Sujet : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Bonjour,

On écrit "à Dieu va" (ou "à-Dieu-va") ou "à Dieu vat" (ou "à-Dieu-vat").
Dans cette expression, va et vat sont-ils des indicatifs, des impératifs ou des conditionnels? Cette question est peu importante mais elle est sans doute en rapport avec la question qui me préoccupe: d'où vient le "t"?

Merci,

H

La faim est l'avenir de l'homme. J'aimais mieux quand c'était la femme.

2

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Salut Hippo,

    tout, ou à peu près, est dit icitte.

elle est pas belle, la vie ?

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

A Piotr mercit.

La faim est l'avenir de l'homme. J'aimais mieux quand c'était la femme.

4

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Grevisse en parle et on le trouve facilement : à «vat», dans l'index. Mais sa remarque a varié ; dans l'édition électronique, reprenant la dernière édition en intégralité j'imagine, il dit seulement :

Grevisse, éd. électronique a écrit:

L’expr. À Dieu va ! (A. Arnoux, Calendrier de Flore, p. 240) s’expliquerait sans peine, mais il se fait qu’on la trouve plus souvent, dans les dict. et dans la littérature, sous la forme À Dieu vat (avec t souvent prononcé) : R. Dumesnil, Âme du médecin, p. 109 ; P. Benoit, Soleil de minuit, p. 113 ; La Varende, Centaure de Dieu, p. 275 ; Genevoix, Fatou Cissé, p. 120 ; Gracq, Rivage des Syrtes, p. 205 ; etc. Cela a donné lieu à des hypothèses variées (influence de Va-t’en, etc.) : cf. Nyrop, Etudes de gramm. fr., n° 19, pp 19-20 et 32. L’emprunt d’une interjection bretonne ne serait pas invraisemblable pour une formule qui s’employait notamment parmi les marins : C’était l’instant. / « À Dieu vat ! » cria le jeune capitaine (Verne, Enfants du capit. Grant, II, 5).

Dans la 7e édition, (§639, note I), il y a plus de choses :
(je recopie l'essentiel)

Grevisse, 7e éd. a écrit:

«Pour l'explication du t de vat, il ne semble pas indiqué de considérer l'ancienne forme vat (ou vait), qui a existé à côté de va, à le 3e pers. sing. présent indicatif : vat, dans à Dieu vat, est bien un impératif. Toutefois il y a lieu d'observer que va est commun est l'indicatif et à l'impératif ; le t de vat paraît bien être le même que celui qui s'ajoute, dans la langue populaire, à va (indicatif ou impératif) suivi d'une voyelle [...] Ainsi vat, employé d'abord devant une voyelle, se serait ensuite employé aussi devant une pause.

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Très intéressant gb.

La faim est l'avenir de l'homme. J'aimais mieux quand c'était la femme.

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Hippocampe a écrit:

Très intéressant gb.

Question subsidiaire : puisque ce «t» final aurait une origine phonétique, populaire, bretonne ou autre, pourquoi est-il si rare de l'entendre prononcer ? roll

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Bookish Prat a écrit:

Question subsidiaire : puisque ce «t» final aurait une origine phonétique, populaire, bretonne ou autre, pourquoi est-il si rare de l'entendre prononcer ? roll

Je suggérerais bien que c’est parce que ça reste une expression relativement rare, et que les gens susceptibles de l’employer ne l’ont pas forcément vue écrite. Sinon, je ne doute pas que, orthographe et prononciation françaises passant leur temps à se courir après la queue, ce t ne manquerait pas de se prononcer (voir par exemple le p de sculpteur ou de prompt). smile

Au-delà du lit de lait de l'Aude élue, un énorme orme étendait sa sombre ombre.

8

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Mais il se prononce et, oserai-je dire, systématiquement !

elle est pas belle, la vie ?

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Vraiment??

J'ai toujours entendu "à Dieu va"!

La faim est l'avenir de l'homme. J'aimais mieux quand c'était la femme.

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

"À Dieu vaT" , tout naturellement le T de la troisième personne des verbes du troisième groupe et du premier aussi, à l'origine ...(comme en latin / anglais T > TH > S / allemand et russe...)
De même : "vaT-en-guerre" , " Où va-t-il ?" etc...
L'anomalie, c'est d'avoir supprimé ce T ! De même au futur, beaucoup de gens disent : "Il ira-t-en ville"...
Par contre, au subjonctif, l'anomalie, c'est le T au lieu du E. En effet, on devrait écrire : " ... que je soie, que tu soies, qu'il soie et qu'il aie "...
Comme toujours, ce sont les soi-disant spécialistes qui font du sabotage...

Alor, viv la lang parle ekrit fonetikmã !

Dernière modification par patoiglob (21-08-2008 15:44:56)

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)

11

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Tu as un proche par l'esprit, quant aux ambitions de langue phonétique ! Je n'ai pas totalement compris ce qu'il envisage de faire, ou a déjà fait, sauf que c'est phonétique, basé sur l'arabe et le français :
http://www.ladepeche.fr/article/2008/08 … Arabe.html

Re : A Dieu vaT : d'où vient le «t» ?

Effectivement, je ne vois pas très bien l'intérêt qu'il y a de remplacer les voyelles par des accents, ni de maintenir pour transcrire le son "s" la graphie "ç" à côté de "s", et encore moins d'avoir tantôt le "o" représenté par une voyelle, tantôt par un accent... Et il ne s'agit là que de l'analyse d'une toute petite phrase... Imaginez tout un livre !...

Moa prefer an revener a mon fransem, il et bien plu sempl...

Voai vu mem : "efektivman, moa voai pa tre bien enteres k'il i av de ramplaser le voaiel par de le aksant, ni de mentner pur transkriver son "s" grafi "ç" akote de "s", e ankor moen d'aver tanto "o" reprezante par un voaiel, tanto par un aksant... E il ne agis soa pa ke d'analiz d'un tut petit fraz... Imajin tut un livr ! ..."

Dernière modification par patoiglob (21-08-2008 21:50:09)

DEFENSE DE CRACHER PAR TERRE ET DE PARLER BRETON. (Le Ministère de l'Éducation Nationale)