tour du bâton

tour du bâton (tableau rapide)
tour du bâton Profit licite ou illicite résultant d'une opération commerciale ou ind., de l'exercice d'une fonction, profit illicite qu'on fait secrètement dans une charge
synonyme bénéfice, gain, profit, pot de vin
fréquence 8

tour du bâton

& tour de bâton

locution

Définition

Profit licite ou illicite résultant d'une opération commerciale ou ind., de l'exercice d'une fonction, profit illicite qu'on fait secrètement dans une charge

registre moderne : 5

Synonyme : bénéfice, gain, profit, pot de vin

Citations
1871 Oui, ce sont des jean-foutres d'usuriers, qui ne prêtent, grâce à leurs frais de bureaux, tour de bâton, enregistrement et tout le diable, qu'à neuf, dix, onze et douze pour cent. source : 1871. Le Père Duchêne (2)
1792 elles le met dans la nécessité d'user de ce qu'on appelle tour du bâton, afin de s'assurer du pain pour la suite. source : 1792. Conversation entre un maître d'école, un grenadier, et un paysan
1964 que ne fait-on point pour être admise dans un pas de deux ou pour figurer au premier rang dans un joli ballet : c'est le tour de bâton de du sieur Lany et personne n'entend mieux que lui à le faire valoir [10/08/1764] source : 1964. Folle à lier
1828 ces appointemens n'étaient rien en comparaison des revenant-bon, des tours de bâton, et autres grâces d'état source : 1828. Mémoires d'un forçat ou Vidocq dévoilé (tome premier)
1832 Tout ce que nous valut ce retour déplorable […] fut, sans compter le tour du bâton, un milliard, deux, peut-être, hors de nos poches. source : 1832. La Restauration (et : La Légitimité), dans La Révolution, ou confessions d'une girouette

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Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

Quitard estime que ce dicton est une allusion au bâton des juges suppléants qui, lorsqu'ils remplaçaient les juges ordinaires, grèvaient les plaideurs de quelque dépense surérogatoire que ces seigneurs mêmes partageaient entre eux. Nisard pense qu'on peut trouver l'explication ailleurs : Borel le fait venir de bas et de ton, 'parce que on promet tout bas et dit à l'oreille de celuy avec qui l'on traite, que, s'il fait reuissir l'affaire, il y aura quelque chose pour luy au delà de ses prétentions' or Nisard conteste. C'est selon Moisant de Brieux, une allusion au bâton du maître d'hôtel et Nisard toujours pas d'accord ; pour Lamonoye, 'il s'agit du petit bâton avec lequel les joueurs de gobelet exécutent leurs tours de passe-passe ; pour Bayle (sv Abaris) il faut partir de l'ancien proverbe virgula divina, qui est notre phrase commune (le tour de bâton) et de ce que tous les joueurs de gobelet disent à tout coup, 'par la vertu de ma petite baguette' qui semblent tirer leur origine de l'usage fréquent que la tradition commune donne au bâton des sortilèges ; pour Arlequin, c'est la gratification que reçoit une auteur en sus du profit qu'il tire de sa pièce et qui lui est payée par quelque grand seigneur en retour d'expressions trop libres dont il s'est servi à son égard ; Nisard dit omettre bien d'autres explications, tellement que de tous ces bâtons on finirait par former un fagot. Selon lui, l'origine de ce dicton est toute fiscale, comme bien d'autres : le tour, en bas latin turnus ou turninus était une mesure ou plutôt ce qui la dépassait. C'était aussi le nom de l'impôt, en nature ou en argent, qu'on prélevait sur elle. Il est dit dans un marché passé en 1351 entre l'abbé et les moines de Grasse, que 'chaque année, à l'Assomption, on payera quarante setiers de beau et bon froment avec ses tours (cum suis turnis)'. Ce qu'on appelle ici tours venait d'un usage qui consistait à niveler le blé avec un bâton ou rouleau de bois, au ras des bords de la mesure qui le recevait. Cette mesure était le boisseau ou ses divisions. Tout le surplus du blé qui tombait sous la pression du rouleau, était proprement le produit du tour du bâton, le tour du bâton lui-même. (...) On a depuis appliqué ce mot à tout profit qui n'est pas régulier et dans toutes les professions / On appelle le tour du baston, les profits illicites qu'on fait secrettement & avec adresse dans une charge, dans une commission, dans un maniement, par une metaphore apparemment tirée des Charlatans, qui font mille subtilitez qu'ils attribuent à la vertu de leur petit baston : mais Belinghen estime que ce proverbe vient de ce qu'on parle à l'oreille & d'un bas ton, lors qu'on fait des offres à quelque domestique pour le corrompre, & luy faire faire quelque chose qui nuise à son maistre. D'autres disent qu'il vient des Maistres d'Hostels, qui portent un baston pour marque de leur charge, parce qu'ils sont sujets à ferrer la mule (Furetière) /

  • Cité dans TLFi sv tour /

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