Définition de : gouine

gouine & > gouine de n.f.

Définition

■ (hist.) Prostituée, fille publique, femme débauchée ; ■ (courant) lesbienne, tribade, femme homosexuelle ; femme de type masculin ; (par ext.) injure, insulte c/ surtout femme ; formule insultante (c/ h.)

fréquence : 051
registre ancien : 8 registre moderne : 7

synonyme : prostituée, prostitué, lesbienne, lesbianisme usage : Argot érotique et de la sexualité, Argot de l'homosexualité masculine et féminine

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1675.

1790 1790 1791 1859 1862 1876 1880 1900 1901 1901 1903 1905 1911 1930 1937 1948 1949 1950 1950 1951 1952 1952 1952 1954 1954 1955 1960 1960 1960 1962 1965 1966 1967 1966 1969 1972 1973 1976 1979 1981 1990 1997 2001 2002 2003 2003 2004 2006 2012 2013 2015

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Citations

  • 1960 il fait une contre offre à 10 francs laissant entendre que c'est encore rudement bien payé. Sur ce la gouine [prostituée, grue] le laisse choir et nous revoilà à nouveau sur le boulevard. source : 1960. Chass'bi
  • 1791 La demoiselle Raucour en juge sans doute d'après elle, et on croit aisément qu'une femme qui est actuellement tribade a été précédemment gouine, et gouine dans toute l'étendue du terme source : 1791. La liberté, Ou Mlle Raucour - A toute la secte anadrine assemblée au foyer de la Comédie-Française
  • 1952 Toi, tu vas faire un malheur en pension. Toutes les pionnes vont s'étriper pour toi ! Elles sont toutes gouines les pionnes d'internat source : 1952. Une fille du tonnerre
  • 1937 des plus désirables petites Aryennes bien suceuses, bien dociles, bien sélectionnées, par les khédives négrites juifs d'Hollywood « Metteurs en scène » (!) écrivains (?) gouines de pachas, machinistes… banquiers assortis source : 1937. Bagatelles pour un massacre
  • 1955 D'autres boîtes à « tantes » ou à « gouines » ont connu et connaissent encore un certain succès source : 1955. Les dessous de Paris - Souvenirs vécus par l'ex-inspecteur principal de la brigade mondaine Louis Métra
  • 1949 Je n'étais pas en forme. C'était peut-être le soleil. C'était peut-être aussi toutes les parties de jambe en l'air que j'avais fait toute la nuit et toute la matinée avec mes deux gouines source : 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain
  • 1880 Tu passes ton temps, au lieu de surveiller, à t'attendrir sur tes camarades ou peut-être sur les femmes d'en face, un tas de gueuses, des drôlesses, des chameaux, des omnibus, des éponges, des gouines, des toupies, des vadrouilles. source : 1880. Souvenirs d'un déporté - Étapes d'un forçat politique
  • 1911 Je n'avais pas de droits sur Linette !… Tu rigoles !… Je n'avais pas droits sur Linette !… Oh ! le Jules !… Qu'est-ce qu'il te faut, alors, tête de boche !… Une gouine [pas une lesbienne] que je m'embarbais dans la peau, à en crever… source : 1911. Le journal à Nénesse
  • 1911 Tout à l'heure, cette gouine d'Anatole m'a dit à travers le trou de balle de la lourde : –Dis donc, tu vas user toutes les plumes de l'oustot, si tu continues à maquille le mince comme ça ! source : 1911. Le journal à Nénesse
  • 1962 Et, si tu prononces « Roquette », ça suffit pour que toute l'administration pénitentiaire, et toutes les pedzouilles à la ronde, te montrent au doigt et te cataloguent : une Roquette, c'est une forte tête, une vicelarde, une saignante, une gouine source : 1962. Bibiche
  • 1965 « Reste la môme… » dit Duvet en désignant une grande gouine sicilienne qui avait en effet du mal à trouver le sommeil limpide du juste. Cheveux courts. Regard dur. Tailleur Chanel en tweed bleu nuit. Chaussettes de lainage. source : 1965. Le Tigre entre en piste
  • 1903 il y a dans cette maison une femme de rien, une vieille « gouine » c'est le mot, qui s'est avisée de parler de moi aux filles qu'elle a rencontrées en allant soit à la promenade, soit au bain. source : 1903. Les enracinées

<12 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

Pop. et arg. A. − Vx. Femme de mauvaise vie, prostituée : Que la vieille Thémis ne soit plus qu'une gouine Baisant Mandrin dans l'antre où Mongis baragouine ; (...) Ô nature profonde et calme, que t'importe ! Hugo, Châtim., 1853, p. 412. B. − Lesbienne. Et [contrairement à toute vraisemblance,] la gouine, elle, chérissait gentiment son neveu, sans aucun appétit de cette jeune chair (Richepin, Flamboche, 1895, p. 258). C'était [une photo] Marcelle à dix-huit ans ; elle avait l'air d'une gouine, avec la bouche veule et les yeux durs (Sartre, Âge de raison, 1945, p. 157). Cf. gousse C. REM. 1. Gouin, subst. masc.,,Matelot d'une mauvaise tenue`` (Littré). Prononc. et Orth. : [gwin]. Ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1. 1625-55 gouyne « femme de mauvaise vie » (Muse norm. t. III, p. 277 d'apr. Héron, p. 109) ; 2. av. 1867 gouine « homosexuelle » (A. Delvau, Dict. érotique mod. ds FEW t. 4, p. 189b, s.v. goï). Mot norm. formé sur le masc. gouain « salaud » (1625-55 Muse norm., t. I, p. 143 d'apr. Héron), qui représenterait l'hébr. gōyīm, plur. de gōy « non-juif, chrétien » (goy*), cf. FEW t. 4, p. 189b. Bbg. Chautard (É). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 376 (s.v. gougnotte). - Sain. Arg. 1972 [1907], p. 217, 227 (s.v. gougnotte). (tlfi:gouine)

  • gouine n.f. arg. , non conv. ÉROT. "homosexuelle" - TLF, GR[85], av.1867, Delv. ; DArg., 1867, Delv. ; FEW (4, 189b), Delv. ; GLLF, DFNC, 1928.
    • 1781 - «[...] cette petite p.... amoureuse des deux sexes, n'a jamais amassé un sol. C'est assez facile à croire ; la première gouine qui lui plaisait, elle l'entretenait comme elle avait entretenu le petit Diable, Talon, Placide, etc., etc., etc., qui l'un après l'autre lui passèrent sur le corps.» Mayeur de Saint-Paul, Le Désoeuvré, 76 (Sansot) - P.E. (bhvf:gouine)
  • Ce mot dérive de Gouin = goujat au XVe et apparenté à 2 mots hébreux : goja (servante chrétienne) et goy (non juif). (DELPAL)
  • v. 1650, gougne, fém. de gouain, mot normand (1625) ; gouin « garnement », XVe, p.-ê. de l'hébreu goyim, même rac. que goujat. (GR)
  • De l'anglais queen, reine : nom que l'on donne par dérision en Angleterre aux femmes de mauvaise vie. (PESCH)
  • Gouine : putain. Ne prendra sa signification de lesbienne qu'en 1867. (Patrick Cardon)
    • contra cf. citation rapportée par Pierre Enckell : sens homosexuelle en 1781.
  • 1675 (au sens : prostituée) ; avant 1867 au sens de homosexuelle (GR) /

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