cagna

cagna (tableau rapide)
cagna ■ (Vietnam) Hutte ; ■ (mil.) abri léger de tranchée (niche dans la terre, cabane de boisage, baraque, baraquement de tranchée) ; baraquement minable ; ■ (par ext.) petit local, chambre, petite chambre, logis, foyer, logement, maison, lieu qu'on habite, chez soi ; guérite ; établissement
synonyme maison, logis, domicile, chambre, logement, lieu où dormir, abri, abri de tranchée
date 1896
fréquence 78

cagna

& cagnat ; cagnia ; cania ; canha ; ca-nha ; cagnâ

n.f.

Définition

■ (Vietnam) Hutte ; ■ (mil.) abri léger de tranchée (niche dans la terre, cabane de boisage, baraque, baraquement de tranchée) ; baraquement minable ; ■ (par ext.) petit local, chambre, petite chambre, logis, foyer, logement, maison, lieu qu'on habite, chez soi ; guérite ; établissement ANG : shelter in the trenches ; trench-shelter

registre ancien : 7 registre moderne : 6

Synonyme : maison, logis, domicile, chambre, logement, lieu où dormir, abri, abri de tranchée Usage : militaire, guerre Langue : Vietnamien

4843.jpg: 750x562, 99k (19 juillet 2012 à 23h25) 4843_cagna_bois_des_caurieres.jpg: 481x768, 97k (15 octobre 2019 à 03h02) 4843_cagna_dans_tranchees.jpg: 1024x754, 144k (15 octobre 2019 à 03h02) 4843_cainha_cochinchine.jpg: 1024x654, 141k (15 octobre 2019 à 02h57)

Citations
1945 Aragon a campé dans Aurélien un personnage […] directeur d'un ex-journal de tranchée, La Cagna source : 1945. Mon journal depuis la Libération
1955 Il les reçut et s'excusa de ce que sa cagna était aussi petite source : 1955. La java des bombes atomiques
1949 Je voyage en première au lieu du wagon à bestiaux ; je loge dans des hôtels confortables au lieu de claquer des dents au fond de cagnas pleines de poux source : 1949. Mémoires d'un contrôleur des wagons-lits recueillis par René Delpêche
1954 on me conduisit à une cagna, dans les bois, à un kilomètre de la ferme. C'était une cabane en planches brutes, dissimulée dans un fourré qui eût rebuté un solitaire source : 1954. Walther, ce boche mon ami
1998 Il est impératif que je la voie ce soir. Explique aux gens d'ici qu'ils pourraient se bouger un peu plus pour la contacter avant que je flanque en l'air toute leur cagna. source : 1998. Il faut tuer René Dousquet !
1916 Dans cette deuxième tranchée, qui ressemble à une rue, chacun installait, à droite, à gauche, sa maisonnette ou sa cave. On donna toutes sortes de noms à ces cases : cagna, guitoune, gourbi ; officiellement, ce sont des abris. source : 1916. Méditations dans la tranchée
1915 Son intérieur, il le regardait de tous ses yeux : –Ah ! la cagna ! R'voir sa cagna !… C'est propre ici, et c'est mignon. source : 1915. Les soldats de la guerre : Gaspard
1915 Une « cagna » est une simple cabane, non un abri contre les balles comme tu as l'air de le supposer. [6 oct. 1914] source : 1915. Journal d'un poilu. août 1914-décembre 1915
1915 Quand le temps – de guerre – dépasse le Variable du côté du Beau Fixe, on fait, en arrière des tranchées, des cabanes demi-enterrées, poétiquement dénommées « cagnas ». [14 oct. 1914] source : 1915. Journal d'un poilu. août 1914-décembre 1915
1918 tout heureux d'étendre sur de méchantes paillasses des reins que, durant des mois, avait talés la couche moins moelleuse des cagnas à poux. source : 1918. Loin de la rifflette
1914-1919 Ai une cagna très bien mais humide, à deux mètres sous terre. source : 1914-1919. Les carnets de l'aspirant Laby. Médecin des tranchées
1953 Histoire de ne plus penser à rien, je décide de bouffer et d'aller me coucher. Je rentre à la cagna, la tête farcie d'idées. source : 1953. Alors, pommadé, tu jactes ?

<12 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

CAGNA, subst. fém. Arg. des casernes. Abri de tranchée généralement souterrain : 1. ... percé jusque dans ses manies les plus secrètes par la promiscuité constante du poste et de la cagna, il [le sous-officier] n'est obéi que selon ce qu'il a mérité d'estime... AMBRIÈRE, Les Grandes vacances, 1946, p. 274. P. ext., pop. Abri, cabane : 2. ... une famille de récolteurs, timide, vient se figer sur le seuil de sa porte. (...). Ils pénétrèrent dans la cagna cuisante au fond de laquelle tempêtait notre homme au « corocoro ». CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, 1932, p. 172. Prononc. : []. Étymol. et Hist. 1. 1896 cái-nha « sorte de maison rudimentaire du Tonkin » (CERA, Tonkinoiseries ds G. ESNAULT, Notes complétant et rectifiant « Le Poilu tel qu'il se parle », 1956); 1915 cagna « id. » (Le Journal, 17 juill. ds SAIN. Tranchées : Les cagnas de Tuyen-Quan); 2. 1914 « abri dans les tranchées » (81e t. Artois et XXXXe inf., Lorraine d'apr. ESN. Poilu, p. 123). Empr. à l'annamite cai-nha (composé de cai numéral des choses inanimées et nha « habitation, maison, demeure », cf. DAO VAN TAP, Dict. fr.-vietnamien élémentaire, impr. Vinho-Bao, Saïgon, 1951), comme l'indiquent les témoignages cités par ESN. Poilu, loc. cit. et A. DAUZAT, L'Arg. de la guerre, 1918, p. 124; l'hyp. d'un empr. au prov. canha, v. cagnard1 (FEW t. 2, p. 185a et p. 188a, note 10) est à considérer comme caduque. Fréq. abs. littér. : 41. Bbg. POHL (J.). La Maison ds les fr. marginaux. Vie Lang. 1969, p. 147. (tlfi:cagna) /

Très usuel et dès 1915 très général ; Lorraine dès oct. 1914 ; infiniment plus usuel que gourbi et guitoune ; annamite cai-nhà, maison en paillotte ou bambou tressé (Léra, Tonkinoiseries, 1896) ; d'où cagna, chambre (de caserne) usuel dès longtemps aux coloniaux dans leurs dépôts en France. Au sens de maison, chez-soi, usuel à Brest, 1901. L'étymologie proposée de cagna par cagnard (abri sur le pont d'un navire, abri sous les ponts de Paris) n'est condamnable ni en sémantique, ni parce que cagnard est désuet, ni phonétiquement mais, outre les témoignages des coloniaux, la morphologie s'y oppose : on dit un cagnard et une cagna. (Esnault1919)

  • Mot importé des colonies, désignant la petite hutte tonkinoise ou annamite, faite en bambou, dans laquelle habitent les coolies et les femmes (SAIN-TRANCH)
  • Mot annamite importé du Tonkin par les troupes coloniales (Dech1918)
  • Exotique (AYN )
  • Annamite cai-nha (1896) « la maison »
  • Vieux mot d'argot militaire (Gauthiot1916)
  • Importé de l'Indo-Chine, viendrait de l'annamite caghna qui signifie maison (Garver1917)
  • Mot des coloniaux (Laut1916)
  • semble d'origine annamite (il reste un petit doute car on a signalé un ancien mot parisien cagnar -famille de acagnarder- qui désignait jadis des abris le long du petit bras de la Seine sous l'ancien Hôtel-Dieu) et date de l'expédition du Tonkin (Dauzat1917MdF)
  • Mot des colonies ou origine plus parisienne : on appelait autrefois cagnars des abris qui s'ouvraient sur les petits bras de la Seine, dans les fondations de l'Hôtel-Dieu (REPPS1916)
  • erreur de Sainéan qui le croit nouveau ; ancien mot de caserne (Dauzat1918, d'après Gauthiot) désignait en Annam la paillotte indigène et s'est appliqué à l'abri de campagne dès l'expédition du Tonkin. On a signalé un ancien mot parisien cagnar (de la famille acagnarder) qui désignait jadis des abris le long du petit bras de la Seine sous l'ancien Hôtel-Dieu et A. Daudet a aussi parlé d'un cagnard entre deux roches mais il n'y a là qu'une quasi-homonymie de hasard. Cagna est parfois masculin. (Dauzat1918)
  • 1896 (Vietnam) ; 1901 (mil.) / 1914 (GR) /

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