reluquer

reluquer Regarder ; regarder avec insistance, attentivement regarder avec méfiance, suspicion ; regarder avec envie, avec convoitise ; observer, examiner, admirer, voir, considérer ; se regarder
date 1732
fréquence 121
synonyme regarder, observer, voir, désirer, convoiter, avoir envie

reluquer

& se reluquer

v.tr.

Regarder ; regarder avec insistance, attentivement regarder avec méfiance, suspicion ; regarder avec envie, avec convoitise ; observer, examiner, admirer, voir, considérer ; se regarder ALL : ansehen, prüfen / ANG : to covet / IT : avere in mira, volgere in mente [avoir en tête, visées]

registre ancien : 9 registre moderne : 8

2008 On est en cours pour taffer, pas pour reluquer, non ? source : 2008. Kiffer sa race
1914 L'dab était charpentier… Tout môme, j'l'ai r'luqué à son boulot… Et quand bibi veut, v'là c'qu'i' fout d'ses croches !… –D'la belle ouvrage ! admira Goutte-Sale source : 1914. In memoriam, dans Racaille et parias
1980 Reluque la tronche à la pouffiasse source : 1980. Marche à l'ombre
1884 Après ça, si l'homme ne se croit pas un animal, c'est tout uniment qu'il ne s'est jamais reluqué source : 1884. Le Boul' Mich'
1800 comme y me r'luque, le vieux barbiche ! il y pense encore source : 1800. Madame Angot au sérail de Constantinople, drame, tragédie, farce, pantomine, en trois actes, orné de tous ses agrémens
1866 On nous reluque beaucoup source : 1866. Du pont des Arts au pont de Kehl - Reisebilder d'un parisien
1866 nous reluquent en écarquillant démesurément les yeux source : 1866. Du pont des Arts au pont de Kehl - Reisebilder d'un parisien
1821 Regarde un peu s'il ne nous reluque pas. source : 1821. Glossaire argotique des mots employés au bagne de Brest
1880 Il ouvre ses chasses (yeux). Tu penses quelle poire (figure) i' fait en m'reluquant ! source : 1880. Souvenirs de prison et de bagne
2004 Gino nous voyait partir avec joie car il reluquait le « renseignement » depuis pas mal de temps. source : 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne

<10 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

RELUQUER, verbe trans. Pop., fam. A. Regarder quelqu'un du coin de l'oeil avec curiosité, attention ou envie. Synon. lorgner. Les dimanches furent pour elle à cette époque, des journées de rendez-vous avec la foule, avec tous les hommes qui passaient et qui la reluquaient (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 710). Il tenait un ennemi au bout du canon de son fusil (...). Mathieu ne se pressait pas, il reluquait son bonhomme (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 186). Rem. L'empl. le plus fréq. est associé au désir sexuel. B. 1. Regarder, considérer une chose avec convoitise ou simplement curiosité. Synon. guigner. Reluquer une bague, une bouteille, un héritage, une maison. Il y avait aussi un juif allant à la comédie du grand Sanhédrin de Napoléon et qui reluquait ma bourse (CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 338). Étienne, reluquant avant de sortir la paire d'épées que le général tient maintenant par les poignées, les pointes à terre: Quel drôle de parapluie! (FEYDEAU, Dame Maxim's, 1914, III, 7, p. 61). 2. Convoiter quelque chose par la pensée. Il y a deux ou trois affaires que je reluque; nous les ferons ensemble (VIDOCQ, Mém., t. 3, 1828-29, p. 30). C. Empl. abs. Regarder attentivement, scruter. Le Conducteur: (...) Que fait notre représentant [du Comité de salut public], qui depuis un bon moment était à reluquer à sa fenêtre (BALZAC, OEuvres div., t. 1, 1830, p. 501). Les passagers de mon wagon sortaient peureusement de leurs compartiments (...) reluquaient dans le couloir, s'interrogeant l'un l'autre (CENDRARS, Lotiss. ciel, 1949, p. 276). Prononc. et Orth.: [], (il) reluque [-lyk]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. Ca 1730 « regarder avec une curiosité indiscrète ou avec admiration, avec convoitise » (CAYLUS, Le Bordel ou le Jean-foutre puni, 67 d'apr. F.-J. HAUSMANN ds Aufsätze zur Sprachwissenschaft, 2, 1980, p. 37, 44) ; 2. 1828-29 « considérer (une chose) avec convoitise; guigner » (VIDOCQ, loc. cit.). Dér., à l'aide du préf. re-*, de luquier, intrans. « regarder » (4e quart du XIIIe s. [date du ms.], Auberée, 97 ds NRCF, éd. W. Noomen, t. 1, p. 188, var. du ms. A), trans. « id. » (ca 1375, E. DESCHAMPS, OEuvres, VIII, 72, 27 ds T.-L.), empr. au m. néerl. loeken « regarder; regarder en cachette, épier »; cf. aussi le dér. alukier « regarder curieusement » (fin du XIIIe s., Du Mesdisant, 97, éd. A. Långfors ds Romania t. 40, 1911, p. 563) et warlousquier « loucher » (1288, JACQUEMART GIELEE, Renart le Nouvel, éd. H. Roussel, 4068). V. FEW t. 16, pp. 478-479. Fréq. abs. littér.: 45. Bbg. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 308. (tlfi:reluquer) /

Ouvrir le reluit (=oeil) (AYN) / Selon Bloch-Wartburg, mot picard empr. au wallon rilouki, de louki, moyen néerl. loeken (cf. l'angl. to look), mais le mot, comme luquer «loucher», appartient à l'ensemble du domaine gallo-roman et Guiraud y voit un dér. du lat. lucere «faire luire», par une forme *lucicare (GR) / de l'argot des malfaiteurs, passé dans la LP (Dauzat1918) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) /

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