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ABC de la langue française : forums » Parler pour ne rien dire » Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

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Messages [ 76 à 100 sur 279 ]

76 Dernière modification par éponymie (28-02-2016 20:40:29)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

Je pense que cette fresque murale (et d'autres) ornait l'ancien cabaret pour purotins «Au Chateau-Rouge» (situé dans le quartier Maubert, dit "la Maub'), d'autant plus que l'un de ses surnoms était «la guillotine»,

C'était son ancien nom,

Les mystères du nouveau Paris (Fortuné du Boisgobey, 1876)

Ils vont se régaler à la bibine du père Permette, rue des Anglais, ou au cabaret de la Guillotine, rue Galande, et finir leur soirée au bal de l' Ardoise ou au bal que nous allons visiter.

Paris, ses organes, sa fonction et sa vie (Maxime du Camp, 1869)

Et il y en a de toutes les catégories, depuis l'élégant qui dîne à la Maison d'Or et a ses grandes entrées dans les coulisses de l'Opéra, jusqu'au filou aviné qui passe sa soirée à la Guillotine de la rue Galande ou au bal Emile.

Alors, la poule et l'œuf, le cabaret à cause de la fresque ou le contraire ?

P.S.: Parisien avait déjà lu le texte de 1869 il y a 6 ans et demi (message 25). On peut en lire ici un autre extrait (la date de 1875 est celle de la cinquième édition du livre, la première est bien de  juin 1869)

P.P.S.: Les 2 volumes de Bouche cousue (Fortuné duBoisgobey, 1883), à la page 191 du volume 1, allusion au café de la Guillotine.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65600551

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6560061r

77 Dernière modification par éponymie (26-02-2016 22:01:24)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Pour compléter le message 74, toujours une photo d'Eugène Atget, la rue en 1900 après la démolition du cabaret. On voit la charpente de soutien de l'immeuble mitoyen.

http://img4.hostingpics.net/pics/363510Ruegalandeaprsdmolition.jpg

celle-ci est aussi d'Atget :

http://img4.hostingpics.net/pics/615083rueGalandeavantdmolition.jpg

Et une autre encore où toute la rue a pris la pose :

http://img4.hostingpics.net/pics/428321Ruegalandeaprsdmolition1.png

78 Dernière modification par éponymie (24-02-2016 10:09:46)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

J'ai lu en passant que Pierre Troillet s'était associé avec une agence de voyage pour faire visiter son bouge à des étrangers en mal de frissons. Il avait été jusqu'à payer des figurants qui se fondaient parmi les vrais habitués.

Dans cette optique, on peut effectivement imaginer qu'il ait fait exécuter ses fresques pour faire "couleur locale". Un récit - Au pays de Misère, les bouges de Paris (Frédéric Loliée, 1855-1915) - tiré de la Revue Mondiale datant au plus de 1899, plus probablement d'avant (volumes 28-29, pp. 137 à 139), en tout cas largement inspiré d'un autre article publié en 1887, il illustre comment cela fonctionnait (le texte débusqué par regina y faisait aussi allusion). Notre guillotine y figure :

En réalité, les gens informés n'étaient pas sans savoir que la police avait l'œil très ouvert sur les établissements suspects de la rue Galande et que les malfaiteurs avertis n'allaient pas de gaîté de cœur se jeter dans la souricière. Mais, le sachant, les héros de « la haute » se targuaient plus commodément d'un courage facile. Donc, on s'offrait comme une partie de plaisir (et d'un ragoût spécial) d'y courir des bordées nocturnes, d'amener  là quelque soupeuse en appétit d'amusements canailles et d'y éprouver, côte à côte - sans doute afin de mieux savourer ensuite à leur prix les douceurs d'une moelleuse intimité -, le frisson nouveau des répugnants contacts. On en arrêtait le plan d'avance, par snobisme. On voulait avoir vu, pour le dire. Inutile de remarquer qu'à cette fantaisie ne correspondait le moindre battement de cœur pour la souffrance humaine. La voiture, fiacre banal ou coupé discret, avait quitté la ligne éblouissante du boulevard et les larges avenues bordées de maisons hautes comme des édifices. Elle enfilait le dédale des rues . obscures aux pavés cahotants, tournait encore et stoppait devant un large portail balafré de rouge. C'était la. On allait donc s'amuser ! Le couple en liesse d'aventure a poussé la porte. Il hésite un moment, recule, enfin passe le seuil. Une atmosphère âcre et chaude l'enveloppe d'abord et le saisit à la gorge. C'est un air chargé de senteurs inquiétantes : émanations acides des corps et des vêtements, relent des baleines, fermentation des alcools absorbés et rendus. aromes exécrables des pipes refumant des bouts de cigares déjà fumés et macérés de la veille ou du matin dans la boue du ruisseau. Pouah! la première impression n'a rien de suave. En face luit le comptoir d'étain.

C'est là qu'on verse le rhum, le cognac et les marcs
À qui veut mettre trois « pétards »
Dans le commerce.

À l'entrée des femmes, l'œil atone, la figure hâve, regardent dans le vague, ou, assommées de fatigue, dorment, les bras croisés sur une table, la tête enfoncée dans l'estomac, et comme englouties sous des amas de hardes. Par intervalles s'élève dans leur coin une plainte, un gémissement d'enfant, comme pour rappeler toute la gamme des tristesses possibles. De côté et d'autre, des gens somnolent, et quelques-uns rêvent, les yeux ouverts, avant de se replonger bientôt dans les ténèbres de la rue. Le spectacle n'est point banal pour ces élégants, qui ont en le goût, le goût bizarre de flairer de près l'odeur de la pauvreté honteuse. lls ne sont pas très rassurés, pourtant. Les mines, autour d'eux, ne sont pas des plus engageantes. Mais on est hospitalier, au Château-Rouge. Les physionomies rechignées se sont adoucies déjà; elles se plissent d'une grimace, qui ressemble à un sourire. « On est tous frères, n'est-ce pas ? »

Aussi bien, les professionnels de l'établissement sont habitués à ces visites. Ils sentent venir la pratique et ne la lâcheront plus qu'à bon compte. Un individu se détache du groupe stationnant debout , devant le comptoir. C'est un petit maigre, au visage glabre, vieillot et souffreteux; l'air fûté, cependant, et obséquieux à la fois. Il s'offre à convoyer le patron et la patronne à travers « la cité infernale », comme il ne manque pas d'appuyer sur le mot, en homme qui n'en est pas à sa première expérience de battre monnaie sur ce fonds de gueuserie . Mais ce ne sera sans avoir d'abord vidé une rasade à la santé des étrangers. Les étrangers mettent la main à la poche. Les litres circulent. Chacun et chacune se précipitent, le verre en main, à la distribution.

C'est le moment d'entendre le chanteur de l'établissement. On fait le cercle. Il va resservir, pour une centième fois, au moins, la Marseillaise de la place Maub '. Il dévidera dans le jargon cher aux membres de la grande et honorable corporation des mendigots, des voleurs et des assassins, les refrains aux notes stridentes, chargés de menaces aux heureux du jour. Dans ces cris de révolte, dans ces allusions formidables, mais déjà marquées d'un cachet d'archaïsme tranquilisant, on sent passer un grondement d'orage. Le snob a frémi sous son léger vêtement. Dans ce décor «  d'attrappepantes [???] », à cette heure de la nuit, et l'illusion aidant, il entrevoit des réalités gênantes. Il ne se souvient plus que le boulevard est à quelques mètres de là, que la police doit, en ce moment, se promener les mains derrière le dos dans les parages de la rue Galande. Il voudrait bien n'être pas venu. En un mot, il a le trac. Mais ce n'est qu'une alerte de son imagination effarée. La chanson est finie. Le farouche déclamateur avance la main; il quête sa récompense. D'autres l'imitent, qui ont eu la peine de l'applaudir. Et il n'en va rien de pis qu'une nouvelle manne de sous tombant à la ronde dans les casquettes poisseuses. Pour peu que la scène se prolonge, qu'une goualeuse de l'endroit, piquée d'émulation, se mette à piauler' la Hure, que le chanteur comique coiffé du traditionnel bonnet blanc ajoute ses pitreries au programme, que le Bancal se révèle avec sa chanson en souvenir de la Commune, que surviennent aussi le guitariste, le faiseur de portraits et les jongleurs avec leurs poids et les diseurs de bonne aventure, et d'autres artistes à régaler, notre élégant finira par se demander si la veillée n'eût pas été moins chère au Café Américain.

Sa compagne, que cet air vicié suffoque et qui a la vague impression, sous ses jupes de soie, de sentir passer des fourmillements de mauvais augure, pèse sur son bras ; elle aimerait à s'esquiver . Mais l'obligeant remorqueur ne les  lâchera pas qu'il ne les ait saturés de couleur locale. Il les mène au mur du fond de la pièce, réservée aux buveurs.

Une fresque grossière s'y dessine. La peinture est digne du cadre. C'est une guillotine appuyée sur des centaines de têtes de morts, et toute noire du vol des corbeaux. D'autres tableaux répondent à ce sujet macabre. En face, on voit deux gendarmes arrêtant un vigoureux criminel, tout éclaboussé de sang. Ailleurs, c'est un assassin pris de remords, que l ' on confronte avec sa victime et qui tombe à genoux devant elle . Plus loin, enfin, des vautours se se baignent dans un flot de sang humain . Terreur ou dégoût, les bourgeois ne demandent  pas à stationner devant ces allégories de tapis-francs. D'ailleurs, l'instant presse d'en finir, de monter au premier étage et de glisser un œil dans la chambrée commune, où il n ' y a que des hommes, dormant sur le plancher nu, les membres ankylosés, par tas, comme des paquets de misère. Un jet de lumière... le gaz tout grand ouvert et qu ' on referme le temps de se remplir la prunelle de ce hideux grouillement. Un buste se dresse, on aperçoit dans le passage rapide de l'ombre à la clarté crue , « une face congestionnée par un mauvais somme qui regarde devant elle avec des yeux fous , et retombe [cité de Huysmans] ». Et c'en est fait. On n'a plus qu'à redescendre et à regagner le vestibule du cabaret.

La visite est terminée.

P.S.: j'ai enfin trouvé le recueil sur archives.org, pp. 129 à 143 (https://archive.org/stream/larevuedesre … 4/mode/2up). Les 3 illustrations du cabaret ne sont malheureusement pas numérisées. Il y a des expressions communes et des similitudes entre l'article de Loliée et le livre de Berry de 1898 (cité à l'époque par regina dans son message 39), ils devaient se lire les uns les autres et se plagier allègrement.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Sur e-bay, une gravure sur bois qui pourrait bien représenter un état de l'immeuble antérieur à la période Chateau Rouge.

http://img15.hostingpics.net/pics/887091GravuresurboisChateauRouge.jpg

Celle du tenancier précédent (Cadoux ou Cadiou) ?

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Je me demandais ce qu'était cet "attrappe-pantes". La réponse est dans bob :

Victime ; bourgeois, homme simple, imbécile, innocent, honnête, bête, facile à tromper, qui se laisse duper (par escroc, par tricheur, par bonneteur, etc.)

81 Dernière modification par éponymie (25-02-2016 09:49:59)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

C'est fou ce que l'on trouve pour peu que l'on cherche. Voici les fameux vautours baignant dans le sang ainsi que deux figures féminines, tout au moins une reproduction approchante :

http://img15.hostingpics.net/pics/714635ChateauRougevautours.jpg

(source: http://exposition-universelle-paris-190 … VE_DROITE.)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Deux images supplémentaires :

http://img15.hostingpics.net/pics/977397Aprsdmolition.png

http://img15.hostingpics.net/pics/192945entreduChateauRouge1898.jpg

83 Dernière modification par éponymie (25-02-2016 10:54:31)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

En lisant et relisant tout ceci, on a l'impression que c'est l'affaire Gamahut/Vallerich qui a fortement contribué à la renommée internationale du Château Rouge, qui le fera inclure dans la tournée des Grands-Ducs (fin XIXe, début XXe) et suggèrera au père Trollier - nommé ainsi dans les textes du début des années 80 - l'idée des peintures murales (message 58 de gb), ce que semble confirmer cet extrait du Petit Parisien du 07/06/1885 :

http://img15.hostingpics.net/pics/86312318850706LePetitParisien.jpg

Les plus anciennes mentions de ces peintures datent des années 90. Reste alors la date 92 (1892), relevée par regina à la page 1, message 20 de ce fil.

Mais le peintre ne serait pas André Peuvrier - s'il était bien mort des décennies auparavant - mais d'un autre, soupçonné d'avoir peint également une partie des fresques du Père Lunette récemment découvertes :

Les dernières peintures sont celles qui sont visibles aujourd'hui dont beaucoup portent la signature de Julien Grenault. Les auteurs précédents citent d'autres noms d'artistes ayant participé au décor du cabaret du Père Lunette, et auxquels ils reconnaissent parfois un talent certain : Teissier, Dreux, Labbé pour les peintures et Farolet, Lagarde, Charles de Paw ou Wroïnski pour les caricatures, d'après Rodolphe Darzens; pour Alfred Bougenier [À la place Maub', le « Père Lunette » vient de fermer ses portes, La Vie illustrée, 10 janvier 1909, pp. 237-241], ce seraient Peuvrier, Lagarde, Chanterive ou le bohème Dupendant. Certains de ces artistes étaient des habitués du Père Lunette et y ont sombré dans l'alcoolisme.

Pas moyen de trouver pour l'instant La Vie Illustrée, il s'agissait d'un hebdomadaire et la date du  10 janvier 1909 ne colle pas (le 10 janvier 1908 oui, mais l'établissement n'a fermé qu'à la fin de cette année-là) : les numéros 534 à 536 vont du 8 au 22 janvier 1909, il est probable que la bonne date est le 15 (numéro 535).

Une image qui illustre assez bien le texte du message 78 :

http://img15.hostingpics.net/pics/951612LaournedesGrandsDucs1901.jpg

(source: Gallica)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Dans la Grande encyclopédie :inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, Volume 8, 1886, un court paragraphe contenant une des premières associations du nom La guillotine avec Château Rouge : Loliée en 1881 et Grison en 1882 ne parlent que de Château Rouge, le second mentionnant l'horrible rouge brun de la guillotine, et avant 1881 nous n'avons que La guillotine.

Au 57 de la rue Galande est le cabaret du Chateau-rouge, désigné aussi sous le sobriquet sinistre de la Guillotine, par allusion aux consommateurs habituels; les tables y sont fixées au sol par des crampons en fer; à tout moment arrivent des chanteurs ambulants qui beuglent des chansons en l'honneur du vin et de la débauche.

Donc depuis au moins 1869 (Maxime du Camp) et jusqu'en 1881 nous n'avions que La Guillotine, on peut imaginer qu'une peinture rouge sur le portail a donné son nom au Château Rouge et en 1892 sont arrivées les peintures murales qui rappelleront l'ancien nom et ne dureront qu'à peine 7 ans.

85 Dernière modification par éponymie (27-02-2016 12:12:07)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

Donc depuis au moins 1869 (Maxime du Camp) et jusqu'en 1881 nous n'avions que La Guillotine, on peut imaginer qu'une peinture rouge sur le portail a donné son nom au Château Rouge et en 1892 sont arrivées les peintures murales qui rappelleront l'ancien nom et ne dureront qu'à peine 7 ans.

Patatras, le Gaulois du 25 octobre 1878

http://img15.hostingpics.net/pics/98139018781025mentionduChateauRouge.jpg

l'étau se resserre. Et puis il est pittoresque cet article smile

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Un truc qui me turlupine : depuis le début on a écrit qu'il n'y a aucun rapport entre le Château Rouge de Clignancourt et celui de la Maub'.

Mais puisque que les gens du quartier n'étaient certainement pas de chauds partisans de monsieur Thiers et que c'est précisément du Château Rouge montmartrois qu'est partie la Commune de 1871 (la garde nationale rebelle aux Versaillais y ayant son siège), le nom de notre tripot n'est-il pas finalement un manifeste politique que les faits divers du quartier feront vite oublier ? Le rouge de la façade ne serait somme toute qu'une coïncidence.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

On se rapproche : dans un article du Petit Journal, intitulé Quelques gargottes du 23 février 1875, voici notre château qui n'est pas encore rouge mais solidement associé à la guillotine.

http://img11.hostingpics.net/pics/82743218750223Lechateaudelaguillotine.jpg

88 Dernière modification par éponymie (29-02-2016 20:54:00)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Essayons d'éclaircir aussi le mystère du peintre.

regina (message 20) a écrit:

Je trouve étrange cette date 92, incluse à côté de la signature du peintre, dans la palette.

S'il s'agit de 1892 , le peintre Peuvrier ( éponyme du prix Peuvrier) était déjà mort depuis quelques décennies, quant au cabaret , il n'existait plus, lui non plus.

Serait-ce seulement une référence à l'année de mise en service de la sinistre guillotine, en 1792 ? Une sorte de caricature ?

Je suppose que le Peuvrier en question est Auguste, le dessinateur-graveur actif de 1817 à 1834, connu surtout pour ses médailles. Il est recensé parmi les sculpteurs parisiens en 1834 avec la mention graveur en médailles.

Ce n'est pas l'éponyme du prix André Peuvrier (1883-1968) que j'ai fini par trouver je ne sais trop comment (je pense qu'il s'agit d'une modification du référencement dans le moteur de recherche due au fait qu'il soit mentionné dans un site ayant un certain rating : il y a peu encore, je ne trouvais rien de rien sur sa biographie et il fait son apparition d'une heure à l'autre).

Ni l'un ni  l'autre n'est donc celui qui aurait commis les peintures du père Lunettes (datant de la période 1871-79) dont on pourrait imaginer qu'il a créé plus tard celles du Château Rouge.

89 Dernière modification par éponymie (02-03-2016 00:51:52)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Deux images inédites (pour moi, bien entendu) : la première est tirée d'un numéro de l'Illustration de 1889 et est le pendant de la salle des morts visible dans le message 63, page 3 de mercattore, la seconde d'un des ouvrages d'Auguste Vitu sur Paris et daterait de 1890 (on la retrouve en 1894 dans un ouvrage anglais).

http://img4.hostingpics.net/pics/8562141889ChateauRougelillustration.jpg

Château Rouge, le coin des femmes

http://img4.hostingpics.net/pics/135702ChateauRouge1890.jpg

Les hôtes du Château Rouge

90 Dernière modification par glop (02-03-2016 20:46:57)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

En glanant ici et là des informations en rapport avec le Château Rouge, j’apprends que lieu de supplice des huguenots se trouvait place Maubert près de la croix Hémon.
Par contre je trouve bien peu de documentation concernant cette croix Hémon.

http://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article194

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

91 Dernière modification par éponymie (03-03-2016 10:26:58)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Bon sang de bon sang !!!! Désolé pour la croix Hémon glop, je viens de comprendre un truc : les peintures murales du Château Rouge se sont retrouvées (originaux ou reproductions ?) dans le Vieux Paris, reconstruction toute en fantaisie d'un vieux Paris d'opérette.

https://catalogue-lumiere.com/wp-content/uploads/2013/12/1161.jpg

Et moi qui me demandait pourquoi la carte postale des vautours (message 81) se trouvait dans un site sur l'exposition universelle. C'était comme le Port-Salut, c'était écrit dessus.

Réussirons-nous à retrouver toutes nos fresques ?

P.S.: voir le P.S. du message 93.

92 Dernière modification par éponymie (03-03-2016 00:22:09)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Le Château Rouge était bien présent à l'exposition univervelle, reste à préciser comment. Un tout premier document (pp. 336 à 338).

https://archive.org/stream/lamidesmonum … teau+rouge

Certes, avec la renommée internationale qu'il s'était acquise, les riches visiteurs étrangers devaient s'attendre à l'y voir sous une forme ou une autre.

P.S.: http://www.cpa-bastille91.com/paris-le- … n-de-1900/

93 Dernière modification par éponymie (03-03-2016 10:25:35)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Et voilà le guide, 192 pages à parcourir, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2 … necdotique

mais ceci est probablement plus intéressant, https://books.google.it/books?id=aVaVAQ … mp;f=false

P.S.: il semble que les reproductions (les originaux ?) des peintures du Chateau Rouge ait été exposées au pavillon de la ville de Paris sur la rive droite après le pont des Invalides, le Vieux Paris étant situé un peu plus loin, toujours rive droite, après le pont de l'Alma.

Des cartes postales ont été éditées pour commémorer le tout, celles du Vieux Paris portaient la mention "exposition universelle 1900, le Vieux Paris" et représentaient soit les reconstitutions de monuments soit les figurants en costume d'époque, celles commémorant l'exposition de la commission municipale du vieux Paris au pavillon portaient la mention "Vieux Paris avec toutefois des polices de caractère identique.

94 Dernière modification par glop (03-03-2016 19:32:38)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Le propriétaire à la fin du XIX°, s'associa avec une agence de voyage, un contrat lui faisait obligation d'accueillir une clientèle désireuse de découvrir les bas-fonds parisiens. Il avait engagé des comédiens qu'il déguisa en truands, en gigolettes, en bagnards et chiffonnniers. Avec les habitués, des ivrognes qu'il abreuvait gratuitement. L'illusion était parfaite. La maison disparue lors du percement de la rue Dante

http://autourduperetanguy.blogspirit.co … t_severin/

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1 … f218.image
pages 216-218

voir aussi page 54

Par ailleurs; libre à chacun de faire ou non le lien entre le début du chapitre V page 117 (La Bièvre et Saint-Séverin / J.-K. Huysmans) et la page 24 de ce fil.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1 … f119.image

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

95 Dernière modification par éponymie (04-03-2016 08:11:15)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Du Boisgobey, Du Camp, Vitu, Lorrain, Bruant, Huysmans, Loliée, Berry et quelques rares autres, sans oublier l'incontournable photographe Atget...

Tous ceux qui  ont cherché et recherché des infos sur le Château Rouge les ont croisés et recroisés à tout bout de champ, ils sont cités, mentionnés, copiés, recopiés, plagiés partout sur le web. L'agence de voyage, je l'ai lu au moins deux ou trois fois (et l'ai mentionné, moins bien que vous, dans le message 78).

Le problème, c'est justement de sortir de ces sentiers battus pour trouver les peintures manquantes (il devrait y avoir encore au moins 2 cartes postales manquantes dans la série), pour dénicher ce mystérieux Peuvrier (donc trouver aussi le numéro 535 de la Vie Illustrée), pour savoir quand le Château Rouge est devenu rouge, s'il y a un lien avec le Château Rouge de  Clignancourt (qui lui a par ailleurs - allez savoir pourquoi - refilé son mythe de Gabrielle d'Estrée), etc. Ya du taf.

Je n'ai pas compris votre page 24.

96 Dernière modification par glop (04-03-2016 02:24:17)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Oublions cette agence de voyage qui ne nous apprend rien sinon qu’une période touristique a succédé à l’histoire authentique de notre cabaret.
Contrairement à vous, Je ne suis pas resté concentré sur l’inventaire exhaustif des peintures murales mais plutôt sur ce qui a pu en motiver le sujet.
À la page 24 de ce fil, avant d’être contredit par Parisien,  P’tit prof avait écrit :

[La rue Galande est à deux pas de la place de l'Hôtel de Ville, autrefois place de Grève, où était dressée la Veuve, avant d'émigrer vers la barrière Saint-Jacques, puis la Roquette. Les exécutions attiraient beaucoup de monde (lire Hugo et son Dernier jour d'un condamné?), des spectateurs qui devaient aller arroser cela après coup au Château rouge.]…

Mais P’tit prof et Parisien savaient-ils que la place Maubert fut un lieu où l’on pratiquait des exécutions.
En ce qui me concerne je l’ignorai et je ne suis toujours pas remis de ma surprise étant donné que mis à part J.-K. Huysmans, les auteurs décrivant les lieux ou se dressaient les fourches patibulaires en usage à Paris oublient généralement de  mentionner la Maube.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

97 Dernière modification par glop (07-03-2016 15:35:45)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Ces salles que nous avons vues sont peuplées de birbes ; celle où dorment, au rez-de-chaussée, les ivrognes et qui est connue sous le nom de salle des Morts, une sorte de cave abjecte et noire, et surtout remplie, elle aussi, par de vielles gens ; quant aux jeunes, ils s’entassent dans la seconde salle en bas, peinte de paysages dont le dessin balbutie et dont les couleurs divaguent ; ils représentent des prairies, un clocher d’église, une rivière, un pont sur lequel s’avance une noce…

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1 … f165.image

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

glop a écrit:

je ne suis toujours pas remis de ma surprise étant donné que mis à part J.-K. Huysmans, les auteurs décrivant les lieux ou se dressaient les fourches patibulaires en usage à Paris oublient généralement de  mentionner la Maube.

Pourtant même Wikipedia est au courant :

A partir du XVe siècle la place devint un lieu d'exécution principalement durant le règne de François Ier. On y trouvait par alternance :

    Des fourches patibulaires
    La potence
    La roue
    Le bûcher

Sur cette place y seront suppliciés :

    Guillaume Joubert9, un luthérien, étranglé et brûlé le 17 septembre 152510,11. Agé de 28 ans environ, « licencié es loix, nommé maistre Guillaume Hubert ou Joubert, filz de l'advocat du Roi à La Rochelle, demeurant à Paris pour y apprendre la practique, après avoir été prisonnier environ 15 jours seulement, le samedy dix septiesmes fevrier, fut par le bourreau mené en un tombereau devant l'église Nostre Dame de Paris et devant l'église de Saincte Geneviève, par arest de la cour, ou il fist amende honnorable, criant mercy à Dieu, à la Vierge Marie et à madame Saincte Genneviève; et "ce pour avoir tenu la doctrine de Luther et mesdit Dieu, de Nostre Dame et des sainctz et sainctes du Paradis". De là il fut mené à la place Maubert où il eust la langue percée, puis fust estranglé et bruslé, mourrant neantmoins bon repentant et recongnoissant bien avoir deservi la mort »
    Louis de Berquin, pendu et brûlé avec ses livres le 16 avril 1529.
    Alexandre d'Evreux, pendu et brûlé en 1533.
    Alexandre Canu dit Laurent de la Croix12,13, religieux jacobin lyonnais brûlé en 1534.
    Jean Pointet, chirurgien, brûlé en 1534.
    Antoine Augereau, imprimeur et libraire, pendu, étranglé et brûlé en 1534.
    Antoine Poille, en 1535
    Claude Lepeintre, en 1540

https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_Maubert

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Sur cette place y seront suppliciés :

17 septembre 152510,11.

Dans un lointain avenir, alors... Belle précision dans la prédiction !

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Comme vous le savez, Wikipedia est une encyclopédie à laquelle chacun peut contribuer, ne serait-ce qu'en corrigeant les fautes d'orthographe. Ce sera plus utile de le faire directement sur leur site que de signaler la faute, évidente, ici.
Pour la date, les quatre derniers chiffres sont deux appels de note suscrits en petits caractères dans l'original. Le copié-collé les a transformés.

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