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Citations relevées dans “La prostitution contemporaine, étude d'une question sociale”

  • Un candidat politique, qui écrirait dans son programme : « Électeurs, si j'ai l'honneur de devenir votre mandataire, je demanderai la suppression des règlements de police qui existent contre les prostituées, » – ce candidat aurait quatre-vingt-dix chances sur cent de voir, pour celte seule déclaration, son nom demeurer au fond de l'urne du scrutin. – (82939)
  • l'être dégradé qui vit de la sodomie ne devient pédéraste que pour exploiter les bourgeois dégoûtants atteints de ce vice. Il est démontré, il est constaté d'une façon irréfutable que tout prostitué du sexe masculin est en même temps un bandit de la pire espèce ; pour lui, la pédérastie est un moyen de chantage, de vol, souvent même d'assassinat. Dans leur argot, ces individus appellent cela « s'occuper de politique », c'est-à-dire mettre à contribution, par le chantage et l'escroquerie, les individus assez vils pour aller chercher auprès d'eux des voluptés immondes. – (s'occuper de politique)
  • Nous nous intitulons orgueilleusement : le sexe fort. – (76876)
  • dans un magasin de nouveautés, par exemple, la commise alerte et naturellement gracieuse me paraît beaucoup mieux à sa place que le commis plein d'affectation qui déroule quatre mètres de rubans en faisant la bouche en cœur. – (bouche en coeur)
  • L'ouvrier a raison de mettre à l'index tout patron qui emploie des sarrasins ou des sarrasines, (*) je suis le premier à le reconnaître. [(*Sarrasin est le nom sous lequel on désigne les ouvriers typographes qui travaillent au dessous du tarif.)] – (sarrazin)
  • À force de barbouiller des toiles, de râcler du violon, de noircir du papier, elles finiraient par se croire de grandes artistes. – (racler)
  • Des fois même, trop souvent, hélas ! un père, rentrant le soir entre deux vins, a abusé de sa fille en l'absence de la mère ou pendant qu'elle dormait. – (entre deux vins)
  • Une jeune orpheline, ou bien une fillette que ses parents ne peuvent surveiller, a grand'peine à éviter un faux pas. À l'atelier, à la sortie de la manufacture, elle est en butte aux propositions des hommes. – (faux pas)
  • La fillette jette son bonnet rose par-dessus les moulins ; puis vient la grossesse. C'est le moment, pour le freluquet, de disparaître. – (jeter son bonnet par dessus les moulins)
  • Souvent même, la courtière en chair à plaisir conduit au préalable la petite chez une sage-femme, qui lui fait avaler une drogue « pour lui éviter les charges de la maternité. » – (chair à plaisir)
  • Nombreux encore, les confesseurs qui entortillent adroitement leurs pénitentes dès l'époque du catéchisme de persévérance. – (entortiller)
  • Certes, il y aurait folie à soutenir que la prostitution provient de ce que les maîtres dévirginent leurs domestiques et leur donnent leurs huit jours dès qu'elles sont enceintes. – (82943)
  • On appelle « maquerelle » une femme qui fait métier de débaucher les autres femmes et les jeunes filles, mais principalement celle qui tient une maison de prostitution, que la maison soit autorisée ou qu'elle soit clandestine. – (maquerelle)
  • Que les prôneurs de la prostitution légale s'ingénient à décerner aux teneuses de bordels des qualifications aussi respectueuses que possible, comme maitresse de maison ou dame de maison ; c'est leur affaire. – (dame de maison)
  • la maquerelle a généralement en réserve, dans une pièce retirée, deux ou trois gros boule-dogues aux crocs puissants pour en imposer, au besoin, aux clients par trop tapageurs ou à ceux qui, ayant passé un quart d'heure « à faire flanelle », c'est-à-dire à flâner dans les salons sans consommer ni monter avec une femme, refusent de s'en aller et s'entêtent à ne pas vouloir faire marcher le commerce de la maison. – (flanelle)
  • On a aboli la traite des noirs ; nous avons la traite des blanches [en parlant de l'échange régulier des prostituées entre bordels]. – (traite des blanches)
  • –On me propose Niniche, dit la dame de maison. […] –Ah ! j'y suis !… Et combien est-ce qu'on vous demande ? –Douze cents francs. –Mauvaise affaire !… –Vous croyez ? –Je vous le certifie… Elle n'est pas mal de sa personne ; mais elle fait sa poire, et les hommes qui se décident à monter avec elle ne sont pas nombreux. – (faire sa poire)
  • Elle n'est pas mal de sa personne ; mais elle fait sa poire, et les hommes qui se décident à monter avec elle ne sont pas nombreux. –Merci pour le renseignement… Je laisse Niniche où elle est… Que Mme Stella s'en débrouille comme elle pourra !… – (se débrouiller)
  • car il est bien des lupanars officiels dans lesquels des femmes galantes (quelquefois même des prostituées non inscrites) vont faire ce que l'on est convenu d'appeler « des passes ». – (femme galante)
  • Mais, les écrivains spécialistes, qui sont tenus à moins de réserve, ont fait connaître à quel point le lupanar officiel [rue de Chabanais] est devenu de nos jours un foyer de saphisme – (82944)
  • la maison de tolérance communique fatalement ce vice contre nature à toutes les filles qui y demeurent et déverse sur la société un grand nombre de tribades, lesquelles propagent à leur tour cette passion gomorrhéenne. – (82945)
  • Alors, cette provocation publique à la débauche, qui est illégale de la part d'une fille non inscrite, est parfaitement régulière venant d'une sous-maîtresse ou d'une femme de bordel. – (sous-maîtresse)
  • la fille soumise qui s'est agrippée au bras du même monsieur en lui disant : « Veux-tu monter un moment chez moi, joli garçon ? » – (monter)
  • Ces achats se règlent de la main à la main. La fille qui change de maison sait que sa nouvelle patronne a payé à son ancienne telle somme, qui représentait ses dettes. – (de la main à la main)
  • La plupart entrent au bordel ne possédant ni bas, ni souliers, ni chemises. Lorsque c'est à l'hôpital ou à la prison qu'elles ont été recrutées, la dame de maison qui les a retenues est obligée de leur envoyer de quoi se couvrir ; et quand elles passent d'un lupanar à un autre, elles ne peuvent le faire qu'avec les vêtements appartenant à la maîtresse qu'elles quittent. Les filles ont une expression pour désigner ce trousseau lorsqu'elles le renvoient à sa propriétaire ; elles disent alors « qu'elles rendent leur change. » – (change)
  • Ces cadeaux particuliers d'argent que les clients laissent aux prostituées à titre de gratitude, comme un pourboire à un cocher, s'appellent « des gants ». Les filles se disent entre elles en parlant de cette généro- sité : « J'ai reçu tant pour mes gants ». C'est le seul et unique produit qu'elles retirent de leur prostitution – (gants)
  • Cette réclamation n'ayant pas été non plus accueillie, elle restitua les mille francs en se répandant en propos des plus violents contre la fille, qui les lui rendit du reste avec usure. – (payer avec usure)
  • Quant aux amants de cœur des maquerelles, ils ne doivent pas, selon les règlements, être entretenus dans le lupanar. – (amant de coeur)
  • Tel brillant viveur, que les petits crevés admirent au cercle, est entretenu par une teneuse de bordel dans les hauts prix. – (crevé)
  • Un voisin adresse-t-il une plainte contre un lupanar, aussitôt la guerre lui est déclarée ; les souteneurs de la maison se livrent à mille sévices à son égard ; si le plaignant est un commerçant, chaque nuit on barbouillera d'ordures l'enseigne de son magasin – (souteneur)
  • Chaque maison cherche à enlever à sa voisine la fille la plus en vogue. Toutes les intrigues possibles et imaginables sont mises en œuvre. Il arrive souvent que l'une des maquerelles parvient à ses fins. Alors, l'autre entre dans une rage bleue : elle ne veut pas céder la fille convoitée – (rage bleue)
  • Tous les voyous, tous les « faiseurs de flanelle », contre lesquels la maquerelle dépitée lâchait autrefois ses souteneurs, sont maintenant choyés et bien reçus ; on leur paie à boire ; on les excite à aller faire du charivari chez la voisine triomphante – (flanelle)
  • Il est impossible de parler des dames de maison sans dire un mot des sous-maîtresses. La sous-maîtresse est une servante, qui représente vis-à-vis des filles du lupanar l'autorité de la maquerelle, lorsque celle-ci est absente. Elle a la confiance de la directrice de la maison. Elle possède les clefs de la cave. C'est elle qui fait payer les clients, auxquels du reste elle ne manque jamais de se recommander en disant : « N'oubliez pas la petite bonne ». Le client donne cinquante centimes, un franc ou deux francs, suivant l'importance du lupanar dans lequel il se trouve : le pourboire de la sous-maîtresse est proportionné au prix de la « passe ». Cet argent, la sous-maîtresse le garde ; la maîtresse ne le lui jalouse pas, comme elle fait pour les « gants » des filles. […] Au dessous de la sous-maîtresse se trouvent des servantes ordinaires. Ce sont ordinairement de vieilles prostituées usées et décrépites – (sous-maîtresse)
  • Mais, puisque le maquerellage est l'exploitation de la prostituée sous toutes ses formes, faut-il en conclure que toutes les maquerelles s'enrichissent ? – (maquerellage)
  • Tant que les particuliers se plaignirent, l'administration ferma l'oreille ; ce que cet agent faisait était dans les habitudes de la police. – (80487)
  • Les trois quarts du temps, on dit cela à des ouvrières qui ne se prostituent pas le moins du monde. – (la moitié du temps)
  • l'aventurière, sa maîtresse, qui se donnait pour archiduchesse et était tout simplement une mauvaise chanteuse en rupture de planches – (en rupture de planches)
  • l'Ordre-Moral régnait, le sabre de l'état-de-siège était tout-puissant, et les plaintes qui s'élevaient contre le pacha de la sûreté étaient aussitôt étouffées. – (30131)
  • Enfin, il termina en se lançant dans des tirades à perte de vue sur le proxénétisme, plus honteux que la prostitution elle-même, plus coupable que la débauche à laquelle il sert d'intermédiaire, etc., etc. – (à perte de vue)
  • ce qui n'a pas empêché ce général ramolli d'être élu sénateur par le département de la Loire-très-Inférieure. – (ramolli)
  • Le trafic est international, se fait au grand jour, sans que le parquet y mette le holà. – (79207)
  • Un coiffeur de Londres, nommé Albert, ayant sa boutique à Leicester- square, télégraphie à une maquerelle de Bruxelles, Malvina, « qu'il tient à sa disposition des colis anglais agés de dix-sept ans. » – (colis)
  • La marchandise [prostituées] est prise en Angleterre, transbordee en France, et de là repassée en Belgique. À Dieppe, les proxénètes ont à leur disposition ce qu'ils appellent dans leur argot un condé franc, c'est-à-dire un magistrat corrompu qui les favorise. [la source de cette remarque est Guyot, reprenant « deux lettres très curieuses que la Lanterne a publiées en 1881 »] – (condé franc)
  • Les entremetteuses s'occupent surtout des prostituées qui vivent hors des lupanars, c'est-à-dire des prostituées libres, que la police appelle les clandestines ou les insoumises, et des prostituées isolées, connues aussi sous le nom de filles en carte. – (entremetteuse)
  • Dans la prostitution officielle, il y a deux classes de filles : les filles à numéro et les filles en carte. Les filles à numéro sont les femmes de bordels. La maquerelle, ainsi qu'on l'a vu plus haut, tient un registre, sur lequel chaque prostituée de son lupanar a son numéro matricule, avec des cases en regard pour l'inscription des visites sanitaires. De là, le nom de fille à numéro. – (fille à numéro)
  • prêtant, moyennant loyer, quelques pauvres accoutrements à une prostituée du ruisseau – (du ruisseau)
  • Comme on le voit, ce sont surtout les marchandes à la toilette qui font la majorité dans la classe des entremetteuses. – (entremetteuse)
  • toutes ces industrielles [vente et location de vêtements] sans exception jouent le rôle de Mercures complaisants entre les étrangers ou les jeunes gandins et les cocottes, à prix variés, qui habitent en chambre. Elles procurent des clients aussi bien aux, lorettes insoumises qu'aux filles en carte. Leur proxénétisme s'exerce partout. Dans l'argot des prostituées, ces entremetteuses portent le nom d'ogresses. – (ogresse)
  • J'applaudis des deux mains à l'indignation de M. Lecour. – (des deux mains)
  • Le souteneur est celui qui protège la prostitution et donne la sécurité aux filles publiques, soit par suite d'une affection dégradée pour ces créatures mêmes, soit presque toujours pour obtenir d'elles une rétribution de ses services. […] Qui fait naître le souteneur, en effet ? C'est la police des mœurs, ni plus ni moins. Le marlou […] est le protecteur de la fille publique dans ses démèlés avec la police. – (souteneur)
  • La troisième catégorie comprend toutes les filles qui se livrent à la prostitution hors du contrôle de la police, quelle que soit leur condition la pierreuse ou femme de terrain […] – (fille de terrain)
  • la grande lorette qui a chevaux et voiture et qui fait son persil autour du lac, au bois de Boulogne ; tout ce monde-là, aux yeux de la police, constitue la classe des prostituées clandestines. – (aller au persil)
  • Quand la fille isolée commet une infraction à ces règlements particuliers, si elle a le malheur de ne pas être dans de bons termes avec les agents des mœurs, elle est « emballée » et conduite à Saint-Lazare. Un souteneur lui est donc nécessaire, ne serait-ce que pour venir la réclamer. – (emballé)
  • Il faut, toutefois, classer à part une variété d'hommes entretenus qui se livrent à une industrie qu'on nomme la retape. […] ils ne sont pas là pour assister les femmes dans leurs démêlés avec la préfecture, mais pour leur servir d'enseigne aux yeux du public. Ce sont ceux qui jouent, le rôle d'amants en titre, d'entreteneurs opulents ou même d'oncles millionnaires ; ils servent de chaperons. Tout chamarrés de cordons et de croix, ils sont presque toujours agés, ont souvent occupé un rôle élevé dans la société qui les a expulsés de son sein, ont conservé des manières distinguées, et sont, grâce à leurs protectrices, mis avec bon goût et recherche. Leur prétendue maîtresse ou leur soi-disant nièce est censée tromper leur surveillance jalouse ; c'est du moins ce qu'elle affirme au naïf qu'elle reçoit avec un certain mystère et à qui elle fait payer d'autant plus cher les quelques moments qu'elle lui accorde. – (retape)
  • En 1830, la préfecture de police édicta une ordonnance pour interdire expressément aux filles publiques de faire le raccrochage sur la voie publique ; selon ce règlement nouveau, les filles en carte devaient, comme celles à numéro, ne plus sortir de leurs habitations, ni même se montrer à leurs fenêtres. – (raccrochage)
  • Il suffit de lire les Mémoires de Canler, l'ancien chef de la sûreté, pour être édifié. Canler, moins scrupuleux que M. Lecour, dévoile tous les mystères de la police, et il nous en apprend de belles ! Il nous donne la clef de l'énigme. Les marlous jouent, au bénéfice de la police, le rôle de coqueurs, pour nous servir de leur argot. – (X de belles)
  • Vers la Renaissance, parut un nouveau mot qui fut employé surtout comme terme de mépris : clapier, par analogie aux demeures souterraines des lapins ; ce mot répond assez au fornix des Romains. – (82949)
  • Du mot bordeau est venu celui de bordel, qui est définitivement resté et qui est communément employé par tous les clients des maisons de tolérance. La majeure partie des écrivains contemporains le considèrent comme un terme grossier et se gardent bien de l'écrire ; ils se servent du mot lupanar (ce qui, par parenthèse, revient exactement au même), ou mettent un b qu'ils font pudiquement suivre de plusieurs points. C'est de l'enfantillage. – (bordel)
  • La majeure partie des bordels appartient à la classe moyenne ; il en est qui sont montés avec un véritable luxe, et par contre il existe des maisons du dernier étage qui sont d'une malpropreté, d'une insalubrité, d'une mauvaise tenue vraiment peu rassurantes. – (82950)
  • La maison de tolérance est désignée par un numéro de grandeur formidable. Souvent, ce gros numéro est peint sur verre de couleur, derrière lequel se trouve allumé, la nuit, un bec de gaz. Les lupanars de première catégorie n'exagèrent pas trop cependant la dimension de leur numéro ; en revanche, le fronton de la porte est orné de petites figures allégoriques, statues de cupidons ou de femmes plus ou moins tirées de la mythologie. – (gros numéro)
  • Dans les maisons les plus convenables, celles qui n'ont pas un estaminet comme annexe, les clients sont introduits dans un salon ; on rallume les becs de gaz, éteints avant leur entrée ; on referme les portes ; les clients s'assoient sur les fauteuils et les canapés ; puis, une voix retentit, celle de la sous-maîtresse qui crie : « Ces dames au salon bleu ! » Les dames, qui étaient dans un salon d'une autre couleur, occupées à consommer avec d'autres clients, quittent tous ceux qui ont déclaré qu'ils ne montent pas, et viennent au salon qui leur est indiqué. – (salon)
  • Chacune va s'asseoir auprès d'un homme et le cajole, faisant valoir ses agréments particuliers. Ce sont des demandes « Voyons, gros chéris, est-ce que vous nous payez du champagne ? » Les gros chéris paient du champagne… ou de la bière, s'ils ne sont pas en veine de générosité. – (69391)
  • Les clients, qui viennent en compagnie, procèdent par de nombreux préliminaires : ils offrent à ces dames des petits verres de liqueurs, principalement de la chartreuse ou de la menthe, qui sont en grande réputation dans ces maisons. On fait durer le pelotage le plus longtemps possible. Enfin, après quelques invitations réitérées de la sous-maitresse, quelques-uns de ces messieurs montent avec les dames qu'ils ont choisies – (pelotage)
  • ces femmes appellent « michés sérieux » les clients qui montent, et « flanelles » ceux qui se contentent de peloter et de payer un petit verre. – (miché sérieux, flanelle)
  • Quelquefois, les clients, principalement les étudiants, les jeunes ouvriers et les commis de magasin, se cotisent pour former la somme destinée au paiement d'une seule fille. On réunit le prix de la passe, la sous-maîtresse arrive avec un jeu de cartes, les visiteurs se rangent autour d'une table, et, après avoir battu le jeu et fait couper, la sous- maîtresse distribue les cartes. Celui à qui le hasard décerne l'as de cœur choisit une dame et monte. Cet usage est très courant ; on appelle cela : « faire un as de cœur. » Les trois quarts du temps, le plus malin de la bande a eu soin, en entrant, de glisser à la dérobée une pièce de vingt sous à la sous-maîtresse ; il peut être certain que c'est à lui que tombera l'as de cœur, et les camarades n'y auront vu que du feu. – (faire un as de coeur)
  • Une fois que le miché sérieux est monté avec l'odalisque à qui il a daigné jeter son mouchoir, celle-ci disparaît pour un instant – (jeter le mouchoir)
  • Parlois, l'odalisque favorisée propose « son amie ». Si le monsieur aime cela, il prend les deux femmes. Il y en a même qui en prennent trois ; mais ce cas est rare ; ce sont toujours les hommes qui, au dehors, ont les apparences les plus austères, gens mariés, d'un âge mûr, appartenant aux classes les plus élevées de la société, ou financiers qui gagnent beaucoup dans les spéculations de bourse ; on rencontre peu de commerçants parmi les michés à passions insatiables. – (homme à passions)
  • Dans les maisons à dix et cinq francs, la toilette des femmes est encore très riche. Parfois, tout le costume se compose d'un peignoir de gaze, tout à fait transparent, avec deux poches sur les côtés dans lesquelles la femme met ses cigarettes et son mouchoir, et qui lui permettent de ne pas avoir les bras ballants le long du corps. On appelle ces lupanars : « maisons de femmes nues. » Ils sont assez nombreux. – (82953)
  • Lorsqu'un curé s'aventure dans ces rues [du quartier réservé] pour passer un quart d'heure de plaisir, il est hué par le personnel de toutes les maisons, s'il n'a pas eu la précaution de revêtir un costume laïque. Ce ne sont pas des lazzis ni des quolibets qui l'accueillent partout sur son passage ; ce sont des clameurs indignées. C'est à qui fera honte au malheureux soutanier. – (soutanier)
  • C'est à qui fera honte au malheureux soutanier. Les maquerelles le rappellent à la pudeur, lui refusent l'entrée de leur établissement, lui disent qu'il donne un scandale ; les filles lui font les cornes et le traitent de cochon. – (faire des cornes)
  • Quand un curé a appris, par expérience, que la soutane est mal accueillie dans le monde de la prostitution tarifée, il se le tient pour dit et va au lupanar en redingote ; encore a-t-il soin, dans le moment du tête-à-tête, de prétexter un rhume de cerveau et de garder une calotte pour ne pas laisser voir sa tonsure. – (tête-à-tête)
  • À Paris, les prêtres se commettent assez fréquemment dans les maisons de tolérance, mais en gardant l'incognito. Plusieurs se sont laissé aller à fêter la dive bouteille, tout en sacrifiant à Vénus ; aussi, malgré la redingote, leur caractère sacerdotal a été divulgué et a causé quelques scandales. – (fêter la dive bouteille, sacrifier à Vénus)
  • Au surplus, ce [les prostituées] sont de vrais moulins à paroles. Ceci se remarque dans la prison, dans l'hôpital, et jusque dans les maisons où sont admises celles qui, renonçant au vice, font des efforts pour retourner à la vertu : il est impossible de dire jusqu'où va leur loquacité. – (moulin à paroles)
  • presque toujours ce sont des inscriptions, des noms propres suivis de ces mots : pour la vie, ou cette abréviation : P. L. V. Souvent, ces inscriptions se trouvent entre deux petites fleurs ou entre deux cœurs entrelacés et percés d'une flèche. – (pour la vie, P.L.V., coeur percé d'une flèche)
  • La gale, la vermine de corps sont très fréquentes chez les filles de bas étage ; neuf sur dix ont des poux à la tête, sans compter ces poux d'une espèce particulière qui se fixent aux parties génitales et qu'on appelle morpions. – (morpion)
  • Nous avons vu qu'elles désignent le client sous le nom de miché, le visiteur qui ne monte pas, sous celui de flanelle. Pour elles, encore les inspecteurs des mœurs sont des rails, un commissaire de police un flique – (raille, flic)
  • une jolie fille [est] une gironde ou une chouette, une fille laide un roubiou – (chouette, roubion)
  • Les tenancières tiennent ou font tenir un livre par doit et avoir, où elles portent au débit de chaque fille tout ce qu'elles lui fournissent […] S'il y a un teneur de livres, on l'appelle le compteur. – (82956)
  • Mais il y a une autre espèce de maquillage que le public ignore complètement et qui est pratiqué dans toutes les maisons de tolérance : c'est le maquillage des maladies vénériennes. […] Indépendamment de la visite officielle, il y a, dans chaque lupanar, la visite officieuse, visite préliminaire. Une ou deux heures avant l'arrivée du médecin envoyé par l'administration, un étudiant en médecine, appartenant à la bohème de la Faculté, – quelquefois c'est une sage-femme, – se présente, muni d'un spéculum et fait une première inspection. S'il trouve une fille malade, il la maquille. Un chancre se recouvre d'un minuscule fragment de baudruche adroitement collé avec de la gomme et coloré de carmin. Les ulcérations sont masquées par une simulation de menstrues ; la fille malade est barbouillée de sang, pour faire croire au médecin qui viendra ensuite qu'elle a ses règles, cas dans lequel l'examen est forcément incomplet, vu les difficultés qu'il présente. Aux filles qui ont des plaques muqueuses ou des ulcérations buccales ou pharyngiennes, on donne à manger quelques pastilles d'une espèce particulière, préparées avec du chocolat. De cette façon, les altérations les plus caractéristiques sont momentanément dissimulées, et le médecin officiel n'y voit que du feu. – (maquillage)
  • Il n'est pas rare qu'un homme passe la nuit entière avec une fille, cela s'appelle « faire un coucher. » Des fois, un client vient sur les huit heures, prend un verre de chartreuse avec les femmes, fixe son choix et retient pour la nuit la fille qui lui plaît ; puis il va se promener en ville et revient entre une heure et deux heures du matin. On dit alors de la fille ainsi retenue : « Une telle a son coucher. » – (coucher)
  • En vain, la matrone proteste contre cette irruption ; en vain, la sous-maîtresse lève au ciel ses bras et jure par tous les saints du paradis que c'est une trahison, qu'elle a cru n'ouvrir qu'à trois messieurs – (par tous les saints du paradis)
  • En argot de lupanar, on appelle veilleurs de morts les jeunes vauriens qui emploient leur soirée à mettre sens dessus dessous les maisons de tolérance. Ils sont la terreur des maquerelles, et les pertes qu'ils leurs font subir sont les revers de la médaille du proxénétisme. – (veilleur de morts)
  • Plus terribles que les jeunes gens sont les soldats et les marins. Quand un matelot a attrapé dans une maison de tolérance une maladie vénérienne, il rassemble ses camarades de bord, et la bande va « donner le branle-bas au bordel. » Toute la maison alors est saccagée et les filles sont autant maltraitées que la matrone. – (donner le branle-bas au bordel)
  • La sous-maîtresse, indépendamment de ses pourboires, reçoit de la matrone de 25 à 50 francs par mois. Dans quelques maisons, elle monte, lorsqu'elle est demandée. – (monter)
  • Une simple blennorrhagie n'occasionne pas le renvoi du client malade. Seulement, la sous-maitresse exige que le coit se fasse avec une sorte d'étui en baudruche dont on recouvre l'organe affecté. En France, cet étui s'appelle : capote anglaise. En Angleterre, on le nomme: lettre française. – (capote)
  • Il n'est pas rare que les filles soient demandées pour aller en ville ou à la campagne. C'est ce qu'on appelle une sortie. Une sortie ne se paie jamais moins de 20 francs. – (82959)
  • Parfois, la fille, qui veut quitter une maison, n'a pas recours à une entente avec un de ses clients. Le docteur Jeannel raconte qu'une fille de Bordeaux, qui avait envie de « lever le pied », pria tout simplement la maquerelle de l'accompagner pour aller faire un achat quelconque. À peine dans la rue : « Adieu, madame, lui dit-elle, je file ; maintenant, si vous avez des jambes, faites-le voir. » Et elle se sauva à la course – (lever le pied)
  • Il était sept heures du soir. Elle arriva à minuit à Libourne et se présenta à la gare du chemin de fer. Un employé lui fournit un lit. Le lendemain, elle mit son châle « en plan » pour 5 francs. – (plan)
  • ces rapports contre nature sont ce qu'on nomme le saphisme, la courtisane-poëte Sapho s'y étant adonnée et l'ayant célébré dans des vers d'un lyrisme étrange. On dit aussi lesbisme et tribadisme. – (82960, 82961)
  • Cet homme [marquis de Sade] restera éternellement comme un type dans son genre. Tout ce que l'imagination en délire peut concevoir de monstrueux, il l'a écrit ; c'est le vice et le crime réunis en corps de doctrine, c'est la folie humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus érotique. – (type)
  • En premier lieu, ce qui est universellement pratiqué dans les lupanars aristocratiques, c'est la masturbation labiale, soit à l'égard de l'homme, soit à l'égard de la femme ; cette manière de se procurer de la volupté est répandue dans notre siècle d'une façon effroyable. – (82963)
  • On le croira avec peine, il y a, dans les principales de ces maisons-là, de véritables cours théoriques et pratiques pour l'éducation des prostituées sur ce point. Des sujets masculins, servant à des expériences quotidiennes, sont entretenus par les matrones ; on les appelle des essayeurs. Ils sont nourris à grand renfort de biftecks saignants et de viandes concentrées, boivent plusieurs bouteilles de bordeaux de première marque à chaque repas, et reçoivent en outre quinze et vingt francs par jour. En – (essayeur)
  • Certains, pour s'exciter, réclament de la femme un long exercice de doigté par tout le corps ; cette manœuvre qui produit un ébranlement général dans tout le système nerveux s'appelle « les pattes d'araignée, » en style de lupanar ; elle est excessivement pernicieuse pour la santé de ceux qui s'y livrent. – (patte d'araignée)
  • Un assez grand nombre accomplissent le coït entre les seins de la femme, lorsque celle-ci est dotée de puissantes mamelles, ou sous l'aisselle, ou même dans les cheveux – (mamelles)
  • Je ne puis pourtant omettre une catégorie de sadistes assez étonnants ; ce sont ceux qu'on désigne sous le nom de voyeurs. Ceux-ci cherchent une excitation dans les spectacles impudiques. – (voyeur)
  • ceux [voyeurs] qui […] font, sous leurs yeux, exécuter, par plusieurs femmes de l'établissement, toutes les manœuvres du saphisme (on appelle cela « le travail des puces » ; les femmes sont accouplées toutes nues sur un immense tapis de velours noir) – (puce travailleuse)
  • tribades ; c'est le nom qu'on donne aux femmes qui se signalent par cette passion contre nature ; on dit aussi gougnottes, mais en style familier. – (gougnotte)
  • La tribade (ou la lesbienne, on se sert encore de ce terme) est presque insensible aux caresses d'un homme, et par contre c'est d'un amour furieux qu'elle aime les femmes. – (12624)
  • en un mot, elles ont tout ce qu'il faut pour plaire et pour séduire. Mais quel désenchantement sitôt qu'elles ont le malheur d'ouvrir la bouche ! Elles parlent ; ce n'est plus ce timbre de voix qui ajoute tant aux charmes de la femme que l'on entend ; leur gosier ne produit que des sons rauques et discordants qui déchirent les oreilles, et qu'un charretier pourrait à peine imiter. – (ouvrir la bouche)
  • Mais à côté des filles à numéro, inscrites pêle-mêle sur un registre que tient la maquerelle, il y a, avons-nous dit, les « filles en carte », celles que la préfecture autorise à exercer leur infâme métier pour leur compte. On les appelle aussi « filles isolées ». – (fille isolée)
  • Comment la fille en carte devra-t-elle s'y prendre pour « faire son persil », selon l'expression consacrée ? En marchant, adressera-t-elle un mot au promeneur qui passera auprès d'elle ? –Non. Interdit. – (aller au persil)
  • elles lui sifflent un « pstt » qui l'oblige à lever la tête – (psst)
  • disent « Je t'en prie, mon chéri, monte chez moi, je suis très gentille ; je te jure que tu seras bien content de moi ; tu verras comme je suis polissonne ; je te ferai toutes sortes de cochonneries. » – (cochonnerie)
  • quand elles se risquent à mettre le pied dehors, elles se gardent bien d'attirer trop sur elles l'attention. – (mettre le pied dehors)
  • Quelquefois, il arrive qu'une fille en carte ne se livre pas au raccrochage scandaleux qui a été décrit plus haut, et que même elle procède au « levage des hommes » avec la discrétion qui caractérise la grande généralité des clandestines ; mais alors c'est qu'elle y trouve son intérêt. – (levage)
  • Il y a peu de temps, on m'en a signalé une qui posait pour l'orpheline. Vêtue de noir, en grand deuil, les yeux noyés de tristesse, elle avait toujours l'air de revenir de l'enterrement de son père ou de sa mère. – (poser)
  • D'ailleurs, la belle enfant était jolie au possible, avait de grands cils qui donnaient à son regard une expression indéfinissable, et paraissait avoir à peine vingt ans. – (au possible)
  • Au fond de l'alcôve, brille le bénitier de rigueur, orné d'un rameau de buis bénit. C'est édifiant. Elles vont à la messe et font décemment leur persil a la sortie de l'église. La grand'-messe de certaines paroisses leur offre les occasions d'un raccrochage distingué ; elles ont pour cela des toilettes irréprochables. A la messe de minuit, par exemple, les conquêtes sont encore plus fructueuses. – (aller au persil)
  • Sur nos boulevards de la capitale, 5 francs est le moins que demande une raccrocheuse à peu près potable – (potable)
  • Il convient de citer également les maisons où I'on joue : le jeu est le prétexte ; seulement, là, on ne va point isolément ou entre camarades qui se connaissent. Un grand salon est ouvert à tous les amateurs ; on risque galamment quelques louis, on cause avec les dames qui sont assises autour de la table de jeu ou sur les divans des salons, et, entre deux parties, on passe à une autre variété d'exercice dans une chambre ad hoc. Quelques-unes de ces maisons, connues sous le nom de « maisons à parties », sont le suprême du genre. – (maison à partie)
  • Beaucoup de filles en carte vont racoler au bal, ainsi qu'au café-concert. Toutes les gourgandines qu'on trouve deux par deux, ou bien seules, dans ces lieux de plaisir, cherchent un homme. Les plus huppées vont même faire leur persil au théâtre. – (gourgandine)
  • Là, se heurtent les deux catégories de prostituées qui sont l'objet de ce chapitre : les filles en carte et les insoumises. La gadoue inscrite nourrit une haine implacable contre la clandestine. – (gadoue)
  • J'ai parlé plus haut des grands restaurants et des cafés de premier ordre où se pratiquent les orgies de la jeunesse dorée et des vieux beaux avec les prostituées, insoumises ou non, de la plus aristocratique espèce. – (vieux beau)
  • Il y a aussi des cabarets, des crêmeries, des petits restaurants où vont les filles du trottoir. Celles-ci, au lieu de s'installer à la table des salons luxueux des grands cafés à la mode et d'y attendre les libertins, vont les raccrocher selon le procédé vulgaire ; seulement ce n'est pas dans une chambre garnie qu'elles conduisent leur client, c'est dans un cabinet particulier. – (fille du trottoir)
  • Un autre raccrochage est celui qui se fait par intermediaire. Généralement, c'est une dame, d'un âge fort mûr, à l'aspect souvent vénérable, un cabas au bras, qui circule au milieu de la foule dont sont encombrés les trottoirs des magasins en vogue. Tout d'un coup, on se sent coudoyé, on se retourne et l'on aperçoit cette ruine respectable qui se penche sur vous et vous dit à l'oreille, en roulant des yeux de merlan frit : « J'en ai de jeunes ! » Et, si vous ne haussez pas les épaules avec dégoût, la mère au cabas insiste et vous propose incontinent de vous conduire dans le paradis de Mahomet. – (yeux de merlan frit)
  • Les filles isolées, soit en carte, soit insoumises, si elles ne sont pas exploitées par les maquerelles, ont par contre le désagrément d'éprouver souvent certains déboires. Le client n'est pas toujours un miché consciencieux. Quelquefois, elles ont affaire à de mauvais plaisants qui, après avoir usé d'elles suivant leur fantaisie, ne se font aucun scrupule de ne pas les payer ; en argot de prostitution on appelle cela « brûler paillasse. » Aussi, pour se mettre en garde contre les brûleurs de paillasse, les filles isolées ont-elles l'habitude d'exiger d'avance leur salaire. – (brûler paillasse)
  • Le client n'est pas toujours un miché consciencieux. Quelquefois, elles ont affaire à de mauvais plaisants qui, après avoir usé d'elles suivant leur fantaisie, ne se font aucun scrupule de ne pas les payer ; en argot de prostitution on appelle cela « brûler paillasse. » Aussi, pour se mettre en garde contre les brûleurs de paillasse, les filles isolées ont-elles l'habitude d'exiger d'avance leur salaire. – (brûleur de paillasse)
  • Aussi, pour se mettre en garde contre les brûleurs de paillasse, les filles isolées ont-elles l'habitude d'exiger d'avance leur salaire. Avant toute entrée en matière, la prostituée, qui n'est protégée par aucun marlou, pose cette question au monsieur : « Est-ce que tu vas me faire bien riche ? » Cette phrase est en quelque sorte clichée ; on dirait qu'il existe une franc-maçonnerie de la luxure tarifée. Aussi bien à Paris qu'en province, c'est la formule adoptée par toutes les filles qui travaillent pour leur compte. – (82966)
  • Enfin, il est une classe absolument ignoble, qui est la lie des filles en carte : les pierreuses. On donne ce nom à un genre particulier de femmes qui ont vieilli dans l'exercice de la prostitution du plus bas étage, qui sont trop paresseuses pour chercher du travail, et trop repoussantes pour être accueillies nulle part. Le jour, on ne les voit pas ; elles sortent la nuit et vont rôder dans les endroits retirés. Ces filles sont rarement affectées de syphilis ; mais cela tient à ce qu'elles ne s'exposent jamais à la contracter. Elles stationnent auprès des chantiers ou à proximité des terrains vagues. Elles racolent les ouvriers, les militaires, et les entraînent dans un endroit retiré, où elles les masturbent en plein air. Elles se font donner dix sous pour leur peine, quelquefois moins encore ; les soldats même les paient avec un pain de munition. Elles s'entendent avec les malfaiteurs et sont souvent de connivence avec les pédérastes. C'est dans cette classe que se trouvent des femmes de 50 à 60 ans. – (pierreuse)
  • Nous terminerons notre étude de la prostitution féminine en examinant comment finissent ces malheureuses, dont l'administration préfectorale a fait de la chair à voluptés, classée, comme la viande chez les bouchers – (82967)
  • Quelques-unes de la même classe se placent comme domestiques : on les trouve principalement dans les gargots des faubourgs et chez ces débitants de vin qui fourmillent aux environs des barrières de la capitale – (gargot)
  • il en est enfin qui, fidèles à leur premier métier, entrent chez des dames de maison, y servent encore d'une manière indirecte et secondaire à la prostitution, ou se livrent aux fonctions les plus basses et les plus abjectes, dans les lieux mêmes dont elles faisaient, quelques années auparavant, l'ornement et la fortune. Leurs fonctions les plus ordinaires sont de rester à la porte, d'indiquer la maison, d'accompagner, de surveiller et de donner la main aux jeunes ; mais on ne garde pour ces fonctions que celles qui ont une aptitude particulière et un savoir-faire connu. On les désigne dans le public sous le nom de marcheuses. – (marcheuse)
  • Les médecins chargés du soin des filles publiques nous ont fourni a cet égard des opinions contradictoires : les uns prétendent que les prostituées ont des santés de fer, qu'elles résistent à tout, et que leur métier ne les fatigue pas, tant elles le font par habitude et avec indifférence – (santé de fer)
  • ce genre de débauche, plus honteux encore que l'autre, a, pour le réglementer, j'emploie le mot officiel, – un service spécial dans la police des mœurs : la sous-brigade des pédérastes. – (pédéraste)
  • le sodomiste par état pourrait donc dire : « Je suis pour homme ». Pas du tout ; il emploie une autre formule. Il dit « Je m'occupe de politique. » C'est significatif. Ces individus dégradés, voyant leur avilissement exploité par l'administration, se considèrent à leur manière comme s'occupant de politique pour le compte du gouvernement. Lorsqu'un pédéraste indicateur a eu des rapports avec un client appartenant à la haute société, il a l'obligation et c'est là le rôle que la préfecture lui impose en échange de sa tolérance et de ses subsides de s'enquérir des noms et qualités du « miché ». – (s'occuper de politique, 82968)
  • un magistrat, par exemple, qui s'est laissé prendre à un de ces pièges policiers, n'a plus qu'à exécuter aveuglément tous les ordres du gouvernement qui le tient dans sa main et qui peut, à la moindre velléité d'indépendance, le foudroyer par un scandale épouvantable. – (tenir dans sa main)

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