rupin

rupin (tableau rapide)
rupin ■ Gentilhomme, seigneur, notable ; individu élégant, bien mis ; dame, dame bien mise, dame comme il faut ; beau, élégant ; ■ personne riche ; cossu, riche ; être riche, à l'aise ; ■ bien, fameux, de qualité supérieure, de valeur
synonyme élégant, distingué, riche, avoir de l'argent, beau, joli
date 1628
fréquence 127

rupin

& rupine (fém.) ; être rupin ; en rupin ; du rupin ; (roupin ; boulin)

n., adj.

Définition

■ Gentilhomme, seigneur, notable ; individu élégant, bien mis ; dame, dame bien mise, dame comme il faut ; beau, élégant ; ■ personne riche ; cossu, riche ; être riche, à l'aise ; ■ bien, fameux, de qualité supérieure, de valeur ALL : elegant, reich / ANG : famous, fine ; well-dressed / IT : gentiluomo, nobile ; dama di distinzione

registre ancien : 9 registre moderne : 8

Synonyme : élégant, distingué, riche, avoir de l'argent, beau, joli Morphologie : u/ou Famille : rupin

Citations
1867 c'est un homme dont les vêtements annoncent une certaine aisance ; aussitôt le voilà qualifié de rupin (homme bien mis), et conséquemment suspect. source : 1867. Les Malfaiteurs
1961 Des types de femmes différents dans chaque quartier. Des belles, des moches, des « rupines » mais aussi des vioques et des fauchées, qui seraient mes compagnes de la nuit. source : 1961. L'hydre aux mille têtes
1906 Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux que ce soit des malheureux comme nous qu'aient la veine au lieu des rupins qui ne savent que faire de leur argent ? source : 1906. Dans un fauteuil
1925 Au Charonne-Louqsor où ils arrivèrent, en rupins, après le premier entracte, « Son Gosse », film américain, commençait, que Jo, un peu saoul, se fit une joie d'accompagner de commentaires rigolards source : 1925. La bonne vie
1927 On était si rupins dans cette bagnole source : 1927. Les Pieds-Nickelés en Amérique, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927)
1927 Faut être plus rupin que Carnegie pour lever le coude dans votre établissement source : 1927. Les Pieds-Nickelés en Amérique, dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927)
1844 La piole est rupine, il doit y avoir gras source : 1844. Les vrais mystères de Paris
xxxx nous irons pioncer dans le sabri du rupin de ton villois source : Nous voulons bien maquiller le suage de ton rocher, l'ouvrage nous paraît bon (lettre)
1868 Des beaux bouchers je suis la fleur, des plus rupins de l'abattoir, y'en a pas un pour me valoir. source : 1868. Le joli boucher
1892 –Madame, dit-elle, un monsieur. –Ah ! comment… Bien mis, mal fichu, dites ? –Très chic. Oh ! rupin ! fit la bonne avec admiration source : 1892. Le chiffonnier de Paris - Grand roman dramatique
1892 Le « Tas » [pas] pour les gens de bien, mais pour les gens de rien. / En effet les détenus peu ou mal vêtus, entraient dans la cour, tandis que les prisonniers de marque montaient dans les pistoles ou se rendaient dans la petite salle, dite des rupins source : 1892. Le chiffonnier de Paris - Grand roman dramatique
1889 C'est rupin, la musique ! presque pas de service, […] et pas de flingot à trimbaler sur son épaule source : 1889. Le soldat Chapuzot
1944 Dis donc oui ! C'est rupin la musique ! Presque pas de service […] et pas de flingot à trimbaler sur son épaule. source : 1944. Dans les prisons de la milice - Un mois au château des Brosses
1870 Mais lui c'est un chouette, un rupin, un d'attaque source : 1870. Le sublime ou le travailleur comme il est en 1870, et ce qu'il peut être
1872 Le rupin [maître] agite la branlante, v'là le larbin qui rapplique. source : 1872. Dictionnaire d'argot ou de jargue (5)
1917 Dès qu'il m'aperçut, le brave garçon me sauta au cou : –Ça, c'est de la veine, mon vieux du Tartre. On est quand même plus rupins qu'à Conflans ! source : 1917. L'évasion. Récit de deux prisonniers français évadés du camp d'Hammelbourg
1947 Elle entra donc, sans plus tarder, dans le vif de son sujet, commençant d'abord par déclarer qu'elle n'était pas aussi rupine qu'on pourrait l'insinuer. source : 1947. Fleur-de-Poisse
1888 Oui, oui, quelque chose de rupin, là-bas, dans la libre patrie des carottiers et des fortes têtes source : 1888. Le train de 8 h. 47
1880 Moi, j'faisais l'dos vert (souteneur de filles publiques), dit le cinquième. Sans m'vanter, j'étais un rupin (monsieur). source : 1880. Souvenirs de prison et de bagne
1888 on m'a fait cadeau de ces aiguillettes. Du rupin, ça, hein ? source : 1888. Césarine
1921 Ils n'étaient pas soldats et portaient cependant l'uniforme : escarpins vernis, foulard de soie, manteau noir et, là-dessous, l'habit où l'on est tout à fait correct. Des gens riches et même quelque chose de plus : « Rupins », disait Vladimir source : 1921. Histoire d'une Marie
1928 Soudain, il s'interrompt en poussant un énorme juron avec des grimaces de plaisir, et esquisse un pas de bamboula. –Ça qu'c'est qu'd'être trop riche !… J'oubliais que j'ai du rupin à me fourrer dans le bec… Un cigare « épatados » que j'ai piqué ce matin source : 1928. La racaille
1911 J'en ai toujours pincé pour les rupins… Les ceux qui crachent dessus, c'est des râleurs… Il n'y a encore que les rupins, pour faire bouillir la marmite des autres… source : 1911. Le journal à Nénesse
1911 Parce qu'il lui faut des trucs giroles, au populo, du rupin et du jojo, de la fine parlotte source : 1911. Le journal à Nénesse
1911 Colle tes fesses sur ce machin et pousse-nous une romance […] Tu dois en savoir de rupines… source : 1911. Le journal à Nénesse
1911 elle m'a fermé a boîte avec des becs choknosoffs, de la bizette aux petits oignons, de la politesse tellement rupine source : 1911. Le journal à Nénesse

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Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

RUPIN, -INE, adj. et subst. Arg. (au XIXe s.), pop. (au XXe s.) I. Adjectif A. [En parlant d'une pers.] Richement vêtu; p. méton., riche. Vous m'avez fait gagner de l'argent lorsque vous étiez rupins (VIDOCQ, Vrais myst. Paris, t. 7, 1844, p. 195). Un mois après jrevois mon copain Il avait lair tout skia [ce qu'il y a] dplus rupin (QUENEAU, Si tu t'imagines, 1952, p. 175). V. navet B 2 ex. de Avenel. Empl. subst. Synon. richard (fam.), riche. Soyons polis, ce sont des rupins, dit un pochard; faut pas effaroucher les gens chics (MACÉ, Joli monde, 1887, p. 93). Tu n'as pas une âme de rupine (RICHEPIN, Flamboche, 1895, p. 264). V. métallo rem. s.v. métallurgiste ex. de H. Bazin. B. [En parlant d'une chose] 1. Luxueux; p. méton., très coûteux. Immeuble, quartier, vêtement rupin. Il y avait à la porte un landau tellement rupin que j'ai (...) hésité (VERLAINE, Corresp., t. 3, 1889, p. 54). Une mécanique hors de prix (...) des pivots à rubis, une horlogerie flatteuse à l'œil, tout ce qu'il y a de rupin (GENEVOIX, Boîte à pêche, 1926, p. 84). 2. Vieilli. Remarquable dans son genre; réussi. Synon. fam. chouette, épatant, formidable, sensationnel; rup (infra rem.). On a été au Châtelet. (...) Pour sûr, alors, c'est rupin!... Si tu savais... Mon vieux, il y a des dames toutes nues (COURTELINE, Vie mén., Prem. en anglais, 1893, p. 72). Prière de confier à Mlle Krantz, pour moi, la préface de Dargens (...) et généralement toutes choses pour faire une préface rupine (VERLAINE, Corresp., t. 2, 1895, p. 263). P. antiphr. [Les arbres] ont tous un aspect (...) qui provoque mes hommes à l'ironie: « C'est rien rupin ici! Tous les arbres, c'est des chênes d'Vincennes (GENEVOIX, Nuits de guerre, 1917, p. 222). II. Subst. masc. sing. B. Élégance somptueuse, luxe. Où dont allez-vous aujourd'hui, vous êtes d'un rupin? (HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 32). Un large comptoir de six mètres, solide, épais (...). Du vrai rupin (LE BRETON, Razzia, 1954, p. 21). Prononc.: [], fém. [-in]. Étymol. et Hist. 1. 1628 subst. « gentilhomme » (CHÉREAU, Jargon ds SAIN. Sources arg. t. 1, p. 198b); 2. 1835 adj. « bien mis » (RASPAIL ds Le Réformateur, 20 sept., p. 2); 1836 subst. « personne mise avec élégance » (VIDOCQ, Voleurs, t. 1, p. 101); 3. 1844 subst. « personne riche » (ID., Vrais myst. Paris, t. 1, p. 18); 1844 adj. « riche » (ID., ibid., t. 7, p. 33); 4. 1844 « (maison, appartement) d'apparence somptueuse » (Dict. compl. arg., p. 18). Dér. de rupe « dame », ripe « id. » (1596, PÉCHON DE RUBY, La Vie généreuse des mercelots... ds SAIN. Sources arg. t. 1, p. 164), prob. empl. fig., par l'intermédiaire d'un *ripe « méchante femme », de ripe « gale » (1422-25, Pastoralet, éd. J. Blanchard, 5814), déverbal de riper* « gratter » (SAIN. Sources arg. t. 2, pp. 207-214; FEW t. 16, p. 726). Fréq. abs. littér.: 12. Bbg. KLEIN (J. R.). Le Vocab. des mœurs de la Vie parisienne sous le Second Empire. Louvain, 1976, pp. 170-172. QUEM. DDL t. 10. SAIN. Arg. 1972 [1907] p. 151, 158, 251 (et s.v. rupe), 293. WEIL (A.). En Marge d'un nouv. dict. R. de Philol. fr. 1932, t. 45, p. 37. (tlfi:rupin) /

  • rupin adj. arg. ARG. VALEUR "de valeur" - E, 1862 ; absent TLF.
    • 1842 - «Ah ! il /mon livre/ est rupin ! Mais ces gredins d' libraires veulent des monarques pour l'imprimer.» A. Bourgeois et Brisebarre, Les Maçons, ii - P.W. (bhvf:rupin) /

Vieux mot signifiant râpé ou gratté (AYN) / De l'argot rupe, ripe « dame » (1596), p.-ê. du moy. franç. ripe « gale », de riper «gratter», moy. néerl. rippen ; le mot aurait signifié « mauvaise femme, gale » puis « femme (élégante) », mais les premiers emplois (ripe « dame », ripois « prince », etc.) suggèrent une autre origine : rip-, rup- pourraient venir de riper « gratter, polir » (attesté XVIIIe), de ripe (XVIIe) « outil pour gratter la pierre » (P. Guiraud) (TLFi) / Dér. de rupe « dame », ripe « id. » (1596, PÉCHON DE RUBY, La Vie généreuse des mercelots... ds SAIN. Sources arg. t. 1, p. 164), prob. empl. fig., par l'intermédiaire d'un ripe « méchante femme », de ripe « gale » (1422-25, Pastoralet, éd. J. Blanchard, 5814), déverbal de riper « gratter » (SAIN. Sources arg. t. 2, pp. 207-214; FEW t. 16, p. 726) (TLFi) /

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