SAINÉAN Lazare 1859-1934

nom: Sainéan prénom: Lazare pseudo: né_à: Ploieşti (Roumanie) mort_à: Paris né_en: 1859–04–23 mort_en: 1934–05–11 pro: professeur mc: Sainéan

Notice biographique

Toutes les informations constituant la version de départ de cette notice biographique sont empruntées (copié-collé) à l'article de Christophe Prochasson (aidé, pour la biographie de Sainéan, par Florin Turcanu.)

L. Sainéan (1859-1934) était lui aussi docteur ès-lettres et constitue un cas particulièrement intéressant. Étudiant roumain, marqué par l’enseignement du philologue Bogdan Hasdeu, initiateur du Dictionnaire de l’Académie roumaine, passionné par le folklore, il était venu étudier à Paris grâce à une bourse durant les années 1887-1889. Il avait alors suivi les cours des deux grands philologues qu’étaient Michel Bréal et Gaston Paris mais aussi ceux de Paul Meyer et de Barbier de Maynard.

Après avoir entamé en 1889 une carrière d’enseignant en Roumanie, il se fit connaître par la publication d’une Histoire de la philologie roumaine (1892). En butte à l’antisémitisme (l’Académie roumaine refusa d’accorder à ce dernier ouvrage l’un de ses prix qui aurait dû lui revenir assez normalement), il finit pas quitter son pays natal en mars 1901, à quarante ans passés, après avoir publié un important Dictionnaire universel de la langue roumaine (1896), qui rencontra un succès dépassant le périmètre du monde universitaire, et s’être converti au christianisme en 1899, choix qui lui aliéna l’amitié de plusieurs collègues juifs.

En France, L. Sainéan dut réorienter ses recherches et renoncer à sa carrière de folkloriste pour se consacrer tout entier à la philologie qu’il souhaitait aborder dans une perspective historique et sociologique. En 1902, il collabora ainsi à la Revue internationale de sociologie de René Worms et à la Revue de Synthèse historique de Henri Berr. Son objet, l’étude de l’argot sur lequel il publia deux ouvrages (L’Argot ancien en 1907 et Les Sources de l’Argot ancien en 1912), n’avait pas obtenu l’assentiment de son vieux maître Gaston Paris : « Lorsque je fis part à Gaston Paris de mon désir d’aborder historiquement l’étude de l’ancien Argot, il m’en dissuada formellement : "Une pareille étude n’est pas digne d’un vrai philologue". Étant donné l’état chaotique des études faites jusqu’alors sur le jargon, le maître avait parfaitement raison. »

Durant deux années (1902-1904), Sainéan dut se contenter d’un cours libre à la section des sciences religieuses de l’École pratique des hautes études. Il ne renonça néanmoins jamais à sa passion intellectuelle pour les parlers marginaux comme l’attestent ses recherches sur l’argot des poilus.

Il semble donc bel et bien qu’un sujet d’enquête aussi frivole que l’argot des tranchées fut généralement traité par une majorité d’auteurs auxquels faisait défaut la légitimité universitaire ou scientifique. Il convient d’ailleurs de noter que la langue comme bien commun ne pouvait manquer d’attirer toutes sortes de savoirs, y compris ceux qui s’élaboraient parmi les rangs des simples amateurs. La lexicographie s’est toujours enrichie de travaux émanant de savants sans titres versés dans l’étude de langues locales ou techniques. Aussitôt les hostilités terminées, la prétendue langue des poilus s’éteint presque aussi vite qu’elle avait surgi.

Il redevint ensuite un spécialiste de Rabelais et publia deux volumes sur le sujet en 1922 et 1923, mais il resta un observateur attentif des faits linguistiques en étudiant le langage parisien de son temps. Il devint vice-président de la Société des études rabelaisiennes.

Sources biographiques

Bibliographie répertoriée

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