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Le forum d'ABC de la langue française

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forum abclf » Histoire de la langue française » L'ABC de la phonétique historique française

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Messages [ 51 à 65 sur 65 ]

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Je m'aperçois que j'ai oublié de commenter la réponse de vh, qui était en bonne voie !

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52 Dernière modification par Lévine (21-11-2022 10:34:52)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

3° Le traitement du [a] tonique latin ou germanique.
a) En syllabe libre

[a] > [aɛ] (VIème) > [ɛ] (VIIème ?) > [e] (XIème) > [E] à partir du XVIIIème.

Le [a] de l'étymon n'évolue ainsi que s'il est dans une syllabe libre, c'est-à-dire s'il est suivi d’une seule consonne ou d’un groupe consonne + consonne liquide ([l] ou [r]) ouvrant la syllabe suivante, ou s’il forme le premier élément d’un hiatus (cas assez rare).

Ce traitement suppose une diphtongaison initiale propre aux langues d’oïl ; c’est pour cette raison qu’on la qualifie de diphtongaison française, même si la diphtongue s’est résolue très tôt dans l'histoire de la langue.

Exemples : mare (ma-re) > mer ; caru(m) (ca-ru(m)) > cher ; pratu(m) (pra-tu(m))  > pré ; cantare > (can-ta-re) > chanter ; patre(m) (pa-tre(m)) > père ; labra (la-bra) > lèvre.

(Nous excluons de cette étude le cas ou [a] est suivi d’une nasale ou d’un yod ; nous avons malgré tout un peu abordé ce dernier point en 1c et 2c).

Le son [e] est le plus souvent noté « e » dans les textes médiévaux ; dans aile < ala ; clair < clarum ; pair < pare(m), la graphie « ai » est moderne et peu justifiable.
Il n’en va évidemment pas de même dans baie, paie, etc. (cf. 1c – 2c) ; il est à signaler que dans ces mots, le yod s’est combiné avec le [a] avant l’époque de cette "diphtongaison".

b) en entrave

Si la voyelle [a] est suivie d’un groupe de consonnes entre lesquels passe la coupe syllabique, on dit qu’elle est en entrave, et la diphtongaison n’a pas lieu.

Exemples : carru(m) (car-ru(m)) > char ; arb(o)re(m) (ar-bre(m)) > arbre ; vacca  (vac-ca) > vache ; quartu(m) (quar-tu(m)) > quart.

Note : la distribution [e]/[ɛ] que l’on observe à l’époque moderne est due à la loi dite « de position » dont nous parlerons ultérieurement, mais que beaucoup connaissent déjà sans doute. Je symbolise par [E] cette distribution conditionnée.

Cette « diphtongaison » est l’un des traits qui ont contribué à individualiser fortement notre langue : c’est à elle qu’on doit le -er de la désinence des infinitifs des verbes du premier groupe et le -é de leur participe passé, en face de l’italien cantare/cantato et de l’espagnol cantar/cantado. Si l’on imagine assez bien nos infinitifs sans cette diphtongaison : ** chantar, il n’en va pas de même des participes : **chanta ? Mais alors, comment le féminin se fût-il formé ? La forme **chantae n’était pas envisageable… Aurait-on dû maintenir le [t] ancien du latin cantata et dire **chantate, un peu comme en roumain (cântată) ? Mystère…

Remarques :
Les mots dans lesquels le [a] libre ne s’est pas diphtongué sont savants ou empruntés :
Ex : rat (ancien, mais d’origine obscure) ; avare (sav.) ; lac (sav., mais le doublet lé a existé) ; état (sav.).

Si clave(m) a donné régulièrement clé/clef, en revanche, cla(v)u(m) a donné clou, sans doute sous l’influence du [u ] final. La même situation s’observe dans Poitou < Picta(v)u(m) et Anjou < Andeca(v)u(m).

*accaptat  a régulièrement donné achate en AF, mais l’influence des autres verbes en -eter a amené la forme achète au cours du moyen français.

Il y a bien sûr d’autres particularités… Ce n’était là qu’un choix.

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Je n'ai pas saisi la différence entre [e] et [E].

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement… (Nicolas BOILEAU). Si possible !

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Je m'inspire de la notation des archiphonèmes : [E] englobe les phonèmes [e] et [ɛ] quand leur distribution est conditionnée par leur position dans la syllabe. Cela évite d'écrire à chaque fois  "[e] ou [ɛ] suivant leur position".

- Au VIème, [a] est devenu [aɛ].
- Au VIIème, la diphtongue s'est résolue en [ɛ] (on prononçait "père" comme "prè").
- Au XIème, ce son s'est fermé en [e] (on prononçait alors "pére" comme "pré")
- Au XVIIIème seulement, le [e] s'ouvre en [ɛ] devant une consonne articulée : on a donc soit [e] soit [ɛ] suivant la position : "mer", "père", mais "pré", "chanté".

Il y a de nombreuses exceptions à la loi dite de "position", qui ne touche pas que le [E] mais ici, elle s'applique bien.

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Ah, d'accord.
« Diphtongaison française » a de quoi susciter la curiosité de l'amateur. Mais vous expliquez bien que cela ne concerne qu'une période relativement brève (un siècle) de l'évolution de la langue : [a] > [aɛ] (VIème).
L'amateur apprend, sauf erreur de ma part, que le français contemporain, standard, académique ne comporte (plus) aucune diphtongue, les séquences de deux voyelles écrites comme au, eu, ou y correspondant oralement à un seul son vocalique. Ambigüité pour oi, prononcé [wa], donc composé phonétiquement d'une semi-consonne et d'une voyelle ?
L'allemand appelle Diphthong à peu près toute séquence de deux voyelles écrites*, je dois m'en méfier pour le français !

* Si l'on est intéressé par le sujet, on peut en particulier consulter sous ce lien le tableau intitulé Beispiele für importierte Diphthonge (Aufzählung ist nicht erschöpfend), Exemples de diphtongues importées (Liste non exhaustive).

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement… (Nicolas BOILEAU). Si possible !

56 Dernière modification par Lévine (17-11-2022 23:08:41)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

En effet, les dernières diphtongues ont été résolues au cours du moyen français, mais c'est l'usage de nommer ainsi le processus qui a conduit à la situation actuelle.

En français et dans d'autres langues romanes, toute voyelle tonique en position libre (et même en entrave dans certaines langues) s'est diphtonguée du fait de sa longueur sous l'accent, cette longueur ayant abouti à une segmentation, donc à une diphtongue dont la graphie conserve la trace, sauf pour le [a] tonique.
De ce fait, la diphtongaison française est entièrement conjecturale ; au début du XXème siècle, elle n'était pas admise par tous les spécialistes ; elle l'est de nos jours, et seuls son processus et sa datation sont encore discutés. Je vais d'ailleurs mettre un point d'interrogation après "VIIème", Zink et Joly étant en léger désaccord sur ce point.

Quant à [wa], que vous citez, il ne peut plus être considéré comme diphtongue depuis le passage à [w] du [u ] ancien, au seuil du XIIIème siècle, et pas plus que dans "pied" ([pje] et non *[pie]), on ne peut faire la diérèse *[ua]. Il est à noter que les auteurs anciens ne font de diérèse que sur les diphtongues coalescentes (issues de deux sons dans l'étymon), comme dans la poésie classique.

Merci de vos interventions pertinentes qui me permettent de dissiper des équivoques. Souhaitez-vous que nous abordions un fait de phonétique particulier à porter en 4° ?

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Lévine a écrit:

Souhaitez-vous que nous abordions un fait de phonétique particulier à porter en 4° ?

Comme ça, de but en blanc, je n'ai rien en tête. Et, sur ce fil, je me sens plus à l'aise à réagir à vos écrits. D'autres intervenants m'y paraissent d'ailleurs plus compétents que moi. Mais des occasions peuvent se présenter.

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58 Dernière modification par Lévine (23-11-2022 18:43:06)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

J'ai modifié le titre de mon dernier message, afin que le mot "diphtongaison" n'apparaisse pas en titre. J'ai un peu remanié le plan, mais c'est un détail.

Suite à des discussions avec un de nos membres les plus éminents, je vais maintenant passer en revue les phonèmes demeurés intacts en français moderne. Ici encore, il faudra tenir compte de la position et de l'environnement, car rares sont ceux qui ne sont pas affectés par l'un ou l'autre de ces facteurs.

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59 Dernière modification par Lévine (Aujourd’hui 15:05:52)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

4° Les consonnes qui ont persisté du latin ou du germanique au français.

Note : des variations parfois importantes ont pu affecter la prononciation des consonnes, notamment dans le cas du [r] latin, devenu [ʁ] en français moderne. Mais cela ne change rien à la valeur phonématique des unités considérées ; c’est en ce sens que nous parlons de persistance.

A. - Les occlusives bilabiales [p] et [b ].

Petit rappel :

- On les appelle occlusives parce qu’elles sont formées par une fermeture du chenal expiratoire, suivie d’une brusque détente. Elles sont plus ou moins audibles suivant leur position ; il suffit de comparer les mots « pas » et « cap » pour s’en rendre compte : « explosion » dans le premier cas, « implosion » dans l’autre.
- Elles peuvent être sonores ou sourdes suivant que leur émission s’accompagne ou non de l’action des « cordes vocales », c'est-à-dire des vibrations laryngées.   

1° Les bilabiales [p] (sourde) et [b ] (sonore).
Elles sont dites bilabiales parce que leur point d’articulation est situé entre les deux lèvres. Il est facile de le constater en les prononçant.

[p] et [b ] se sont conservés en français

a) à l’initiale devant une voyelle :

Exemples :
- pater > père ; peiore(m) > pire ; pilum > poil ; *pocu(m) (class. paucum) > peu ; purum > pur.
- bal(i)neu(m) > bain ; bellu(m) > beau ; bibere > boire ; bonu(m) > bon ; bucina > AF buisine.

b) à l'initiale devant [l] ou [r].

Exemples : precare > prier ; plenu(m) > plein ; *blank > blanc ; brutu(m) > brut.

Remarques :
boîte en face de pyxida (accusatif de pyxis, le mot ayant conservé sa déclinaison grecque) invite à poser *buxida. Les langues romanes utilisent d’autres étymons, mais l’italien, avec bossolo, « douille », formé à partir de *byxida et d’un diminutif (Treccani) ainsi que l'ancien provençal boisseza (Väänänen), confirment le passage de [p] à [b ] au moins au niveau d’une variété de latin vulgaire.

La langue moderne accepte [p] + [n], [p] + [s] et même [p] + [t] ; on a ainsi pneumatique, formé à partir de pneumaticu(m), emprunté au grec πνευματικός, dérivé de  πνεῦμα « souffle », psaume, dérivé de psalmu(m) lui-même venu du grec ψαλμός, et ptôse (ou ptose), calque du grec πτῶσις.

En ancien français par contre, le calque latin pneuma avait donné le mot « neume »(1) qui désignait originellement une ligne mélodique ou un mélisme émis d'un seul souffle (le a de amen, par exemple), tandis que psalmu(m) avait donné « salme » ou « saume », et psalterium « sautier ».   

Remarque : si l'on prend l'exemple de tabone(m) > taon, on constate que le [b ] intervocalique ne se conserve pas... Comme nous l'avons partiellement constaté pour le [k], cette position fragilise les occlusives qui finissent même par s'amuïr comme dans l'exemple donné. Mais c'est un autre sujet. 

(1) Étymologie contestée dans l’article « neume » de Wikipédia, avec un renvoi à Chantraine ( ?). Le mot cité comme étymon, νεῦμα, ne signifie pαs « esprit », mais « signe de tête » (cf. νεύω). Certes, le mot neume désigne bien des signes musicaux, mais seulement depuis l’époque moderne. C’est le mot notes (ou plutôt notae, en latin), qui désignait ces signes.

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Lévine a écrit:

La langue moderne accepte [p] + [n], [p] + [s] et même [p] + [t] ; on a ainsi pneumatique, formé à partir de pneumaticu(m), emprunté au grec πνευματικός, dérivé de  πνεῦμα « souffle », psaume, dérivé de psalmu(m) lui-même venu du grec ψαλμός, et ptôse (ou ptose), calque du grec πτῶσις.

En ancien français par contre, le calque latin pneuma avait donné le mot « neume »(1) qui désignait originellement une ligne mélodique ou un mélisme émis d'un seul soufle (le a de amen, par exemple), tandis que psalmu(m) avait donné « salme » ou « saume », et psalterium « sautier ».

Et en anglais, le "p" est encore muet dans les mots de la famille de psalm et pneumatic.
Le "pt' du grec ptisane a finalement abouti à  notre tisane.

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Re : L'ABC de la phonétique historique française

Ah oui, merci !

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62 Dernière modification par Chover (Aujourd’hui 11:54:13)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

Clair et net !
Hors sujet, mais on peut le rappeler… et vous donner l'occasion de détromper l'amateur si nécessaire : le rapport entre [b ](sonore) et [p] (sourd) est de même nature que celui qu'ont entre eux [d] et [t], [v] et [f], [g] et [k], [z] et [s], [ʒ] et [ʃ] (gêne ≠ chêne).

« Buisine », que je découvre (merci), se trouve encore dans certains dicos.

Abel Boyer a écrit:

Et en anglais, le "p" est encore muet dans les mots de la famille de psalm

Sauf erreur, à l'intérieur d'un mot, une consonne précédant immédiatement un s sourd ne peut être que sourde (et une sonore sera de même précédée d'une sonore).
En allemand, quelques mots vont à l'encontre de cette règle, par exemple Absender, expéditeur : ['apzɛndəʁ]. Cause : le mot est composé (racine du verbe senden, envoyer, émettre, et particule ab). Conséquence : très légère coupure orale entre le b et le s.

Abel Boyer a écrit:

Le "pt' du grec ptisane a finalement abouti à notre tisane.

Je n'imaginais pas cette étymologie de notre « tisane » ! Merci.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement… (Nicolas BOILEAU). Si possible !

63 Dernière modification par Lévine (Aujourd’hui 16:04:57)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

Oui, il y a en général corrélation de sonorité dans les traitements. C'est un argument parmi beaucoup d'autres contre la thèse des "créationnistes"...

Attention :
- *cassanu(m) a donné régulièrement chasne en AF (traitement du [k] initial devant [a]), mais, sous l'influence de fraxinu(m) > fraisne > frêne (le x = ss dont le premier s dégage un yod), on a écrit et prononcé chaisne (devenu chêne dans l'orthographe).
- gêne ou géhenne < *jehhjan est régulier, mais le [ʒ] ne provient pas de [g], mais du [j] de l'étymon.

Les assimilations de sonorité sont quasiment la règle dans toutes les langues, même si l'orthographe ne les marque pas ; en français, des rencontres de sons improbables peuvent s'effectuer d'un mot à l'autre, forçant ces assimilations, comme dans le toponyme Cap Breton. Même avec une fermeture glottale, il est difficile de conserver le [p] intact, mais on y arrive. Personnellement, je prononce [kabbʁətɔ̃] (ce qui ne m'arrive d'ailleurs pas tous les jours).

Les assimilations peuvent aussi toucher le point d'articulation : en italien par exemple, notte représente nocte(m).
On peut voir par ailleurs que si beaucoup de langues cèdent à l'assimilation (le français, avec nuit < *ny(o)jt fait encore différemment avec ses palatalisations) certaines langues, comme le roumain, résistent au contraire à cette dernière en utilisant un son "hétéromorphe" : nuit se dit en effet noapte. Je crois qu'en breton, c'est aussi le cas avec l'article : an aval, mais ar mor afin d'éviter *anmor > *ammor (?) (Les celtisants confirmeront ou infirmeront).

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64 Dernière modification par Alco (Aujourd’hui 17:02:20)

Re : L'ABC de la phonétique historique française

Lévine a écrit:

Les assimilations de sonorité sont quasiment la règle dans toutes les langues, même si l'orthographe ne les marque pas ; en français, des rencontres de sons improbables peuvent s'effectuer d'un mot à l'autre, forçant ces assimilations, comme dans le toponyme Cap Breton. Même avec une fermeture glottale, il est difficile de conserver le [p] intact, mais on y arrive. Personnellement, je prononce [kabbʁətɔ̃] (ce qui ne m'arrive d'ailleurs pas tous les jours).

Localement, on prononce [kabʁətɔ̃].

Lévine a écrit:

Je crois qu'en breton, c'est aussi le cas avec l'article : an aval, mais ar mor afin d'éviter *anmor > *ammor (?) (Les celtisants confirmeront ou infirmeront).

En breton, l'article « an » n'est conservé que devant les voyelles et n, d, t, h. L'assimilation provoque la forme « al » devant l, et devant les autres consonnes « ar » est la forme commune en breton moderne. On peut noter qu'on écrivait toujours « an » en ancien et moyen breton, d'où les formes figées dans les toponymes et patronymes Lostanlen (la queue de l'étang, lost al lenn en breton contemporain), Penancoat (le bout du bois, penn ar c'hoat en breton contemporain), etc. À noter que l'article est souvent réduit à « a » (comme en irlandais ou « an » s'est maintenu devant tous les mots), ou même à ø , et là, seule la mutation consonantique initiale du mot suivant atteste de la présence de l'article (d'où les nom Talhouet, Penhouet, transcrivant Tal ar c'houet et Penn ar c'houet).
Devant d, l'article an provoque systématiquement une assimilation progressive. Par exemple an dor (la porte) devient an nor ou même an or. (ce qui n'est pas le cas en irlandais, ou « an doras » conserve le d. Autre exemple : Penandaouent (penn an daou hent, l'extrémité des deux chemins), lieu-dit près de Commana (Finistère), s'entend approximativement [pɛnɑ̃'nɔwɛn] dans la bouche des locuteurs locaux.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

Re : L'ABC de la phonétique historique française

Merci beaucoup de toutes ces précisions. C'est donc beaucoup plus complexe que je ne le pensais.

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