condé |n. m.
< coudé ; condé (avoir un -) ; condé (avoir le -) ; condé (lever le -) ; condé de briques >
¶ Permission officieuse ou pas de faire qqchose d'interdit (interdiction de séjour, de jeux, prostitution), autorisation, protection, svt en échange de renseignements (indicateur) ou autre (argent, sexe, etc.), proche parfois de corruption ; rien à craindre
◊ Lever le condé, c'était avoir l'autorisation de la préfecture. 1932 [1882-1883] ◊ ce n'était pas ainsi quand celui qui levait le condé n'avait guère plus d'argent que les gagistes 1932 [1882-1883] ◊ n'abandonnent pas leurs frères de voyage qui ont besoin du condé encore. 1932 [1882-1883] ◊ [la police] ne sévit plus contre la fille cartée : elle a passé le plus souvent avec celle-ci une sorte de compromis, de pacte, qu'on appelle le 'condé' 1952 [1945] ◊ Ce pacte, 'le condé' garantit ainsi à la fille une activité 'ordonnée et bien réglée' 1952 [1945] ◊ j'avais devant moi 'François la bagnole', interdit de séjour, qui venait me demander un 'condé' 1955 ◊ J'ai un condé 'propre', ça m'en coûte 'd'aller au refile' tous les mois, mais j'y gagne tout de même 1955 ◊ Notre homme qui voulait rester à Paris demandait un 'condé' en échange du concours qu'il nous promettait 1955 ◊ Le grand «condé» du règne Chiappe était le don à la Maison des Gardiens de la Paix, proportionné à l'importance des délits ou des crimes 1947 ◊ Le 'condé', c'est l'autorisation, le feu vert, accordé à une professionnelle qui peut racoler ouvertement, sans risquer d'être ramassée continuellement par les 'bourgeois' de l'arrondissement 1972 ◊ Mais le 'condé' ne s'obtient pas facilement. Pour l'avoir, et figurer sur la liste confidentielle renouvelée mensuellement et que tout 'bourgeois' possède, il faut lâcher du lest, donner des renseignements à la P.J. 1972 ◊ Le temps des ports d'armes, des ordres de mission, des coupe-file. Ces fameux 'condés' leur ouvraient toutes les portes 1973 ◊ Il lui obtient un condé pour la nuit 1969 ◊ Ils [les tricards] cherchent à obtenir un 'condé'. Le condé, c'est la permission de séjourner à Paris 1969 ◊ Jamais un indicateur ne sera mis en cause par un garde. Cet indicateur pourra être un braco, pris en flagrant délit, mais épargné, dans le but d'en obtenir des renseignements par la suite («Condé»). 1976 (6e éd.) ◊ Désormais j'avais un condé, comme disent les malfrats, c'est-à-dire que j'étais protégé des autres flics par ce commissaire. Un condé. Indicateur de police 1997 [1952] ◊ -On a un condé, répliquai-je. -Un condé, devant un meurtre, ça ne tient pas. C'est trop sérieux 1997 [1952] ◊ Ce trafic honteux [entre agent en civil et prostituée] se dénomme, en argot policier, le «condé», sorte de contract tacite qui lie la fille publique à l'agent en bourgeois [...] moyennant faveurs de toutes sortes 1976 ◊ Lundi, je [prostituée] suis emballée. Je sors mercredi. Je me disais : «J'ai mon condé [autorisation de sortie?], je vais pouvoir turbiner tranquillement.» Penses-tu ! 1927 [signé 11/1926] ◊ Tel inspecteur qui touche entre sept mille et huit mille cinq cents francs par mois selon ancienneté et qualification [...] et auquel on offre une substantielle enveloppe en échange d'un «condé», n'a-t-il pas du mérite à se draper dans sa dignité ? 1986 ◊ Ce qu'il me faudrait c'est un bon condé – une protection quoi – si possible un flic. Je lui donnerai une enveloppe tous les mois. 1986
‡ Etym. incert., probablt de la même famille que compte (GR) / Passé de mode, n'est plus guère employé dans le milieu (Michel Alexandre) / Extension du sens original (Brigouleix) /
éléments constituants : conde coude avoir lever briques | synonyme : autorisation, permission (26.00/31.00=83.87%) | synonyme : moyen / y avoir (26.00/51.33=50.64%) | morph : n/u - 35 | usage : police - 31 | famille : condé - 181