Définition de : pékin

  • pékin

pékin & péquin ; □ en pékin ; s'habiller en pékin n.m.

Définition

■ Civil (par rapport à militaire), bourgeois, qui n'est pas militaire ; qui ne fait pas partie du groupe, qui est étranger à tel état ; ■ individu, individu quelconque ; unité de compte ; dupe (svt méprisant) ; □ en civil

ALL : Zivilist / ANG : a civilian
fréquence : 070
registre ancien : 6 registre moderne : 7

synonyme : civil (par rapport à militaire (ou autre)) famille : pékin (civil) usage : Argot militaire

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1776.

1828 1842 1842 1842 1844 1846 1854 1857 1861 1861 1862 1863 1864 1870 1880 1882 1883 1886 1886 1886 1888 1888 1889 1895 1896 1896 1899 1899 1900 1901 1904 1904 1905 1908 1910 1911 1912 1914 1915 1916 1917 1917 1917 1918 1918 1918 1918 1918 1919 1920 1921 1926 1927 1927 1935 1935 1945 1951 1960 1960 1963 1968 1974 1976 1977 1977 1981 1982 1988 xxxx

Citations

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Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

PÉKIN2, subst. masc. A. Arg. milit., péj. Civil, bourgeois. Pousse ton cheval ferme, toujours t'éloignant de l'armée. À la première occasion achète des habits de pékin (...). Dès que tu auras sur le dos des habits de bourgeois, déchire ta feuille de route en mille morceaux (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p.60). N'avons-nous pas entendu traiter Louis-Philippe de tyran? Ce n'était que le roi des pékins (PROUDHON, Guerre et paix, 1861, p.62). À ce point de la conversation (...) je risquai la question bébête de la durée [de la guerre], qui sent son pékin d'une lieue (L. DAUDET, Temps Judas, 1920, p.186): ... [les] militaires de Napoléon (...) divisaient le monde en soldats, en pékins [it. ds le texte], en ennemis, et (...) traitaient les pékins en ennemis et les ennemis en pékins.... BALZAC, Corresp., 1837, p.292. En pékin. En habit civil; en partic., sans travesti dans un bal costumé. Nous allons en pékins au bal chez Michelet, où les femmes sont déguisées en nations opprimées, Pologne, Hongrie, Venise, etc. (GONCOURT, Journal, 1864, p.25). Empl. adj. [Le vêtement] est plus militaire, il a l'air moins pékin (POMMIER, Crâneries, 1842, p.134). Popelin aurait insinué dans la cervelle de la Princesse l'idée qu'il y avait un beau rôle à prendre pour un Napoléon dans cette fin de siècle, le rôle d'un Bonaparte civil, d'un Bonaparte pékin, d'un Bonaparte savant, lettré, intellectuel (GONCOURT, op.cit., 1890, p. 1227). B. P. ext, arg. Celui qui n'appartient pas à un milieu particulier. Accommoder le pékin (pour les voleurs) (d'apr. ESN. 1966). Quand le second maître de manoeuvre Lestrope, chargé d'enseigner le matelotage aux fistots [élèves de 1re année] de l'École navale, entendit ceux-ci parler de «ramer avec des rames», de «tirer sur une corde» (...), il se mit fort en colère (...). Ces mots sont ceux, en effet, du «dehors», des non-initiés, et qui trahissent aussitôt le pékin. Il n'y a pas de corde, à bord, hormis la corde de la cloche. Il n'y a que des cordages, ou mieux des filins (Vie Lang. 1971, p. 384). Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. 1935. BALZAC, Pierrette, 1840, p.164 et Paysans, 1844, p. 115: péquin; cette forme est var. de pékin ds LITTRÉ et ROB. CATACH-GOLF. Orth. Lexicogr. 1971, p. 286: péquin. Étymol. et Hist. 1799 péquin (J. HARDY, Correspondance, 11 juill. ds Mél. Bruneau, p. 147). Prob. empr. au prov. pequin « chétif, malingre », correspondant à l'esp. pequeno « petit », issu d'un rad. pekk- exprimant la petitesse. Le mot a sans doute été introduit dans l'arg. des armées révolutionnaires par des soldats originaires du Midi. V. FEW t.8, p. 158; G. GOUGENHEIM ds Mél. Bruneau 1954, pp. 147-151; BRUNOT t.9, pp. 999-1000. STAT. Pékin1 et 2. Fréq. abs. littér.: 49. BBG. QUEM. DDL t.5. (TLFi) /

  • Formation expressive, du radical pekk- « petit » (cf. provençal pequin « malingre », ital. piccolo, esp. pequeño), ou du rad. du lat. pecus, pecoris « bétail » (GR)
  • Prob. empr. au prov. pequin « chétif, malingre », correspondant à l'esp. pequeno « petit », issu d'un rad. pekk- exprimant la petitesse. Le mot a sans doute été introduit dans l'arg. des armées révolutionnaires par des soldats originaires du Midi (TLFi)
  • Ciblot est plus usité (Dech1918)
  • date au moins des guerres de Crimée et d'Italie (Dauzat1918)
  • péquin : 1776 ; pékin : 1797 (GR) / 1799 péquin (J. HARDY, Correspondance, 11 juill. ds Mél. Bruneau, p.147) (TLFi) /

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