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pègre (définition)

pègre
Collectif : monde des voleurs, milieu des criminels, ensemble des voleurs, membres du milieu, le milieu, les criminels ; □ petits délinquants?

pègre & Pègre ; paigre ; de la pègre #nom fém. #1829

Collectif : monde des voleurs, milieu des criminels, ensemble des voleurs, membres du milieu, le milieu, les criminels ; □ petits délinquants?

↓ fréquence : 103 | registre ancien : 9 | registre moderne : 2

  • 1932 Tant il est vrai que tout est relatif ici bas… et que la Pègre comme la Magistrature et l'Armée a sa hiérarchie. source : 1932. Le pourrissoir
  • 1912 La pègre, c'est tout ce monde, équivoque d'allures, qui, voulant mener la vie facile, sans en demander les moyens au travail régulier, a recours aux méfaits, pour satisfaire ses dangereuses et méprisables passions. La pègre, c'est la tourbe des malandrins qui ne subsistent que du vol, pratiqué plus ou moins largement, plus ou moins brusquement, plus ou moins intelligemment, et qui, à l'occasion, ne reculent pas devant l'assassinat, pour écarter un obstacle ou supprimer des témoins gênants. source : 1912. Les plaies sociales. La Pègre
  • 1975 Rejoins les rangs de la pègre, tu prendras vraiment ton pied source : 1975. Camarade bourgeois
  • 1898 Et puis, vous savez, c'est pas de la pègre, ni des mouisards, mais c'est tous des types à hauteur, des députés, des sénateurs, des académiciens, est-ce que sais-je encore encore ? source : 1898. Notes d'un tricoteur (L'Auto-Vélo)
  • 1829 Ne voudrais tu pas te faire passer pour la fleur de la paigre, toi, Rousti source : 1829. Mémoires d'un forban philosophe
  • 1845 ce refrain populaire des bagnes et des prisons : La pègre ne périra pas source : 1845. Les bagnes ; histoires, types, moeurs, mystères
  • 1918 Dans la pègre militaire, il y a deux sortes de « mecs affranchis » ; les uns sont « francs » ou « réguliers » (régul'régul), autrement dit loyaux source : 1918. Loin de la rifflette
  • 1883 Si la musique descendait, elle serait écharpée par le régiment. On se jetterait sur les mangeurs, dans les ateliers, dans le cour. La pègre se partagerait les morceaux. source : 1883. Le Tableau de Paris

<8 citation(s)>

Chronologie et sources

La plus ancienne attestation connue est : 1829. Si vous connaissez une date plus ancienne, indiquez-la en commentaire avec précision de la source exacte. Merci.

1829 1829 1844 1845 1846 1847 1853 1857 1859 1860 1862 1862 1872 1872 1881 1883 1887 1887 1892 1898 1899 1899 1899 1899 1899 1900 1900 1901 1902 1903 1904 1912 1912 1916 1917 1918 1922 1923 1924 1925 1925 1925 1925 1925 1927 1929 1929 1930 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1935 1939 1942 1945 1948 1949 1951 1952 1953 1953 1953 1955 1955 1957 1960 1963 1967 1968 1966 1969 1972 1973 1973 1973 1973 1973 1973 1973 1974 1975 1975 1976 1976 1978 1979 1982 1982 1984 1986 1987 1995 1997 2002 2003 2006 2007 2008 2009 2013

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

PÈGRE, subst. A. Subst. fém. sing. Groupe social formé par les voleurs, les escrocs, les souteneurs, les voyous. Solidarité et silence sont aussi fidèlement observés par les membres de la S.G., que dans la pègre, ou, comme on dit, dans «le milieu» (L. DAUDET, Police pol., 1934, p. 77). J'ai eu des malheurs. Aussi me voilà tombé dans la pègre: je ne me relèverai jamais (QUENEAU, Loin Rueil, 1944, p. 163): ... Trauttenbach avait longtemps vécu dans la pègre berlinoise, et (...) il avait conservé, dans ce milieu interlope, des relations dont il avait déjà tiré profit pour la cause. MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p. 421. La haute pègre. Les voleurs, les escrocs de haute volée. J'ai vu plus d'une fois des hommes s'accuser de crimes qu'ils n'avaient pas commis, pour acquérir le droit de dire qu'ils appartenaient à la Haute Pègre (VIDOCQ, Voleurs, t.2, 1836, p. 129). V. fanandel ex. La basse pègre ou la petite pègre. Les voleurs, les truands sans envergure. Les grands voleurs le méprisent [le voleur à l'étalage] (...), le relèguent dans la basse pègre (Intérieur prisons, 1846, p. 53). Si l'on excepte la petite pègre tatouée, il faut convenir que la légende s'effrite: les complets de coupe excentrique et les bouchons de carafe, qui intéressaient beaucoup trop les indicateurs sont en voie de disparition (H. BAZIN, Tête contre murs, 1949, p. 213). [Avec déterm. indéf.] Groupe de truands. Une pègre en délire se bousculait dans le passage (CARCO, Jésus-la-Caille, 1914, p. 44). Descendons au bar, ici on ne s'entend pas, et quelle pègre nous coudoie! (MAURIAC, Chemins mer, 1939, p. 134). B. Subst. masc., arg., vieilli. Voleur, escroc. [L.] est le pègre émérite qui a dévalisé l'appartement du maréchal Magnan (A. HUMBERT, Mon bagne, 1880, p. 9). Pègre de la Haute. Membre de la haute pègre. L'association des Pègres de la Haute a ses lois, lois qui ne sont écrites nulle part, mais (...) exactement observées. Aussi le Pègre de la Haute qui n'a pas trahi ses camarades (...) reçoit des secours en prison, au bagne, et quelquefois même jusqu'au pied de l'échafaud (VIDOCQ, Voleurs, t.2, 1836, p. 10). Le pègre de la haute ne volera pas un objet de peu de valeur (...) et méprise les voleurs de bagatelle auxquels il donne le nom de pégriot, pègre marteau (MOREAU-CHRISTOPHE, Français peints par eux-mêmes, Les Détenus, t. 4, 1841, p. 1). Bourreur de pègres. Code pénal (d'apr. CARABELLI, [Lang. pègre]). Abatteur, balanceur de pègres. Tribunal (d'apr. NOUGUIER, Notes sur Nouguier, s.d., p.2). Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. 1935. Ds HUGO, N.-D. Paris, 1832, p.296, sous la graph. peigre, subst. masc. désignant un individu. Étymol. et Hist. 1. 1797 subst. masc. paigres « voleurs » (MERCIER, Le Nouveau Paris, t.2, p.74 ds BRUNOT t.10, 1, p.237); 1821 pègre « id. » (ANSIAUME, Arg. Bagne Brest, fo 7 ro, § 92); 2. 1829 subst. fém. la paigre «le corps des voleurs» (Mém. d'un forban philosophe, p.86 ds Fr. mod. t.13, p.272) ; 1828-29 La Haute Pègre (VIDOCQ, Mém., t.2, p.418). Orig. incertaine, d'apr. SAIN. Sources Arg. t. 2, p.415, suivi par FEW t.8, p.425a, dér. de pega, pego « poix, glu », du lat. picare « poisser, enduire de poix », cf. arg. marseillais pego « larron des quais, voleur », proprement « avoir de la poix aux doigts » donc « dérober » (v. aussi MISTRAL). (tlfi:pègre)

  • L'une ou l'autre catégorie de la grande pègre qui, en 1860, se chiffrait déjà à Paris par une armée de cinq mille bandits militants (Claude)
  • Dans l'entre-deux guerres, le mot milieu – et les images qu'il évoque – l'emportait sur le mot pègre, le seul utilisé avant la guerre et dans l'immédiat après-guerre. Dans les années où nous sommes [1982], le mot milieu était communément employé pour désigner les grands criminels et leurs histoires généralement célèbres, et le mot pègre pour désigner les petits voyous et leurs histoires qu'on disait lamentables. (Chevalier, Histoires de la nuit parisienne)
  • Orig. incert., p.-ê. de l'anc. franç. pigre, pegre « paresseux » ; Oudin supposait un rapport avec le lat. pix « poix », le voleur étant censé engluer ce qu'il volait. (GR)
  • D'après les étymologistes, le mot pègre vient du latin piger, pigri, paresseux. L'origine de ce terme d'argot en précise le sens. (Villiod, La pègre)
  • 1829 d'après ESN (mais : paigre, 1797, n. m., «voleur») (GR) /