Définition de : peinard

  • peinard
    • ■ Prudent, malin, habile, rusé ; < ■ tranquille, calme, sage, serein ; ■ soumis, discipliné ; ■ paresseux ; qqun qui ne s'en fait pas ; □ en douce ; doucement, tranquillement ; □ faire qqchose sans se presser ; □ se tenir tranquille, docile, obéissant, soumis, ne pas se faire remarquer ; ne pas commettre d'acte condamnable, ne pas prendre de risques ; □ laisser en paix
    • fréquence : 151
    • id : 4685

peinard& pénard ; pénart ; pênard ; □ en peinard ; en peinardes (f.pl.) ; en pénard ; en pénards (pl.) ; faire qqchose en pénard ; □ se tenir peinard ; se tenir pénard ; se tenir en peinard ; □ laisser peinard ; rester peinard n., adj.

Définition

■ Prudent, malin, habile, rusé ; < ■ tranquille, calme, sage, serein ; ■ soumis, discipliné ; ■ paresseux ; qqun qui ne s'en fait pas ; □ en douce ; doucement, tranquillement ; □ faire qqchose sans se presser ; □ se tenir tranquille, docile, obéissant, soumis, ne pas se faire remarquer ; ne pas commettre d'acte condamnable, ne pas prendre de risques ; □ laisser en paix

ALL : lierderlich, ruhig / ANG : man without worry
fréquence : 151
registre ancien : 8 registre moderne : 7

synonyme : bien, bon, tranquille, sage, calme famille : peinard

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1881.

1897 1899 1901 1904 1905 1907 1909 1910 1911 1911 1911 1912 1916 1917 1917 1917 1917 1918 1918 1918 1918 1918 1920 1921 1922 1923 1924 1925 1925 1925 1927 1927 1927 1927 1927 1927 1927 1934 1935 1935 1935 1935 1937 1937 1939 1942 1942 1943 1945 1946 1946 1947 1947 1947 1947 1949 1949 1950 1951 1952 1952 1952 1952 1953 1953 1953 1953 1954 1954 1954 1954 1955 1955 1955 1955 1955 1955 1956 1956 1957 1957 1957 1959 1959 1960 1960 1960 1961 1963 1963 1963 1965 1965 1965 1967 1966 1969 1969 1969 1971 1973 1973 1973 1974 1975 1976 1977 1977 1977 1977 1978 1978 1979 1979 1979 1980 1980 1980 1981 1981 1981 1982 1982 1982 1982 1982 1983 1983 1984 1984 1984 1984 1985 1990 1991 1992 1993 1994 1994 1995 1998 1998 1999 1999 2001 2002 2004 2007 2011 2013 2015

Citations

1955 Moi, en tout cas, j'étais parti déjà joice à l'idée d'aller passer huit jours à la campagne, chez un petit pote. Huit jours peinards à taquiner l'ablette, en éclusant frais et en morfalant une tortore soignée source : 1955. Mollo sur la joncaille
1966 Si j'allais à la fête ou à la porte, où y a toute la bande, je verrais des mecs de mon âge et je ferais des conneries avec eux. Tandis qu'avec ces gars-là je suis sûr de me tenir peinard. source : 1968. Les barjots
1939 tous ces gaillards s'étaient endormis pendant son absence, il allait leur secouer les puces, voire autre chose et botter les houstons de ces pénards. source : 1939. Les faneurs de la forteresse
1897 Faudrait pourtant pas que j'oublie une autre catégorie de coureurs, des peinards qu'ont su se retirer du flanche au bon moment. La plupart de ceux-là ils sont marchands de vélos et ils cherchent à estamper les gonciers qui sont assez poires pour raquer 25 ou même 30 zigs pour une bécane. source : 1897. Notes d'un tricoteur (L'Auto-Vélo)
1977 J'étais tranquille, j'étais peinard source : 1977. Laisse béton
1981 Il est tranquille peinard au volant de sa bagnole source : 1981. Le retour de Gérard Lambert
1945 Y s'fendent bien la gueule, y jouait les grands pénards / Ce qui m'a raconté, tu l'devines ma vieille branche / Que j'étais un fumier, le Roi des salopards source : 1945. Trop tard (mss)
1994 Il se balladait peinard source : 1994. Le petit chat est mort
1942 J'aurais voulu lui dire de se tenir pénard, de fermer les yeux, de ne plus bouger source : 1942. Le bouquet
1955 Charly […] est peinard et réfléchi, discutant juste et bien d'où son surnom de « Charly-la-raison-pure » source : 1955. Pas de pitié pour les caves
1918 Avec lui comme patron de ferme, tu parles qu'on était peinard ! source : 1918. Loin de la rifflette
1943 Parmi tous les bals musette / Où l'on tounait au son de l'accordéon / Le plus peinard, le plus chouette / Ce n'était pas celui du grand Léon source : 1943. Bébert
1918 à côté des méprisables petits qui se tiennent « peinards » et espèrent la réhabilitation source : 1918. Loin de la rifflette
1918 Et vous allez voir : dans un quart d'heure, vos deux sections vont bagoter en pleins champs, à leur nez et à leur barbe. Après quoi les deux nôtres reviendront du ravin, en peinardes, colonne par quatre et l'arme à la bretelle… source : 1918. Au seuil des guitounes
1918 et même, tenez, voulez-vous parier ? Vous allez les voir radiner en pénards, et montrer leur blair dans la fente de la porte… source : 1918. Au seuil des guitounes
1917 il atterrit enfin en pénard, un peu durement, mais sans casser une corde à piano. source : 1917. Chignole (la guerre aérienne)
1984 Tu fais plus rien, ordonna Farouk. Tu te tiens peinard. source : 1984. Boulevard des allongés
1947 T'auras rien à faire qu'à m'donner des tuyaux, pour que j'puisse faire mon boulot chez lui, en pénard. source : 1947. Fleur-de-Poisse
1922 J'ai fait ça à la causette en me tapant un café-crème ; tiens ! à la table là-bas ! Ça a a rendu et maintenant me voilà pénard aussi. source : 1922. Au Lion Tranquille
1905 Ah ! dis-moi quelque chose… petit chameau… au lieu de te laisser faire… à la coule… en peinard… source : 1905. Le Tigre & Coqueliquot
1909 Ces derniers, sans plus attendre, endossèrent leur pelure de ville et s'esquivèrent en pénards par une porte dérobée source : 1909. Ribouldingue se marie, dans La bande des Pieds Nickelés (1908-1912)
1911 comme j'avais un double trousseau de crochettes pour pouvoir me débiner, des fois, à cause des clients, je déboucle la lourde, piano-piano, en pénard, je me faufile dans la cuisine d'où on pouvait zyeuter le plumard… source : 1911. Le journal à Nénesse
1953 Je connais un petit hôtel peinard du côté de la Samar. Tu m'en diras des nouvelles… source : 1953. Alors, pommadé, tu jactes ?

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Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

B. − Viellard rusé, finaud. Au gouffre où les malins, les matois, les «peinards» Accueillent d'escroquerie âpre le poète (Verlaine, OEuvres compl., t.2, Parall., 1889, p.176). II. − Adj. et subst. A. − Adj., pop. et fam. 1. [En parlant d'une pers.] Qui est tranquille et sans souci, qui se ménage, cherche à éviter les soucis, les fatigues et les risques. − [En fonction d'épithète] Rare. Les cantonniers peinards et rustiques (Montherl., Lépreuses, 1939, p. 1512). − [Fréq. en fonction d'attribut] Vivre (bien) peinard. Comme lui, j'eus bien vite (...) la bonne petite planque (...) nous étions sacrément peinards (Vialar, Morts viv., 1947, p. 380). On fait deux, trois kilomètres peinards, puis le Barruol [un camion] nous rattrape (Giono, Gds chemins, 1951, p. 193): On voit ce qu'elle fait, la classe ouvrière. Elle se tient peinarde. Elle demande des sursis d'appel et des hauts salaires. À part ça, les copains du front peuvent se faire casser la gueule jusqu'à la saint-Glinglin... C'est fini, mon lieutenant, ils ne m'en raconteront plus. Romains, Hommes bonne vol., 1938, p. 129. En peinard/e/s. Tranquillement. Quand Pépé s'est aboulé en peinard, je suis descendu vous prendre (Carco, Jésus-la-Caille, 1914, p. 138). 2. [En parlant d'un lieu, d'une occupation] Agréable et tranquille. Synon. pépère.Vie peinarde. Je vous dis que c'est l'occase, ce boulot là et peinard et paré (Carco, Équipe, 1919, p.62).La campagne (...) les p'tits coins peinards et pis chouettes, quoi! (Simonin, J. Bazin, op.cit., p.186). B. − Empl. subst., rare. Personne peinarde. Des bêtises, j'en avais assez à mon actif tel que pour dix ans au moins. Je tenais à passer désormais pour un petit peinard (Céline, Voyage, 1932, p. 280). Prononc. et Orth.: [pena:ʀ], [pε-], fém. [-aʀd]. Ac. 1694-1878: penard. Étymol. et Hist. 1. 1549 subst. vieux penard terme péj. désignant un vieillard, gén. par rapport à ses prétentions amoureuses (F. Habert, Trad. Satires d'Horace, II, 5 ds Hug.); ca 1610 adj. «idiot, ridicule» (Beroalde de Verville, Parvenir, Absolution, I, 299, ibid.); 1866 (Delvau, p.290 : Peinard, s. m. Vieillard, homme souffreteux, usé par l'âge ou les chagrins, −dans l'argot du peuple); d'où, p.antiphr. 2. 1881 adj. (Rigaud, Dict. arg. mod.: Pénard. Tranquille, −dans le jargon des voleurs); 1883 Père pénard « homme combinant sagement besogne et repos » (G. Macé, Notes d'apr. Esn.). Gén. considéré comme un dér. de peine* (FEW t.9, p.115b), comme l'indique la graph. mod. peinard. Fréq. abs. littér.: 39. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 660. (tlfi:peinard) /

  • De peine ou (P. Guiraud) d'un dér. de panne, penne « chiffon » (GR)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)
  • 1881, Rigaud (TLFi) /

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