 1930 1931 1932 1932 1933 1933 1935 1935 1937 1938 1939 1945 1945 1945 1948 1948 1949 1949 1951 1952 1952 1952 1952 1954 1954 1956 1957 1958 1960 1960 1961 1961 1964 1968 1972 1973 1973 1973 1975 1976 1976 1977 1978 1979 1980 1980 1980 1981 1982 1982 1982 1984 1985 1990 1994 1997 1999 2001 2002 2007 xxxx

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Citations

  • 1887 –Pardon, mon commandant, lui répliquai-je, mais votre ordre ? vous ne me l'avez pas encore montré, j'attends toujours. –Zut ! me répondit-il. Tu ne vas pas nous em...nuyer, citoyen ! source : 1887. Le monde des prisons
  • 1852 –Pour la troisième fois, j'ai l'honneur de vous demander… –Ah !… si tu savais quel zut je t'envoie !!! source : 1852. Soufflez-moi dans l'oeil
  • 1956 Oh ! la barbe. Et zut et zut ! source : 1956. M'as-tu vu en cadavre ?
  • 1919 Il m'a dit… Zut, disait avec indignation un agent vis-à-vis duquel un poilu avait employé un langage peu parlementaire. –Avouez-vous avoir dit… zut ? […] –J'avoue avoir dit… zut ! […] –Il faut une sanction contre cet homme qui a dit… zut ! source : 1919. Juste et police...
  • 1919 Vous excuserez cet homme qui a dit… zut, disait l'avocate très gênée d'avoir à faire allusion à cette expression grossière… Ce terme prononcé dans des circonstances héroïques est presque militaure. Il ne constitue pas une injure source : 1919. Juste et police...
  • 1907 avec moi, il ne faut rien brusquer. Quand ça me plaît, je dis oui tout de suite, mais quand ça ne me plaît pas, je dis zut source : 1907. L'amour s'amuse - Roman
  • 1918 Zut pour Bertha ! dit la jeune fille, ce n'est pas elle qui m'empêchera de sortir source : 1918. Paris bombardé par les "Berthas"
  • 1892 Une drogue, un simple avortement, encore passe ; faut bien que l'art aide la nature et le prochain… Un peu de seigne ergoté, et coetera, et puis bonjour bonsoir : on ne laisse pas sa marque de fabrique. Zut pour la police ! source : 1892. Le chiffonnier de Paris - Grand roman dramatique
  • 1912 « Zut de zut ! » marmotta Lupin, furieux d'être pincé avant d'avoir obtenu ce qu'il voulait. source : 1912. Le bouchon de cristal
  • 1958 Ce ne sont pas mes coups de trompette qui ont foutu le feu aux broussailles, zut alors ! source : 1958. Millionnaires en herbe
  • 1845 la cour retentit de ces mots : Zut au berrrrrrger ! source : 1845. Les mystères du collège
  • 1948 Et zut ! zut ! zut ! Et tout ça, parce que Bidard a cru voir paraître l'adjudant au coin de la rue. source : 1948. Le client du Café du Commerce (Comédie en un acte pour jeunes gens)
  • 1949 Zut ! qu'est-ce que ça voulait dire, ce silence ? source : 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain
  • 1880 J'te vends une ceinture, me dit un forçat qui n'était pas à la fatigue. –Je n'en ai pas besoin. –Zut alors ! tu crois que ton grimpant (pantalon) et ta sonnante (chaîne) tiendront tout seuls ? source : 1880. Souvenirs de prison et de bagne
  • 1914-1919 à plat ventre, on n'est pas vu du Boche : zut pour les balles et les marmites, c'est trop bête de rester dans les trous par ce beau temps. source : 1914-1919. Les carnets de l'aspirant Laby. Médecin des tranchées
  • 1903 C'est la femme qui a foutu deux coups de couteau à un curé. Ah ! zut alors ! C'est pas moi qui en « pincerais » pour les robes noires. Ça prouve aussi que c'est une salope car peut-être bien que le « ratichon » ne voulait rien savoir et alors elle l'a « lardé ». source : 1903. Les enracinées

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Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

ZUT, interj. Fam. Synon. crotte (fam.), flûte1, mince, ; merde (trivial). A. [Le locuteur s'adresse à un interlocuteur] 1. [Pour marquer l'irritation, l'exaspération, l'impatience, le désir d'en finir] Je ne l'ai pas dit, encore une fois! Si, vous l'avez dit. Non! Si! Zut! Vous m'embêtez à la fin! Vraiment on n'a pas idée de ça! Vouloir me persuader que j'ai dit une chose quand je n'ai même pas ouvert la bouche (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, p. 179). Zut!... Flûte!... C'est trop embêtant aussi!... C'est toujours la même chose... On ne peut rien dire, rien faire sans être reçu comme un chien... (MIRBEAU, Journal femme ch., 1900, p. 352). 2. [Pour marquer le mépris, l'indifférence] Presque tous les soirs (...) il fait à sa femme des scènes terribles ! Dame... franchement!... Et qu'est-ce que sa femme peut lui répondre ? Elle lui répond : zut ! dit Marianne (FEUILLET, Honn. d'artiste, 1890, pp. 56-57). B. [Le locuteur réagit par rapport à lui-même ou à une situation qui le concerne de près ou de loin] 1. [Pour marquer la colère, l'irritation] La nuit tombait déjà, lorsque le 106e (...) put enfin s'installer, tellement il y avait eu de confusion dans le choix et dans la désignation des emplacements. Zut! dit furieusement Chouteau, je ne mange pas, je dors ! C'était le cri de tous les hommes (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 136). 2. [Pour marquer le désir d'en finir une fois pour toutes, de ne plus évoquer tel problème, telle situation] Ah! et puis zut, à la fin du compte! Il est plus simple de ne point songer à tout cela (HUYSMANS, Là-bas, t. 1, 1891, p. 25). Loc., vieilli. Zut et bran! Synon. zut et crotte ! V. bran C. 3. [Pour marquer le déplaisir causé par un contretemps, la contrariété devant une obligation] Il sonne à tour de bras. La sonnette ... se détache, tombe et roule au loin ... Consternation de Médard. Zut ! j'ai cassé la sonnette ! (COURTELINE, Conv. Alceste, Cochon de Médard, 1892, II, p. 53). C'est mon tour d'allumer le feu, zut! Il va falloir casser du petit bois dans le hangar, et s'abîmer les mains, et porter des bûches (COLETTE, Cl. école, 1900, p. 44). Étymol. et Hist. 1813 z'ut (lang. poissard, s. réf. ds ESN.: Allons, z'ut pour les petits boyaux, Y faut m'régaler d'un pigeon); 1833 zuth (BOREL, Champavert, p. 177: zuth et bran pour les Prussiens); 1837 zut (BALZAC, C. Birotteau, p. 318 : Tôt ou tard, zut ! l'usurier siffle son homme comme moi ce verre de vin). Mot issu de l'agglutination de deux élém., z- et -ut, dont le premier représente un -s final dans allons ou je te/lui dis; le z de liaison, motivé ou non, était caractéristique du genre poissard qui fleurissait au déb. du XIXe s. (cf. BRUNOT t. 10, p. 100 et p. 263) et a fourni notre attest. de 1813. Le deuxième élém., ut ou sa var. hut, apparaît dans un sens voisin de zut dans les textes suiv.: 1791 (Le Véritable P. Duchesne f., Grand compliment..., p. 3 ds QUEM. DDL t. 32: Allons, allons, hut! pas de ça) ; 1797 (La Petite poste de Paris, no 32, 12 pluviôse an 5, p. 352, ibid.: et ut, j'ai bu ma goutte); 1804 (MARTAINVILLE, Une Demi-heure de cabaret, p. 11 [Barba], ibid. : qu'il aille à Charenton, et hut...); et en partic., dans une plaisanterie pop. fréq. au déb. du XIXe s. ca 1803 (AUBERT, Les Nouv. mots poissards [Daniel], ibid.: Sais-tu la musique; allons, [...] ut (cité dans une éd. de 1816 par R. DAGNEAUD, Les Éléments pop. dans le lex. de la Comédie Humaine de Balzac, p. 201)) ; 1808 (HAUTEL, s.v. ut: Sais-tu la musique? Oui : Eh bien, Ut ! Quolibet qui, d'une farce comique, est passé parmi le peuple; se dit à quelqu'un que l'on est ennuyé d'entendre, et équivaut à va te promener, retire toi); 1809 ([LECLAIR], Médit. hussard, p. 30 : sais-tu la musique ! eh bien ut...). La finale -ut est d'orig. obsc. et a reçu plusieurs explications: qq. dict. voient dans zut un croisement entre les interj. zest et flûte ; J. ORR ds Arch. ling. t. 1, pp. 60-65 considère -ut comme une atténuation euphémique de foutre par les intermédiaires : outre, out ; selon BOUTMY 1883, s.v. ut, zut serait une corruption de ut, formule de souhait dans l'arg. des typographes (GATTEL 1797: Ut [...] C'est le premier mot du souhait que se faisoient en buvant les anciens imprimeurs [...]: Ut tibi prosit meri potio (Que grand bien vous fasse ce bon vin pur). Par abréviation l'on se contenta ensuite du mot ut); enfin, on pourrait voir dans ut l'onomat. d'un sifflement, accompagné ou non d'un geste de la main, marquant un mouvement rapide, un escamotage, la disparition de qqn ou de qqc., et p. ext., le désir de voir disparaître ou s'éloigner qqn ou qqc. ; en ce cas, ut serait à rapprocher de pf(t)* et ses var., en partic. uit chez A. Daudet (cf. BURNS 1916, p. 132). Bbg. DARM. 1877, p. 68. GEORGE (K.E.M.). Formules de nég. et de refus en fr. pop. et arg. Fr. mod. 1970, t. 38, p. 312. ORR (J). Qq. étymol. scabreuses. Archivum linguisticum. 1949, t. 1, pp. 60-65. (tlfi:zut)

  • Parmi plusieurs étymologies, celle-ci : un maître de solfège tatillon persistait à reprendre une de ses élèves, qui montait la game, en lui râbachant : 'Ut, mademoiselle, dites : ut !'. Excédée la jeune fille finit par l'imiter en accentuant la liaison : 'Dites 'ut' ! Dites ut ! Z-ut [etc] (cité dans AYN)
  • D'abord avec une valeur voisine de vlan, ouste (Balzac, César Birotteau) ; p.-ê. du rad. onomat. zek-, de zest, et finale -ut, atténuation de foutre (d'où outre, out') ou empruntée à la finale de flûte (GR)
  • Mot issu de l'agglutination de deux élém., z- et -ut, dont le premier représente un -s final dans allons ou je te/lui dis; le z de liaison, motivé ou non, était caractéristique du genre poissard qui fleurissait au déb. du XIXe s. (cf. BRUNOT t. 10, p. 100 et p. 263) et a fourni l'attest. de 1813. La finale -ut est d'orig. obsc. et a reçu plusieurs explications : qq. dict. voient dans zut un croisement entre les interj. zest et flûte ; J. ORR ds Arch. ling. t. 1, pp. 60-65 considère -ut comme une atténuation euphémique de foutre par les intermédiaires : outre, out ; selon BOUTMY 1883, s.v. ut, zut serait une corruption de ut, formule de souhait dans l'arg. des typographes (GATTEL 1797 : Ut [...] C'est le premier mot du souhait que se faisoient en buvant les anciens imprimeurs [...] : Ut tibi prosit meri potio (Que grand bien vous fasse ce bon vin pur). Par abréviation l'on se contenta ensuite du mot ut) ; enfin, on pourrait voir dans ut l'onomat. d'un sifflement, accompagné ou non d'un geste de la main, marquant un mouvement rapide, un escamotage, la disparition de qqn ou de qqc., et p. ext., le désir de voir disparaître ou s'éloigner qqn ou qqc. ; en ce cas, ut serait à rapprocher de pf(t)* et ses var., en partic. uit chez A. Daudet (cf. BURNS 1916, p. 132) (TLFi)
  • 1813 (GR) / 1813 z'ut (lang. poissard, s. réf. ds ESN : Allons, z'ut pour les petits boyaux, Y faut m'régaler d'un pigeon) ; 1833 zuth (BOREL, Champavert, p. 177 : zuth et bran pour les Prussiens) ; 1837 zut (BALZAC, C. Birotteau, p. 318 : Tôt ou tard, zut ! l'usurier siffle son homme comme moi ce verre de vin) (TLFi) /

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