1

Sujet : Nominé ou nommé ?

Bonjour,
je souhaiterais savoir si la phrase: "et les nominés sont..." est bien française. Ne faudrait-il pas dire: "et les nommés sont..". Ma confusion est d'autant plus grande qu'il n'y a pas trace du mot "nominé" dans le dictionnaire, et que " nomination" est l'action de nommer. Mais comme beaucoup de monde emploi "nominé"  , je voudrais avoir le coeur net. Merci.

2

Re : Nominé ou nommé ?

C'est une question que l'on pose assez souvent. Il s'agit d'un terme récent, ce qui explique qu'il ne soit pas dans "le dictionnaire" (mais lequel ? les avez-vous tous consultés ?).
Google propose 1 380 000 occurrences de "nominés" : cela devrait suffire pour qu'on l'accepte comme mot français, utilisé essentiellement dans le contexte de concours audiovisuels.

3

Re : Nominé ou nommé ?

Merci  pour la réponse,
j'ai fait quelques recherches de plus sur internet, il en ressort que ce mot, qui a été inventé par Romy Schneider parce qu'elle ne trouvait pas d'équivalent français pour le mot anglais "nomined", n'est pas reconu par l'académie française. Celle-ci préconise le terme "sélectionné".

Re : Nominé ou nommé ?

nominé est dans « le dictionnaire », au moins dans mon Micro Robert de 1998, pour être plus précis.

A propos de Romy Schneider et l'Académie Française, moi aussi, je viens de faire une recherche sur internet ce qui m'a procuré un article du CSA datant de 2002. Selon celui, l'Académie ne préconiserait pas sélectionné mais proposé ou désigné...

Dernière modification par Andreas (10-07-2006 23:37:53)

Ceci devient vraiment insignifiant. - Pas encore assez.

5

Re : Nominé ou nommé ?

La citation de S. Signoret a été trouvée par le CSA - qui omet de le préciser - dans l'article "nomination" du TLFi (volume est paru en 1986).

Comme "nominé" provient, par l'intermédiaire de l'anglais, du latin "nominare", c'est un mot parfaitement bien formé. L'Académie et le CSA auraient pu s'occuper d'autre chose plutôt que de le condamner.

6

Re : Nominé ou nommé ?

Google montre que «nominé» est passé dans l'usage. Mais chez les défenseurs de la langue, plus ou moins puristes, qui s'accrochent mordicus à des détails et n'ont aucune vision d'ensemble, il est traditionnellement mal vu.
Du point de vue linguistique, vraiment, c'est un détail. Franchement, quelle importance ? Il faut avoir du temps à perdre pour en discuter. Mais du point de vue idéologique, comme tous les détails, c'est l'essentiel.
Cela permet d'abord aux sectaires de reconnaître les bons (ils disent «sélectionné», «nommé», etc., car ils diraient n'importe quoi, sauf nominé) et les mauvais (ils disent «nominé»).
Les dogmatiques ont toujours besoin de savoir qui est avec eux (ceux qui ne sont pas avec eux sont toujours contre eux, toujours) d'où l'importance de ces détails visibles, ostentatoires, qui ne sont jamais neutres... Il faut connaître ses ennemis pour ensuite prêcher la bonne parole.
Pour eux, le monde peut s'écrouler : pourvu qu'on ne dise pas «nominé» et une dizaine d'autres (supporter, conséquent=grand, etc.), les apparences sont sauves, tout va bien madame la marquise.

C'est évidemment parce qu'il ne s'agit que d'une question idéologique de niveau primaire, strictement formelle, qu'on la retrouve partout, toujours et tout le temps chez les puristes. C'est le bagage de base du puriste. On le sait, les dogmatiques répétent inlassablement les mêmes choses depuis toujours. Tout est figé chez eux. Ils sont sédimentés dans la répétition. Pour eux, le temps ne change rien, les faits ne changent rien, le temps n'existe pas. On est dans le domaine des croyances...

7 résultats sur le site de DLF, pour répéter que nominé c'est moche, c'est significatif : http://www.google.fr/search?as_q=nomin% … afe=images

Si les dictionnaires tardent à enregistrer le mot (et l'on peut gager qu'ils l'enregistreront en précisant qu'il faut être prudent, que c'est un mot pas bien valide - c'est ce que fait le TLFi, qui cite la mise à l'index de l'AF), ce n'est pas seulement que le mot est récent (condamné en 85 lors d'un procès en sorcellerie par l'AF) mais parce qu'ils subissent la pression des «défenseurs de la langue», et que sur un détail aussi peu important, ils lâchent lâchement du lest.

Donc, si vous êtes du côté des «défenseurs de la langue», il faut dire «nommé», sans tergiverser, et le simple fait de poser la question est  suspect, sinon faites comme bon vous semble.

7

Re : Nominé ou nommé ?

Je pense, comme gb, qu’on peut admettre nominer. Pas seulement, et pas en premier lieu, sous la pression des chiffres gougliens, mais parce qu’il est utile (car il désigne de manière tout à fait spécifique une réalité bien précise), qu’il ne détonne pas dans notre vocabulaire (le mot a un air parfaitement gaulois), et qu’il n’interfère pas avec le sens d’autres mots existant déjà dans notre langue. Bien sûr, les équivalents cités ci-haut, auxquels on pourrait ajouter présélectionner ou pressentir et quelques autres, pourraient faire l’affaire, mais ils ont déjà d’autres acceptions, et sont donc moins spécifiques. Ce qui est sûr, c’est que nommer, trop vague et polysémique, ne convient pas. Nominer est, à l’origine, un mot anglais? Soit! C’est à peine un inconvénient puisqu’il est bien acclimaté et qu'il enrichit utilement le français.

Cela ne veut pas dire que je sois partisan d’accepter tous les mots qui viennent sans aucun discernement, simplement parce qu’ils font du chiffre dans les moteurs de recherche. Je refuse la dictature de l’audimat. Cher gb, vous avez cité le mot supporter (je suppose dans le sens de soutenir, appuyer, encourager) comme exemple de mot que les dictionnaires devraient consigner sans barguigner. Veuillez cependant pardonner mes réticences à l’endroit de ce mot, réticences non en raison de son aspect (qui ne choque ni la vue ni l'ouïe, et pour cause, il existe aussi en français), mais en raison du fait qu’il introduit une confusion en ajoutant à un mot français existant une acception inconciliable, voire contradictoire, avec les acceptions que le mot a déjà. De sorte que si je dis à quelqu’un «je vous supporte», cela peut dire deux choses presque opposées! C’est évidemment inacceptable! Avoir des réserves face à certains mots peut être justifié et n’est pas nécessairement une manifestation de dogmatisme aigri. Écrivant cela, serai-je qualifié d’ayatollah du langage?

8

Re : Nominé ou nommé ?

Cher Torsade de Pointes, je comprends fort bien vos réticences à propos du verbe supporter dans son  sens sportif. Moi aussi, il m'insupporte. Il y  une certaine quantité de mots, comme celui-là, que je n'emploie jamais.

Cependant, ce sont des mots de la langue française, et ce n'est bien entendu pas google qui les rend tels. Les moteurs de recherche ne sont jamais que des espèces de miroirs. S'ils montrent que tel mot est souvent utilisé, cela signifie qu'il est courant, usité, qu'un grand nombre de personnes l'emploient.

Rien ne m'oblige à en faire usage. Mais je dois cependant constater qu'il existe. Les meilleurs dictionnaires sont aujourd'hui descriptifs, c'est-à-dire qu'ils décrivent sans état d'âme le vocabulaire de notre époque. Qu'on le veuille ou non, "supporter" en fait partie.

Les institutions françaises, elles, sont prescriptives. L'Académie, le CSA, la DGLF, la loi Toubon se sont donné pour tâche d'indiquer à l'administration et à certaines entreprises les mots qui sont autorisés, et ceux qui ne le sont pas. Mais jusqu'à présent, dieu merci, le pouvoir de ces institutions reste très limité. Un mot n'a pas besoin de permis de séjour pour circuler librement en France. Chacun est libre de l'utiliser ou non, mais personne n'a le pouvoir de l'interdire.

9

Re : Nominé ou nommé ?

Oui, bonjour TdP, vous n'avez pas tort, c'est vrai, et «supporter» au sens «soutenir» est contestable pour les raisons que vous dites, je suis d'accord.
Mais, sans chercher loin, il existe aussi d'autres arguments opposables à ceux que vous avez soulevés : il existe d'autres mots qui ont des sens opposés ou contradictoires selon l'usage qu'on en fait, sans que cela soit vraiment gênant dans la pratique, dans le discours en acte (les doutes sont levés par les locuteurs qui feront attention, par le contexte qui informe, et par la spécialisation des mots).
En français, les homophones et les homographes sont fréquents et ce n'est pas dérangeant.
«supporter=encourager» pourrait donc ajouter un sens de plus à ceux qui existent déjà. Car «supporter» a déjà plusieurs sens «traditionnels» : pourquoi pas un de plus alors ?
D'autre part, les dictionnaires anciens sont remplis de mots qui existent toujours, mais avec un autre contenu. L'enveloppe est restée, mais le sens a changé, parfois profondément, sans que cela pose de problème aux utilisateurs. C'est quand on lit les dictionnaires historiques qu'on est surpris.
Enfin, du point de vue pratique, il va être difficile de suivre l'évolution des sens des mots, et de n'arrêter que ceux qui dérivent sous l'influence anglaise. Pas vraiment tenable.

Les défenseurs de la langue, qui traquent les anglicismes, sont en général très vigilants à propos de ces mots en apparence bien français qui «pourrissent de l'intérieur» ; c'est même leur principale mission, celle de montrer du doigt les mots qui tournent mal, de désigner ceux qui évoluent «sournoisement» et «sourdement». Et l'argumentaire défensif est assez fort ici, je suis d'accord : perte de précision+risque de confusion aggravé ; le sens original perdu donc même pas d'enrichissement ; et une gêne ressentie à parler anglais en français.
Du point de vue conceptuel, ou idéologique, on voit donc la gravité : ce ne sont plus des mots étrangers qui entrent, mais des mots français qui sortent, qui passent à l'ennemi. Ce mot qui ressemble à du français c'est de l'anglais. Trahison. Du nanan pour le discours de guerre.

Bon. Il me semble qu'il y a de quoi mettre dans chacun des plateaux de la balance et, dans le cas de «supporter», qu'on peut discuter. Et surtout que chacun doit choisir.

En ce qui me concerne, et c'est ce qui motive mes critiques, je pense que cette défense de la langue qui s'attache à vérifier la nationalité des mots, leur origine, leur bon aloi, c'est un peu du temps de perdu. Beaucoup de travail bureaucratique pour pas grand chose. Ça fait du bruit, c'est visible, mais sans efficacité aucune : on ne peut pas aller contre les mouvements de masse.
En revanche, des programmes informatiques de qualité en français, de la production culturelle de qualité en français, des moteurs de recherche de qualité en français («quaero», c'est son nom je crois, n'est pas pour demain ; le «google book» à la française on l'attend encore malgré les gesticulations du président de la BnF et celui de la France), des revues scientifiques de haut niveau en français, de la science en français, un enseignement de qualité en français, etc., vous voyez ce que je veux dire, et la langue se portera bien.

10

Re : Nominé ou nommé ?

Si l'emploi de "nominés" irrite tellement de gens, je ne pense pas que ce soit vraiment à cause de dogmatiques qui ne saisissent pas qu'une langue doit être souple pour évoluer, c'est SURTOUT parce qu'il est utilisé à outrance dans les émissions de télé-réalités par des candidats qui MASSACRENT la langue française (surtout le conditionnel, ça me fait l'effet d'une craie sur un tableau).
Alors parce que toutes sortes d'anneries s'épanouissent sur le net, il faudrait toutes les mettre dans le dico ? (ça fait très flower power lol) Pffff se plaindre le l'AF, voilà ce qui me semble absurde; alors qu'on est un des rares pays qui essaye UN PEU de préserver sa langue (un allemand m'a dit une fois qu'il trouvait génial qu'on ait un mot pour "computer").
Si l'AF est trop stricte, lente, etc, TANT MIEUX. C'est le dernier rempart de papier qui fait réfléchir avant d'accepter n'importe quoi dans nos dictionnaires.

11

Re : Nominé ou nommé ?

Si l'on fait la simple démarche de revenir aux sources, c'est-à-dire à l'anglais , le dictionnaire Harrap's, à la rubrique nominate, traduit par : nommer, choisir, désigner.
Et à la rubrique nominee, d'où découle le franglais nominé, on lit : Personne dénommée, candidat désigné, choisi.
Point de nominé dans tout cela…

Re : Nominé ou nommé ?

Sylvain B. a écrit:

[...] Et à la rubrique nominee, d'où découle le franglais nominé, on lit : Personne dénommée, candidat désigné, choisi.
Point de nominé dans tout cela…

Il est rare que les dictionnaires anglais-français traduisent les mots anglais par des anglicismes en français. C'est d'ailleurs une question de temps wink car le mot nominé est bel et bien déjà un article du Robert 2006 (le mot français recommandé est : sélectionné sad , qui ne convient évidemment pas puisque tous les sélectionnés ne seront pas nominés et encore moins... césarisés big_smile).

Dernière modification par Bookish Prat (21-11-2007 18:38:20)

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

13

Re : Nominé ou nommé ?

Aux concours de recrutement de la fonction publique (et ces oscars et césars sont des concours), les candidats sont admissibles, puis admis.
Admissibles après les épreuves écrites, définitivement admis après les épreuves orales.

On pourrait aussi détourner l'expression biblique : beaucoup d'appelés, peu d'élus. Parmi les appelés de ce concours, il n'y aura qu'un élu -d'autant plus élu, d'ailleurs, que le jury a voté pour lui.

14

Re : Nominé ou nommé ?

Google propose beaucoup d'occurences pour des termes qui ne sont pas corrects en français. Cela ne peut, en aucune mesure, consituter une nouvelle terminologie. Sinon, il suffirait que 2 ou 3 millions de personnes, ne maîtrisant malheureusement pas  bien la langue française, écrivent, malgré eux, mal un mot, pour que cette erreur orthographique soit considéré comme correcte. Cela ne fait aucun sens

Re : Nominé ou nommé ?

Tony a écrit:

Google propose beaucoup d'occurences pour des termes qui ne sont pas corrects en français. Cela ne peut, en aucune mesure, consituter une nouvelle terminologie. Sinon, il suffirait que 2 ou 3 millions de personnes, ne maîtrisant malheureusement pas  bien la langue française, écrivent, malgré eux, mal un mot, pour que cette erreur orthographique soit considéré comme correcte. Cela ne fait aucun sens

En français (correct ou pas) : C'est çui qui dit qui y est !

Re : Nominé ou nommé ?

Très intéressante discussion. J'en extrait cette (pour moi) révélation : le lien http://www.google.fr/search?as_q=nomin% … afe=images fourni par GB. C'est fascinant ces gens qui passent leur temps à scruter à la loupe (ou au cornet acoustique) tout ce qui se dit ou se voit à la télévision ! C'est une secte ou quoi ? Les adorateurs de je ne sais quoi… Ça fait froid dans le dos quand même.

17

Re : Nominé ou nommé ?

Ce qui hérisse le poil, des puristes sectaires et de tant d'autres, n'est pas l'apparition de paires telles que désigné/nominé, partisan/supporteur ou chef/lideur. Je pense que c'est plutôt le rôle déversif du clergé médiatique et du cirque télévisuel qui est en cause. D'ailleurs on voit parfois émerger certains mots d'origine non-médiatique, par ex. mercatique face à marketing, qui ringardisent peu à peu les vocables réellement anglosaxons mais aussi les constructions francofrançaises à base anglosaxonne. Autres exemples : courriel face à e-mail/meïle/imeïle, joueuse face à tenniswoman, verre opp. drink, transférer opp. forouarder.

L'appréhension d'une langue source comme l'anglais est souvent mal maîtrisée par les médias. On ne compte plus les entretiens/intervious et autres séries B anglophones où dramatic est rendu par dramatique, vicious par vicieux etc. Sans compter les calques syntaxiques hilarants. De sorte que les vrais "puristes" perdent leur temps à pointer le français médiatique : ils devraient plutôt encourager les médiateux à faire des progrès en anglais. Le niveau de traduction suivra...

Mais là on est sur un terrain qui englobe et dépasse la langue : les médias relaient les discours et les mots, mais ils ne les critiquent pas vraiment.

18

Re : Nominé ou nommé ?

Comme il est dit supra, on lit - curieusement - dans La Lettre du CSA (n° 239-juin 2010):
"Le mot nominé serait apparu en 1978 (selon Le
Petit Robert), alors que pour Jacques Capelovici(1),
l’introduction de ce mot dans notre langue serait
due à Romy Schneider qui, faute de trouver la traduction
française, a francisé le mot anglais
nominee en nominé, lors de l’attribution des César
de 1980.
En fait, le mot était déjà bien implanté dans le
milieu cinématographique et attesté à l’écrit, dès
1976, au sens d’être désigné comme candidat à un
prix cinématographique"
Et Pierre Enckel a probablement raison de préciser que la citation qui suit, de S. Signoret est tirée du TLF.
Opposer Le Robert et "Me Capelo", c'est ne pas faire plus confiance au premier qu'au second, et c'est a priori étonnant!

En revanche, la datation de 1976 me convient tout à fait: elle correspond à la création des Césars par Georges Cravenne, ce qui confirme ce que je croyais savoir, c'est que c'est lui le coupable, et je dis bien "coupable" - paix à son âme, néanmoins…

19

Re : Nominé ou nommé ?

Jacques Groleau a écrit:

Et Pierre Enckel a probablement raison de préciser que la citation qui suit, de S. Signoret est tirée du TLF.

Non, il a tort !*
La citation donnée par le CSA est tirée de la page 274 du bouquin, alors que celle du TLFi est tirée des pages 277-278.
Quant à savoir si le CSA a puisé son inspiration dans ses propres lectures, le TLFi ou plus simplement Google Books:
http://books.google.fr/books?id=iEsnAAA … CEsQ6AEwBw
bien malin qui pourra le dire, à moins d'être le rédacteur de l'article du CSA !

* P.-S. Mea culpa. Cf. plus bas, au 18 août.

Dernière modification par DB (18-08-2010 07:41:08)

20

Re : Nominé ou nommé ?

Jacques Groleau a écrit:

Opposer Le Robert et "Me Capelo", c'est ne pas faire plus confiance au premier qu'au second, et c'est a priori étonnant!

Me Capelo est souvent peu rigoureux. Le Robert était plus rigoureux, mais dans la limite de ses moyens. Une datation peut toujours être remise en cause par une datation plus ancienne, d'autant que les moyens informatiques, utilisés par le TLFi et aujourd'hui par tous grâce à Google Livres, permettent souvent aisément de devancer les premières attestations indiquées dans les principaux dictionnaires.

21

Re : Nominé ou nommé ?

DB a écrit:

Me Capelo est souvent peu rigoureux.

Loin de moi l'idée de supporter Me Capelo, mais à mon sens il fait juste ce qu'il peut, à l'exemple de son usage du Bon Usage.

Pour nominé, jusqu'ici je n'avais pas été choqué, mais après lecture de tout ce qui précède, je crois que, comme souvent, l'AF n'a pas assez bien "senti" les termes qu'elle à proposés, qu’il s’agisse de sélectionné, ou bien de proposé ou de désigné.

Je ne me suis jamais vu dogmatique, mais je suis juste allé voir du côté du grec, qui m’a amené tout droit à éligible. C’est forcément très subjectif, mais il me semble que éligible aurait eu de meilleures chances.

Pour supporter, je soutiens l’avis de Torsade de Pointe. Oui, il y a des mots qui comportent des sens très contradictoires. C’est fréquent en grec, ça arrive en français : exemple de vaquer, bien que le TLF, si on le suit strictement, résout la difficulté. Pas de problème si la contradiction des sens s’explique par le mot lui-même, par ses usages ou par son histoire. Mais dans supporter, est-ce supportable, je trouve que non, pour les raisons dites par Torsade.
Supporter, dans le sens anglais, me paraît ne pouvoir être toléré que pour le sport, avec peut-être quelques extensions.

En langue, il faut sans doute de l’érudition, du professionnalisme, de l’académisme, mais il faut aussi de la sensibilité et de l’intelligence: sans surprise, parcage n’aura réussi qu’à couronner parking. C’était une notion moderne : « autoparc » n’aurait-il pas eu de meilleures chances ? Et il y avait certainement d’autres possibilités. Dans beaucoup d’autres cas c’est beaucoup plus difficile.

Oui, l’hostilité comme par principe à l’anglais est vaine, elle nous retombe dessus, de même que la crainte de l'anglais, mieux vaut certainement en effet bien apprendre l’anglais - ne pas faire comme moi -, mieux soigner notre rosier-églantier à nous, et éditer de bonnes traductions de tous les ouvrages étrangers dont on ne peut pas se passer.

Autre exemple : on peut voir internet comme une menace pour le français … tout comme une chance historique pour la francophonie*.

*francophonie, mot dont l’étymologie est problématique : la voix française ?

Edit:  Le sens 2a) donné par le TLF à supporter,Tenir, faire tenir dans une position donnée; servir de support à. permet-il d'envisager une extension au soutien sportif? J'ai maintenant un doute, et même si la réponse est positive, il resterait peut-être une question quant à l'opportunité et une question quant à la légitimité de cette solution, soit au total trois questions qui me dépassent.

Dernière modification par Me-K (19-08-2010 15:21:43)

a contribué ensuite sous yd

22

Re : Nominé ou nommé ?

Me-K a écrit:
DB a écrit:

Me Capelo est souvent peu rigoureux.

Loin de moi l'idée de supporter Me Capelo

Moi, je peux le supporter, mais je ne le soutiendrais pas !

23

Re : Nominé ou nommé ?

DB a écrit:
Me-K a écrit:
DB a écrit:

Me Capelo est souvent peu rigoureux.

Loin de moi l'idée de supporter Me Capelo

Moi, je peux le supporter, mais je ne le soutiendrais pas !

Je ne suis pas maître, mais je supporte la contradiction.

Dernière modification par Me-K (17-08-2010 20:41:24)

a contribué ensuite sous yd

Re : Nominé ou nommé ?

Me-K a écrit:

je suis juste allé voir du côté du grec, qui m’a amené tout droit à éligible.

Vous voulez sans doute dire "du côté du latin".

francophonie, mot dont l’étymologie est problématique : la voix française ?

Son étymologie n'a absolument rien de problématique. C'est peut-être de la formation que vous voulez parler. Ou alors, si (comme je le soupçonne) vous êtes de ceux pour qui un mot doit avoir strictement le même sens que ses éléments formants dans leur langue d'origine, c'est la langue française tout entière que vous devriez contester.

25

Re : Nominé ou nommé ?

Le latin a amené à nommé ou à nominé, j'ai donc pensé au grec, et donc à logos et à lego: je fais entre le latin et le grec ni plus ni moins ce que vous recommandez de faire entre le Robert historique et le TLF: on gagne souvent en effet à aller directement à la source. Si je dois m'arrêter au latin à chaque fois que le latin a pris au grec, quand irais-je au grec? Pour le nom aussi, le latin a pris au grec, mais cela saute moins aux yeux.

Pour éligible, je n'ai pas voulu dire qu'on ne le retrouvait pas par le latin, je n'y ai simplement pas pensé, je n'ai pas toujours de dictionnaire latin à portée de main, et il se trouve qu'il m'a sauté aux yeux en pensant au grec, ça ne va pas plus loin.

Pour le mot de francophonie, je vois un problème particulier, d'une part en regard du sens dont il est porteur, qui appelait tout de même à plus de rigueur, d'autant qu'il est certainement sorti de milieux intellectuels, et d'autre part en le mettant à côte de polyglotte et de polyphonie. Me soupçonner pour cela de vouloir révolutionner tout le français, ne serait-ce pas une forme du dogmatisme fui dans quelques messages supra?

Dernière modification par Me-K (16-08-2010 15:06:35)

a contribué ensuite sous yd