Passer au contenu du forum

forum abclf

Le forum d'ABC de la langue française

Mise à jour du forum (janvier 2019)

Remise en l'état – que j'espère durable – du forum, suite aux modifications faites par l'hébergeur.

(Page 28 sur 39)

forum abclf » Histoire de la langue française » les doublets en français

Flux RSS du sujet

Messages [ 1 351 à 1 400 sur 1 927 ]

1 351

Re : les doublets en français

Un vieux cas épineux que je me décide enfin à traiter.

vh message 1021, page 41 a écrit:

zouave/ ►Zwawa/Zouaoua

L'adjectif invariable zouazoua existe bel et bien dans le vocabulaire spécialisé des linguistes, je le date en français, faute de mieux, de 1925 (traduction d'un ouvrage en arabe du XVe; cf. l'article de Persée en lien ci-dessous).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zouaoua
http://www.persee.fr/doc/remmm_0035-147 … _26_1_1825
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119834141

Donc :

zouave / zouazoua (étymon arabe maghrébin zwāwa)

  • 1 – arabe maghrébin – français moderne (1623)

  • 2  – arabe maghrébin – français moderne (1925)

zouazoua cf. zouave

1 352 Dernière modification par éponymie (08-07-2016 10:12:52)

Re : les doublets en français

Lettre T.

vh message 1288, page 52 a écrit:

teindre / teigne (étymon latin tingere)

J'ai lu les notices étymologiques mais ne voit pas le rapport, si ce n'est l'analogie avec certaines formes subjonctives de teindre.

Je peux me tromper mais il me semble que c'est la première fois que j'intègre les notices étymologiques faisant appel au proto-gallo.-roman (cf. fils sur la phonétique historique du français et les tribulations des mots).

terme / terminus (latin terminus)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin – anglais moderne (1550) – français moderne (1840)

terme / *► tertre (latin populaire termitem accusatif de termes, réfection de termen d'après les formes de limes « limite, borne »)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin termen – latin populaire termitem – ancien français (ca 1100)

terminus cf. terme

tertre cf. terme

tessiture / texture (latin textura, substantivation du participe futur féminin de texere)
Cf. étymologie du terme italien.

  • 1 – latin – italien tessitura – français moderne (1901)

  • 2 – latin – moyen français (ca 1380)

texture cf. tessiture

torche / torque (2) (proto-gallo-roman torca)

  • 1 – proto-gallo-roman – gallo-roman tortche (av. IXe) – ancien français torge (1174), torche (1175)

  • 2 – proto-gallo-roman – roman-nord-occidental torque (av. IXe) – ancien picard – ancien français (1250)

torque (2) cf. torche

1 353

Re : les doublets en français

Le N avec la jolie histoire du nombril.

nacaire / nacre (arabe naqqaīra, naqqāra « petit tambour »)

  • 1 – arabe – ancien français (1276)

  • 2 – arabe – italien nacc(h)aro, nacchera, nacc(h)ara – moyen français (1347)

nacelle / navicelle (latin populaire navicella)

  • 1 – latin populaire – ancien français nacele (ca 1050)

  • 2 – latin populaire – latin chrétien – français moderne (1818 )

nacre cf. nacaire

navicelle cf. nacelle

nexe / nexus (latin nexus)

  • 1 – latin – français moderne (1840)

  • 2a – latin – français moderne (1771)

  • 2b – latin – anglais moderne (1663) – français moderne (1924)

nexus cf. nexe

*► nombril (issu par dissimilation de l'ancien français nomblil issu à travers une série de modifications phonétiques du latin umbelicus) / ombilic (latin umbelicus)

  • 1 – latin – latin populaire *ŭmbĭlīcŭlus  puis la forme attestée umblil qui donnera par agglutinationde l'article défini lonblil et sa forme dissimilée lonbril – ancien français nomblil (1155), nombril (1165) soit issus par agglutination de l'article indéfini des formes précédentes soit issu l'un de l'autre par dissimilation

  • 2 – latin – moyen français ombelic (XIVe)

nomenclature / nomenklatura (latin nomenclatura)

  • 1 – latin – français moderne (1559)

  • 2 – latin – russe (fin des années 20 du XXe) – français moderne (XXe)

nomenklatura cf. nomenclature


ombilic cf. nombril

1 354

Re : les doublets en français

Et voici le G :

geindre (latin gĕmĕre qui a donné en ancien français giembre altéré en geindre sous l'influence des verbes en -eindre) / gémir (latin gĕmĕre)

  • 1 – latin – ancien français giembre altéré en geindre (ca 1200)

  • 2 – latin – ancien français (1170)

gémir cf. geindre

gloire  / gloria (latin gloria)

  • 1 – latin – ancien français glorie (ca 1050)

  • 2 – latin – ancien français (fin XIIe)

gloria cf. gloire

glu  / gluten (latin gluten, accusatif)

  • 1 – latin – latin tardif gluten accusatif de glus  – ancien français glud (fin XIe)

  • 2 – latin – français moderne (1515)

gluten cf. glu

goddam / (godon) (moyen anglais god-damn)
Cf. etymonline

  • 1 – moyen anglais – moyen français goddem (1431) – français moderne (1767)

  • 2 – moyen anglais – moyen français (XIVe)

godon cf. goddam

grade / gradus / grau (latin classique gradus)
Si le troisième est issu de la forme provençale de l'ancien occitan, il y a altération pour ce doublet (carré bleu)

  • 1 – latin – français moderne (1578 )

  • 2 – latin – français moderne (1821)

  • 3 – latin – ancien occitan  dans sa forme provençale gra(s) (ca 1350) altérée en grau sous l'influence d'une forme masculine de *grava « grève » ou bien dans sa forme catalane grau – occitan – français moderne (1704 )

gradus cf. grade ; grau

grau cf. grade ; gradus

1 355

Re : les doublets en français

Un petit R, un petit rien pour la route :

rébus (latin rebus, ablatif pluriel de res) ; rien (latin rem, accusatif singulier de res)
L'étymologie de rébus est cependant constestée, cf. la notice étymologique du TLFi en lien.

  • 1 – latin – français moderne (1512)

  • 2 – latin – ancien français ren (fin Xe)

rien cf. rébus

1 356

Re : les doublets en français

Le F :

*► faillite (latin populaire fallita, la forme française a été altérée sous l'influence de failli, faillir) / *► faute (latin populaire fallita)

  • 1 – latin populaire – italien fallita – français moderne (1566)

  • 2 – latin populaire – ancien français (1174-1178 )

far (latin populaire farsus participe passé masculin de farcire) / farce (1)(latin populaire farsa participe passé féminin de farcire)

  • 1 – latin populaire – ancien occitan – bas limousin  –  dialectes de l'Ouest et du Centre – français moderne (1799)

  • 2 – latin populaire – ancien français farse – moyen français (début XIVe)

farce (1) cf. far

faute cf. faillite

feuille / foil  (ancien français foil, fueill, fueille)
Cf. etymonline

  • 1 – ancien français (1re moitié XIIe)

  • 2 – ancien français (1re moitié XIIe) – moyen anglais (début XIVe) – français moderne (postérieur à 1959)

foil cf. feuille

frigidaire / frigidarium  (latin classique frigidarium)
Voir aussi cette discussion sur ABC

  • 1 – latin classique –  anglo-américain (1918 ) – français moderne (1636 puis 1926)

  • 2 – latin classique – français moderne (1838 )

frigidarium cf. frigidaire

fuste (latin classique fustis qui a donné en latin populaire un fustum neutre dont le pluriel était fusta) / fût (latin classique fustis)

  • 1 – latin classique – latin populaire fusta féminin à valeur collective tiré du neutre fustum issu du latin classique –  italien (vénitien)  – moyen français (1392-1393)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

fût cf. fuste

1 357 Dernière modification par glop (18-07-2016 10:05:09)

Re : les doublets en français

pimpinelle / pimprenelle (étymon latin pipinella)

pimprenelle cf. pimpinelle

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 358

Re : les doublets en français

Et re-voilà la botanique. C'est noté, merci smile

1 359

Re : les doublets en français

éponymie message 1334, page 54 a écrit:

Je signale le  Français langue d'accueil (2000), partie d'un recueil plus vaste d'articles rédigée par Henriette Walter. Aux pages 8 et 9 une liste de doublets. Beaucoup ont déjà été trouvés, certains rejetés mais malgré tout des nouveautés (qui restent cependant à valider).

Et, à lire le TLFi, des trucs très fantaisistes comme calcul/caillou ou faisant entrer en jeu des dérivés comme fisc/faisselle. Notre Henriette Walter est beaucoup moins rigide que d'autres pour adopter des doublets.

Cela fait plus d'un mois que je me le tiens sous le coude mais je ne l'ai encore exploité que partiellement pour alimenter la liste des doublets à traiter. Son apport est signalé par FLA.

Décidément, les résultats sont totalement différents selon les critères de sélection adoptés, j'ai bien trouvé une paire de doublets à partir de la paire advenir/avenir d'Henriette Walter mais ils sont différents et il a fallu les accoucher au forceps. Avenir au sens de futur est à exclure, reste simplement la forme non différenciée sémantiquement de advenir.

J'attendrai avant de traiter ses autres doublets.

abrotone / aurone (latin abrotanum)

  • 1 – latin – moyen français (abrotane XIVe)

  • 2 – latin – ancien français (abrogne 1213)

acinus (latin acinus) / aine (2) (latin acina forme féminine de acinus)
Les étymons sont deux mots distincts strictement synonymes pour l'acception « grain de raisin »

  • 1 – latin – français moderne (1814)

  • 2 – latin – ancien français (asne ca 1200)

advenir, avenir (ancien français avenir,« arriver, se produire » , qui connait dans la 2e moitié du XIIIe la réfection advenir d'après l'étymon latin advenire) / avenant (3) sens B (participe présent de l'ancien français avenir « arriver, se produire »)

  • 1 – ancien français (première moitié Xe)

  • 2 – ancien français (1266)

aine (2) cf. acinus

aître / atrium (latin atrium)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1100)

  • 2 – latin – français moderne (1627)

atrium cf. aître

aurone cf. abrotone

avenant (3) sens B cf. advenir, avenir

1 360

Re : les doublets en français

Le E.

Un autre exemple de doublets de Français Langue d'Accueil rejetés ici : encaustique vient de encaustica « art de peindre à l'encaustique » et encre vient de encaustum « encre de pourpre » puis « peint à l'encaustique ». Apparentés non doublets.

L'ajout d'étiage au couple estuaire/étier était depuis longtemps dans les cartons, je ne sais plus qui l'a proposé dans quel message et je n'arrive pas à le retrouver. Quoi qu'il en soit, étiage est un dérivé de étier. Apparentés non doublets.

écluse (latin tardif exclusa substantivation du participe passé féminin de excludere) / exclure  (latin classique excludere)

  • 1 – latin – ancien français (escluse XIe)

  • 2 – latin classique – ancien français (XIIIe)

écoute (1) / scout (ancien français escute)
Attention ! L'on line etymology dictionary fait du substantif scout un dérivé du verbe to scout et non le produit d'un emprunt au français escute, auquel cas nous n'aurions pas de doublets au sens où il sont sélectionnés sur ce site.

  • 1 – ancien français (début XIIe)

  • 2 – ancien français (début XIIe) – anglais moderne (ca 1550) – français moderne (1907 au sens de « bâtiment de guerre participant à une recherche », 1910 au sens de « boy-scout » )

endurer / indurer (latin indurare)

  • 1 – latin– ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin – français moderne (1833)

épine / spina (latin classique spina)

  • 1 – latin classique – ancien français (fin Xe)

  • 2 – latin classique – français moderne (1817)

exclure cf. écluse

exit (latin classique exit 3e personne singulier du présent de exire) / (issir) (latin classique exire) / issu (latin classique exitus participe passé de exire)

  • 1 – latin – latin médiéval (XVe) – anglais moderne (XVIe) – français moderne (1832)

  • 2 – latin classique  – ancien français (première moitié Xe)

  • 3 – latin classique  – ancien français (1120-1150)

indurer cf. endurer

(issir) cf. exit; issu

issu cf. exit; (issir)

scout cf. écoute  (1)

spina cf. épine

1 361

Re : les doublets en français

Un ajout sugéré par le fil sur l'étymologie de mode

façon / faction / fashion (latin classique factionem accusatif de factio)
Cf. Online etymology dictionary.

  • 1 – latin classique – ancien français (1121-1134)

  • 2a – latin classique – moyen français (1355)

  • 2b – latin classique –  italien fazione (ca 1500) – français moderne (1616)

  • 3 – latin classique – ancien français (façon 1121-1134) – moyen anglais (fasoun ca 1300) – français moderne (1819)

1 362 Dernière modification par glop (22-07-2016 17:03:33)

Re : les doublets en français

point / pointe (étymon latin pungere)

pointe cf. point

Voir poindre.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 363 Dernière modification par glop (23-07-2016 11:40:16)

Re : les doublets en français

alizé / lisière (étymon latin licium)

lisière cf. alisée

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 364 Dernière modification par éponymie (24-07-2016 08:19:33)

Re : les doublets en français

Alizé :

Origine incertaine. Peut-être à rattacher aux descendants du latin lixare« lisser », proprement « lessiver », croisé avec allisus (voir lisser, lisse adjectif) : cf. ancien provençal lis « lisse, doux (en parlant du temps) », bas berr. alizer « rendre uni, lisse », languedocien alisá « polir, lisser », béarnais alisá « lisser » (dans S. Palay, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes,1932), etc. (voir FEW tome 5, s.v. lixare).

L'emprunt à l'espagnol (vientos) alisios « vents alizés » (Dauzat 1968, DEI, EWFS), n'est pas possible, ce mot espagnol n'étant attesté que depuis 1884 (d'après Cor. t. 1 1954, s.v.) et étant au contraire probablement emprunté au français.

Une dérivation du moyen français au lis du vent « dans la direction où le vent souffle » (Dutko dans Français moderne t. 3, pp. 162-163) est difficile à comprendre tant du point de vue sémantique  que du point de vue phonétique. D'autre part cette expression assez rare est elle-même d'origine très obscure : Dutko, loc.cit., la fait remonter au francique. *listia, FEW t. 5, au latin lectus « lit », et Jal 1848, s.v. lit du vent, au latin licium« chaîne de l'étoffe ».

Lisière :

Origine incertaine. Peut-être dérivé de l'ancien bas francique *lisa « ornière », que l'on suppose d'après  le lituanien lysẽ « plate-bande (d'un jardin) » et l'ancien prussien lyso « id. (d'un champ) ». Cette forme *lisa a dû exister à côté de l'ancien bas francique *laiso, de la même famille que l'allemand Gleis, Geleise « voie ferrée, ornière »; cf. ancien haut allemand waganleisa « ornière »; cf. aussi le normand alise « ornière »; alisée « id. » (v. REW et FEW t. 16, p. 468b).

L'hypothèse du FEW t. 5, pp. 313b-314a, qui dérive lisière du substantif masculin lis (du latin licium « lisière d'étoffe »), est peu probable, ce dernier étant plus récent que lisière (1380, « grosses dents aux extrémités d'un peigne de tisserand », Ordonnances des rois de France, t. 6, p. 473, v. aussi note b; puis, au XVIIIe siècle, au sens de « lisière d'une étoffe », v. FEW t. 5, p. 312b).

Ce que les deux ont en commun dans ces deux notices, c'est effectivement licium. Dans les deux cas, c'est dans le cadre d'hypothèses contestées.

Par contre, je note pointe/pointer/poindre à ajouter à point/punctum. J'étais persuadé d'avoir déjà regardé cette famille dans la préhistoire de ce fil (page 15) mais la série point/pointe est évidente. Probablement le profilage des doublets n'était pas encore au point il y a 2 ans.

1 365

Re : les doublets en français

éponymie message 1147, page 46 a écrit:
glop message 1146, page 46 a écrit:

Que faire de répartir et repartir?

Et comme en ancien français, il n'y avait pas de schwa (le e caduc), il est arrivé avec le moyen français (XIVe, XVe), c'est donc repartir qui est venu faire concurrence à répartir. Du coup je trouve curieuse la notice du TLF :

Dérivé de partir (1)*; préfixe re-*, avec substitution de ré- à re-* pour éviter la confusion avec repartir*. Il est impossible d'établir à partir de quelle période on prononça ré-.

C'est dès le XIIe que les acceptions de répartir sont connues et, justement, il se prononçait bien ré-. Ce serait que le é se serait amuï et que l'on aurait rétabli l'ancienne prononciation - en français moderne je suppose - pour éviter la confusion avec "partir de nouveau" ou "user de repartie" . Mah...

Tout un article ici : http://linx.revues.org/705

Mais ils ne se posent pas la question de la prononciation, tout juste donnent-ils une règle pour l'alternance re/ré qui, comme d'hab, a des exceptions à la pelle.

Et puis il pourrait aussi s'agir de dérivations parallèles parce que repartir dans toutes ses acceptions semble dater au maximum du XVIe : auquel cas, pas de doublets (mais répartir qui décide de bien se tenir pour se distinguer du nouveau venu).

Bleu, olive ou gris ? J'ai rédigé tout en réfléchissant (ou réfléchi tout en rédigeant) et au point où j'en suis de cette réflexion - ici ---> Je finis par pencher pour les pas doublets sans même les ranger dans les cas litigieux. Mais je pourrais me tromper.

En fait, il s'agit de dérivations parallèles, répartir (1155) vient du verbe partir (1) au sens de « séparer, diviser », repartir (1273) vient du verbe partir (2) au sens de « s'en aller » dont l'acception dérive de partir (1). Proches parents mais pas doublets.

Je me demande toujours pourquoi il faut que je laisse reposer longtemps les problèmes épineux pour les résoudre plus tard en un clin d'œil.

omble(-chevalier) (latin umbra « poisson du genre sciène » altéré sous l'influence du latin humilis) / ombre (2) (latin  umbra « poisson du genre sciène » )
Il existe un autre poisson nommé omble mais l'étymologie du mot est différente, il vient du latin tardif amulus.

  • 1 – latin – français moderne (1553)

  • 2 – latin –  moyen français (XIVe)

ombre (2) cf. omble

or (2) / ores, ore, or (latin populaire hā horā)
Le second est vieilli dans quasiment toutes ses acceptions et ne subsiste dans la langue courante que dans d'ores et déjà. La distinction orthographique est moderne.

  • – latin populaire – ancien français (ore première moitié du Xe pour 1, or 1230-35 pour 2)

ores, ore, or cf. or (2)

racème / *► raisin (latin classique racēmus)

  • 1 – latin – latin scientifique racemo (1727) – français moderne (1856)

  • 2 – latin – latin populaire *racīmus (1727)– ancien français (1121-1134)

raisin cf. racème

redoute (latin reductus qui a donné en italien ridotto altéré lors de l'emprunt sous l'influence de redouter) / réduit (latin  reductus qui a donné en latin populaire le neutre substantivé reductum)

  • 1 – latin – italien ridotto – français moderne (1599)

  • 2 – latin – latin populaire reductum – ancien français (ca 1150)

réduit cf. redoute

réticule / réticulum (latin  reticulum)

  • 1 – latin – français moderne (1682)

  • 2a – latin – français moderne (1758)

  • 2b – latin – français moderne (1765)

  • 2c – latin – français moderne (1817)

réticulum cf. réticule

ronce (latin rumicem accusatif de rumex) / rumex (latin  rumex)

  • 1 – latin – ancien français (1175)

  • 2 – latin – latin scientifique (1770) – français moderne (1805)

rumex cf. ronce

1 366 Dernière modification par glop (24-07-2016 17:29:25)

Re : les doublets en français

Entre autres cas litigieux:

Tyran
… [… Empr. au lat.tyrranus, -i « souverain », « despote, usurpateur », du gr. τ υ ́ ρ α ν ν ο ς « maître absolu », par suite « celui qui usurpe le pouvoir absolu dans un État libre », d'où « tyran, despote », et p. anal. le roitelet, oiseau, cf. lat. sc. Tyrannus…]…

Tirrer
… [Selon Wartburg, tirer serait une réduction de l'a. fr. martirier « martyriser, torturer (en général) » (xiies. ds T.-L.), dér. de martyre*. Le part. prés. de martirier, martirant, aurait été interprété comme comp. de l'a. adv. mar « malheureusement » (du lat. mala hora « à la mauvaise heure ») et de tiranz, nom habituel du bourreau au Moyen Âge, lui-même issu du lat. tyrannus (tyran*), une torture fréquente était en effet la dislocation des membres par étirement ou écartèlement. Tirer s'est substitué à traire* dans la plupart de ses empl. en m. fr]…

De toute façon, si je n'm'abuse, un verbe ne peut pas former un doublet avec un substantif.


PS

ALISIER, ALIZIER
http://www.cnrtl.fr/etymologie/alisier

AULNE
http://www.cnrtl.fr/etymologie/aulne

Il faudrait demander à Vercingétorix ce qu’il en pense.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 367 Dernière modification par éponymie (24-07-2016 17:47:24)

Re : les doublets en français

glop a écrit:

De toute façon, si je n'm'abuse, un verbe ne peut pas former un doublet avec un substantif.

Ce n'est pas vraiment courant mais il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas arriver.

Une forme verbale peut éventuellement former un doublet avec un substantif ou un adjectif. Nous avons vu il y a peu exit (forme verbale latine) et issu (adjectif ancien participe passé) qui ne forment pas l'exemple le plus probant mais il y en a d'autres, il suffit de parcourir le site : dès la lettre A, je tombe sur astreindre (verbe)/astringent (adjectif issu d'un participe présent latin)

Il suffit qu'un infinitif  ou un adjectif soit substantivé par que l'on puisse tomber sur un couple verbe/substantif.

Tirer et tyran seront parents (cela semble tiré par les cheveux) mais effectivement dans leur cas, il est impossible d'en faire des doublets. L'italien ne se risque guère non plus à trouver une étymologie à tirer (il a tirare et l'équivalent de traire, trarre), en espagnol et en portugais, le mot existe aussi. Certains l'apparentent à l'anglais to tear. Toujours curieux de voir combien un mot si courant peut poser de problèmes...

Tirer un trait serait un pléonasme alors smile ? Et ce qui est rigolo, c'est qu'en écrivant ceci, vérification faite, nous voici justement avec une de ces séries de doublets qui vous semblait improbable : trait vient directement de tractus supin du latin trahere et traire vient aussi de trahere en passant par la forme populaire tragere (traggere est une forme ancienne de trarre en italien). Je les note illico.

Merci glop, plus extraordinaire que vous on meurt.

P.S.: pour votre propositon en post-scriptum, je préfère noter alise/aulne. Merci encore.

1 368

Re : les doublets en français

Tout compte fait, traire/trait ne sont probablement pas des doublets issus de formes diférentes de l'étymon latin, un petit tour dans le DHLF semble confirmer que trait substantif est seulement une spécialisation tardive du participe passé de notre traire médiéval.

1 369

Re : les doublets en français

vh message 1163, page 47 a écrit:

détresse / détroit / district (étymon lat. districtus)

districtus < distringere (serrer)

J'élimine détresse, c'est le cas déjà rencontré plusieurs fois de dérivation pour former un mot de sens nouveau par ajout de suffixe (ici féminin). Il faut que je recense ces cas, car j'ai peur de me faire piéger de temps à autre, je me le suis noté.

daintiers / dignité  (latin classique dignitas)
Cf, aussi FEW

  • 1 – latin classique – ancien français (deintie ca 1100)

  • 2 – latin classique – ancien français (1155)

damoiselle / demoiselle (ancien français domnizelle)

  • – ancien français (domnizelle 881, damizele ca 1100)

damoiselle ; demoiselle / donzelle (latin populaire domnicella)

  • 1 – latin populaire– ancien français (domnizelle 881, damizele ca 1100)

  • 2 – latin populaire– ancien français (donzele ca 1160)

débit (2) (latin classique debitum) / dette (latin debita pluriel substantivé du latin classique debitum)

  • 1 – latin classique – français moderne (1675)

  • 2 – latin populaire– ancien français (dete ca 1174-1176)

délire / délirium (latin delirum)

  • 1 – latin – moyen français (deslere 1478 )  – français moderne (deslire 1537)

  • 2 – latin – français moderne (1824)

délirium cf. délire

demoiselle cf. damoiselle

dette cf. débit (2)

détroit (latin classique districtus participe passé de distringere / district  (latin classique districtum supin de distringere

  • 1 – latin classique – ancien français (destreiz ca 1100)

  • 2 – latin classique – latin tardif districtus substantivation du précédent – moyen français (1480)

dignité cf. daintiers

district cf. détroit

donzelle cf. damoiselle ; demoiselle

J'en termine avec les D à traiter demain et poursuis avec le M.

1 370

Re : les doublets en français

vh message 1288, page 52 a écrit:

draille / troller/trôler (étymon latin tragulare)

L'étymon de draille n'est pas le verbe latin mais le nom tragula « javelot muni d'une courroie, herse, filet » , par contre draille a effectivement un doublet, traille.

doge / duc / duce (latin classique ducem, dux)

  • 1 – latin classique– vénitien doxe  –  français moderne (1552)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

  • 3 – latin classique – itaslien (fin XIIIe)  –  français moderne (1929)

douro / dur (latin classique durus)

  • 1 – latin classique – espagnol (duro  –  français moderne (1838 )

  • 2 – latin classique – ancien français (finXe)

drac, drak (latin classique draco) / dragon  (latin classique dragonem accusatif de draco)

  • 1 – latin classique – occitan (dra ca 1140, drac début XIIIe)  – français moderne (1690)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

dragon cf. drac, drak

draille / traille (latin tragula)

  • 1 – latin – ancien occitan (tralha 1348 ) –  languedocien (dralho) –  français moderne (1792)

  • 2 – latin – moyen français (1409)

drosse (latin traducem, tradux « sarment » qui a donné en italien trozza altéré sous l'influence de drisse) / troche (1)  (latin traducem, tradux)
Certaines étymologies italiennes font remonter trozza à l'ancien français troche métathèse de torche : cf. Garzanti Linguistica

  • 1 – latin – italien trozza (XIIIe)  – français moderne (1636)

  • 2 – latin – latin populaire traduca altération du précèdent avec changement de déclinaison – ancien français (XIe)

duc cf. doge ;duce

duce cf. doge ;duc

dur cf. douro

traille cf. draille (1)

troche (1) cf. drosse

1 371

Re : les doublets en français

fagne / fange (du gotique fani)

fange cf. fagne

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 372

Re : les doublets en français

glop a écrit:

fagne / fange (du gotique fani)

fange cf. fagne

En italien et en espagnol, c'est fango, en anglais, fen et en allemand, fenn. Il va falloir se plonger dans l'étymologie de tous ces mots pour avoir une idée plus ou moins correcte de leur parcours et de la langue de l'étymon (faut-il vraiment remonter jusqu'au gothique ?).

Pour fagne, ça semble un peu tordu : du gothique au latin populaire (gallo-roman) à l'ancien bas-francique au latin médiéval au wallon... La notice du TLFi en dit plus que le DHLF mais n'est pas très claire.

En tout ça, c'est noté. Merci beaucoup.

1 373 Dernière modification par glop (31-07-2016 22:23:30)

Re : les doublets en français

ladrerie / lazaret (nom Lazare)

lazaret cf. ladrerie

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 374

Re : les doublets en français

Les doublets sont dans ce cas : ladre/Lazare. Les deux autres sont des dérivés. Je note donc ce nouveau couple mais, comme tous ceux comprenant un nom propre, il sera traité dans longtemps, longtemps...

Merci smile

Re : les doublets en français

déport - sport (français desport > anglais disport > par aphérèse anglais sport > français sport)

1 376 Dernière modification par yd (02-08-2016 08:09:42)

Re : les doublets en français

Dans le Godefroy, plusieurs colonnes à déport et, dans son complément, un usage de se déporter « se conduire (envers quelqu'un) ».

Dans le TLFi on peut encore consulter l'étymologie et histoire de déporter.

Fille légère ne peut bêcher.

1 377 Dernière modification par éponymie (04-08-2016 14:18:56)

Re : les doublets en français

Merci à vous deux, je traite ces deux-là immédiatement parce qu'ils correspondent à un os que je ne savais pas trop par quel bout prendre, j'étais tombé dessus avec turf/urf que je traite aussi ici.

Nous avons déjà 31 mots bleu cyan – une quinzaine de séries de doublets je suppose - qui correspondent à ces mots qui ont pris au passage un morceau d'une des langues d'accueil (en général l'arabe ou l'espagnol). Je ne crois pas être tombé sur ces mots qui perdent des bouts au passage, enfin je dis que je ne crois pas mais j'ai signalé l'aphérèse parmi les modifications phonétiques générant des doublets...

Je prends donc le parti de créer une huitième couleur, entre le vert des doublets vrais de vrais et le vert clair des doublets issus de formes différentes d'un étymon, elle ne comprend que 4 éléments pour l'instant mais il est possible que nous ayons déjà quelques-uns de ces cas noyés parmi les carrés verts. Je les retrouverai au fur et à mesure.

Glop peut me remercier, je lui donne l'occasion de chercher des aphérèses. Attention, les deux mots doivent avoir des différences, fussent-elles légères, de signification.

Je doute que l'on puisse trouver des doublets issus d'apocopes. On verra bien.

déport (1) / sport  (ancien français deport )

  • 1 – ancien français (desport ca 1057, deport ca 1160)

  • 2 – ancien français (desport ca 1057, deport ca 1160) – moyen anglais (disport XIVe puis par aphérèse sport) – français moderne (1828 )

sport cf. déport (1)

turf / urf  (français moderne turf)

  • 1 – français  moderne (1828 )

  • 2 – français moderne (1865), aphérèse de 1

urf cf. turf

Nous avons changé de page, voici donc ce qu'il reste à traiter :

vérifier le traitement des féminins à valeur collective issus ou dérivés de pluriel de neutres latins (relire tout le fil)

alise/aulne (55/1366)
aptitude/attitude (FLA)
assoupir/assouvir (FLA)
barouche/brouette
bauge (2)/bouge
bengale/bengali/bungalow
blette/brède
botte (4)/boute
bracot/braquet
biaude/bliaud, bliaut
biche/bique/bisse
bord/borde (cas litigieux)
bouffer/bouffir
bréger/broyer
brochette/broquette (forme normande à mieux documenter)
bruine/pruine (52/1292)
buccin (2)/buccine/buisine
caboche/cabosse
cadran/quadrant (53/1304)
cadrer/carrer (53/1305)
cal/calus (47/1152)
caldarium/chaudière (50/1248)
camaïeu/camée/caméo (cas litigieux, 47/1168-69)
canoé/canot (50/1248)
capitaine/cheftaine (FLA)
carabe/scarabée (50/1246)
carguer/charger (FLA)
carnier/charnier (52/1299)
carogne/charogne (53/1301)
castel/chateau (FLA)
châtaigne/chêne (50/1241)
cingle/sangle (fil ABC)
cirre/cirrus (49/1209)
clam/clamp (53/1302)
cobra/couleuvre (51/1271)
cogiter/cuider (47/1170)
collecte/cueillette (FLA)
colombarium/colombier (51/1254)
comté/comtat
concert/concerto (52/1290)
conche/conque (52/1290)
constater/couter (FLA)
continu/continuum (52/1290)
corso/cursus (52/1299)
ajouter couque à coq (2)/queux (1) (51/1256)
courtil/courtille (51/1273)
ajouter kompa à compas/compas (18/438 à 442)
créance/croyance/crédence
effraie/fresaie/orfraie
épiscopat/évêché
fagne/fange (55/1371)
ajouter vivre, vouivre et wyvern(e) à guivre/vipère (52/1278 et suivants)
haire/hère (1) et (2)
macula/macule (49/1211)
mal/malus (48/1194)
mandole, mandore/pandore
médium/mitan (48/1197)
médius/méger (48/1197)
mohair/moire (54/1337)
mohair/moquette (54/1338)
moque/mug
muer/muter (2) (48/1199)
paradis/parvis
ajouter patella à paella/patelle/poêle (52/1296)
pater-noster/patre-nôtre (49/1206)
pénicillium/pinceau (50/1243)
pic/pique
pica/pie (49/1214)
pignole/pignon (43/1074)
pimprenelle/pimpinelle (55/1357)
plasma/plasme (51/1264)
platane/plantain (44/1092)
plural/pluriel (51/1273)
podium/puy (44/1090)
poindre/point/pointe/pointer/punctum (53/1314, 55/1362)
préside/présidium (52/1283)
prêt (2)/preste (49/1212)
prince/princeps/principe (49/1206)
procès/processus (54/1329)
propagule/provin (53/1324)
prospect/prospectus (53/1321)
pucher/puiser
réa/rouet
ria/rio (33/803)
sachant/savant
second/seconde/son (3)
semple/simple
serre (2)/sierra (52/1292)
sibiler/siffler (52/1278)
sorgho/syriaque (53/1302)
traire/trait (55/1366-67)
vaillant/valant
variole/vérole (52/1288)
volée/volley (52/1278)
volute/vôute (53/1324)

angora/Ankara (42/1032)
Arménie/hermine
bougran/Boukhara
calicot/Calicut (42/1032)
Carmen/charme (23/562)
Chimène/Simone
Clovis /  Louis / Ludovic
Cologne/colonie (31/752)
Colorado/coloré
cypré/Chypre (32/780)
Étienne / Stéphane
français/Francis/François (29/711)
fleurie/florès/Floride
Gautier / Walter
Gaza/Gaze (42/1032)
Guillaume/Wilhem (39/963)
Jacob / Jacques / (James)
ladre / Lazare (55/1373)
Mahaut/Mathilde/Maud (35/864)
Pie/pieux (22/537)
popeline/Poperinge (42/1032)
Raoul / Rodolphe
Théodoric / Thierry
tulle/Tulle

P.S.: je ne trouve pas un code couleur HTML qui ait un nom qui soit situé entre le vert et le vert clair et qui soit accepté tant par ABC que par le site des doublets. On verra plus tard.

P.P.S.: finalement, j'ai opté pour le code #5FB404

1 378

Re : les doublets en français

Abc en couleurs

Fille légère ne peut bêcher.

1 379

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Glop peut me remercier, je lui donne l'occasion de chercher des aphérèses. Attention, les deux mots doivent avoir des différences, fussent-elles légères, de signification.

En attendant l'aphérèse, je me contente de ramener ma fraise.


balsamine / baume (étymon latin balsamum)

baume cf. balsamine

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 380 Dernière modification par glop (03-08-2016 08:51:05)

Re : les doublets en français

paradis / parvis (Latin paradisus)

parvis cf. paradis

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 381 Dernière modification par éponymie (04-08-2016 14:20:13)

Re : les doublets en français

Le problème avec les couleurs HTML est qu'ABC est plus accueillant que le site utiliweb qui gère les pages sur les doublets et qui est loin d'accepter tous les codes. En outre, je voudrais une couleur qui ait un nom (comme green, olive, cyan, lime, blue, etc.), ce qui est plus simple à gérer qu'une série cabbalistique de chiffres et de lettres.

glop a écrit:

balsamine / baume (étymon latin balsamum)

baume cf. balsamine

Votre balsamine n'est ni une fraise, ni un doublet (dériviation par suffixation en -ine). Par contre, il faut ajouter balsam/baume à la liste. Merci smile

glop a écrit:

paradis / parvis (Latin paradisus)

parvis cf. paradis

ll est déjà dans la liste des doublets à traiter.

P.S.: j'ai finalement opté pour le code #5FB404

1 382 Dernière modification par glop (03-08-2016 21:53:26)

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Votre balsamine n'est ni une fraise, ni un doublet (dériviation par suffixation en -ine). Par contre, il faut ajouter balsam/baume à la liste. Merci smile

Je reconnais que, sur le cnrtl, on parle de dérivation mais la graphie du mot balsamine étant plus proche de balsamum que ne l'est celle de baume, je trouve cette notion de dérivation bien difficile à cerner.

Essayons autre chose:

seringue / syrinx (Latin syrinx(syringa),syringes(syringis))

syrinx cf. seringue

Actuellement , le genre du mot syrinx reste hésitant.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 383

Re : les doublets en français

glop a écrit:

Je reconnais que, sur le cnrtl, on parle de dérivation mais la graphie du mot balsamine étant plus proche de balsamum que ne l'est celle de baume, je trouve cette notion de dérivation bien difficile à cerner.

La désinence latine -um était devenue -u très tôt, en latin populaire parlé dans la zone gallo-romane nord, ce -u s'est lui-même amuï rapidement et à l'époque du proto-français, nous avions déjà quelque chose de réduit à balme ou basme selon les variantes.

La dérivation, c'est - entre autres - quand vous ajoutez une composante à un mot, ici le suffixe -ine qui précise dans ce cas la composition (de balsam). Ce qu'il y a de commun à baume et à balsamine, c'est le radical latin balsam. Balsamine est un mot à deux étymons, balsamum pour le radical et le suffixe latin -inus pour le reste.

Des doublets ont un seul et unique ètymon en commun.

Je note seringue/syrinx. Merci smile

1 384

Re : les doublets en français

Voici la série à jour des codes de couleur pour les doublets :

  • vrais doublets, ils descendent tous directement d'un seul et unique étymon par évolution phonétique, promenade d'une langue à l'autre.

  • vrais doublets, ils descendent tous directement d'un seul et unique étymon par évolution phonétique, promenade d'une langue à l'autre, l'une au moins des composantes de la série a subi une réduction de l'étymon (aphérèse ou apocope)

  • presque doublets, ils descendent de formes différentes d'un seul et unique étymon (cas latins par exemple)

  • mots issus d'un terme unique considérés comme étant des variantes; différenciés orthographiquement ou oralement et spécialisés sémantiquement, les acceptions du terme originel se répartissant souvent entre les deux

  • doublets, l'un des deux au moins a subi des "altérations" en intégrant un mot de la langue d'origine ou de passage (le cas classique étant l'article al arabe comme dans abricot - qui est cependant enregistré dans les faux doublets - alcade, luth)

  • presque doublets, ils ont subi des "altérations" par influence d'un autre mot (calfater/calfeutrer)

restent, bien entendu, le carré jaune pour les faux doublets et le rouge pour les cas litigieux.

1 385 Dernière modification par glop (04-08-2016 15:54:53)

Re : les doublets en français

Malheureusement, les détails de la construction des messages n’apparaissent que pour effectuer des corrections et ne sont donc pas accessibles aux lecteurs.
L’affichage des codes sources de la page qui contient votre message permet néanmoins de découvrir les codes des couleurs affichées.

green
#5FB404
lime
olive
cyan
blue

PS
Jusqu'à présent, j'ai utilisé lawngreen dans mes messages, à la place de #5FB404; je n'ai pas l'impression que cela ait eu de fâcheuses conséquences. (en dehors du fait que ça vire parfois au jaune) wink

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 386

Re : les doublets en français

Bonjour à tous !

Je reprends momentanément du service pour proposer un doublet entre Chaste et Caste, passant par le portugais semble-t-il.
Il s'ajoute à la liste déjà longue des Ch/C mais il semble qu'il ait réussi à se cacher jusqu'à présent.

Félicitations pour le travail accompli depuis ma dernière connexion !

1 387 Dernière modification par glop (08-08-2016 06:41:33)

Re : les doublets en français

cadeau / cadet (cabdet correspondant à l’ancien provençal capdel)

cadet cf. cadeau

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 388

Re : les doublets en français

Merci, merci ! Salut à Paulo, content de vous relire. Je crois que caste/chaste a déjà été proposé et rejeté, je vérifierai. J'ai de toute façon noté ces deux dernières propositions.

Re : les doublets en français

méandre - le Méandre (fleuve d'Asie Mineure)

1 390

Re : les doublets en français

tilde / titre (Latin titulus)

titre cf. tilde

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

Re : les doublets en français

Peut-être à considérer : galantine - gélatine

1 392

Re : les doublets en français

C'est noté, merci. Pour galantine/gélatine, le lien entre galatina et gelatina n'est pas prouvé. Un cas litigieux (carré rouge).

Pascal Tréguer a écrit:

méandre - le Méandre (fleuve d'Asie Mineure)

Je crée une page sur les antonomases issues de toponymes, ethnonymes et gentilés (limitons-nous à ceux-ci pour l'instant). Cela permettra de traiter enfin quelques noms propres  et de ne pas ignorer ces cas très particuliers de doublets.

angora/Ankara (42/1032)
Arménie/hermine
bougran/Boukhara
calicot/Calicut (42/1032)
cypre/Chypre (32/780)
Gaza/gaze (42/1032)
méandre/Méandre (56/1391)
popeline/Poperinge (42/1032)
tulle/Tulle

1 393 Dernière modification par éponymie (13-08-2016 12:12:11)

Re : les doublets en français

Voici donc la nouvelle page des antonomases (http://lesdoubletsenfrancais.utiliweb.fr/page59.html), j'aurai tort mais je ne mets pas de carrés. Il y aura certainement beaucoup à dire et redire sur ces doublets particuliers mais c'est fait et ça ne demande qu'à être amélioré et corrigé.

Je ne traite dans l'étymologie que de celle du nom commun : savoir comment le toponyme est arrivé à sa forme française actuelle, c'est souvent toute une aventure dans laquelle je ne me lance pas pour l'instant. S'il y a des courageux...

Le couple Arménie/hermine est à exclure : hermine vient de armenius (arménien), dérivé de Armenia.

Cypre et Chypre restent dans les cas à traiter : il est possible que le nom de l'île vienne du nom de l'arbre à henné (Κύπρος) qui a donné le nom commun en français. Pas d'antonomase donc.

Gaze et Gaza finiront dans les faux doublets (je ne vais pas en plus créer une page sur les fausses antonomases smile )

angora de Angora, ancienne forme d'Ankara.

  • grec ancien Ἄγκυρα – turc  – français moderne (1792)

bougran de Boukhara ville d'Ouzbékistan.

  • sogdien Buḫārā – ancien français (bougherant1150, bougheran 1290)

calicot de Calicut, ville indienne, actuelle Kozhikode.

  • malayalam Kozhikode – portugais (Calicut) – anglais moderne (kalyko 1530) – français moderne (1613)

méandre du fleuve Méandre dans l'actuelle Turquie.

  • grec ancien Μαι ́νδρος – latin (Maeander) – français moderne (1552)

popeline de la ville flamande Poperinge.

  • latin tardif Pupurninga (villa) (850) – flamand (Poperinghe) – italien papalina (XIVe) – français moderne papaline (1667)  – anglais moderne poplin (1710) – français moderne (1735)

tulle de la ville de Tulle en Limousin.

  • gallo-roman Tutela – ancien occitan (Tula) – français moderne (1765)

Re : les doublets en français

À propos de Chypre, ce n'est pas un doublet, mais cuivre vient du latin tardif Cyprium (aes), (métal) de Chypre, qui en était le principal producteur.

1 395 Dernière modification par Ylou (13-08-2016 19:37:36)

Re : les doublets en français

Tant pis je me lance en espérant qu'il n'ait pas encore été donné :
Ormeau et oreille de mer.
Ormeau : Altération de ormier de l'anglais ormer terme dialectal de l'Ouest: Côtes du Nord, Jersey et Guernesey, du latin auris maris «oreille de mer», en raison de la ressemblance de ce coquillage avec l'oreille (CNRTL)
Et rogation et rogaton? qui semblent tous les deux avoir la même origine : du latin rogatio, -onis « demande ».

Avec nos pensées nous créons le monde. Bouddha

1 396

Re : les doublets en français

Ylou a écrit:

Ormeau et oreille de mer.
Ormeau : Altération de ormier de l'anglais ormer terme dialectal de l'Ouest: Côtes du Nord, Jersey et Guernesey, du latin auris maris «oreille de mer», en raison de la ressemblance de ce coquillage avec l'oreille (CNRTL)

Ormeau est bien issu par altération de "auris maris", son nom en latin scientifique est Haliotis rufescens. Très bien. Mais d'où vient "oreille de mer" ? Il me semble que c'est une appellation fabriquée par traduction du "auris maris" latin. Il n'a donc pas de généalogie.

Et si ce n'est pas du latin, c'est du grec : c'est Linné (déjà abondamment croisé dans un champignonien fil glopien) qui a créé le genre Haliotis en 1758. Wikipedia nous en donne le sens :

Le genre Haliotis, du grec ἅλιος «marin» et οὖς, ὠτός «oreille», regroupe de nombreuses espèces de mollusques marins à coquille unique, qu'on trouve dans les eaux peu profondes du littoral.

Pas de doublets donc, mais encore une fois une promenade intéressante.

Ylou a écrit:

Et rogation et rogaton? qui semblent tous les deux avoir la même origine : du latin rogatio, -onis « demande ».

Cela marche, mais uniquement pour l'acception B de rogation issue d'une forme verbale de rogare comme rogaton. C'est donc noté. Merci smile

1 397

Re : les doublets en français

PauloOjovem a écrit:

Bonjour à tous !

Je reprends momentanément du service pour proposer un doublet entre Chaste et Caste, passant par le portugais semble-t-il.
Il s'ajoute à la liste déjà longue des Ch/C mais il semble qu'il ait réussi à se cacher jusqu'à présent.

Félicitations pour le travail accompli depuis ma dernière connexion !

Il me semblait bien qu'il avait déjà été traité et je vous avais déjà répondu il y a un peu plus de 11 mois :

PauloOjovem message 1149 page 46 du 30/08/2015 a écrit:

Je mets fin à ma trop longue absence pour proposer un nouveau doublet mettant en jeu une paire c/ch avec Caste et Chaste smile
Je n'ai pas encore eu le temps de rattrapper tout mon retard (apparemment une bonne dizaine de pages), aussi j'espère que cela n'a pas encore été proposé

éponymie message 1150 a écrit:

Oh bonjour ! Déjà proposé par glop, puis par vh, puis par glop.

Mais pourquoi ne consultez-vous pas le site ? Ils sont rangés parmi les cas litigieux : http://lesdoubletsenfrancais.utiliweb.fr/page31.html

Je devrais aussi un jour prendre le temps de relire tout le fil, il y a certainement des trucs intéressants à récupérer. Bonne lecture et n'oubliez pas les 3 fils voisins :

http://www.languefrancaise.net/forum/vi … p?id=12382
http://www.languefrancaise.net/forum/vi … p?id=11782
http://www.languefrancaise.net/forum/vi … p?id=11703

1 398

Re : les doublets en français

Et voici le M :

vh message 1197, page 48 a écrit:

médium  / mitan (étymon lat. medium)

Ne fonctionne pas, selon l'hypothèse la plus sérieuse, mitan viendrait de mediu tantu. Par contre, nous arrivons au couple média/médium.

vh message 1197, page 48 a écrit:

médius (anat.) /  méger (étymon lat. medius)

Ne fonctionne pas non plus : méger est  un dérivé du provençal meg issu de médius.

macula / macule  (latin macula)

  • 1 – latin – français moderne (1868 )

  • 2 – latin – moyen français (début XIVe)

macule cf. macula

malus / (mal (1) )  (latin malus)

  • 1 – latin – ancien français (881)

  • 2 – latin – français (fin des années 60 du XXe)

malus / mal (2 et 3)  (latin male vocatif de malus)

  • 1 – latin – ancien français (881)

  • 2 – latin – français (fin des années 60 du XXe)

mal (1) cf. malus

mal (2 et 3) cf. malus

mandole, mandore (latin classique pandura probablement altéré par l'arabe) / pandore (1)  (latin classique pandura)

  • 1 – latin classique – ancien occitan (mandura XIIIe)  – français moderne (1519)

  • 2 – latin classique – français moderne (1576)

(mass-)média (latin media pluriel de medium) / médium  (latin medium)

  • 1 – latin – anglo-américain(mass-media 1923)  – français moderne (1960 pour le terme complet, l'apocope est ultérieure)

  • 2a – latin – français moderne (1583-90)

  • 2b – latin – français moderne (1643)

  • 2c – latin – français moderne (1854)

médium cf. média

mohair / moire (1)  (anglais moderne mohair)

  • 1 – anglais moderne – français moderne (1868 )

  • 2 – anglais moderne – français moderne (1639)

mohair / moquette
ne fait pas l'unanimité, le second vient soit de l'arabe muḫayyar via une altération de l'italien mocajardo qui a donné en anglais moderne mohair soit d'anciennes formes françaises de mosquée.

moire (1) cf. mohair

moque (2) / mug  (langue germanique)

  • 1 – langue germanique – dialectes de l'ouest de la France – français régional  moderne (1780)

  • 2 – langue germanique – anglais moderne (1560-70) – français moderne (deuxième moitié XXe)

moquette cf. mohair

muer / muter (2)  (latin mutare)

  • 1 – latin – ancien français (1050)

  • 2 – latin – moyen français (1481)

mug cf. moque (2)

muter (2) cf. muer

pandore (1) cf. mandole, mandore

1 399 Dernière modification par éponymie (17-08-2016 22:53:52)

Re : les doublets en français

Et le S :

second / son (3)  (latin secundus)

  • 1 – latin – ancien français (secunt 1119)

  • 2 – latin – latin médiéval (seonno 1243) – moyen français (ca 1393)

second ; son (3)  (latin secundus) / seconde  (latin secunda féminin de secundus)

  • 1 – latin – ancien français (secunt 1119)

  • 2 – latin – latin médiéval (seonno 1243) – moyen français (ca 1393)

  • 3 – latin – français moderne (1636)

seconde cf. second ; son (3)

seringue (latin syringa accusatif de syrinx) / syrinx  (latin syrinx)

  • 1 – latin – ancien français (1240-1260)

  • 2 – latin – français moderne (1752)

serre (2) / sierra  (latin sĕrra)

  • 1 – latin – ancien occitan et franco-provençal – français moderne (1726)

  • 2 – latin – espagnol – français moderne (1622)

sierra cf. serre (2)

sibiler / siffler  (latin classique sibilare)

  • 1 – latin classique – français moderne (1819)

  • 2 – latin classique – latin tardif (sifilare IVe) – ancien français (1130-1140)

siffler cf. sibiler

son (3) cf. second

sorgho / syriaque  (grec Συριακο ́ς)

  • 1 – grec – latin syricus  – vénitien sorgo – français moderne (1819)

  • 2 – grec – latin syriacus – français moderne (1586)

syriaque cf. sorgho

1 400

Re : les doublets en français

Ne pourrait-on pas considérer maille comme un doublet de macule?
Maille : du latin macula, proprement «tache» et par la suite «maille de filet». (CNRTL)

Avec nos pensées nous créons le monde. Bouddha

Messages [ 1 351 à 1 400 sur 1 927 ]

forum abclf » Histoire de la langue française » les doublets en français