boche

boche (tableau rapide)
boche Allemand, allemand, tous ceux des nationalités où l'on parle allemand, germanophone (Allemand, Alsacien...) ; (par ext.) progermain ; langue allemande
synonyme allemand, Allemand
date 1879
fréquence 193

boche

& Boche ; bosch ; langue boche

n., adj.

Définition

Allemand, allemand, tous ceux des nationalités où l'on parle allemand, germanophone (Allemand, Alsacien...) ; (par ext.) progermain ; langue allemande ALL : Schimpfnale für alles Deustche / ANG : German ; Boche, German soldier

registre ancien : 7 registre moderne : 6

Synonyme : allemand, Allemand Morphologie : aphérèse Famille : boche

4590.jpg: 650x433, 91k (22 août 2011 à 23h01)

Citations
1965 L'homme du 10 mai tenait d'autres discours. Les Allemands, jusque-là des Fritz, des Fridolins, rarement des Boches, ne furent plus que des vaches de Boches. [1965] source : 1965. La débâcle
1915 qu'ils découvrent au coin d'une colonne, dans un de nos journaux, cette rubrique : « Nouveaux exploits des Boches », ils rentrent dans une noire fureur. Ils ne veulent pas qu'on les appelle Boches, le nom de Boches est pour eux un outrage sanglant, l'unique, le définitif outrage. Pourquoi ? Ce n'est pas mon affaire de l'expliquer. « Boche » n'est pas plus injurieux que « Prusco » ou « Teuton ». Mais puisque ça les embête, cette raison me paraît suffisante pour continuer. Qu'ils soient donc des Boches désormais source : 1915. Boches et Bochie
xxxx Je t'envoie une carte postale boche artistiquement illustrée. source : xxxx. Écrits
1945 Incommensurable stupidité des Boches ! source : 1945. Mon journal depuis la Libération
1907 Dites donc, vieille boche, voulez-vous prendre ma pendule avec ? source : 1907. L'amour s'amuse - Roman
1918 et revenait cependant du front, où il avait assurément « tué du boche ». source : 1918. Loin de la rifflette
1918 Je vous remercie, Erckmann… Ah ! c'est utile de savoir le boche source : 1918. L'attaque du Pont de Chooz
1917 Y a-t-il là un homme qui parle mieux que moi le boche ? source : 1917. La reprise du fort de Douamont
1918 j'ai fait Verdun, mais du côté des Boches ! source : 1918. Loin de la rifflette
1918 Cantonnement à Saint-Ulrich (Alsace). Tout est boche ici, on n'entend parler qu'allemand ou patois [4/2/1918] source : 1918. Journal de guerre 14-18
1927 sauf avec les deux Boches dont un Juif, qui m'ont invité à un bal raté aux Frères Provençaux source : 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire
1927 On n'en fait plus de ces Boches-là. source : 1927. Souvenirs de la vie de plaisir sous le second Empire
1917 Marche vite, au lieu de t'amuser à lire en route, comme tu fais d'habitude ; d'ailleurs, tu y perdrais ta peine : c'est du boche. source : 1917. Nuits de guerre (Hauts de Meuse)
1921 Qui est-ce qui connaît une injure boche, une belle injure en vrai boche, en argot boche ? source : 1921. La boue
1916 Tout à coup, là, au fond de la cour Ouest, nous entendons brailler boche. source : 1916. Journal d'un simple soldat. Guerre-captivité 1914-1915
1915 Je vais finir par apprendre le boche, si je reste ici quelques jours encore. source : 1915. Les poilus de la 9e
1915 Immédiatement, une dizaine de soldats nous entourent et nous interrogent en langue boche. source : 1915. Les poilus de la 9e
1953 Et je ne te dis rien des fois où vous nous tapiez sur la gueule avec vos monstres de canons au lieu d'écrabouiller les Boches source : 1953. Allons z'enfants
1936 Je l'ai interrogé en allemand. Pas de réponse. Les copains se foutent de moi. Paul me dit, avec son air fin : « J'croyais qu'avais dit qu'tu baragouinais l'boche ? » source : 1936. Hajde Prilep. Journal d'un poilu d'Orient
1918 Combien en avez-vous tués, Monsieur, de Boches, de votre main ? source : 1918. Loin de la rifflette
1918 les Boches ont déshonoré la guerre. source : 1918. Loin de la rifflette
1958 Langlet était un métis, Khoung était un métis et Vorlang un sale Boche trop tôt naturalisé. Il se surprit à penser : « Un Boche est toujours un Boche » source : 1958. Rage blanche
1903 Il n'était pas bête ce coco-là, mais on m'a dit que c'était un Allemand et vous savez, moi, je n'aime pas les « boches ». source : 1903. Les enracinées

<23 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

BOCHE, subst. et adj. Arg., péj. A.− Emploi subst. Allemand. Synon. chleuh, doryphore, fridolin, frisé, fritz. C'était Frida qui dansait, tu sais, la grande boche blonde (Vercel, Capitaine Conan, 1934, p. 99): 1. − C'est-il les Français qui ont mis le feu? demanda-t-elle. − Vous êtes pas cinglée, la petite mère? dit Lubéron. C'est les frisous, oui. Un vieux hochait la tête, incrédule : − Les frisous? − Eh oui, les frisous : les boches, quoi! Sartre, La Mort dans l'âme, 1949, p. 144. B.− Emploi adj. Artillerie, sentinelle, tranchée boche : 2. − Mais, ajoute-t-il, c'est surtout après l'officier boche que j'en ai. (...). − Ah! mon vieux, dit Tirloir, on parle de la sale race boche. Les hommes de troupe, j'sais pas si c'est vrai ou si on nous monte le coup là-dessus aussi, et si, au fond, ce ne sont pas des hommes à peu près comme nous. Barbusse, Le Feu, 1916, p. 38. Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [bɔ ʃ]. 2. Forme graph. − Au fém. une boche; on rencontre une bochesse (cf. G. Esnault, Notes complétant et rectifiant « Le Poilu tel qu'il se parle », 1956). Étymol. ET HIST. − 1862 têtes de boches (pop., Metz d'apr. Esn.); 1874 id. arg. des typographes (E. Boutmy, La Lang. verte typographique, cité par Sain. Lang. par., p. 532); 1881 id. (L. Rigaud, Dict. de l'arg. mod., p. 46 : Tête de boche); 1886, juin arg. milit., boche synon. d'Allemand (Huret, Courrier français dans Esn. Poilu, p. 87). Boche dans tête de boche est peut-être issu de caboche « tête » par aphérèse (et prob. pas empr. à l'ital. boccia « boule de jeu », Dauzat, Les Argots, Paris, 1929, p. 109, note 1); le sens de « allemand » est soit une spécialisation du même mot (EWFS2) soit issu par aphérèse de alboche « allemand » (av. 1870, témoignage de M. Armand Schuller, ancien secrétaire du Temps d'apr. Dauzat, op. cit., p. 109), altération de allemand ou bien d'apr. (tête de) boche, ou bien d'apr. -boche devenu une espèce de suff. arg. en raison de son emploi dans des mots comme rigolboche (1860, Bl.-W.5), cf. aussi postérieurement attestés fantaboche, italboche. (tlfi:boche)

  • boche n.m. arg. , péjor. N. PEUPLE "Allemand" - DHR (têtes de boches), 1862 ; TLF, GR[85], 1886, Huret ; Mat., 1887, Verlaine [repris in GLLF].
    • 1879 - « [...] les boches bassinnent de plus en plus ces braves Messins [...]. » Le Père Duchêne illustré, n° 8, 6 pluviôse 87, 4 - P.E. (bhvf:boche) /

première audition en campagne, de Parisiens du 69e inf., prononcé bheuche, 23/09/14 ; le mot ne s'est vulgarisé au 81e t. que l'hiver suivant. Dès 15 l'Intendance distribue au front « l'Anti-Boche », papier à cigarette. Boche se trouve dans la citation de Jacquet, assassiné à Lille, parue au JO peu avant le 29/5/16. Une note de la VIIIe armée l'interdit en style officiel, parce que « la correction du style honore celui qui en est l'auteur », mais une autre, datée G.Q.G., 5/6/17 et signée Pétain l'emploie deux fois. L'anglais, dès 14, l'a emprunté : bosh ; Boche, Allemand, est dans Noter, Bruant et Ross. À dire qu'aucun témoignage n'a pu le relater avant 1900 (Dauzat), il y a erreur : il est en toutes lettres dans de Bercy (Lettres argotiques, Lanterne de Bruant, 1896, n°65, p. 5), dans Delesalle, dans Virmaître, dans Verlaine dès 1889 ; Bal des Boches est le nom d'un bastringue, boulevard de la Gare, Paris, 1886 ; on affirme l'avoir entendu en 1870 (Int. des Ch. LXXI, 29). Tête de boche, qui n'est pas attesté plus anciennement ne dit rien d'autre que tête d'Allemand ; naturellement boche servait pour tout ce qui parle germanique, d'où Boche, nom pour concierge alsacien (Zola, Assommoir, 1877) et sobriquet pour ouvrier luxembourgeois. C'est l'apocope d'alboche. (Esnault1919)

  • "je ferai connaître envers et contre toutes les académies et tous les glossaires autorisés, que Boche vient de Rigolboche. La filiation étymologique est toute naturelle. L'enfant de Bobigny [Rigolboche], répondait à son prénom de Marguerite et au surnom de Huguenote. Un soir, à souper, trouvant drôle la tête d'un type présent, au lieu de dire de lui : « Il est rigolo », elle prononça : « Il est rigolboche. » Cette terminaison Boche parut de sonorité amusante, comme Bamboche par exemple, et par là fit fortune. On l'appliqua à des centaines de noms de personnes et même de peuples, en changeant les dernières syllabes, ainsi : Allemand devint Alboche. En résumé, le diminutif Boche a une origine tout à fait inoffensive pour les Teutons.
  • Abbreviation of caboche, hobnail, having a hard, rough and square head. Before 1870, Germans were called têtes carrées, on account of their obstinacy and lack of quickness in comprehension. (MAR)
  • Mot du langage parisien qui n'a, étymologiquement, rien d'ethnique et dont l'application aux Allemands est tardive et postérieure à la guerre de 1870. Le mot était tout d'abord limité au monde de la galanterie où il qualifiait le mauvais sujet, en opposition à muche, jeune homme poli, doux, aimable, réservé (Delvau, 1866). De là il passa chez les imprimeurs parisiens, qui, les premiers, désignèrent (vers 1874) par boches les ouvriers typographes d'origine allemande ou flamande. L'appellation fut ensuite étendue à tous les Allemands. L'acception initiale de « grosse-tête » ou de « tête dure », c'est-à-dire de caboche (dont boche est l'abréviation parisienne), fut ainsi successivement appliquée aux jeunes gens peu maniables, à la main-d'oeuvre de langue allemande et finalement aux Allemands, aux Luxembourgeois, aux Alsaciens, c'est-à-dire à tous ceux qu'on a appelés plus tard Alboches, ou Allemands-Boches (pléonasme analogue à tête de Boche, synonyme de tête carrée d'Allemand). Sur l'origine du mot Boche, on a émis dans les périodiques, depuis le début de la Guerre, des hypothèses innombrables (v. l'Intermédiaire de 1914, 2e semestre, et de 1915) : ce sont là de vagues présomptions, qui ne tiennent aucun compte de la chronologie et surtout de l'évolution du mot dans les différents milieux qu'il a traversés: filles (vers 1860), imprimeurs (après 1870), ouvriers en général (vers 1880), avant que la Guerre actuelle ait donné à ce sobriquet, naguère plutôt ironique, un caractère d'abomination. (SAIN-TRANCH)
  • Avant la guerre on disait souvent « tête de boche » pour « sale tête », « tête dure », etc. (BAU1920)
  • Aphérèse d'Alboche, avec infl. de tête de boche « tête dure », dér. de caboche en argot des typographes, 1862 (GR)
  • Avant la guerre, les Allemands étaient depuis longtemps désignés en France sous le nom d'Alboches, bien que ce mot ne fût pas d'un usage courant. Le vocable : Boche ne naquit qu'en 1914, mais en réalité il constitua un emprunt plutôt qu'une création. En Suisse, il était déjà d'un usage presque courant ! Trois ou quatre ans avant la guerre les étudiants de l'école polytechnique de Zurich qui avaient à se plaindre du clan allemand organisaient un vaste monome et se répandaient dans les rues en criant : –Conspuez les Biches !... A bas les Boches ! (VITER1920)
  • Apocope de Alboche (George, FM48)
  • « Le mot boche a eu une extension rapide et l'arrière lui a fait une merveilleuse fortune parce qu'il lui a donné un sens méprisant qu'il ne possédait pas à l'origine dans les corps où il était usuel : là, en effet, il était simplement l'abréviation de Alboche qui est à Allemand ce que Italboche est à Italien ; il n'avait d'ailleurs rien de commun avec l'expression parisienne, celle-là, de 'tête de boche' qui va avec 'tête de pioche' » (Gauthiot1916)
  • Il semble bien difficile d'établir la véritable origine du mot boche ; mais nous penchons à croire qu'il vient, par anagramme, de schwob, terme de mépris, que les Alsaciens appliquent aux Allemands. (...) Le mot boche existait avant la guerre, en même temps qu'alboche, dans le sens d'allemand. (Dech1918)
  • Tête de boche signifiait : personne obstinée, têtue ; les Allemands ont le réputation d'être obstinés, têtus : « Allemand fut altéré bientôt en Allemoche, création qui n'a vécu que dans l'Est, et plus communément en Alleboche, Alboche, sous l'influence de 'tête de boche' et de 'caboche'. Alboche est attesté en 1889. Quelque temps après, il s'abrégeait lui-même en Boche, terme courant pour désigner les Allemands, dès avant la guerre, dans tous les milieux populaires des grandes villes du Midi comme du Nord. [...] il ne désigne pas une nationalité, mais un peuple, une race, avec la nuance péjorative sous laquelle la foule voit l'étranger, ennemi ou non. Il n'est pas seulement le similaire de l'italien tedesco ou du hollandais moffe, il est aussi la réplique parfaite, qui nous manquait, du Welsche, par lequel les Allemands désignent dédaigneusement les gens de race latine. La guerre actuelle est la lutte des Welsches contre les Boches. » (Dauzat1917MdF)
  • « [les Boches] Pourquoi ce surnom aux Allemands ? Bien peu de mes camarades le connaissaient avant le mois d'août. J'avais appris son existence à la fin de 1913, au retour de Saverne, où je venais de voir opérer Forstner et de comprendre combien la guerre se faisait inévitable et prochaine. Passant à Nancy, j'échangeais avec de jeunes amis des impressions, quand l'un d'eux me dit vivement : –En somme, les Boches sont indécrottables. –Les... quoi ? fis-je. –Les Alboches... / Je suis bien sûr que ce sont fourvoyés tous ceux qui ont cherché une étymologie ingénieuse à ce mot nouveau. On a d'abord dit Alboche pour Allemand et c'est resté, parce que cela rimait avec caboche, moche, bidoche, une foule de vilains mots. Le radical est tombé ensuite, par la faute des gens pressés, et le suffixe à consonnance injurieuse a subsisté seul. » (Redier1916, p. 171)
  • inconnu il y a quatre ans à peine, à la majorité de nos concitoyens ; terme qui a conquis une renommée mondiale. Abréviation de Alboche en Boche, terme courant pour désigner les Allemands, dès avant la guerre, dans tous les milieux populaires des grandes villes du Midi comme du N. Je ne crois pas que Boche, Allemands, soit antérieur aux dernières années du XIXe siècle. Aucun témoignage n'a pu le relater avant. Willy l'a cité en 1905, on le trouve dans les oeuvres posthumes de Verlaine ; par l'usure, a perdu sa valeur péj. originaire ; mot de l'arrière ; abréviation d'al(le)boche (Dauzat1918)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)
  • Le mot Boche, écrit Bosh, a passé en anglais depuis 1916 et déjà formé des dérivés (Dauzat1918add)
  • 1886 ; diffusé en 1914-1918 (GR) / Mais Boche, nom de concierge alsacien, dans l'Assommoir, 1877 (Esnault1919) / À propos de la première attestation connue, Pierre Enckell écrivait : « Voici, je crois, la plus ancienne attestation à ce jour de boche "Allemand". J'avais noté cette phrase autrefois à la Bibliothèque nationale, mais je n'ai pas plus de contexte. Il est curieux de voir ce mot apparaître à propos de Metz, où Esnault a signalé tête de boche "tête dure" en 1862. « Les boches bassinent de plus en plus ces braves Messins […]. » (Le Père Duchêne illustré, n° 8, 6 pluviose 87 (=1879), 4.) »

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Boch est aussi passé en breton. La première utilisation connue date du 21 novembre 1914 dans l'hebdomaire bilingue "Le courrier du Finistère"Paour keizh Boched eme zaïk, koll a reont o amzer hag o arc'hant". (Pauvres Boches - dit Zaïk- ils perdent leur temps et leur argent. Le chansonnier Théodore Botrel l'utilisa aussi dans une chanson pour les poilus bretons ou il évoque "Goad ar boched milliget" (Le sang des maudits boches). Référence "Les Chansons de route", 1915 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9692890j.r=Les%20chansons%20de%20route?rk=42918;4, page 160. BernezRouz

05.11.2019 : 21:58