esbigner

esbigner (tableau rapide)
esbigner S'enfuir, se sauver, décamper, fuir, s'esquiver, s'en aller, partir ; s'éteindre (chandelle) ; s'écarter, s'éloigner ; cacher, sauver ; mettre dehors, exclure ; emporter ; partir (=mourir)
date 1794
fréquence 65
synonyme fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader

esbigner

& s'esbigner ; esbiner ; s'esbiner ; s'exbigner ; s'espigner ; s'esbegner ; espigner ; s'isburer

S'enfuir, se sauver, décamper, fuir, s'esquiver, s'en aller, partir ; s'éteindre (chandelle) ; s'écarter, s'éloigner ; cacher, sauver ; mettre dehors, exclure ; emporter ; partir (=mourir) ANG : to run away / IT : salvarsi

registre ancien : 9 registre moderne : 8

Morphologie : b/p, e-é/i

1867 Il y aurait peut-être bien un moyen de s'esbigner d'icigo (Se sauver d'ici). –Par où ? –Eh ! mais, par la mousserie (Latrines), que l'on a vidée hier. source : 1867. Les Malfaiteurs
1957 Mais le mec en a gros sur la patate au sujet des empafés qui l'ont faisandé et i'va drôlement se manier le train tant qu'il pourra s'esbigner des flics. source : 1957?. Dix ans de frigo
1852 dites-moi tout de suite ; combien ?… je suis pressé? –Combien ?… pourquoi faire ? –Pour m'esbigner. source : 1852. Soufflez-moi dans l'oeil
1847 si nous y manquons [serment], que le grand rabbin nous esbigne de son Saint-Patelin source : 1847. Quand les 'Amis de la Patache' écrivaient au roi, dans Bagnards à Brest. La Pègre repentante à S.M. le Gros Dabuche
1934 et j'm'esbigne en loucedé source : 1934. Il n'est pas distingué
1904 Sitôt que le galant s'était esbigné, Vincente avait lancé la Juive sur sa piste source : 1904. Pepete le bien-aimé
1840 nous nous isburions (retirions) en fredonnant source : 1840. (récit de voleur), dans Un an de prison, ou Souvenirs de Sainte-Pélagie
1949 Ma poupée, entre temps, s'était esbignée source : 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain
1903 Comme je m'esbigne [sortir de prison] avant toi, une fois dehors, je tâcherai de te faire arriver des chansons, si je le peux. source : 1903. Les enracinées

<9 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

ESBIGNER, verbe trans. Arg., pop. ou dial. A. Emploi trans. Dérober, voler, faire disparaître (quelque chose). Esbigner le chopin dans sa culbute, cacher l'objet volé dans sa culotte (RABAN, MARCO SAINT-HILAIRE, Mém. forcat, t. 4, 1828-29, p. 314). Philippine m'a déjà esbigné ma pièce et combien donc que vous m'en avez effarouché ed'mes pièces, sous couleur de me vêtir, de me nourrir? (BALZAC, Paysans, 1844, p. 63). Puisque vous êtes dans l'Ambroisienne, ne pourriez-vous pas m'esbigner une mèche de beaux cheveux blonds de Madonne Lucrezia qu'elle envoyait au Bembo? (MÉRIMÉE, Lettres Duchesse de Castiglione, 1870, p. 89). B. Emploi pronom. réfl. S'esquiver, s'en aller, s'enfuir, partir sans se faire remarquer. Synon. décamper, filer en douce. Je casse une canne, autrement dit je m'esbigne, ou, comme on dit à la cour, je file (HUGO, Misér., t. 2, 1862, p. 296). Y m'semble l'voir encore [le duc] l'soir qu'y s'a esbigné comme ça à l'anglaise (GYP, Mme la Duchesse, 1893, p. 114). Il faut que je m'esbigne en souplesse de cette cabine, de cette carcasse (AUDIBERTI, Quoat, 1946, 2e tabl., p. 55). Rem. La docum. atteste esbigné, ée, en emploi adj., corresp. à l'emploi pronom. Et la mère? demanda le saltimbanque avec tout l'intérêt d'un amant épris, inquiet sur le sort de l'objet aimé. Esbignée! répondit Rocambole (PONSON DU TERR., Rocambole, t. 1, 1859, p. 624). Prononc. : [], (je m')esbigne []. Étymol. et Hist. 1. 1754 trans. « voler » (P. BOUDIN, Madame Engueule, p. 45); 2. ca 1810 s'esbigner « s'enfuir en hâte » (DÉSAUGIERS, Parodie de la Vestale, acte II, couplet 7 ds SAIN. Lang. par., p. 512). Empr. au fourbesque [arg. ital.] sbignare « courir » (dep. 1619, Il Nuovo modo di intendere la lingua zerga d'apr. DAUZAT Ling. fr., p. 272; cf. 1640, OUDIN, Recherches ital. et fr.), altération de l'ital. svignare « fuir en se cachant » (dep. XVIe s. d'apr. DEI), lui-même prob. dér. de vigna (vigne*), au sens de « s'enfuir de la vigne comme un maraudeur »; le passage de v à b fait cependant difficulté : v. explications contradictoires données ds FEW t. 14, p. 477 et par ROHLFS t. 1, § 191. Fréq. abs. littér. : 12. Bbg DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 272. SAIN. Arg. 1972 [1907], p. 237. SAIN. Lang. par. 1920, p. 317, 455, 512. (tlfi:esbigner) /

Se garer des beignes (AYN) / Argot ital. sbignare « s'enfuir de la vigne » (GR) /

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