Définition de : bouffer de la vache enragée

  • bouffer de la vache enragée
    • Vivre difficilement, dans de mauvaises conditions, ne pas gagner sa vie correctement, être dans une mauvaise situation financière, souffrir de l'injustice sociale, être malheureux ; éprouver bcp de privations et de fatigues ; subir de la prison militaire, ??prison??
    • fréquence : 027
    • id : 6508

bouffer de la vache enragée & manger de la vache enragée ; goûter à la vache enragée ; vache enragée locution

Définition

Vivre difficilement, dans de mauvaises conditions, ne pas gagner sa vie correctement, être dans une mauvaise situation financière, souffrir de l'injustice sociale, être malheureux ; éprouver bcp de privations et de fatigues ; subir de la prison militaire, ??prison??

ALL : leiden
fréquence : 027
registre ancien : 7 registre moderne : 5

synonyme : situation (mauvaise) famille : bouf- (manger, nourriture)

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1610.

1836 1859 1861 1861 1886 1890 1894 1900 1901 1905 1917 1925 1926 1926 1930 1934 1934 1943 1953 1953 1954 1956 1969 1972 1976 1995 2003

Citations

  • 1900 d'une nature à vivre vieux ; je suis très sobre, ma plus grande dépense est mon tabac et mes asticots pour la pêche. Si je mange un peu de vache enragée, cela ne me change pas, puisque j'en ai toujours mangé depuis ma naissance. source : 1900. Mémoires de Rossignol
  • 1969 Le baroud a un avantage intrinsèque : il nous fait vivre dans la plus fervente des communions avec d'autres hommes… C'est celle de la commune « vache enragée » ! source : 1969. Perdus dans le djebel
  • 1953 L'amour du métier c'est une belle connerie, à moins d'être vicelard et d'aimer bouffer d'la vache enragée. Mon diplôme d'ingénieur c'est du papier à cul. source : 1953. Misère du matin
  • 1995 Il y a, dedans, comme dehors, des vies de vaches grasses et des vies de vaches enragées. source : 1995. La zonzon de Fleury
  • 1934 c'que j'en ai bouffé de la vache enragée source : 1934. D'elle à lui
  • 1886 un lieutenant qui a été mon compagnon dans la vie de misère, avec qui nous avons mangé de la vache enragée source : 1886. L'Insurgé (Jacques Vingtras - III)
  • 1972 c'est un ami de jeunesse. Du temps de la vache enragée. Cela crée des liens. source : 1972. Folle à tuer - Ô dingos, ô châteaux !
  • 1861 ne comptez sur moi en rien, je vous laisserai manger de la vache enragée, et nous verrons comment vous vous en trouverez. [si] vous parvenez […] à me convaincre que d'être militaire est réellement votre vocation, je promets de revenir sur la décision source : 1861. Le chemin de l'épaulette - Histoire de l'enrôlé volontaire
  • 1836 Non ; non, demain ; il faut qu'il mange encore un jour et une nuit de vache enragée. source : 1836. L'enfant du faubourg
  • 1861 Pour lui [Prudhomme], l'armée n'est plus qu'un lycée correctionnel, fondé à la seule fin de tirer de peine les papas embarrassés de leurs mauvais sujets de fils […] C'est pourquoi il y envoie bravement ses héritiers manger de la vache enragée. source : 1861. Le 13e hussards. Types, profils, esquisses et croquis militaires... à pied et à cheval
  • 1976 Ne te comporte pas comme un lâche ! Tu as fait une bêtise [braquage] il faut payer. Tu sais tout le monde voudrait faire le gangster mais la peur de la vache enragée… source : 1976. Histoire criminelle de Rafaël Mendoza

<11 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

(Manger de la) vache enragée. Mener une vie misérable, éprouvante. Après trois ans de vache enragée chez un oncle, il avait eu le bonheur inespéré d'entrer au ministère (Zola, Pot-Bouille, 1882, p. 65). (tlfi:enragée) /

  • vache enragée (manger de la -) loc. verb. non conv. CARACT. "fig. : avoir de l'expérience, avoir souffert" - FEW (14, 98b), GLLF, 1611, Cotgr. ; BEI, 1640, Oudin ; L, cit. Lesage ; DEL, déb.18e ; DArg., av. 1850, Balzac ; GR[85], cit. Mauriac. Compl.TLF (mêmes réf., ø texte)
    • v. 1610 - «Hé, gay, gardez-vous en : mon pere, qui avoit mangé de la vache enragée, et estoit delié comme soye fendue en deux, avoit faict mestre au front de la porte de sa maison : Chassez au loin ces prestres et ces moines, / Et ne donnez entrée à ces chanoines.» Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir, 126 (CMMC) - P.E. (bhvf:enragée) /
  • Cité dans (GR), non daté (mais citation de Th. Gautier) / 1610, B/ de Verville (Enckell, BHVF) /

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