serin

date : 1811 registre ancien : 5 registre moderne : 5 fréquence : 27

serin

& serine (fém.) ; grand serin ; gros serin ; bougre de serin ; vieux serin ; passer pour un serin

n.

Imbécile, idiot, niais, nigaud ; type (péj.), terme de familiarité ; insulte ALL : Dummkopf, Narr / ANG : (canary) a simpleton

Synonyme : imbécile, idiot, bête

1844 Il ne comprend pas !… quel serin ce Médard ! 1844. Deux papas très bien, ou la grammaire de Chicard
1905 Va voir tes vieux, grand s'rin ! 1905. Un vieux bougre
1946 son rédacteur en chef lui annonce qu'il est décidément trop serin et le met à pied 1946. Mon ami Blanchard, Préface au Parisien de Paris
1846 mon coeur se brisera s'il faut que j'aille dire au commandant du port, qui est un autre homme que notre serin de commissaire, que l'argousin Castaignier a reçu… 1846. Les chauffeurs du Nord
1846 Eh ben ! grand serin, qu'il me dit alors, voilà-t-il pas de la belle besogne que nous « maquillons » là !… Nous allons nous faire mettre au « plan » tous les deux et les amis avec 1846. Les chauffeurs du Nord
1938 Mouche-toi donc, grand serin, t'as la goutte au nez ! 1938. Moi, un nain
1905 J'ai aussi entendu que le condamné ici présent a appelé mon bourgeois épicier. […] Seulement, après, il a tout gâté en l'invectivant de serin, de crocodile, de fourneau, d'outil et d'empoisonneur du peuple 1905. Les audiences joyeuses
1861 –Cependant, n'avez-vous pas lancé à Alibaud une épithète désobligeante parce qu'il vous empruntait du tabac ? […] –Je crois… je crois que je l'ai appelé… serin, je crois. (On rit ; Alibaud prend part à l'hilarité générale.) 1861. Louis Alibaud (1836), dans Causes célèbres de tous les peuples
1862 Oui, je vous crois moins serine que la femme de chambre, vous ! 1862. Le beau Narcisse - comédie-vaudeville en un acte
1915 le chauffeur, qui enrage de ne pas trouver la panne et qui craint de passer pour un serin, cherche à envenimer les choses, afin d'avoir un prétexte pour masquer son impéritie. 1915. Les poilus de la 9e
1915 Mais, bougre de serin, tu n'as donc pas vu que tu avais affaire à un faux commandant ? 1915. Les poilus de la 9e
1896 Et l'autre serin, qui faisait des cérémonies ! 1896. Le droit aux étrennes, dans Théâtre II

<12 citation(s)>

B. − Subst. ou adj. (plus rare), fam., péj. (Celui, celle qui est) niais(e), nigaud(e). Il/elle est un peu serin(e). Elle a un mari trop serin pour ne pas le faire cocu (Zola, Ventre Paris, 1873, p. 678).[Les] serins que compte le Mercure. J'entends par serins ceux qui joignent au manque de talent une prétention assez marquée (Léautaud, Journal littér., 2, 1908, p. 171).V. fort1ex. 7. Ce serin de + n. désignant une pers.Ils sont tous comme ça, ces serins d'hommes. En public, roides comme des crins; dans le tête-à-tête, souples comme des gants (Reybaud, J. Paturot, 1842, p. 14).Quand ce serin de Loti se vantait de ne rien lire, j'avais envie de lui dire: « Ça se voit » (L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 243). En apostrophe. [De l'injure à l'appellation affectueuse] Grand, petit, vieux serin! Aimé a embrassé sa sœur, lui a donné une tape sur la joue en lui disant: « Tu vois bien, petite serine, qu'on s'en tire tout de même? » (Colette, Cl. école, 1900, p. 241). − [P. méton.]. Empl. adj. Caractéristique d'une personne niaise, nigaude. Liquéfié à cinquante-trois ans, il écrit à Guitry des lettres de petit enfant (...). C'est larmoyant, vaniteux et serin (Renard, Journal, 1902, p. 744).Il a l'air serin! (...) il porte ses vêtements (...) avec une gaucherie indélébile et sympathique, en beau paysan endimanché (Colette, Vagab., 1910, p. 144). 3. a) 1811 subst. « sot, niais » (Jouy, Hermite, t. 1, p. 311); b) 1821 adj. « id. » (Desgranges, Petit dict. du peuple ds Fr. mod. t. 13, p. 295). (tlfi:serin) /

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