bobard

bobard (tableau rapide)
bobard ■ Blague, récit suspect ; mystification, canular, vantardise ; plaisanterie, discours ou opinions stupides, paroles (péj.), mythe ; fausse nouvelle, faux bruit, fausse rumeur ; ■ mensonge (pour tromper ; spécialement : politique, militaire, gouvernemental, à des fins de propagande, de conditionnement de l'opinion) ; (■ méprise ; se méprendre ) ; □ blaguer, exagérer ; mentir ; □ faire croire à un mensonge
synonyme discours, boniment, mensonge, insincérité, mentir, information fausse, rumeur, ragot, faux, bluff
date 1900
fréquence 85

bobard

& (bobbard) ; □ conter un bobard ; raconter des bobards ; envoyer des bobards ; balancer des bobards ; lancer des bobards ; envoyer des bobards à la noix ; envoyer des bobards salauds ; □ faire avaler un bobard

n.m.

Définition

■ Blague, récit suspect ; mystification, canular, vantardise ; plaisanterie, discours ou opinions stupides, paroles (péj.), mythe ; fausse nouvelle, faux bruit, fausse rumeur ; ■ mensonge (pour tromper ; spécialement : politique, militaire, gouvernemental, à des fins de propagande, de conditionnement de l'opinion) ; (■ méprise ; se méprendre ) ; □ blaguer, exagérer ; mentir ; □ faire croire à un mensonge ANG : a clever reply ; false report

registre ancien : 7 registre moderne : 7

Synonyme : discours, boniment, mensonge, insincérité, mentir, information fausse, rumeur, ragot, faux, bluff Famille : bobard Usage : militaire, guerre

7104_bromure_c_est_un_bobard.jpg: 497x768, 83k (26 septembre 2019 à 02h18) 7104_les_bobards_viennent_de_la_cuisine.jpg: 574x768, 147k (18 septembre 2019 à 01h12)

Citations
1946 Vers midi et demi, on peut entendre les bobards typiques qui s'échangent autour des guéridons source : 1946. Le parisien de Paris
1936 Tout le restant ne sont que du « on dit » et des bobards source : 1936. Sur la frontière espagnole, dans Panorama de la pègre
1937 Les révolutions servent à cela… ne servent qu'à cela… tremper un peu mieux la ferraille pénitentiaire, les jolis bracelets blindés, fondus « bobards » source : 1937. Bagatelles pour un massacre
1936 Tous les bobards, il en a eu sa part, tous les serments il les sait source : 1936. Celui qui s'en va
1933 Paris et ses boulevards avec tous ses bobards source : 1933. C'est vrai
1945 Le bobard du jour. source : 1945. Mon journal depuis la Libération
1950 On finit même par se croire soi-même, à force de répéter les mêmes bobards source : 1950. Ainsi soit-il
1966 Le mot d'ordre de la bourgeoisie d'après-guerre était « le travail », ou plutôt ce qu'ils appelaient le travail. Je ne marchais pas dans ce bobard. D'abord quel métier ? Vendre des automobiles ? J'aimais mieux les acheter source : 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)
1966 De tous les bobards hérités du romantisme, le culte de la prostituée reste l'un des plus tenaces source : 1966. Les cahiers du capitaine Georges - Souvenirs d'amour et de guerre (1894-1945)
1945 Je me demande s'il s'agit d'un bobard de journaliste source : 1945. Femmes à l'encan - un esclavagisme patenté
1950 Les nouvelles les plus contradictoires se succèdent de toutes parts. Bobards, bobards ! On a même annoncé hier que Rommel s'était rendu. source : 1950. La vieille équipe
2003 je lui sors des tartines dégoulinantes de tromperie, des bobards incroyables source : 2003. Dans l'enfer des tournantes
1918 Ah ! mon lieutenant, vous mériteriez qu'on vous abandonne. Y a qu' vous, quante même, pour balancer des' bobards pareils !… source : 1918. Au seuil des guitounes
1970 J'espère que tu ne nous as pas raconté des bobards, intervint alors David Blosdey. Tu vas rester ici, au frais, durant deux ou trois jours. source : 1970. Échelon de destruction
2004 Il connaissait des histoires incroyables où il était difficile de démêler réel et fiction, bobards et vérité. source : 2004. Une guerre au couteau. Algérie 1960-1962, un appelé pied-noir témoigne

<15 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

BOBARD, subst. masc. Très fam. A. Propos, conte mensonger ou fantaisiste destiné à tromper un public généralement crédule. Lancer, raconter des bobards. Synon. boniment, racontar : 1. ... même des cuisines d'où viennent normalement les bobards et jacasseries, les hommes de soupe ne rapportaient que du mutisme... A. ARNOUX, Rhône, mon fleuve, 1944, p. 20. B. [Gén. en temps de guerre ou de trouble pol.] Faux bruit, fausse nouvelle ou opinion erronée que l'on répand soit pour masquer la vérité et encourager à poursuivre une action, soit pour alarmer l'opinion et démoraliser les troupes au combat : 2. Quant à la politique intérieure, le gouvernement procède par des communiqués à la presse, soit officiels, soit officieux. La plupart du temps, nous n'en usons qu'avec circonspection et parcimonie, lesdits communiqués étant farcis de bobards et de mensonges, tendant à représenter les ministres du moment, même ignares et canailles, comme des merveilles de sagesse et de prévision. L. DAUDET, Bréviaire du journ., 1936, p. 24. 3. La vérité c'est que ta haine de l'U. R. S. S. te porte à la tête, dit Henri. Tu travestis les faits, tu colportes n'importe quels bobards. C'est une sale besogne. À travers l'U. R. S. S. c'est le socialisme en général que tu attaques. S. DE BEAUVOIR, Les Mandarins, 1954, p. 253. Bobard de cuisine (cf. ex. 1). ... j'avais pris cela pour bobard de cuisine, tuyau crevé (CENDRARS, La Main coupée, 1946, p. 255). Rem. 1. Var. plais. bobard de popote (ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, Verdun, 1938, p. 97). 2. La docum. d'ex. du XXe s. fait une large part à ce 2e sens, au détriment du 1er, très peu illustré, si ce n'est dans des textes le plus souvent argotiques. Prononc. : []. Étymol. ET HIST. Ca 1900 d'apr. DAUZAT, Notes étymol. et lex. dans Fr. mod., t. 8, pp. 13-14); 1912 pop. (cité dans ESN.). Prob. dér. en -ard* du rad. onomatopéique bob- exprimant le mouvement des lèvres, d'où la moue, la bêtise; à rattacher à l'a.fr. boban « vanité » (XIIe s. dans T.-L.), bober « tromper » (XIIIe s., ibid.), bobert « présomptueux, sot » (XIIIe s., ibid.), m.fr. bobeau « mensonge », XVIe s. dans GDF., mots qui ont largement survécu dans les dial. (DAUZAT, loc. cit.). STAT. Fréq. abs. littér. : 49. BBG. DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 218. SAIN. Lang. par. 1920, p. 535. (tlfi:bobard) /

Parisiens et parisianisés, 81e t., 15 ; bobant, forfanterie, Roman de la rose, vers 9429, est trop lointain de date et de sens. On expliquera mieux bobard par une suffixation sur boniment et mieux encore par bobèche, tête, pris en sens de coup de tête et d'imagination (cf. monter le bobard, Illusionner, où bobard est le syn. de bourrichon, tête). (Esnault1919)

  • Nous y avons vu un archaïsme ; il est peut-être plus plausible de l'identifier avec le manceau bobard = nigaud, sot, et le sens de boniment, ou de tirade qui interloque, serait alors induit de la locution : monter le bobard, synonyme de celle de monter le job, mystifier, proprement tromper le niais, d'où la notion de menterie (SAIN-TRANCH)
  • Du rad. onomat. bob-, bien attesté en anc. et moy. franç. (bober «tromper», XIIIe ; boban « vanité », XIIe, etc.), et qui a dû subsister dans les dialectes. → Bobine (GR)
  • Prob. dér. en -ard du rad. onomatopéique bob- exprimant le mouvement des lèvres, d'où la moue, la bêtise ; à rattacher à l'a.fr. boban « vanité » (XIIe s. dans T.-L.), bober « tromper » (XIIIe s., ibid.), bobert « présomptueux, sot » (XIIIe s., ibid.), m.fr. bobeau « mensonge », XVIe s. dans GDF, mots qui ont largement survécu dans les dial. (d'après DAUZ) (TLFi)
  • argot courant (Gauthiot1916)
  • remonte au vieux français (REPPS1916)
  • Gauthiot y voit un ancien parisianisme et pas une nouveauté comme le dit Sainéan (Dauzat1918)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)

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