¶ tinette

tinette & tinettes ; □ corvée de tinettes n.f.

Définition

■ Tonneau, baquet, pot à ordures, à merde, seau hygiénique ; vase de nuit ; WC dans les prisons ; ■ (prison) groupe de détenus affectés à la corvée de vider les seaux hygiéniques le matin ; □ corvée de vidage des tinettes

fréquence : 038
registre ancien : 3 registre moderne : 3

synonyme : WC, pot de chambre usage : scatologie (pipi, caca), Argot de la prison, argot carcéral

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1832.

1892 1901 1918 1918 1914 1927 1930 1933 1935 1935 1935 1942 1947 1947 1948 1948 1950 1950 1950 1960 1960 1962 1966 1969 1972 1972 1974 1974 1976 1977 1979 1981 1995 1999 2000 2001 2003 2012

Citations

  • 1935 Nous purgeons notre peine à la prison du Dépôt, tous les trois dans la même cellule confortablement meublée d'une tinette et d'une barre de fer à serrer les chevilles. C'est la première fois qu'on me boucle, quoique j'aie attrapé déjà quarante-cinq jours d'« effective ». source : 1935. Mer Noire
  • 1960 Au rade, deux boulots se cognent le café arrosé marc qui fleure la tinette à cinq pas source : 1960. Du mouron pour les petits oiseaux
  • 1927 Pouah ! […] Dans quelle tinette suis-je allé fourrer mon blaze ? source : 1927. Nouvelles aventures des Pieds Nickelés (suite), dans Les Pieds-Nickelés en Amérique (1921-1927)
  • 1950 Je suis entré un instant dans l'étroit couloir plein d'ombre, avec son odeur de tinette et de moisi source : 1950. Ainsi soit-il
  • 1942 Le porteur, c'était le jeune gars qui vidait les tinettes de la caserne source : 1942. Le bouquet
  • 1947 Elle avait conservé un souvenir horrifié de cette mésaventure, de ces policiers, de ces gardiens grossiers et insolents, de cette nourriture répugnante, de cette tinette malodorante. source : 1947. Fleur-de-Poisse
  • 1977 Affreux, cette mutilation dans la mort ; l'un des morts avait été proprement décervelé ; tout à l'heure, Lucien l'a mis en équilibre contre un autre cadavre et s'en est servi comme de tinette. Quelle horreur ! source : 1977. Faut pas rire avec les barbares
  • 1974 Les malades devaient faire leurs besoins dans des tinettes répandant une odeur nauséabonde, surtout en été. Tous les matins avait lieu la « corvée de tinettes », accomplie par des détenus. source : 1974. J'ai été 16 ans médecin à Fresnes

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Sources utilisées

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

TINETTE, subst. fém. A. − Vx. Petit baquet de bois dont le fond est plus large que le haut et qui servait à transporter le beurre salé ou fondu. (Dict. xixe et xxe s.). B. − Récipient généralement en tôle servant au transport des matières fécales, faisant office de fosse d'aisances mobile. Corvée de tinette. On pourra y parvenir en multipliant les water-closet à l'entrée de la mine, et en disposant, dans les galeries, des tinettes mobiles, d'un accès facile, qui seront régulièrement emportées et désinfectées (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 324). P. métaph. Si les Maurrassiens n'étaient pas des Furieux et si l'on pouvait parler avec eux calmement, je voudrais leur poser la question: existe-t-il la moindre ressemblance entre le « métèque » [Léon Blum] sur lequel, pendant un demi-siècle, l'Action Française a vidé ses tinettes et ce critique français nourri de la pure moelle classique? (Mauriac, Bloc-Notes, 1954, p. 99). P. méton., gén. au plur. Lieux d'aisances. Et quel joli chœur que celui des vidangeurs au repos, assis en plein jour, à l'ombre des tinettes, comme des bergers sous des pampres (Flaub., Corresp., 1865, p. 33). Les premiers recherchaient surtout le chocolat, qu'ils nous marchandaient longuement dans le cadre peu ragoûtant des tinettes, et qu'ils sortaient du stalag en le dissimulant parmi les accessoires de la pompe à merde (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 318). Prononc. et Orth.: [tinεt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Dernier tiers xiii es. tinete « petite cuve » (L'Oustillement au vilain ds Poèmes sur les biens d'un ménage, éd. V. Nyström, Ib, 230, p. 70) ; 2. 1639 « tonnelet dont le fond est plus large que haut pour le transport du beurre salé ou fondu » (Ordonnance sur les gabelles, art. 26 ds Havard t. 4) ; 3. 1751 « beurrier » (Livre-journal de Lazare Duvaux, éd. L. Courajod, t. 2, p. 106) ; 4. 1832 « baquet servant au transport des matières fécales » (Raymond). Dimin. de tine*; suff. -ette (-et*). Fréq. abs. littér.: 19. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 494. − Quem. DDL t. 17.

  • Diminutif de tine. (GR)
  • 1832 (TLFi) / 1836 baquet pour transport ; fin XIXe, vieilli, lieux d'aisances (GR) /

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