pépère

pépère (tableau rapide)
pépère Tranquille, calme, confortable, doux, sans risque, routinier ; tranquillement, calmement ; bien, à l'aise, bon
synonyme tranquille, sage, calme, facile, facilement, confort, luxe
fréquence 49

pépère

& c'est pépère ; du pépère ; être pépère

adj.

Définition

Tranquille, calme, confortable, doux, sans risque, routinier ; tranquillement, calmement ; bien, à l'aise, bon ANG : it's all right ; to feel comfortable, quiet

registre ancien : 7 registre moderne : 5

Synonyme : tranquille, sage, calme, facile, facilement, confort, luxe

Citations
1976 J'ai voulu aller au-delà de la sexualité pépère de la plupart des homosexuels et les pousser à aller au maximum de leurs obsessions et de mes propres obsessions. source : 1976. Dire nos sexualités
1976 J'blague pas, le petit lot pépère ça s'trouve plus comme ça au tournant de la rue. source : 1976. Le nouveau visage de la prostitution
1935 Bonjour, les amis, dit-il. Mes félicitations, vous avez dégoté le filon pépère. Ça vous changera un peu de vos gros-culs. source : 1935. Mer Noire
1932 Comme il ferait bon dans une petite prison pépère où les balles ne passent pas ! source : 1932. Voyage au bout de la nuit (Seul manuscrit)
1994 tous nos bateaux naviguaient pépère source : 1994. Le sirop de la rue
1939 Et c'est moi l'plus pépère comme de bien entendu source : 1939. Comme de bien entendu
1952 Le jour, c'est l'idéal des bons pépères et des méthodiques source : 1952. Mon taxi et moi
1917 Au boqueteau, l'endroit le plus pépère ! source : 1917. A Beauséjour - Les téléphonistes dans la bataille
1969 Qu'est-ce que j'étais venu foutre au milieu de tous ces cinglés, alors que j'avais une petite vie si pépère à Toulon source : 1969. Les fous de Hong-Kong
2003 J'arrive avec mon barda, troubler leur petite vie pépère source : 2003. Dans l'enfer des tournantes
1916 Vous v'là, mon lieutenant ! C'est assez pépère ici ; mais faut pas qu'on s'montre, à cause des skrapnells [sic]… source : 1916. Sous Verdun (août-octobre 1914)
1918 « Déjà installés, tous ? –Et pépères, mon lieutenant ! La grange est neuve, sans courants d'air, pleine de paille fraîche, et plus grande d'un tiers que celle de Mont. […] » source : 1918. Au seuil des guitounes
1998 S'il ne tenait qu'à moi, il n'y aurait qu'à l'enchrister pépère, lui coller quelques baffes, pas trop appuyées vu son âge, pour lui faire cracher tout ce qu'il sait source : 1998. Il faut tuer René Dousquet !
1978 d'autres qui s'accrochent à une petite vie pépère. Au couple. source : 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine
1978 Je pense que le travail à Lyon est plus facile. À Paris, on rencontre des gens bizarres, peut-être plus dangereux aussi […] Mais à Lyon, ça me plaît assez… C'est tranquille, c'est pépère… Si tu veux, c'est un peu famille. source : 1978. Les garçons de passe - Enquête sur la prostitution masculine
1914-1919 C'est un secteur pépère, de tout repos. source : 1914-1919. Les carnets de l'aspirant Laby. Médecin des tranchées
1974 Mais, maintenant, ils ne se contentent plus de ces petits parolis pépères. Il leur faut des émotions de plus en plus fortes. source : 1974. Le roman d'un turfiste
1956 c'était le bon temps. On menait une vie pépère ; le kil de rouge valait vingt-cinq sous et pour dix balles on montait une nana rue Caumartin… source : 1956. Fais gaffe à tes os

<18 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

PÉPÈRE, subst. masc. et adj. I. Subst. masc. A. Fam. Père (vx); grand-père. Vancouver (à sa fille qui veut se marier): C'est donc vrai que tu veux quitter ton petit pépère? Isménie: Écoutez donc, j'ai vingt-quatre ans! (LABICHE, Isménie, 1853, 2, p.274). B. Fam. Homme d'un certain âge; en partic., arg. milit., vieilli et rare, territorial: À l'autre bout du cimetière, des territoriaux travaillaient. On s'approcha, sans penser à rien, simplement pour voir: c'étaient des fosses qu'ils creusaient, toute une allée de fosses. En nous apercevant, les pépères avaient cessé de piocher, comme honteux. DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p.260. C. Homme ou enfant gros, fort et placide. Clémentine: Oh! qu'il aimait donc bien qu'on le bécote à son coucou, le gros pépère! (FEYDEAU, Dame Maxim's, 1914, II, 9, p.51). II. Adj., pop. A. Qui vit tranquille, loin des soucis et des dangers; confortablement installé dans la vie. Un type pépère. Le plus bath, c'est de se tenir pépère de ce temps-ci (CARCO, Innoc., 1916, p.153). Empl. adv. Sans risques. Tu t'offres ça pépère (ESN. 1965). Empl. subst. [Les infirmiers] avaient fait toute la guerre en «pépères», au poste de secours (VIALAR, Risques et périls, 1948, p.18). B. Où l'on est tranquillement et confortablement installé. Un coin pépère. Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas! ne passent jamais! (CÉLINE, Voyage, 1932, p.21). C. Qui n'est pas astreignant, qui ne présente pas de difficultés majeures. Un boulot, un métier pépère. (Dict.XXes.). D. Important par la taille, le format. Il est pépère, celui-là! L'obus fend l'air à mille mètres peut-être au-dessus de nos têtes. Son bruit couvre tout comme d'un dôme sonore. Son souffle est lent; on sent un projectile plus bedonnant, plus énorme que les autres (BARBUSSE, Feu, 1916, p.232). Prononc.: [], [-]. Étymol. et Hist. A. Subst. 1. 1834 « père » (BALZAC, Eugénie Grandet, p.194); 2. 1909 «grand-père» (DIONNE). B. Adj. 1. 1910 « gros, important, remarquable dans son genre » (ds ESN.); 2. 1914 « (d'un lieu) où l'on est tranquille, bien installé » (ibid.); 3. 1916 « qui vit tranquille, loin des dangers » (ESN. Poilu 1919); 4. 1918 « (se dit d'un travail) présentant peu de difficultés » (ibid.). Redoublement enf. de père*. Fréq. abs. littér.: 37. (tlfi:pépère) /

Voici la définition qu'en donne le Dictionnaire du Poilu (dans Le Poilu, n° 8, du 20 juillet 1915) : « Appellation qui fait concurrence au mot Poilu, mais qui s'applique tout particulière-ment au Territorial costaud, allant, résistant... On est un pépère, on est un brave homme qui, sachant le prix de la vie, est prêt à la donner pour une belle et noble cause... Ce mot qui sonne clair, cordial et confortable, s'est peu à peu étendu dans le langage poilu, est devenu d'un usage fréquent, s'appliquant à tout ce qui sort de l'ordinaire. Ainsi n'est-ce pas un combat pépère, celui où il a fallu se battre comme des lions toute une journée durant... ? N'est-ce pas encore pépère, un abri dans lequel on peut défier toute marmite? Une tranchée profonde dans laquelle on peut attendre de pied ferme toute attaque ennemie? Tout, en un mot, ce qui sort du commun devient pépère. » (SAIN-TRANCH) / Expression générale, appartenant à l'arrière (Gauthiot1916) /

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