poteau

poteau (tableau rapide)
poteau Ami, camarade ; associé, complice ; (malfaiteur ; chef de bande) ; peut-être employé en appellatif ; □ exclamation entre amis ; (rarement pour une femme)
synonyme ami, camarade, complice
date 1400
fréquence 104

poteau

& (pauteau ; poto ; potau) ; □ mon vieux poteau ; □ ah ! les poteaux !

n.m.

Définition

Ami, camarade ; associé, complice ; (malfaiteur ; chef de bande) ; peut-être employé en appellatif ; □ exclamation entre amis ; (rarement pour une femme) ANG : a good friend, devoted friend ; friend, chum

registre ancien : 8 registre moderne : 8

Synonyme : ami, camarade, complice Famille : pot- (ami), mes [ami/aïeux/etc.]

3426_ton_poteau.jpg: 830x551, 77k (26 février 2018 à 23h41)

Citations
1887 Une femme se dresse devant nous. Elle va crier. Nous hésitons. Mon poteau se lance sur elle, lui passe je ne sais quoi autour du cou. Je l'aide machinalement, sans me rendre compte. La veinne tombe. Elle était morte. source : 1887. Le monde des prisons
1979 Dans la liste des mecs à débarquer, y'a que des potos qui ont du caractère et qui ne se laissent pas chier dans les doigts ! source : 1979. On y va pas, on y court ! (Prolo)
1956 L'jour de la fête à Julot, mon poteau, je l'ai invité au petit bistrot source : 1956. On n'est pas là pour se faire engueuler (I)
1927 entre poteaux source : 1927. C'est la valse des costauds
1918 mon poteau a décidé de s'y fixer pour soigner son entérité. source : 1918. Loin de la rifflette
1918 Seulement si que ça ne te plairait pas, eh bien, mon petit poteau, ce serait du kiff. Vu ? source : 1918. Loin de la rifflette
1917 –Eh ! poteau, t'entends-t-y l'canon ? C'est donc qu'y a la fête ? –Probab'e ! Ici, mon vieux, c'est tous les jours el Quatorze Juillet ! source : 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse)
1916 Mais toi, tu es un « poteau » ! Du bist ein Poteau ! –Qu'est-ce que c'est un « poteau » ? –C'est comme qui dirait un vrai copain ! source : 1916. Journal d'un simple soldat. Guerre-captivité 1914-1915
1915 Ah, poteau, t'en fais pas : on va s'payer des bosses ! source : 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard
1925 certains cherchent ainsi tout bonnement une distraction à la monotonie de leur existence, d'autres ont l'espoir de « passer en douce un bifton à quelque poteau » de la même bande source : 1925. Souvenirs d'un médecin des prisons de Paris (1914-1918)
1911 tout à coup, j'entends une musique sucrée comme de la gelée d'abeilles… Je relève la tronche… Ah ! les poteaux ! qu'est-ce que j'ai reçu comme brûlant !… Cette musique, c'était la voix d'une gonzesse de quinze à seize piges source : 1911. Le journal à Nénesse
1903 Maintenant, mon poteau [à femme], quand tu seras sortie, si toutefois tu « refauches » pas de nouveau, tâche d'avoir un corsage de soie noire taille 44 source : 1903. Les enracinées
1903 Mon vieux Poteau [destiné à une femme], Au moins, toi t'as pas la frousse. J'aime ça moi. […] Faut leur montrer un peu que les « gonzesses » de Chaillot ont du poil aux yeux. source : 1903. Les enracinées

<13 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

POTEAU, subst. masc. II. Arg., pop. A. Ami fidèle. Les autres copains et poteaux, dit Marthereau, faut pas croire qu'i' soyent mieux ni plus bien que nous (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 148). Berlassier et Sarcelotte: de vrais camarades ceux-là, des solides; des sûrs, des poteaux (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 54). Vous pouvez parler de James Dee (...) à ses anciens poteaux de l'équipe de rugby (AYMÉ, Mouche, 1957, p. 30). B. Homme du milieu. Les messieurs et leurs dames voisinaient avec les poteaux et les gonzesses, leur passaient des bouteilles, chantaient avec eux des refrains obscènes (L. DAUDET, Fant. et viv., 1914, p. 133). Prononc. et Orth.: B. Fig. en parlant d'une pers. 1. 1259 « soutien, appui » (RUTEBEUF, Du Pharisien, 68 ds OEuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 253: maint postiau de sainte Yglise); 1400 « appui, ami » (Arch. nat. JJ 155, pièce 273 ds DU CANGE, s.v. postellum: ses posteaulx, c'est a dire les meilleurs de ses amis), ex. isolés; av. 1873 compter sur un potot (arg. des forçats d'apr. ESN.); 2. 1883 arg. des voleurs « chef de bande » (FUSTIER, Suppl. dict. Delvau, p. 543); 1914 « homme du milieu » les poteaux et les gonzesses (L. DAUDET, loc. cit.). Dér. (à l'aide du suff. -el, -eau*) du subst. a. fr. post «poteau» (déb. XIIe s. BENEDEIT, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1380), du lat. postis « jambage de porte », au plur. «porte», à l'époque class.; « pieu, pilotis » au Moy. Âge (av. 532 ds NIERM.). CHAUTARD Vie étrange Argot 1931, p. 296. HOTIER 1973 [1972], p. 71. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 68. (tlfi:poteau) /

  • Terme d'argot (1887. Le monde des prisons, p. 33)
  • Poteau, pole, as a sustainer (MAR)
  • Se dit maintenant pote (PN-c)
  • Ceux qui parmi les malfaiteurs sont appelés poteaux ont reçu l longue trad. du maniement du langage : souteneur = poteau ; ce sont les poteaux qui reprennent les mots oubliés pour les lancer de nouveau dans la circulation (SCHW1889)
  • Support, soutien (AYN)
  • P. Guiraud met en doute l'identité des mots (poteau moderne de 1873 et poteau de 1400), et voit dans l'emploi mod. un dér. de pot. → Potache (GR)
  • Celui sur lequel on s'appuie (Henry Solus, dans Barrès)
  • Ce à quoi l'on s'appuie (Lenôtre1918)
  • 1400 : « ses posteaux, c'est-à-dire les meilleurs de ses amis », lettre de rémission citée par Bloch ; puis 1873 (GR) /

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