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Le forum d'ABC de la langue française

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forum abclf » Histoire de la langue française » les doublets en français

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Messages [ 301 à 350 sur 1 927 ]

301

Re : les doublets en français

Et piquer / piocher ?

elle est pas belle, la vie ?

302 Dernière modification par yd (19-09-2014 11:42:39)

Re : les doublets en français

Je voulais juste m'assurer qu'on considère bien polygynie et polygamie dans leur sens usuel comme synonymes et non pas comme doublets. Étymologiquement la polygamie inclue la polygynie et la polyandrie, mais l'usage en français privilégie la plupart du temps la polygamie dans le sens et à la place de polygynie. Le cas est un peu bizarre.

polygynie (-gynie, du gr. γ υ ν η ́ « femme, femelle »), subst. fém.Régime matrimonial qui admet l'union simultanée d'un homme avec plusieurs femmes. Synon. usuel polygamie.À l'origine, la polygynie n'est pas plus due à la sensualité masculine qu'elle n'est considérée comme dégradante pour les femmes (Lowie, Anthropol. cult.,trad. par É. Métraux, 1936, p. 268).V. polygamie ex. 1.Rem. Pour un autre sens, v. infra I A 16.

POLYGAMIE, subst. fém.
A.− Forme de régime matrimonial qui permet à un époux d'avoir simultanément plusieurs femmes (polygynie) ou, plus rarement, à une épouse d'avoir simultanément plusieurs maris (polyandrie). Anton. monogamie.[Chez les Indiens de la côte du Pacifique] la polygamie était relativement rare, mais elle était permise aux hommes de haut rang (Page, Dern. peuples primit.,1941, p. 114). La polygamie africaine se continue, chez les descendants d'esclaves, sous la forme de la multiplicité des amantes, chacune vivant dans un quartier différent (Traité sociol.,1968, p. 329):

Le TLFi ne développe l'histoire que pour polygamie : la polygynie est sans histoire en français.

Il donne une notion très partielle, sinon particulière, de la polygamie. J'ai pensé que le mot n'avait pas été mis à jour, mais il cite un exemple de 1968.

Fille légère ne peut bêcher.

303

Re : les doublets en français

Piotr a écrit:

Et piquer / piocher ?

En voilà deux qui sont intéressants : ce seraient la pique (l'arme) et le pique (la couleur aux cartes) issus d'un emprunt au moyen néerlandais qui pourraient se révéler parents de la pioche qui dérive du pic dont l'étymon latin populaire soupçonné mais non documenté (piccus) aurait aussi généré le terme moyen néerlandais pike. Il faudrait le démontrer.

Les doublets seraient alors les deux pique et le pic. Tout ça pour ça smile

304 Dernière modification par yd (29-09-2014 12:11:49)

Re : les doublets en français

On inaugure si je ne m'abuse la lettre f avec feindre et feinter, lui-même rattaché à feinte :

Du lat. class. fingere « façonner, pétrir, modeler ; imaginer ; inventer faussement ».

On me signale le cas entre évier, de aquarium, et... aquarium de aquarium.

Fille légère ne peut bêcher.

305 Dernière modification par glop (29-09-2014 14:53:17)

Re : les doublets en français

Si le monde était moins compliqué, on nagerait dans un aquarium et l'on élèverait des poissons dans une piscine mais je ne vois pas comment exercer l'une ou l'autre de ces activités dans un évier.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

306

Re : les doublets en français

yd a écrit:

On inaugure si je ne m'abuse la lettre f avec feindre et feinter, lui-même rattaché à feinte :

Du lat. class. fingere « façonner, pétrir, modeler ; imaginer ; inventer faussement ».

On me signale le cas entre évier, de aquarium, et... aquarium de aquarium.

Carré vert pour évier et aquarium, carré gris pour les deux autres : feinter a été construit par suffixation de feinte, il s'agit donc d'une dérivation. Je ne crois pas qu'il soit intéressant de le faire apparaitre dans la liste.

Quant à la lettre f, vous vous abusez, dans le dernier bilan complet (message 156 page 7) nous avons déjà faction / façon, fade / fat, faon / fœtus, Favonius / foehn, ferme / firme, fétiche / factice, fic / fìgue / ficus, flache / flaque / flasque, flairer / fleurer, flegme / flemme, forme / fourme, fouine / fuscine, frêle / fragile, frisson / friction

Vous avez d'ailleurs contribué à cette liste. Le bilan en cours d'élaboration les intègrera avec les carrés qui vont bien mais je peine à me remettre d'un déménagement acrobatique et procède donc au ralenti. Mais ça viendra.

307 Dernière modification par glop (06-10-2014 13:19:13)

Re : les doublets en français

Haro/Haret

Pagus/Pays

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

Re : les doublets en français

esclave - slave ?

309

Re : les doublets en français

glop a écrit:

Haro/Haret

Pagus/Pays

J'avais lu la première version du message sans carré, désolé, c'est du gris. Planchez sur le CNRTL/TLFi.

Pour la proposition de Pascal Tréguer, c'est tout vert.

310

Re : les doublets en français

Il me semble que l'on peut ajouter aiguière au doublet évier/aquarium (message 304).

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

311

Re : les doublets en français

Voici un carré bleu :

  • ▀  diurne (étymon latin classique diurnus) / jour (étymon bas latin diurnum, substantivation de diurnus)

J'ai l'impression qu'aiguière aussi est à marquer d'un carré bleu : son étymon est aquaria substantivation de l'adjectif aquarius tout comme aquarium (l'étymon de évier et aquarium).

Donc carré vert pour le couple évier / aquarium, carré bleu pour aiguière / aquarium et aiguière / évier. Rien n'est simple.

312 Dernière modification par éponymie (08-10-2014 23:54:52)

Re : les doublets en français

Ayant enfin repris le harnais avec la lettre E, je suis tout surpris de devoir éliminer de la liste les couples ébriété/ivresse, effrayant/effroyable, ensevelir/ensépulturer.

Des carrés gris (apparentés non doublets) qui ne présentent pas d'intérêt particulier et même un carré noir (non apparentés) pour le troisième couple. Comment ai-je pu laisser passer ça ?

Je suppose qu'il faut voir un progrès dans cette mise-à-jour.

J'élimine également les couples altier/hautain et altitude/hauteur qui avaient été proposés dans le message 201. Carrés gris. Tout comme glauque/cloaque, carré noir, disparait.

313 Dernière modification par éponymie (10-10-2014 22:57:39)

Re : les doublets en français

J'ai retiré le bilan en cours de mise-à-jour pour pouvoir le republier complet sur cette même page.

En attendant j'y colle la lettre F, la dernière à présenter un nombre imposant de doublets. Je laisse - pour l'instant  flairer / fleurer - que j'avais laissé passer (carré noir).

  • -- F --

  • ▀  façon (étymon latin classique factionem accusatif de factio) / faction(acception A étymon latin classique factio, acception B arrivé via l'italien fazione, étymon latin classique factionis génitif de factio)

  • ▀  factice / fétiche (étymon latin classique facticius)

  • ▀  faction cf. façon

  • ▀  fade (étymon latin vulgaire *fatidus altération du latin classique fatuus) / fat (étymon latin classique fatuus)

  • ▀  fantasme / fantôme (étymon grec φαντασμα)

  • ▀  fantôme cf. fantasme

  • ▀  faon / fœtus (étymon latin classique fetus)

  • ▀  fat cf. fade

  • ▀  Favonius / foehn (étymon latin classique favonius)

  • ▀  ferme (1) (étymon latin classique firmus) / firme (étymon italien firma déverbal du bas latin firmare issu du latin classique firmus)

  • ▀  fétiche cf. factice

  • ▀  fic / ficus / fìgue (étymon latin classique ficus)

  • ▀  ficher (étymon latin vulgaire ficcare dérivé du latin classique figere) / fixer (dérivé de fixe, emprunt au latin   classique fixus participe passé adjectivé de figere)

  • ▀  ficus cf. fic

  • ▀  figue cf. fic

  • ▀  firme cf. ferme (1)

  • ▀  fixer cf. ficher

  • ▀  flache / flaque / flasque (1) et (2) (étymon latin classique flaccus)

  • ▀  flairer (étymon latin classique fragrare) / fleurer (dérivation de fleur issu du latin classique flatus)
    ▀  flaque cf. flache
    ▀  flasque (1) et (2) cf. flache

  • ▀  flegme / flemme (étymon bas latin phlegma)

  • ▀  flemme cf. flegme

  • ▀  fleurer cf. flairer

  • ▀  foehn cf. Favonius

  • ▀  fœtus cf. faon

  • ▀  formage (dérivé de former) / fromage (étymon bas latin formaticus)

  • ▀  forme / fourme (étymon latin forma)

  • ▀  fouine (2) / fuscine (étymon latin classique fuscina)

  • ▀  forme cf. fourme

  • ▀  fragile / frêle (étymon latin classique fragilis)

  • ▀  franche de franc (3) / franque de franc (1) (étymon ancien bas francique *frank)

  • ▀  franque de franc (1) cf. franche de franc (3)

  • ▀  frêle cf. fragile

  • ▀  friction (étymon latin classique frictio) / frisson(étymon latin classique frictionis génitif de frictio)

  • ▀  frigide / froid (étymon latin classique frigidus)

  • ▀  frisson cf. friction

  • ▀  froid cf. frigide

  • ▀  fromage cf. formage

  • ▀  fuscine cf. fouine (2)

314 Dernière modification par glop (09-10-2014 19:22:46)

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Ayant enfin repris le harnais avec la lettre E, je suis tout surpris de devoir éliminer de la liste les couples ébriété/ivresse, effrayant/effroyable, ensevelir/ensépulturer.

Des carrés gris (apparentés non doublets) qui ne présentent pas d'intérêt particulier et même un carré noir (non apparentés) pour le troisième couple. Comment ai-je pu laisser passer ça ?

Je suppose qu'il faut voir un progrès dans cette mise-à-jour.

J'élimine également les couples altier/hautain et altitude/hauteur qui avaient été proposés dans le message 201. Carrés gris. Tout comme glauque/cloaque, carré noir, disparait.


Je suis admiratif devant la persévérance dont vous faites preuve pour classer, sur une échelle de vérité/véracité , les doublets qui ont été proposés.
Cependant, aillant été surpris  par votre décision de rejeter ivresse/ébriété, je suis allé jeter un coup d’œil sur WP ou j’ai collecté deux informations que je soumets à votre appréciation.

D’une part, une phrase de Saussure :
—On ne peut pas parler de doublet provenant du latin. En effet, les mots empruntés le sont pour la plupart du latin médiéval, langue quelque peu artificielle, savante, voire reconstruite : en tout cas tout à fait différente du latin populaire dont une partie du français est issue par lente évolution.

D’autre part une phrase tirée de la définition WP du doublet :
—On parle de doublet pour une paire de mots de la même classe grammaticale et non de classes différentes.
Je constate que contrairement à ce principe, vous avez confirmé le doublet héritier/héréditaire.
N’en doutez pas, ces remarques ne sauraient avoir pour autre but que d’obtenir une réponse qui me permette de mieux suivre le fil.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

315 Dernière modification par éponymie (09-10-2014 20:18:55)

Re : les doublets en français

glop a écrit:

[ ... ] classer, sur une échelle de vérité/véracité , les doublets qui ont été proposés.

Il s'agit pour moi de pouvoir savoir en parler un jour. Récapitulons l'échelle :

  • VERT vrais doublets, ils descendent tous directement d'un seul et unique étymon par évolution phonétique, promenade d'une langue à l'autre.

  • BLEU presque doublets, ils descendent de formes différentes d'un seul et unique étymon (cas latins par exemple), ou bien ont subi des "altérations" par influence d'un autre mot (calfater/calfeutrer)

  • JAUNE faux doublets, tout porte à croire que ce sont des vrais mais ils trompent leur monde pour une raison ou une autre, souvent il s'agit de dérivations parallèles

  • GRIS apparentés mais pas doublets

  • NOIR non apparentés malgré les apparences

Donc de vert à gris, les mots sont apparentés et c'est là que je rejoindrais Chaussure au vu de ma misérable expérience : quand l'étymon est latin (d'une langue ancienne pour laquelle la documentation est lacunaire), il est parfois très difficile de savoir à quelle sauce il a été mangé pour produire nos doublets. Et la classification en vert, bleu ou jaune m'est plus d'une fois parue sujette à caution (mais si personne ne réagit lol).

Par contre

glop a écrit:

D’une part, une phrase de Saussure :
—On ne peut pas parler de doublet provenant du latin. En effet, les mots empruntés le sont pour la plupart du latin médiéval, langue quelque peu artificielle, savante, voire reconstruite : en tout cas tout à fait différente du latin populaire dont une partie du français est issue par lente évolution.

Il y a quelques étymons latin médiéval mais la grande majorité c'est du latin classique, vulgaire ou tardif (bi repetita, on a vraiment l'impression que les étymologistes pataugent). Saussure sera un peu obsolète sur ce coup-là. Ou alors, c'est qu'il parle de doublets savants - ce qui est très, très, très restrictif  et élimine beaucoup de séries trouvées ici - c'est à dire de mots fabriqués artificiellement à partir d'une langue morte ou ancienne.

Le seul exemple que j'ai vu qui corroborre ce qu'il disait, c'est le cas de stage qui descend d'un stagium latin médiéval fabriqué à partir de l'ancien français estage et qui n'a jamais existé du temps ou les latins étaient des langues vivantes puisque le mot en ancien français est une dérivation d'un verbe. Fort.

glop a écrit:

—On parle de doublet pour une paire de mots de la même classe grammaticale et non de classes différentes.
Je constate que contrairement à ce principe, vous avez confirmé le doublet héritier/héréditaire.

Au début je n'avais pas vraiment d'opinion, je me suis plié aux règles abelboyiennes qui m'ont été fournies, et je m'en trouve assez bien. Si des trucs me chiffonnent, ce n'est pas sur la classe grammaticale : il serait absurde d'éliminer on/homme ou sous/soute.

Si on veut recenser les mots étroitement apparentés - que l'on appellera par convention doublets (regardez le début de la discussion sur la définition de doublet) - le critère de classe grammaticale commune est trop restrictif. Pourquoi se préoccuper de grammaire ? Bien entendu, tout ceci dépend de ce que l'on veut : ce qui m'intéresse, c'est d'avoir un aperçu de l'arbre généalogique de certains mots (et un aperçu plus flou encore de leur famille). Si le pépé rugbyman a produit un footballeur, je l'enregistre et ne l'élimine pas.

glop a écrit:

N’en doutez pas, ces remarques ne sauraient avoir pour autre but que d’obtenir une réponse qui me permette de mieux suivre le fil.

Et elles me servent à formuler de premières conclusions.

316

Re : les doublets en français

Mais vous m'avez coupé dans mon élan lol, j'espérais traiter la lettre F ce soir et finir l'alphabet demain soir avant que le message ne soit plus modifiable. C'est raté, je continuerai demain soir avec F, M et N et le bilan complet sera probablement sur la page 14 (je ne vais pas encombrer la page 13 avec deux énormes messages).

317

Re : les doublets en français

Avec Floride (de l'espagnol)/fleurie (pas encore intégré, je n'ai plus le temps), nous avons de nouveau le cas de figure de pintade (du portugais)/pinte : le participe passé féminin d'un verbe. Pour moi il s'agit de doublets, carré vert donc.

318 Dernière modification par glop (12-10-2014 11:25:53)

Re : les doublets en français

Foudroyer/Fulgurer/Fulminer ?

http://www.cnrtl.fr/etymologie/foudre


Zellige/azulejo ?

http://www.cnrtl.fr/etymologie/zellige
http://www.cnrtl.fr/etymologie/azulejo

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

319

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Avec Floride (de l'espagnol)/fleurie (pas encore intégré, je n'ai plus le temps), nous avons de nouveau le cas de figure de pintade (du portugais)/pinte : le participe passé féminin d'un verbe. Pour moi il s'agit de doublets, carré vert donc.

Vous vouliez sans doute écrire « peinte » ?

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

320 Dernière modification par yd (12-10-2014 13:32:21)

Re : les doublets en français

Carré bleu, peut être : cercle, de circulus, et cirque, de circus.

Fille légère ne peut bêcher.

321

Re : les doublets en français

bonjour à tous ,
s'il vous plait comment puis je ajouter une nouvelle question , je ne trouve pas la partie concernant les nouvelles questions
merci pour vos réponses

322 Dernière modification par yd (12-10-2014 17:17:36)

Re : les doublets en français

Bonjour Manon et bienvenue.

Pour ouvrir un sujet vous cliquez sur « index » dans la barre bleue tout en haut, vous cliquez sur le forum qui convient à votre question, et vous cliquez ensuite sur le lien en haut à droite « Ouvrir un nouveau sujet ».

Fille légère ne peut bêcher.

323 Dernière modification par glop (12-10-2014 23:38:50)

Re : les doublets en français

Équerre/square
http://www.cnrtl.fr/etymologie/square
http://www.cnrtl.fr/etymologie/%C3%A9querre

Ubac/opaque
http://www.cnrtl.fr/etymologie/ubac
http://www.cnrtl.fr/etymologie/opaque

Adret/adroit
http://www.cnrtl.fr/etymologie/adret
http://www.languefrancaise.net/forum/

Droite/dextre
http://www.cnrtl.fr/etymologie/droite
http://www.cnrtl.fr/etymologie/dextre

Adresse/dextérité reste sur la touche.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

324 Dernière modification par éponymie (13-10-2014 11:16:55)

Re : les doublets en français

Carré vert pour équerre/square (l'étymon est de l'ancien français), ubac/opaque a déjà été recensé, je demande si adret/adroit ne sont pas des faux doublets (évolutions parrallèles), je ne comprends pas pourquoi vous proposez dextre/droit alors qu'on voit que les étymons latins sont différents dextra/directus.

Pour cercle/cirque, il s'agit d'un carré gris : les mots sont apparentés mais l'étymon de l'un semble un diminutif de l'étymon de l'autre (circulus/circus). Le carré bleu, c'est quand les deux mots sont issus de cas ou de genre différents d'un unique étymon (homo/hominem), ou quand l'un est l'altération de l'autre sous l'influence d'autres mots.

Il semble bien que ce soit un carré vert pour zellige/azulejo, le seul problème étant qu'il y a incertitude sur leur étymon. Je les mettrai dans la liste (troisième Z smile ).

foudroyer, et fulgurer ne sont qu'apparentés, la notice éytmologique de foudre indique un chassé-croisé sémantique entre fulmen (éclair puis foudre) et fulgur (foudre).

Alco a écrit:
éponymie a écrit:

Avec Floride (de l'espagnol)/fleurie (pas encore intégré, je n'ai plus le temps), nous avons de nouveau le cas de figure de pintade (du portugais)/pinte : le participe passé féminin d'un verbe. Pour moi il s'agit de doublets, carré vert donc.

Vous vouliez sans doute écrire « peinte » ?

Non, non, il s'agit bien de la pinte de bière, regardez à partir du message 33.

P.S.: mais peinte complète effectivement la série.

325

Re : les doublets en français

Je suis tombé sur un gros os en vérifiant la lettre M. Ministère est issu de ministerium mais métier est issu d'une altération/croisement de ministerium et mysterium. Voici la rubrique étymologie du TLFi :

Du latin ministerium «fonction de serviteur [minister], service, fonction», spéc. «service divin» à l'époque classique, puis, dans la langue chrétienne «service de Dieu, ministère du service de Dieu; ministère de prêtre; sacerdoce; administration des sacrements»;

du sens «service de la table» est issu, à basse époque et par métonymie ceux de «ustensile, objet de la table, vaisselle, vase» (anno 136 ds TLL s.v.) et de «mobilier» (viiie-ixes. ds Nierm.);

du sens de «service» sont issus au Moyen-Âge ceux de

1. «usage, besoin» (861-882, Hincmar de Reims ds Nov. gloss., s.v.), d'où le sens, usuel en ancien français, de «utilité, besoin» ca 1100 avoir mester [a aucun] «(d'une chose) être utile, servir à» (Roland, éd. J.Bédier 1742; début xiies. avoir mester d'aucune rien «d'une personne) avoir besoin de» (Benedeit, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1484),

2.«métier, profession» (864, Capit. reg. Franc. ds Nov. gloss., s.v.), d'où est dérivé celui de «corps de métier» (ca 961, Folcuin, ibid.). Mestier repose sur un latin vulgaire *misterium qui, plutôt qu'à une contraction de ministerium, est dû à un croisement avec le latin mysterium dont les sens, dans la langue chrétienne, sont très voisins: «rites, célébration; les saints mystères, la messe» (cf. F. Blatt ds Arch. Lat. Med. Aev. t. 4, 192, p. 80-81 qui explique comment le ministerium et le mysterium se sont confondus dans la personne du prêtre, serviteur [minister] de Dieu, qui renouvelle le mystère [mysterium] du Christ): cf. mysterium au sens de ministerium ds Itala I Cor., XII, 5: divisiones mysteriorum «la diversité des ministères» [Vulgate: div. ministrationum] et veCommodien, Instr., II, 27, 1: mysterium Christi, zacones, exercite casti [= ministerium exercece] ds TLL, s.v mysterium, 1758, 12 sqq.; cf. également le latin médiéval mysterium au sens de «table, étal» (anno 1116 ds Nov. gloss., s.v. mysterium (à rapprocher de ca 1200 mestier «table» ds T.-L.) et l'ancien français mistere «métier» (doc. 1334 ds Gdf.)

Donc métier au sens de profession serait plutôt un vrai doublet de mystère et un faux doublet de ministère.

Ajoutons que mystère dans ses acceptions strictement chrétienne de service, office, cérémonie est lui aussi issu du latin médiéval mysterium sémantiquement contaminé par ministerium.

Et je ne sais pas ou situer le métier à tisser dans tout ça lol (le TLFi donne un étymon mestier vers 1200), vient-il de ministerium ou de mysterium ?

Métier et mystère ont donc deux étymons différents selon les acceptions qu'ils recouvrent.

Un sac de nœud que je ne sais pas encore comment intégrer dans la liste. Alors que l'on aurait pu croire qu'il s'agit d'une série de doublets parmi les plus convenues.

J'ai par ailleurs éliminé le couple moyenâgeux/médiéval qui n'avait pas sa place dans la liste (difficile d'en faire des faux doublets).

Re : les doublets en français

Le DHLF indique que "métier" (dans toutes ses acceptions) est bien le doublet populaire de "ministère", même s'il a subi l'influence de "mysterium".

327

Re : les doublets en français

Le TLFi dit exactement le contraire : la forme de son signifiant dérive directement de mysterium (ou plutôt du misterium médiéval), c'est le signifié - le sens - qui a été influencé par ministerium.

Quand on se penche sur les doublets, on se préoccupe des tribulations du signifiant, de la forme du mot, et de trouver le signifiant à l'origine de deux signifiants différents, associés à des signifiés plus ou moins différents.

À moins que vous ne me documentiez le contraire, en citant mieux le DHLF.

Re : les doublets en français

Non, le TLF dit la même chose ; il dit que l'origine est ministerium, mais que la forme supposée *misterium qui explique mestier résulte d'un croisement de ministerium et de mysterium. Autrement dit, ministerium s'est déformé sous l'influence de mysterium pour donner misterium. Cas classique de déformation d'un mot sous l'influence d'un autre.

329 Dernière modification par éponymie (13-10-2014 23:06:39)

Re : les doublets en français

Abel Boyer a écrit:

Non, le TLF dit la même chose ; il dit que l'origine est ministerium, mais que la forme supposée *misterium qui explique mestier résulte d'un croisement de ministerium et de mysterium. Autrement dit, ministerium s'est déformé sous l'influence de mysterium pour donner misterium. Cas classique de déformation d'un mot sous l'influence d'un autre.

On a vu quelques-uns de ces cas effectivement (calfater altéré en calfeutrer sous l'influence de feutre). MAIS en fin de compte c'est bien le mysterium latin - ou son descendant direct - qui s'est chargé de quelques acceptions du ministerium.

Ce n'est pas le signifiant ministerium qui est déformé, c'est le signifiant my(i)sterium - étroitement associé à ministerium - qui voit sa barque chargée d'autres signifiés : c'est également un cas classique. Mais les cas diffèrent.

P.S.: j'ai presque terminé le bilan 3, il me reste à revoir et intégrer les lettres N et P - 36 séries de doublets - et à traiter une vingtaine de séries de doublets proposées dans les pages 7 à 11. Fini pour ce soir.

Re : les doublets en français

Pour les étymologistes, c'est bien le signifiant ministerium qui est déformé, sous l'influence de mysterium.
Et pour, selon votre aimable vœu, citer mieux le DHLF, voici l'intégralité de sa notice, avec en prime, celle de Bloch & Wartburg (avec un rapprochement intéressant monasterium/mostier).
http://img4.hostingpics.net/pics/330482PhotoScan.jpghttp://img4.hostingpics.net/pics/511487PhotoScan2.jpg
http://img4.hostingpics.net/pics/750454PhotoScan3.jpg

331

Re : les doublets en français

Abel Boyer a écrit:

Pour les étymologistes, c'est bien le signifiant ministerium qui est déformé, sous l'influence de mysterium.

Pour moi qui ne suis pas étymologiste mais qui sait lire et qui me préoccupe seulement de la forme du mot : misterium doit sa forme à mysterium et a pris les acceptions de ministerium. C'est particulièrement clair dans votre troisième extrait.

De mysterium à misterium à mestier à métier

Il peut y avoir eu contemporainement le passage de ministerium à menester / menestier mais il ne semble pas être allé bien plus loin.

Abel Boyer a écrit:

Et pour, selon votre aimable vœu, citer mieux le DHLF, voici l'intégralité de sa notice, avec en prime, celle de Bloch & Wartburg (avec un rapprochement intéressant monasterium/mostier).

Merci, encore une fois, de prendre le temps de scannériser et de partager vos sources, ce genre de partage est suffisamment rare - alors qu'un forum de passionnés de langue devrait être un lieu de joyeuse diffusion de la connaissance lol - pour mériter de se voir souligné mais mon vœu ne se voulait ni particulièrement aimable ni spécialement désagréable, si je me pose un problème et que vous me donnez un début de réponse, j'attends d'être convaincu. Avec les arguments de vos étymologistes, c'est très loin de votre cas : pour moi et selon la logique que j'ai peu à peu développée au cours de ce fil, métier n'est pas un doublet de ministère mais de mystère.

Et je vois - d'après les dates - que le métier à tisser suit la même filiation.

J'avais déjà vu, dès le traitement de case, qu'il est difficile de négliger l'histoire sémantique du mot : les différentes acceptions arrivent par des chemins différents et concluent dans une seule forme. Mais il est clair que la forme case vient de casa comme métier vient de mysterium.

Comment, aussi, rendre clair la sémantique me semble au delà de ce que je peux faire ici et de mes connaissances (à moins de piller éhontément celles d'autres sans y apporter rien de plus). Si j'arrive à une nouvelle forme de bilan où l'on peut voir clairement les différentes formes d'un mot, des dates et les langues de d'origine et de transit, je serai satisfait. Et je pense que je peux y arriver (à condition de ne pas prétendre recenser tous les doublets existants, vrais ou faux qu'ils soient).

Le souci des rédacteurs du Dictionnaire Historique de la Langue Française est de retracer d'où viennent les sens/acceptions d'un mot, on voit bien comment ils décrivent le passage d'une acception à l'autre. Dans ce fil, la préoccupation est tout autre, et au ras des paquerettes, depuis le début : comment un mot nous arrive-t-il sous une forme et comment se fait-il qu'une autre forme de mot ait un ancêtre identique ? Le sens a bien entendu été évoqué tout au long du fil mais il n'a jamais été au centre des recherches.

332

Re : les doublets en français

La notice étymologique de mystère apporte de l'eau à mon moulin :

les sens B 3 et 4 viennent du sens de «service, office, cérémonie» pris en latin médiéval par mysterium [ ... ], par confusion avec ministerium (v. ministère).

C'est bien le mot mysterium qui a acquis un sens supplémentaire et généré par la suite mestier, c'est quand même bien plus simple de voir les choses ainsi. Le doublet de métier est donc bien mystère.

Mais je crois que les auteurs du DHLF savent de quoi il parlent : un doublet lexical et un doublet - ou doublon pour certains - sémantique sont deux choses différentes. Mystère et métier sont des doublets lexicaux, menestier et mestier étaient des doublets sémantiques (deux mots d'origines différentes qui ont fini par recouvrir le même sens).

Nous ne nous occupons ici que de doublets lexicaux (deux mots de même origine ayant acquis des sens différents). Exactement le contraire du doublet sémantique donc. Ne nous mélangeons pas - et ne nous laissons pas mélanger -les pinceaux.

Mais je suis content d'avoir clarifié ce point.

333

Re : les doublets en français

Et j'ai trouvé un possible doublet de ministère, il s'agit de ménestrel. J'y suis arrivé par ménétrier dont je soupçonnais qu'il fût lié à menestier.

Carré vert, bleu, jaune ou gris, on verra ça plus tard.

334 Dernière modification par glop (15-10-2014 21:50:10)

Re : les doublets en français

Fils/filleul      carré vert ?
http://www.cnrtl.fr/etymologie/fils
http://www.cnrtl.fr/etymologie/filleul

Chèvre/chevreuil     carré noir ?
http://www.cnrtl.fr/etymologie/ch%C3%A8vre
http://www.cnrtl.fr/etymologie/chevreuil

Bréviaire/brimborion
http://www.cnrtl.fr/etymologie/br%C3%A9viaire
http://www.cnrtl.fr/etymologie/brimborion

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

335 Dernière modification par éponymie (16-10-2014 10:31:26)

Re : les doublets en français

Le bilan 3 (page 1 à 11) suit dans le message 336.

Restent à traiter de ces 11 premières pages

faignant / fainéant / feignant
fleurie / floride
fond / fonds
goule / gueule
minus / moins
moutier / monastère
organe / orgue
palace / palais
pale / pelle
parsonnier / partenaire
pic / pie
pire / pis
pointer / ponctuer
porche / portique
prédicateur / précheur
Provence / Province (Provençal / Provincial)
raide / rigide / roide
tarte / tourte
tors / tort / tour

Je rappelle le sens des carrés :

  • VERT vrais doublets, ils descendent tous directement d'un seul et unique étymon par évolution phonétique, promenade d'une langue à l'autre.

  • BLEU presque doublets, ils descendent de formes différentes d'un seul et unique étymon (cas latins par exemple), ou bien ont subi des "altérations" par influence d'un autre mot (calfater/calfeutrer)

  • JAUNE faux doublets, tout porte à croire que ce sont des vrais mais ils trompent leur monde pour une raison ou une autre, souvent il s'agit de dérivations parallèles

  • GRIS apparentés mais pas doublets

  • NOIR non apparentés malgré les apparences

  • ROUGE cas litigieux, difficultés à déterminer s'il y a doublets ou non, si les mots sont apprentés ou non, faute de documentation ou  d'accord parmi les spécialistes

Les chiffres entre parenthèses renvoient à l'onglet lexicographie/étymologie correspondant au mot.

On voit parfois une astérisque devant le carré mais je ne sais plus ce que cela signifie lol Je ferai une recherche dans le fil.

336 Dernière modification par éponymie (15-10-2014 22:52:10)

Re : les doublets en français

  • -- A --

  • ▀  absolu / absous/absout (étymon latin absolutus, participe parfait passif de absolvere)

  • ▀  absous cf. absolu

  • ▀  âcre / aigre (étymon latin acer - acris assimilé en latin vulgaire à la 2edéclinaison)

  • ▀  acte de foi / autodafé /  (des traductions du latin actus fidei, acto da fe en portugais, auto de fe en espagnol)

  • ▀  aigre cf. âcre

  • ▀  alcade / cadi (étymon arabe al qādī, le terme arrivé par l'espagnol conserve l'article)

  • ▀  alcazar / ksar  (étymon arabe al qaṣr issu du latin castrum)

  • ▀  amande / amygdale (étymon latin amygdala altéré en bas-latin en amandula)

  • ▀  amygdale cf. amande

  • ▀  appréhender / apprendre (étymon latin apprehendere)

  • ▀  apprendre cf. appréhender

  • *▀  arc / arche (1 - acception architecturale) (étymon latin arcus qui aurait donné en bas latin *arca)

  • ▀  arc (étymon latin arcus) / arche (2 - acception mobilier) (étymon latin arca « armoire »)

  • *▀  arche (1) cf. arc

  • ▀  arche (2) cf. arc

  • ▀  article / orteil (étymon latin articulus)

  • ▀  asparagus / asperge (étymon latin asparagus)

  • ▀  asperge cf. asparagus

  • ▀  attacher (étymon ancien français estachier) / attaquer (étymon italien attaccare)
    Attaccare dans ses deux acceptions d'attacher et d'attaquer en italien dériverait de tacca (signe). Existait-il déjà en ancien français ou y a-t-il eu évolution parallèle à partir d'un étymon commun ? Il est significatif qu'en roumain attacher ne se traduise que par un lointain cousin d'adhérer et que le verbe a ataca vienne du français attaquer. Il s'agirait donc d'un mot proprement occidental qui pourrait justifier un étymon celtique ou germanique.
    Cf. messages 69 à 71 et messages 164 et 165

  • ▀  attaquer cf. attacher

  • ▀  ausculter / écouter (étymon latin classique auscultare qui a donné en bas latin ascultare)

  • ▀  autodafé cf. acte de foi

  • ▀  avocat (1) / avoué (étymon latin advocatus)

  • ▀  avoué cf. avocat (1)

  • *▀  axile (dérivation du latin classique axis « axe* »; suffixé en -ile par analogie avec des termes où la finale est étymologique comme ductile* ou tactile*) / essieu (étymon du latin vulgaire *axīle, dérivé du latin classique axis « axe, essieu »)

  • -- B --

  • ▀  bagne / bain (étymon latin vulgaire baneum pour balneum ou balineum)

  • ▀  bain cf. bagne

  • ▀  baiser / biser (3) (étymon latin basiare influence possible de dialectes de l'Ouest pour biser)

  • ▀  balance (étymon latin vulgaire bilanx qui aurait donné le latin populaire *bilancia) / bilan (étymon italien bilancio déverbal de bilanciare)

  • ▀  banc / banque (étymon germanique bank)

  • ▀  bandière (voir ci-dessous) / bannière (dérivé de l'ancien bas francique ban  – suffixé en -ière en moyen français)
    Le gothique bandwa aurait donné le latin médiéval bandum (enseigne) dont dérive le bandiera italien et banda (troupe) dont dériverait directement l'ancien provençal bandiera; il est également possible que le terme italien soit emprunté au provençal. Et on ne sait duquel des deux est emprunté le terme en moyen français.
    On a aussi supposé que bannière pourrait provenir de banda/us plus que de ban.

  • ▀  bandit (étymon italien bandito, participe passé substantivé de bandire cf. bandière) / banni (étymon latin médiéval bannire)
    Comme pour bannière on a supposé une influence des termes issus du gothique bandwa/o.

  • ▀  bannière cf. bandière

  • ▀  banni cf. bandit

  • ▀  banque cf. banc

  • *▀  basilique / basoche (étymon latin basilica emprunté du grec β α σ ι λ ι κ η)
    L'étymologie de basoche nom commun est déduite de celle de nombreux toponymes.

  • *▀  basoche cf. basilique

  • ▀  benêt / benoît (étymon latin benedĭctus)

  • ▀  benoît cf. benêt

  • ▀  besace  (étymon bas latin bisaccia, pluriel neutre de bisaccium (composé de bis et de saccus) / bissac (dérivé du moyen français sac – préfixe bis-)

  • *▀  besogne (étymon ancien bas francique féminin *bisunnia « soin, souci ») / besoin (étymon ancien bas francique neutre *bisun(n)i « soin, besoin »)

  • *▀  besogne cf. besoin

  • ▀  béton / bitume (étymon latin bitumen)

  • ▀  bilan cf. balance

  • ▀  biser (3) cf. baiser

  • ▀  bissac cf. besace

  • ▀  bitume cf. béton

  • ▀  blâmer / blasphémer (étymon latin chrétien blasphemare qui a donné en latin vulgaire blastemare)

  • ▀  blasphémer cf. blâmer

  • ▀  blanche (blanc) / blanque (étymon germain *blank)

  • ▀  blanque cf. blanche (blanc)

  • ▀  blocus  (étymon moyen néerlandais blochuus) / blockhaus (étymon allemand moderne)
    On ne sait si les deux étymons résultent d'évolutions parallèles ou d'un étymon unique.

  • ▀  blockhaus cf. blocus

  • ▀  boîte / pyxide (étymon latin classique pyxis, -idis – emprunté au grec - qui a donné en latin vulgaire *buxida puis en gallo-roman buxita)

  • ▀  boudin (origine obscure, attesté en moyen français) / pudding (boudin est un étymon supposé)

  • ▀  (bougette) / budget (étymon ancien français bougette qui a donné l'anglais budget)

  • ▀  boule / bulle (1) et (2) (étymon latin classique bulla)

  • ▀  brave / bravo (étymon italien bravo issu du latin barbărus)

  • ▀  bravo cf. brave

  • ▀  bucrane / bugrane (étymon bas latin būcrānium)

  • ▀  budget cf. bougette

  • ▀  bugrane cf. bucrane

  • ▀  bulle (1) et (2) cf. boule

  • -- C --

  • ▀  cabaret  (étymon ancien picard camberete)/ chambrette (dérivation du moyen français chambre – suffixe -ette)

  • ▀  cabot (4) / chabot (étymon obscur)

  • ▀  cadence / chance (étymon latin vulgaire cadentia)

  • ▀  cadi cf. alcade

  • ▀  cadmie / calamine (étymon grec καδμεια)

  • ▀  caguenlit / caquenlit / chienlit (probablement évolution parallèle, voir caguer)

  • ▀  caguer / caquer / chier (étymon latin classique cacare)

  • ▀  cailler / coaguler (étymon latin classique coagulare)

  • ▀  caisse / cash / casse (3) / châsse (étymon latin capsa)

  • ▀  calamine cf. cadmie

  • ▀  calfater / calfeutrer – altération de calfater sous l'influence de feutre - (étymon arabe qalfata du bas latin calefare/calefectare)

  • ▀  calfeutrer cf. calfater

  • ▀  calumet / chalumeau  (étymon bas latin calamellus)

  • ▀  cambrerchambrer (dérivations parallèles à partir de cambre/chambre formes picarde et ancien français)
    Reste à savoir pourquoi les dicos modernes (PR, Larousse) font le lien entre cambrer et camurus; cf. page 29 du dictionnaire des doublets de Brachet; les deux mots latins sont apparentés (radical indo-européen kam)

  • ▀  caméra / chambre (étymon latin classique camera qui nous est revenu sous cette forme via le latin scientifique usité en anglais)

  • ▀  camp / champ (étymon latin classique campus)

  • ▀  campagne / champagne (étymon bas latin campania)

  • ▀  canceller / chanceler (étymon latin cancellare)

  • ▀  canal / chenal (étymon latin canalis)

  • ▀  cancer / cancre / chancre (étymon latin cancer)

  • ▀  cancre cf. cancer

  • ▀  canicule / chenille (étymon latin canicula)
    l'italien ciniglia vient du français chenille (terme de passementerie)

  • ▀  cap / chef (latin classique caput)

  • ▀  cape / chape (étymon bas latin cappa)

  • ▀  capital / cheptel (étymon latin classique capitalis « qui peut coûter la tête à quelqu'un; dangereux, mortel », « qui se trouve en tête; important »)

  • ▀  capon / chapon (étymon bas latin cappō)

  • ▀  captif (étymon latin classique captivus) / chétif (étymon latin vulgaire cactivus issu du latin classique captivus « prisonnier » et d'un gaulois *cactos, que l'on peut déduire de l'irlandais cacht « serviteur » et du breton caez )

  • ▀  cappuccino / capucin (étymon italien cappuccino)

  • ▀  capucin cf. cappuccino

  • ▀  caquenlit cf. caguenlit

  • ▀  caquer cf. caguer

  • ▀  car (2) / char (1) (étymon latin classique carrus)
    je soupçonne que l'autocar roumain est emprunté au français

  • ▀  carbone / charbon (étymon latin classique carbonis)

  • ▀  carte / charte (étymon latin classique charta)

  • ▀  case / chez (étymon latin classique casa « cabane, chaumière » qui prit le sens de « maison » en latin médiéval)
    amusant de lire que les 3 acceptions de case nous arrivent respectivement du latin, de l'espagnol et du portugais

  • ▀  cash cf. caisse

  • ▀  casse (3) cf. caisse

  • ▀  castagne / châtaigne (étymon latin castanea)

  • ▀  cathèdrechaire / chaise (étymon latin classique cathedra)

  • ▀  cause / chose (étymon latin classique causa)

  • ▀  cavale (étymon latin caballa) / cheval (étymon latin caballus)

  • ▀  cavalier / chevalier (étymon bas latin caballarius)

  • ▀  cercueil / sarcophage (étymon grec σαρκοφαγος)

  • ▀  cerise / cherry / kirsch (étymon latin vulgaire ceresia issu du bas latin ceresium)

  • ▀  césar / kaiser  / tsar (étymon latin Caesar)

  • ▀  chabot cf. cabot

  • ▀  chai / quai (étymon probable gaulois caio)

  • ▀  chaire cf. cathèdre

  • ▀  chaise cf. cathèdre

  • ▀  chalumeau cf. calumet

  • ▀  chambre cf. caméra

  • ▀  chambrer cf. cambrer

  • ▀  chambrette cf. cabaret

  • ▀  champ cf. camp

  • ▀  champagne cf. campagne

  • ▀  chance cf. cadence

  • ▀  chanceler cf. canceller

  • ▀  chancre cf. cancer

  • ▀  chape cf. cape

  • ▀  chapon cf. capon

  • ▀  char (1) cf. car (2)

  • ▀  charbon cf. carbone

  • ▀  charité (étymon latin classique caritatem)/ cherté (dérivation de cher issu du latin classique carus)

  • ▀  charte cf. carte

  • ▀  châsse cf. caisse

  • ▀  châtaigne cf. castagne

  • ▀  chat-huant / chouan (étymon ancien français choan)

  • ▀  chef cf. cap

  • ▀  chenal cf. canal

  • ▀  chenille cf. canicule

  • ▀  cheptel cf. capital

  • ▀  cherry cf. cerise

  • ▀  cherté cf. charité

  • ▀  chétif cf. captif

  • ▀  cheval cf. cavale

  • ▀  chevalier cf. cavalier

  • ▀  cheville / clavicule (étymon latin classique clavicula)

  • ▀  chevrette / crevette (dérivation de chèvre, le second étant la forme normanno-picarde; évolutions parallèles ?)

  • ▀  chez cf. case

  • ▀  chienlit cf. caguenlit

  • ▀  chier cf. caguer

  • ▀  chiffre / zéro (étymon arabe sifr)

  • ▀  choléra / colère (étymon latin impérial cholera)

  • ▀  chose cf. cause

  • ▀  chrétien / crétin (étymon latin christianus)

  • ▀  chouan cf. chat-huant

  • ▀  classique / glas (étymon latin classique classicum)

  • ▀  clavicule cf. cheville

  • ▀  cloche (1) / cloque (étymon bas latin clocca)

  • ▀  cloque cf. cloche

  • ▀  coaguler cf. cailler

  • ▀  coche (3) (origine obscure, l'italien cocca est aussi d'origine incertaine, peut-être latin impérial coccum) / coque (étymon obscur, peut-être latin impérial coccum)

  • ▀  cohorte / cour (étymon latin classique cohors qui a donné le bas latin curtis)

  • ▀  coi / quitte (étymon latin claissque quietus)

  • ▀  colère cf. choléra

  • ▀  compagnon / copain (étymon bas latin compagno)

  • ▀  copain cf. compagnon

  • ▀  copuler / coupler (étymon latin classique copulare)

  • ▀  coque cf. coche (3)

  • ▀  coupler cf. copuler

  • ▀  cour cf. cohorte

  • ▀  courbe / curve (étymon latin classique curvus)

  • ▀  coureur (étymon moyen français courir suffixé en -eur) / curseur (étymon latin classique cursor « coureur » formé sur le supin cursum de currere)

  • ▀  crasse / graisse / grasse (gras) (étymon latin crassus)

  • ▀  crétin cf. chrétien

  • ▀  crevette cf. chevrette

  • ▀  curseur cf. coureur

  • ▀  curve cf. courbe

  • -- D --

  • ▀  dais / disque (étymon latin discus)

  • ▀  décime / dîme (étymon latin decima)

  • ▀  délibérer (étymon latin classique deliberare « réfléchir mûrement, discuter sur un sujet et prendre une décision »)/ délivrer (étymon latin chrétien deliberare dérivé du latin classique liberare « libérer »)

  • ▀  délivrer cf. délibérer

  • ▀  dîme cf. décime

  • ▀  disque cf. dais

  • ▀  dissolu / dissous (dissout) (étymon latin classique dissolutus participe passé de dissolvere)
    La notice du TLFi indique à dissoudre que la conjugaison a été refaite sur le modèle de absoudre, voir absolu/absout

  • ▀  dissous (dissout) cf. dissolu

  • ▀  diurne (étymon latin classique diurnus) / jour (étymon bas latin diurnum, substantivation de diurnus)

  • ▀  divan / douane (étymon persan diwān)

  • ▀  doter / douer (étymon latin classique dotare)

  • ▀  douane cf. divan

  • ▀  doubler (étymon bas latin duplare) / dupliquer (étymon latin classique duplicare qui a donné en bas latin duplare)
    Dans certaines acceptions, dupliquer vient du bas latin juridique duplex, duplicis

  • ▀  douer cf. doter

  • ▀  dual (étymon bas latin dualis « de deux ») / duel (1)  (étymon latin duellum qui a pris le sens moderne en bas latin)

  • ▀  dual / duel (2) (étymon bas latin dualis « de deux »)

  • ▀  <duel (1) cf. dual

  • ▀  duel (2) cf. dual

  • ▀  dupliquer cf. doubler

  • -- E --

  • ▀  échelle / escale (étymon latin classique scala)

  • *▀  écouter cf. ausculter

  • ▀  enfant / infant (étymon latin classique infans)

  • ▀  escale cf. échelle

  • ▀  esclave / slave (étymon latin médiéval sclavus)

  • ▀  esprit / spirite (étymon latin classique spiritus)

  • ▀  esquisse / sketch (étymon italien schizzo)

  • *▀  essieu cf. axile

  • ▀  estrade (1) (étymon bas latin strata) / strate (étymon latin classique stratum)

  • ▀  estrade (2) / strate (étymon latin classique stratum)

  • ▀  étage (étymon ancien français estage) / stage (étymon latin médiéval stagium, latinisation de l'ancien français estage)

  • ▀  étroit / strict

  • -- F --

  • ▀  façon (étymon latin classique factionem accusatif de factio) / faction(acception A étymon latin classique factio, acception B arrivé via l'italien fazione, étymon latin classique factionis génitif de factio)

  • ▀  factice / fétiche (étymon latin classique facticius)

  • ▀  faction cf. façon

  • ▀  fade (étymon latin vulgaire *fatidus altération du latin classique fatuus) / fat (étymon latin classique fatuus)

  • ▀  fantasme / fantôme (étymon grec φαντασμα)

  • ▀  fantôme cf. fantasme

  • ▀  faon / fœtus (étymon latin classique fetus)

  • ▀  fat cf. fade

  • ▀  Favonius / foehn (étymon latin classique favonius)

  • ▀  ferme (1) (étymon latin classique firmus) / firme (étymon italien firma déverbal du bas latin firmare issu du latin classique firmus)

  • ▀  fétiche cf. factice

  • ▀  fic / ficus / fìgue (étymon latin classique ficus)

  • ▀  ficher (étymon latin vulgaire ficcare dérivé du latin classique figere) / fixer (dérivé de fixe, emprunt au latin   classique fixus participe passé adjectivè de  figere)

  • ▀  ficus cf. fic

  • ▀  figue cf. fic

  • ▀  firme cf. ferme (1)

  • ▀  fixer cf. ficher

  • ▀  flache / flaque / flasque (1) et (2) (étymon latin classique flaccus)

  • ▀  flairer (étymon latin classique fragrare) / fleurer (dérivation de fleur issu du latin classique flatus)
    ▀  flaque cf. flache
    ▀  flasque (1) et (2) cf. flache

  • ▀  flegme / flemme (étymon bas latin phlegma)

  • ▀  flemme cf. flegme

  • ▀  fleurer cf. flairer

  • ▀  foehn cf. Favonius

  • ▀  fœtus cf. faon

  • ▀  formage (dérivé de former) / fromage (étymon bas latin formaticus)

  • ▀  forme / fourme (étymon latin forma)

  • ▀  fouine (2) / fuscine (étymon latin classique fuscina)

  • ▀  fourme cf. forme

  • ▀  fragile / frêle (étymon latin classique fragilis)

  • ▀  franche de franc (3) / franque de franc (1) (étymon ancien bas francique *frank)

  • ▀  franque de franc (1) cf. franche de franc (3)

  • ▀  frêle cf. fragile

  • ▀  friction (étymon latin classique frictio) / frisson(étymon latin classique frictionis génitif de frictio)

  • ▀  frigide / froid (étymon latin classique frigidus)

  • ▀  frisson cf. friction

  • ▀  froid cf. frigide

  • ▀  fromage cf. formage

  • ▀  fuscine cf. fouine (2)

  • -- G --

  • ▀  gaine / vaginvanille - cf. cette page – (étymon latin classique vagina)

  • ▀  gallois (dérivation de Galles – suffixe -ois)/ gaulois (étymon ancien français gualeis)

  • ▀  gambe / jambe (étymon bas latin gamba)

  • ▀  gambette / jambette (le premier est la forme normanno-picarde du second issu par dérivation de jambe)

  • ▀  garant / warrant (étymon ancien français guarant)

  • ▀  gaulois cf. gallois

  • ▀  gigue (2) / zig (le second est l'altération du premier)

  • ▀  glapir / glatir (étymon latin glattire)

  • ▀  glas cf. classique

  • ▀  glatir cf. glapir

  • ▀  gracile / grêle (1) (étymon latin classique glacilis)

  • ▀  graisse cf. crasse

  • ▀  grammaire / grimoire (le second est l'altération du premier)

  • ▀  gras / gros (étymon latin classique crassus)

  • ▀  grasse cf. crasse

  • ▀  grêle (1) cf. gracile

  • ▀  grimoire cf. grammaire

  • ▀  gros cf. gras

  • -- H --

  • ▀  héréditaire / héritier (étymon latin heriditarius)

  • ▀  héréditaire cf. héritier

  • ▀  hibernal / hivernal (étymon bas-latin ibernalis)

  • ▀  hivernal cf. hibernal

  • ▀  homme (étymon latin classique hominem, accusatif de homo) / on (étymon latin classique homo)

  • ▀  hôpital / hôtel (étymon latin classique hospitale)

  • ▀  hôtel cf. hôpital

  • ▀  hululer / hurler (étymon latin classique ululare)

  • ▀  humeur / humour (étymon ancien français humeur)

  • ▀  humour cf. humeur

  • ▀  hurler cf. hululer

  • -- I --

  • ▀  infant cf. enfant

  • -- J --

  • ▀  jambe cf. gambe

  • ▀  jambette cf. gambette

  • ▀  jour cf. diurne

  • ▀  jouter / jouxter (étmon latin vulgaire *juxtare, le second étant le doublet savant du premier – réfection étymologique)

  • ▀  jouxter cf. jouter

  • -- K --

  • ▀  kaiser cf. césar

  • ▀  kirsch cf. cerise

  • ▀  ksar cf. alcazar

  • -- L --

  • ▀  langouste / locuste (étymon latin classique locusta)

  • ▀  libérer / livrer (étymon latin liberare)

  • ▀  livrer cf. libérer

  • ▀  locuste cf. langouste
    ▀  luth / oud (étymon arabe al-ūd)

  • -- M --

  • ▀  mac / mec
    ne fait pas  l'unanimité, le second (cf. A de l'onglet lexicographie) serait la transcription du premier selon une ancienne prononciation

  • ▀  mâcher (1) / mastiquer (2) (étymon bas latin masticare)

  • ▀  madère / matière (étymon latin materia - d'après A.Brachet, madeira en portugais, c'est le bois de charpente qui a donnés son nom à l'île qui était couverte de forêts)

  • ▀  magasin / magazine (étymon moyen français magasin)

  • ▀  magazine cf. magasin

  • ▀  magistral / mistral (étymon bas latin magistralis)

  • ▀  maire / majeur / major (étymon latin major)

  • ▀  majeur cf. maire

  • ▀  major cf. maire

  • ▀  marchand  (étymon latin populaire *mercatantem, accusatif de *mercatans, particip. présent d'un verbe *mercatare «faire le marchand»)/ mercanti (TLFi latin d'époque impériale mercantis, participe présent substantivé de mercari «faire du commerce» / vocabulario Treccani haplologie de mercatante, étymon latin populaire *mercatantem)

  • ▀  mastiquer (2) cf. mâcher (1)

  • ▀  matière cf. madère

  • ▀  mature / mûr (étymon latin maturus, le premier est un emprunt à l'anglais)

  • ▀  mec cf. mac

  • ▀  mercanti cf. marchand

  • ▀  métier / mystère (étymon latin mysterium)

  • ▀  mistral cf. magistral

  • ▀  mûr cf. mature

  • ▀  mystère cf. métier

  • -- N --

  • ▀  naïf / natif (étymon latin nativus)

  • ▀  nager / naviguer (étymon latin classique navigare)

  • ▀  natal / Noël (étymon latin natalis)

  • ▀  natif cf. naïf

  • ▀  naviguer cf. nager

  • ▀  nègre / noir (étymon latin niger)

  • ▀  Noël cf. natal

  • ▀  noir cf. nègre

  • ▀  nourrice / nurse (étymon latin tardif nutricia)

  • ▀  nurse cf. nourrice

  • -- O --

  • ▀  œuvre / opéra (étymon latin opera)

  • ▀  officine / usine (étymon latin officina)

  • ▀  ognon/oignon (étymon latin unionem, accusatif de unio) / union (étymon latin impérial unio)

  • ▀  on cf. homme

  • ▀  ongle (étymon latin ungula, dérivation de unguis) / unguis (emprunt au latin unguis signifiant ongle)

  • ▀  opaque / ubac (étymon latin opacus)

  • ▀  opéra cf. œuvre

  • ▀  orteil cf. article

  • ▀  oud cf. luth

  • -- P --

  • ▀  palabre / parabole / parole (étymon latin parabola emprunté au grec παραβολη)

  • ▀  parabole cf. palabre

  • ▀  parole cf. palabre

  • ▀  pause (étymon latin pausa) / pose (dérivé de poser dont l'étymon latin populaire est pausare)

  • ▀  pédestre / piètre / pitre (étymon latin pedester)

  • ▀  pedigree / pied-de-grue (étymon moyen français pié de grue)

  • ▀  pied de grue cf. pedigree

  • ▀  piété / pitié (étymon latin pietas)

  • ▀  piètre cf. pédestre

  • ▀  pintade / pinte (participe passé féminin du verbe dont l'étymon latin populaire est *pinctare)

  • ▀  pinte cf. pintade

  • ▀  pitié cf. piété

  • ▀  pitre cf. pédestre

  • ▀  plier / ployer (étymon latin plicare, le premier est produit de l'altération de l'ancien français sous l'influence de verbes en -ier)

  • ▀  ployer cf. plier

  • ▀  poison / potion (étymon latin potio)

  • ▀  port / porto (étymon latin portus)

  • ▀  porto cf. port

  • ▀  pose cf. pause

  • ▀  potion cf. poison

  • ▀  pudding cf. boudin

  • ▀  pyxide cf. boîte

  • -- Q --

  • ▀  quai cf. chai

  • ▀  quatre (étymon latin classique quattuor) / quatuor (étymon latin quatuor)

  • ▀  quatuor cf. quatre

  • ▀  quitte cf. coi

  • -- R --

  • ▀  recouvrer / récupérer (étymon latin recuperare)

  • ▀  récupérer cf. recouvrer

  • ▀  répit / respect (étymon latin respectus)

  • ▀  respect cf. répit

  • -- S --

  • ▀  sacrement / serment (étymon latin sacramentum - cf. cette page)

  • ▀  sanglier / singulier (étymon latin singularis)

  • ▀  sarcophage cf. cercueil

  • ▀  sécure / sûr (étymon latin securus, le premier est un emprunt à l'anglais)

  • ▀  seigneur (étymon latin seniorem, accusatif de senior) / sire (étymon latin populaire *seior, probable altération du latin classique senior d'après major)

  • ▀  sein / sinus  (étymon latin sinus)

  • ▀  seing / signe  (étymon latin signum)

  • ▀  séparer / sevrer  (étymon latin classique separare)

  • ▀  serment cf. sacrement

  • ▀  sevrer cf. séparer

  • ▀  signe cf. seing

  • ▀  singulier cf. sanglier

  • ▀  sinus cf. sein

  • ▀  sire cf. seigneur

  • ▀  sketch cf. esquisse

  • ▀  slave cf. esclave

  • ▀  soufre (étymon latin sulphur forme grécisée de sulpur) / sulfure  (dérivé de l'élément formant sulf-* avec le suffixe -ure des composés chimiques).

  • ▀  sous (étymon latin classique subtus) / soute (étymon latin tardif subta, altération du bas latin subtus d'après le latin classique supra)

  • ▀  soute cf. sous

  • ▀  spirite cf. esprit

  • ▀  stage cf. étage

  • ▀  strate cf. estrade (1)

  • ▀  strate cf. estrade (2)

  • ▀  strict cf. étroit

  • ▀  sulfure cf. soufre

  • -- T --

  • ▀  tâter / taxer (étymon latin taxare)

  • ▀  taxer cf. tâter

  • ▀  tract (abréviation du latin tractatus) / traité (1) (étymon latin tractatus) / traité (2) (participe passé de traiter)

  • ▀  traité cf. tract

  • ▀  troubadour (étymon ancien provençal trobador dérivation d'un verbe dont l'étymon latin populaire serait *tropare) / trouvère (dérivation de trouver) / trouveur (dérivation de trouver)

  • ▀  trouvère cf. troubadour

  • ▀  trouveur cf. troubadour

  • ▀  tsar cf. césar

  • ▀  tulipe / turban (étymon turc tülbent)

  • ▀  turban cf. tulipe

  • -- U --

  • ▀  ubac cf. opaque

  • ▀  unguis cf. ongle

  • ▀  union cf. ognon

  • ▀  usine cf. officine

  • -- V --

  • ▀  vagin cf. gaine

  • ▀  vanille cf. gaine

  • -- W --

  • ▀  warrant cf. garant

  • -- X --

  • -- Y --

  • -- Z --

  • ▀  zéro cf. chiffre

  • ▀  zig cf. gigue (2)

Les prénoms :

  • Étienne / Stéphane

  • Gautier / Walter

  • Jacob / Jacques / (James)

  • ClovisLouis / Ludovic

  • Raoul / Rodolphe

  • Théodoric / Thierry

337

Re : les doublets en français

Pourquoi ne mettez-vous pas le ou les étymons entre parenthèses ? Intéressant le bréviaire / brimborion.

Re : les doublets en français

challenge et calomnie ?

339 Dernière modification par glop (15-10-2014 23:43:20)

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Pourquoi ne mettez-vous pas le ou les étymons entre parenthèses ?

C’est-y mon étymon ?
Je ne suis pas toujours convaincu par ce que je lis sur le cnrtl.
Pour le couplet clavicule/cheville (par exemple)  l’étymon "clavis" a été validé mais, par contre, si j’étudie l’éventualité du doublet clavicule/clavette, je lis sur le cnrtl que clavette est issu de clef.
Pourtant, dés lors que le mot clef a été doté d’un "f" final marquant précisément la fin du règne du "v", je ne vois pas qui, hormis un latiniste qui serait reparti de "clavis", aurait pu inventer clavette.

Cela dit la terminaison de clavicule diffère de celle de clavette ; je vous l’accorde.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

Re : les doublets en français

glop a écrit:

Pourtant, dés lors que le mot clef a été doté d’un "f" final marquant précisément la fin du règne du "v", je ne vois pas qui, hormis un latiniste qui serait reparti de "clavis", aurait pu inventer clavette.

Le règne du "v" a-t-il jamais cessé ? Nous savons encore que le féminin de neuf et de veuf est neuve et veuve. Vous prononcez encore "neuv heures" même si vous écrivez "neuf heures". Vous ne doutez pas que nerf et nerveux, serf et servage, soient directement apparentés.
Clavette, écrit le TLF, est Dér. du rad. lat. clav- de clef*; sufl. -ette*. Tout comme navette vient du radical latin de nef.

341

Re : les doublets en français

glop a écrit:

Pour le couplet clavicule/cheville (par exemple)  l’étymon "clavis" a été validé.

Validé est un bien grand mot, relevé plutôt. Et l'étymon n'est pas clavis mais clavicula qui en est un diminutif (une dérivation donc).

Cheville et clé/clef sont donc apparentés mais pas doublets pour deux sous.

Je crois que je vais lancer un fil parallèle sur les évolutions phonétiques du latin vers les langues romanes avec leur calendrier parce qu'il y beaucoup de choses qui m'échappent, le passage de calumnia à challenge par exemple (OK pour le [ʃ] mais le [ʒ], de quel chapeau sort-il ?) . Je dois avoir un document de base sur le sujet quelque part.

glop a écrit:

le mot clef a été doté d’un "f" final marquant précisément la fin du règne du "v"

Rappelons que nous avons en français, 6 couples de consonnes qui sont quasiment identiques, l'une est sourde et l'autre voisée.

Pour les fricatives, ce sont les versions voisées que vous entendez en liaison : vous prononcez dix, [dis] mais dix heures est prononcé [dizœʁ].

Pour les occlusives, c'est le contraire, les versions sourdes sont en liaison (le "sankimpur" de Giscard).

Ces couples sourde/voisée sont :

  • - occlusives -

  • [p]/[b]

  • [t]/[d]

  • [k]/[g]

  • - fricatives -

  • [f]/[v]

  • [s]/[z]

  • [ʃ]/[ʒ]

Re : les doublets en français

Peut-être l’évolution phonétique latin calumnia > ancien français chalenge est-elle la même que latin somnium > français songe.
Au fait, le somme et le songe sont-ils des doublets ?

343 Dernière modification par éponymie (16-10-2014 16:40:12)

Re : les doublets en français

Pascal Tréguer a écrit:

Au fait, le somme et le songe sont-ils des doublets ?

Visiblement non, puisque somme vient de somnus (sommeil) - qui plus est à la suite d'une altération préméditée appelée réfection - et songe de somnium (songe). Ils sont lointains cousins.

Mais je vois mieux avec somnium ce que je ne voyais pas avec calumnia : le [ɲ] a certainement sa part dans cette histoire.

Re : les doublets en français

éponymie a écrit:

Mais je vois mieux avec somnium ce que je ne voyais pas avec calumnia : le [ɲ] a certainement sa part dans cette histoire.

Ce qui est important dans cette transformation, ce n'est pas le "n" devant le "i", mais l'évolution du "i" suivi d'une voyelle.
Voyez, avec un cadeau Bonux en prime, donjon (dominionem), goujon (gobionem), jour (diurnum), abréger (abbreviare), alléger (alleviare), déluge (diluvium), danger (dominiarium), louange (laudemia), liège (levium), pigeon (pipionem), rage (rabies), singe (simium), sauge (salvia), tige (tibia), vendange (vendemia).

345

Re : les doublets en français

On peut ajouter lange, de laneus prononcé lanius.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

346

Re : les doublets en français

Abel Boyer a écrit:
éponymie a écrit:

Mais je vois mieux avec somnium ce que je ne voyais pas avec calumnia : le [ɲ] a certainement sa part dans cette histoire.

Ce qui est important dans cette transformation, ce n'est pas le "n" devant le "i", mais l'évolution du "i" suivi d'une voyelle.
Voyez, avec un cadeau Bonux en prime, donjon (dominionem), goujon (gobionem), jour (diurnum), abréger (abbreviare), alléger (alleviare), déluge (diluvium), danger (dominiarium), louange (laudemia), liège (levium), pigeon (pipionem), rage (rabies), singe (simium), sauge (salvia), tige (tibia), vendange (vendemia).

Je vais l'ouvrir le fil sur les évolutions phonétiques et vous faire vider petit à petit vos dicos et ouvrages de réfèrence (si vous voulez pas on jouera sans vous smile ). Merci encore quoi qu'il en soit pour la réponse, pour la liste et pour les doublets Bonux (souvenirs, souvenirs...).

http://static.qobuz.com/info/IMG/arton17856.jpg

Re : les doublets en français

confidence - confiance : carré bleu ?

348

Re : les doublets en français

je dirais que oui : l'étymon est unique mais est survenue pour confiance une altération sous l'influence d'un dérivé du verbe fier.

349

Re : les doublets en français

On continue un peu, la pêche est mauvaise faute de vert :

faignant / fainéant / feignant

Éliminés, il ne s'agit que des formes d'un même mot.

raide / rigide / roide
tarte / tourte
tors / tort / tour

Après lecture du TLFi, tour est éliminé sans pitié.

  • ▀  raide/roide (étymon latin rigidus mais la forme féminine en ancien français roide à supplanté le masculin) / rigide (étymon latin rigidus)

  • ▀  rigide cf. raide/roide

  • ▀  roide cf. raide/roide

  • ▀  tarte (étymon incertain, probablement variante de tourte) / tourte (étymon bas latin torta)

  • ▀  tors (étymon ancien français, participe passé de tordre) / tort (étymon bas latin tortum neutre substantivé du participe passé latin classique de torquere)

  • ▀  tort cf. tors

  • ▀  tourte cf. tarte

350

Re : les doublets en français

Je propose :

châtrer       castrer
grêle           gracile
poindre       pointer

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