Sujet : Me trompé-je, ou me trompais-je ?
Dans une phrase au présent, bien sûr.
Je dois assurément tourner à droite, me tromp ... je ?
Dernière modification par Aubert (12-02-2006 14:52:50)
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Dans une phrase au présent, bien sûr.
Je dois assurément tourner à droite, me tromp ... je ?
Dernière modification par Aubert (12-02-2006 14:52:50)
Nous sommes au présent de l'indicatif, verbe du 1er groupe : je me trompe. L'inversion du sujet, liée à la tournure interrogative, donnera me trompe-je ?. La finale e du verbe conjugué a été transformée en é pour des raions d'euphonie, donc me trompé-je ?
Oui, mais on écrit me trompe-je, n'est-ce pas?
Oui, mais on écrit me trompe-je, n'est-ce pas ?
Non, Valéry, on écrit bien Me trompé-je ? de même que Dussé-je en souffrir, ou bien tout verbe du premier groupe dont la terminaison est en e. On trouve d'autres solutions euphoniques lorsqu'un verbe se termine en e, à une autre personne que la première du singulier : se trompe-t-il ?. Pour la première personne, avec je c'est le é.
bredouillé-je, coassé-je et même jetté-je ...
Je vois... Mais peut-on donc en conclure décidément que me trompe-je est absolument faux ?
Oui et non : me trompe-je est correct du strict point de vue de la conjugaison, peut-être même peut-on l'écrire ainsi ... mais on ne l'écrit pas ainsi, en tout cas je ne l'ai jamais vu.
On devrait rebaptiser ce site; comment couper les cheveux en quatre ![]()
Merci piotr, tu me confirmes ce que je pensais.
Donc, on peut en déduire que "me trompe-je" devient faux car ce n'est pas la bonne forme interrogative; cela me semblerait logique, en tout cas !
Il n'est pas inutile de préciser ici que me trompé-je se prononce me trompê-je. Au demeurant, les rectifications de 1994 (je ne suis pas sûr de la date exacte) avaient proposé d'écrire me trompè-je (avec accent grave).
Les rectifications de l'Académie française du 6 décemre 1990; là, je suis sûr de mon coup ![]()
Est-il également utile de dire que pour ladite Académie, la chasse aux accents circonflexes est ouverte ?
je dis NON pour la chasse des accents circonflexes ! je les aime moi
Déjà que cet accent a été inventé (entre autres sans doute) pour remplacer les S précédant des consonnes, alors on ne va pas substituer un substitut !
pour revenir à la question des "é" à la fin des verbes conjugués à la première personne avec sujet inversé, est-ce uniquement pour les questions, ou est-ce valable également sous une forme :
Je suis sûr qu'avec le temps ça viendra, ou alors peut-être n'utilisé-je pas les bonnes méthodes.
...pour remplacer une conjonctive ?
Les rectifications de l'Académie française du 6 décemre 1990; là, je suis sûr de mon coup
Aubert a tort
C'est le Rapport du Conseil supérieur de la langue française qui a été publié dans les documents administratifs du Journal officiel du 6 décembre 1990 et l'Académie française n'en était pas l'auteur. Cette tâche avait été confiée par Michel Rocard au Conseil supérieur de la langue française. Quelques représentants de l'Académie française y siégeaient. Fallait bien ![]()
peut-être n'utilisé-je pas les bonnes méthodes.
Grabuge a raison, c'est un des emplois possibles de cette tournure, qui a le mérite de la concision et de l'élégance :
* peut-être que je ferais bien de partir / peut-être ferais-je bien de partir / je ferais peut-être bien de partir
* peut-être que je fais bien de partir / peut-être fais-je bien de partir / je fais peut-être bien ...
* peut-être que j'ai bien fait de partir / peut-être ai-je bien fait de partir / j'ai peut-être bien fait ...
=> peut-être que je n'utilise pas la bonne méthode / peut-être n'utilisé-je pas la bonne méthode / je n'utilise peut-être pas ...
Autre remarque, pour revenir sur l'affirmation de TdP selon laquelle me trompé-je se prononce me trompê-je, d'où la proposition de graphie me trompè-je par le Conseil Supérieur de la L F, je ne suis pas de cet avis : me trompé-je se prononce comme il est écrit, avec un é fermé et non un ê ouvert ; cela permet de distinguer, à l'oral, le présent de me trompais-je à l'imparfait.
* je me trompe peut-être / peut-être me trompé-je
* je me trompais peut-être / peut-être me trompais-je
me trompé-je se prononce comme il est écrit, avec un é fermé et non un ê ouvert ; cela permet de distinguer, à l'oral, le présent de me trompais-je à l'imparfait.
* je me trompe peut-être / peut-être me trompé-je
* je me trompais peut-être / peut-être me trompais-je
C'est aussi ce que j'ai appris.
...me trompé-je se prononce comme il est écrit, avec un é fermé et non un ê ouvert ; cela permet de distinguer, à l'oral, le présent de me trompais-je à l'imparfait.
* je me trompe peut-être / peut-être me trompé-je
* je me trompais peut-être / peut-être me trompais-je
Ah, l'esprit cartésien ! Quel édifice serait la langue française si la logique gouvernait la moindre de ses nuances ! Hélas, il y a la langue parlée, cette gueuse, qui s'obstine à faire tourner en bourrique les grammairiens. «Mais c'est comme ça dans les manuels ! clament-ils». Eh ben, non ! les manuels, ils ont tort quand la gueuse prend la parole. Plus personne, sauf dans le Midi, là où on prononce Drome au lieu de Drôme, ne s'avise de prononcer le futur j'aurai, avec un é fermé, pour le distinguer de j'aurais, avec un è ouvert, au conditionnel présent, pas plus d'ailleurs que n'est marquée la différence entre je mangeai, é fermé, au passé simple, tombé en désuétude (sauf dans les recommandations infligées aux malheureux FLE
) et je mangeais, è ouvert, à l'imparfait.
Dernière modification par Bookish Prat (16-04-2008 17:23:19)
Ben moi je dirais
Peut-être me suis-je trompé... ![]()
(sans doute hors sujet, mais employé facilement, couramment à l'oral comme à l'écrit.)
Dernière modification par paprika (18-04-2008 18:32:32)
Peut-être me trompé-je, mais jamais de ma vie n'ai entendu âme qui vive (les autres ne me parlant point) dire à l'oral (:/) "me trompé-je". Peut-être ne fréquenté-je point les cercles adéquats ?
Un truc de phonétique très français, paraît-il : pour bien prononcer le "è" ouvert, il faut ouvrir sa grande gueule ! Essayez, c'est garanti.
Quand on tombe en désuétude, on a du mal à se relever. (Descartes)
...sans doute hors sujet, mais employé couramment à l'oral comme à l'écrit.
Chère Paprika, la langue parlée préfère des formulations sans ambiguïté ni acrobaties d'élocution et ce, même au détriment de l'élégance supposée de l'inversion du sujet. Ainsi dans où suis-je ? plutôt que où j'suis ? Sans compter que où suis-je ? est le plus souvent employé aujourd'hui de façon humoristique, rarement au premier degré.
Alors, quant à savoir si (l')on prononce différemment me trompé-je (présent de l'indicatif) de me trompai-je (passé simple) ou me trompais-je (imparfait)...
Il faudrait d'ailleurs expliquer comment, avec les seuls é fermé et è ouvert, on peut caractériser trois graphies différentes ayant trois sens différents (et dont la prononciation est sujette à caution) ? Alors, avec ou sans approbation savante, la langue parlée va chercher son bonheur dans des tournures idiomatiques qui peuvent, elles aussi, décrire des nuances subtiles :
P't-être que j'me suis trompé...
C'est bien possible que j'me sois trompé...
J'pourrais bien m'êt' trompé...
J'me s'rais trompé...
Et p'têt ben qu'j'me suis gourré...

Dernière modification par Bookish Prat (18-04-2008 17:48:50)
"Me trompe-je?" est absolument impossible car on ne saurait avoir en français deux sillabes finales comportant la lettre "e" muette.... D'où la forme "me trompé-je?"...
En fransem (lang fransez semplifie) on dirait : "mua tromp sua?"
De la même manière, peut-on écrire : "de combien de temps diposé-je"?
Il est préférable de laisser tomber les inversions pour former des phrases interrogatives (comme le fait la langue parlée) :
De combien est-ce que dispose ?
Je dispose de combien de temps ?
peut-on écrire : « de combien de temps diposé-je ? »
Oui, Bob, tu peux sans réserve écrire : « De combien de temps diposé-je ? » car c'est la seule manière grammaticalement correcte, à moins de passer par une lourde construction en ... est-ce que ... : « De combien de temps est-ce que je dipose ? ».
Cette formulation (disposé-je) fera certes sourire à l'oral, voire te fera passer pour précieux ou affété, mais elle est inattaquable ... ce qui n'est pas le cas du familier « de combien je dispose ? », incorrecte du point de vue de la syntaxe.
Et tu feras tes choix.
Il est préférable de laisser tomber les inversions pour former des phrases interrogatives (comme le fait la langue parlée) :
De combien est-ce que dispose ?
Je dispose de combien de temps ?
Oui, mais si tout le monde laisse tomber les mêmes façons de dire, les capacités d'expression du français diminueront. On peut suggérer «de combien de temps est-ce que je dispose ?» ou «de combien de temps je dispose ?», ou autre chose, à l'oral par exemple, et «de combien de temps disposé-je» à l'écrit littéraire ou dans les situations surveillées. N'est-ce pas préférable d'avoir le choix ?
Ne pas oublier que la prononciation de ce «é» est «è».
Je regrette mais "de combien de temps disposé-je", ça n'existe pas, même à l'écrit... Pour les verbes du premier groupe, l'inversion n'existe pas à la première personne du singulier du présent de l'indicatif (même le Mauger des années 50 le remplace par une forme en "est-ce que")...
Quant au situations "surveillées", je connais pas... Je parle le français en toute liberté...
Dernière modification par patoiglob (14-10-2008 23:19:57)
Pour les verbes du premier groupe, l'inversion n'existe pas à la première personne du singulier du présent de l'indicatif
Je regrette de vous donner des regrets, mais non, je ne reviens pas sur ce que j'ai écrit. La notice de la dernière édition de Grevisse donne (je souligne) :
-é au lieu de -e quand le pronom je est placé après le verbe, le [?] final étant devenu [?] tonique.
Cela se produit dans la phrase interrogative (§ 394), dans la sous-phrase incise (§ 380) ou dans la phrase énonciative commençant par peut-être, etc. (§ 383), ainsi que dans Puissé-je (§ 408, b) et Fussé-je, Dussé-je (§ 895, e, 2°) : Me trompé-je ? (D. Boulanger, Connaissez-vous Maronne ? p. 96.) — « Je vais être obligé… » commencé-je en cherchant mes mots (Robbe-Grillet, Projet pour une révolution à New York, p. 44). — Du moins n’éprouvé-je […] jamais l’ombre d’un doute (Dutourd, dans le Monde, 25 juin 1976). — Eussé-je autant aimé l’enfant née d’un mariage heureux ? (Mauriac, Fleuve de feu, IV.) — Ô puissé-je, en expiation, […] souffrir de longues heures […] ! (Proust, Rech., t. III, p. 902.) — Dussé-je mourir, je n’en voudrais pas aux dieux (Montherl., Mors et vita, Pl., p. 511).R2Il va de soi que, dans ce cas, on ne fait pas subir au radical les modifications qu’il subirait devant une syllabe muette ou devant un e muet (§ 791, a) : Aussi bien préféré-je […] (Gide, dans le Figaro litt., 31 juillet 1948). — Employé-je, semé-je, acheté-je, jeté-je, etc.
Toutes ces tournures appartiennent exclusivement à la langue littéraire. Puissé-je et dussé-je paraissent pourtant plus répandus. — La langue parlée recourt à d’autres constructions ; par ex., dans l’interrogation, à l’introducteur est-ce que qui maintient le pronom devant le verbe : Est-ce que je me trompe ? [Cf. § 397.]
La prononciation actuelle étant [?] et cet emploi de é étant tout à fait isolé dans le système graphique du fr. (cf. § 103, a, 1°), le Conseil supérieur de la langue fr. a recommandé en 1990 (cf. § 90, e) de remplacer cet é par un è : Dussè-je, etc. L’Acad. a donné son accord à cette proposition.
Je serais surpris que Grevisse soit le seul de son avis. Qu'écrit donc Mauger de si différent ? Que cette inversion soit parfois déconseillée, d'accord, mais interdite, et même inexistante ??
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