Définition de : reluquer

  • reluquer

reluquer & se reluquer v.tr.

Définition

Regarder ; regarder avec insistance, attentivement regarder avec méfiance, suspicion ; regarder avec envie, avec convoitise ; observer, examiner, admirer, voir, considérer ; se regarder

ALL : ansehen, prüfen / ANG : to covet / IT : avere in mira, volgere in mente [avoir en tête, visées]
fréquence : 128
registre ancien : 9 registre moderne : 8

synonyme : regarder, observer, voir, désirer, convoiter, avoir envie

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1732.

1732 1740 1741 1761 1790 1799 1799 1800 1800 1800 1821 1827 1828 1829 1830 1833 1835 1836 1840 1842 1846 1847 1853 1857 1862 1863 1866 1866 1870 1876 1877 1880 1880 1884 1888 1891 1892 1892 1894 1896 1899 1900 1901 1901 1904 1904 1904 1905 1905 1907 1908 1909 1910 1911 1911 1912 1914 1914 1914 1915 1915 1916 1917 1918 1918 1918 1920 1921 1926 1927 1929 1930 1932 1933 1937 1938 1942 1945 1949 1950 1951 1952 1953 1953 1953 1953 1954 1954 1955 1955 1957 1957 1957 1958 1960 1963 1965 1965 1967 1973 1974 1975 1976 1979 1979 1980 1980 1981 1982 1982 1982 1984 1985 1994 1998 1999 2000 2001 2003 2003 2004 2007 2008 2015 xxx xxxx xxxx xxxx

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Citations

<11 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

RELUQUER, verbe trans. Pop., fam. A. Regarder quelqu'un du coin de l'oeil avec curiosité, attention ou envie. Synon. lorgner. Les dimanches furent pour elle à cette époque, des journées de rendez-vous avec la foule, avec tous les hommes qui passaient et qui la reluquaient (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 710). Il tenait un ennemi au bout du canon de son fusil (...). Mathieu ne se pressait pas, il reluquait son bonhomme (SARTRE, Mort ds âme, 1949, p. 186). Rem. L'empl. le plus fréq. est associé au désir sexuel. B. 1. Regarder, considérer une chose avec convoitise ou simplement curiosité. Synon. guigner. Reluquer une bague, une bouteille, un héritage, une maison. Il y avait aussi un juif allant à la comédie du grand Sanhédrin de Napoléon et qui reluquait ma bourse (CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 338). Étienne, reluquant avant de sortir la paire d'épées que le général tient maintenant par les poignées, les pointes à terre: Quel drôle de parapluie! (FEYDEAU, Dame Maxim's, 1914, III, 7, p. 61). 2. Convoiter quelque chose par la pensée. Il y a deux ou trois affaires que je reluque; nous les ferons ensemble (VIDOCQ, Mém., t. 3, 1828-29, p. 30). C. Empl. abs. Regarder attentivement, scruter. Le Conducteur: (...) Que fait notre représentant [du Comité de salut public], qui depuis un bon moment était à reluquer à sa fenêtre (BALZAC, OEuvres div., t. 1, 1830, p. 501). Les passagers de mon wagon sortaient peureusement de leurs compartiments (...) reluquaient dans le couloir, s'interrogeant l'un l'autre (CENDRARS, Lotiss. ciel, 1949, p. 276). Prononc. et Orth.: [], (il) reluque [-lyk]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. Ca 1730 « regarder avec une curiosité indiscrète ou avec admiration, avec convoitise » (CAYLUS, Le Bordel ou le Jean-foutre puni, 67 d'apr. F.-J. HAUSMANN ds Aufsätze zur Sprachwissenschaft, 2, 1980, p. 37, 44) ; 2. 1828-29 « considérer (une chose) avec convoitise; guigner » (VIDOCQ, loc. cit.). Dér., à l'aide du préf. re-*, de luquier, intrans. « regarder » (4e quart du XIIIe s. [date du ms.], Auberée, 97 ds NRCF, éd. W. Noomen, t. 1, p. 188, var. du ms. A), trans. « id. » (ca 1375, E. DESCHAMPS, OEuvres, VIII, 72, 27 ds T.-L.), empr. au m. néerl. loeken « regarder; regarder en cachette, épier »; cf. aussi le dér. alukier « regarder curieusement » (fin du XIIIe s., Du Mesdisant, 97, éd. A. Långfors ds Romania t. 40, 1911, p. 563) et warlousquier « loucher » (1288, JACQUEMART GIELEE, Renart le Nouvel, éd. H. Roussel, 4068). V. FEW t. 16, pp. 478-479. Fréq. abs. littér.: 45. Bbg. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 308. (tlfi:reluquer) /

  • Ouvrir le reluit (=oeil) (AYN)
  • Selon Bloch-Wartburg, mot picard empr. au wallon rilouki, de louki, moyen néerl. loeken (cf. l'angl. to look), mais le mot, comme luquer «loucher», appartient à l'ensemble du domaine gallo-roman et Guiraud y voit un dér. du lat. lucere « faire luire », par une forme *lucicare (GR)
  • de l'argot des malfaiteurs, passé dans la LP (Dauzat1918)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)
  • 1750 (Moncrif, mot poissard) (GR) / Att. ds Ac. dep. 1762. Ca 1730 « regarder avec une curiosité indiscrète ou avec admiration, avec convoitise » (Caylus, Le Bordel ou le Jean-foutre puni, 67 d'apr. F.-J. HAUSMANN ds Aufsätze zur Sprachwissenschaft, 2, 1980, p. 37, 44) / 1732 Caylus, id. (gb) /

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