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Re : les doublets en français

Pouvons-nous ajouter humeur et humour ?

102 Dernière modification par yd (31-03-2014 23:05:36)

Re : les doublets en français

On devrait encore ajouter charité et cherté, http://www.cnrtl.fr/etymologie/charit%C3%A9, http://www.cnrtl.fr/etymologie/chert%C3%A9, reliés tous deux au latin caritas, les deux formes n'ayant semble-t-il divergé vers les sens respectifs qu'on leur connaît qu'assez récemment, ce qui ne s'est pas produit pour l'adjectif cher.

Moins sûr : je ne serais pas surpris d'une origine commune entre saint et sain, mais il faudrait trouver de la documentation sur le latin sanctus avant le christianisme.

Fille légère ne peut bêcher.

103 Dernière modification par éponymie (31-03-2014 23:13:49)

Re : les doublets en français

J'ai tout ajouté. La proposition d'yd est placée parmi les [ʃ] entre cheptel et chez.

Il faudra un jour trier et bien valider tout ça.

Bonne nuit smile

Re : les doublets en français

Apparemment, nous pourrions ajouter turban et tulipe - la forme de la fleur est celle d'un turban.

Re : les doublets en français

ainsi que divan et douane.

106

Re : les doublets en français

Ainsi que douer et doter, tous deux du latin dotare selon le TLFi http://www.cnrtl.fr/etymologie/douer, http://www.cnrtl.fr/etymologie/doter.

Fille légère ne peut bêcher.

107

Re : les doublets en français

Je suppose que l'on peut aussi compter gaulois et gallois parmi les doublets (Gaule et Galles en étant).

Mais... à noter pour gaulois :

*Walha est devenu Gaule (1155, Wace, Brut, éd. I. Arnold, 9905) d'où le dérivé gaulois (sens 3 : « habitant de la Gaule »).

Galois (sens 2 : « gai, joyeux »), dérivé de l'ancien français galer « s'amuser, mener joyeuse vie » (voir galant), s'est trouvé en homonymie avec le résultat de walhisk, ce qui sera la base de esprit gaulois, gauloiserie*.

Rien n'est simple entre les mots qui se séparent et ceux qui confluent. Moi qui croyait - avec Goscinnny - qu'il s'agissait seulement du stéréotype collant au Gaulois. Stéréotype il y a bien mais il y aurait eu erreur sur la poule et sur l'œuf.

S'il vous plait yd, pouvez-vous inclure les url dans les balises ?

[url=http://www.cnrtl.fr/etymologie/gaulois]gaulois[/url]

cela simplifiera la tâche quand viendra le moment de recomposer un message récap. Je me demande si je ne généraliserai pas le système proposé par swoo mais il n'en reste pas moins que je perdrais moins de temps à copier-coller.

108

Re : les doublets en français

Ce qui me rappelle, soit dit en passant, cette jeune Américaine qui disait que son copain français avait l'habitude de « fumer un gaulois » [sic] big_smile

L'escrivaillerie semble estre quelque symptome d'un siecle desbordé

109

Re : les doublets en français

trevor a écrit:

Ce qui me rappelle, soit dit en passant, cette jeune Américaine qui disait que son copain français avait l'habitude de « fumer un gaulois » [sic] big_smile

lol

Certain gaulois de Français à l'esprit mal placé aurait pu lui répondre "Fumez-en donc un autre !".

110 Dernière modification par yd (04-04-2014 22:20:47)

Re : les doublets en français

On devrait pouvoir compter pose, du latin pausare, et pause, du latin pausa, dont j'ai du mal à saisir l'historique des graphies divergentes, http://www.cnrtl.fr/etymologie/poser, http://www.cnrtl.fr/etymologie/pause. Je ne serais pas surpris que pause nous soit revenu par le NT grec, le katapausis, κατάπαυσις, du début de la Genèse étant longuement commenté dans je ne sais plus quelle épître, celle aux Hébreux peut-être bien.

Fille légère ne peut bêcher.

111

Re : les doublets en français

En tout cas encore un mot dont deux acceptions nous arrivent par des chemins différents.

Finalement par mot, il faut vraiment comprendre la forme orale ou écrite (visuelle), le signifiant donc. Et à 1 signifiant, 1 à x signifiés associés (le contraire sera possible mais ne nous intéresse pas ici).

Un dico n'est qu'un répertoire de signifiants.

Et étudier les doublets oblige à parcourir l'histoire d'un signifiant originel et de sa descendance de signifiants mais aussi à
tenter de discerner l'évolution des signifiés.

C'était certainement évident mais je ne me l'étais pas encore formulé ainsi.

Et un article de wikipedia formule simplement les choses :


Le signifié désigne le concept, c'est-à-dire la représentation mentale d'une chose.

Contrairement à une idée répandue, la langue n'est pas un répertoire de mots qui refléteraient les choses ou des concepts préexistants en y apposant des étiquettes. Si c'était le cas, les mots d'une langue, mais aussi ses catégories grammaticales auraient toujours leur correspondant exact dans une autre.

Cette observation conduit Saussure à distinguer signification et valeur  : « mouton » et « sheep » ont la même signification, mais non la même valeur, puisque l'anglais pour sa part distingue sheep, l'animal, de sa viande mutton ; il en est aussi ainsi de l'opposition passé défini (simple) / passé indéfini (composé) qui expriment une opposition d'aspect en anglais ou en castillan, une valeur d'usage (écrit/oral) en français contemporain.

Ainsi le contenu (le signifié) est un concept défini négativement du fait de l'existence ou de l'absence dans une langue d'autres concepts qui lui sont opposables.

Donc le signifié est un concept qui est aussi abstrait que celui de phonème. Ce que la deuxième partie de l'article ne met pas suffisamment en évidence (confusion phone / phonème), dommage. Le fil ABC sur les diphtongues est à relire.

Le signifiant désigne l'image acoustique d'un mot.

Ce qui importe dans un mot, ce n'est pas sa sonorité en elle-même, mais les différences phoniques qui le distinguent des autres. Sa valeur découle de ces différenciations. Chaque langue construit son lexique à partir d'un nombre limité de phonèmes, caractérisés comme les signifiés, non par leur qualité propre et positive, mais par ce qui les oppose : rouler un « r » en français est sans conséquence pour la compréhension; ne pas le faire en arabe conduit à des confusions, puisque cette langue comporte à la fois une apicale vibrante [r] (« r » roulé) et une fricative vélaire sonore [ġ] (proche du « r » grasseyé français). Les mots rasīl (messager) et ġasīl (lessive) ne se distinguent que par l'opposition r/ġ.

Je choisirai peut-être de m'attaquer à la descendance de casa.

112 Dernière modification par éponymie (06-04-2014 11:32:27)

Re : les doublets en français

Et un qui nous arrive de l'arabe (en passant éventuellement par le turc), et l'autre qui nous arrive de l'arabe par l'espagnol.

cadi / alcade

113 Dernière modification par éponymie (06-04-2014 14:24:21)

Re : les doublets en français

De l'alcade ou maire, ajoutons donc maire / majeur / major smile

114 Dernière modification par Pascal Tréguer (12-04-2014 14:49:07)

Re : les doublets en français

Du latin parabola : parole, parabole et (via l'espagnol) palabre

115

Re : les doublets en français

J'ai commencé à faire une recherche sur chez, je jette immédiatement ma maigre récolte, je ne vais pas pouvoir reprendre sérieusement tout de suite. Tout ce que l'on voudrait faire... Mais bon, le fil est là, il n'y a qu'à le reprendre.

Sources : Littré et Godefoy

XIIe s.

  • Vos voliez venir à nos e à ceaus qui sont à ches nos (Machab. II, 11)

  • Aval au bourc, ches son hoste Florent (Ronc. p. 189)

  • Chies un hoste hebergent qui moult estoit prudhom (Sax. XXII)

XIIIe s.

  • Que se venir pooie ches Symon le voier (Berte, XLVII)

  • Et vint droit au castiel où li rois estoit en prison, et se hiebrega ciés une vaine feme (Chr. de Rains, p. 53)

  • Et ele n'i met riens ne oste Que ce c'on trueve en chiés son oste (RUTEB. II, 59)

XIVe s.

  • Et de ce veulent les diz freres et seurs achater une petite chese appelée la Bufeterie du Chastellet de Chartres en notre censive (1336, Arch. JJ 70, f 6 v.)

  • Et de là suyvit tant le chevalier la pucelle qu'il la trouva cheuz une sienne cousine (Perceforest, t. VI, f° 54, dans LACURNE)

XVe s.

  • Pietre du Bois s'en vint un soir chieux ce Philippe (FROISS. II, II, 101)

  • Et de là suyvit tant le chevalier la pucelle qu'il la trouva cheuz une sienne cousine (Perceforest, t. VI, f° 54, dans LACURNE)

XVIe s.

  • Qu'il ne tarde plus à amener sa fille, car nous allons cheuz M. Deschenais, où elle pourroit bien se rendre (MARG. L. 12)

  • Comme dict ce poëte chez Plutarque (MONT. I, 23)

  • Se retirer chez soy (MONT. I, 32)

XVIIe s.


Chaise-Dieu est une graphie moderne de chieze, cheze, etc. :

Chaise nom féminin. Fin XIe s.

Variantes : Chaire, Chaix, Chaize, Chase, Chèse, Chère, Chèze, Chièse, Chièze.

Latin classique casa = chaumière, cabane, hutte ; en latin populaire, ce mot supplanta domus et signifie maison (Loi salique, titre 14). En français, casa aboutit à chiese ou chese, souvent écrit chaise ou chaize, et signifie maison, habitation (FEW, II, 449b). Comme nom commun, chese et chaise disparurent vite, sans doute à cause de l’homophonie avec chaise, latin cathedra, doublet de chaire, au sens de siège.

(Toponymie : chaise - chaizieau)

On constate dans la page en lien que les citations antérieures au XIIe siècle et quelques-unes du premier quart du XIIe (de 949 à 1123) usent de formes en casa. Les mentions du XIIIe semblent issues de textes en latin.

Variantes régionales de chez préposition : cheux (Berry), cheux, chu (Picardie), cheuz (Saintonge)

116

Re : les doublets en français

Je peux me tropmer, mais je n'ai pas encore vu passer livrer-libérer et leur dérivé délivrer-délibérer.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

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Re : les doublets en français

Vous ne vous tropmez pas, à ajouter au prochain récap. Merci smile

118 Dernière modification par éponymie (14-04-2014 09:24:27)

Re : les doublets en français

Avec libérer / livrer vient spontanément une demande qui permet d'approcher un peu le latin :

Emprunté au latin liber, signifiant proprement « partie vivante de l'écorce »
le livre (1)

Du latin  libra (cf. aussi livre « poids », qui a pris secondairement le sens de « balance »
la livre (2)

Emprunté au latin liber « de condition libre », « qui se gouverne lui-même », « exempt de », « non occupé », « sans entrave, indépendant ».
libre

Deux mots latins distincts qui ont des formes identiques seulement au nominatif et au vocatif singulier (masculin) :

http://www.dicolatin.com/FR/LAK/0/LIBER/index.htm

Pascal Tréguer a écrit:

Du latin parabola : parole, parabole et (via l'espagnol) palabre

je viens de voir le palabre que vous avez ajouté. Un triplet de doublets de plus donc.

119 Dernière modification par yd (14-04-2014 11:11:35)

Re : les doublets en français

S'il vous plait yd, pouvez-vous inclure les url dans les balises ?

Je n'ai plus la main pour modifier, j'ai donc fait un récapitulatif :

page 1
message 3
pitié
piété

page 3
message 56

cause2
chose

gras
gros

crasse
graisse

page 4
message 96
dîme
décime

page5
message 102
charité
cherté

message 106
doter
douer

message 110
pause
pose (onglet poser, en fait)

Fille légère ne peut bêcher.

120

Re : les doublets en français

Merci yd smile

éponymie (message récap 97) a écrit:

châsse / casse / caisse

premier quartet du fait d'un anglicisme (j'ai mis les liens sur les caractères ). Record battu.

J'ai découvert au passage l'Anglo-Normand Dictionary qui pourrait aussi constituer une source d'inspiration pour nos doublets à condition de prendre le temps de l'explorer.

http://www.anglo-norman.net/gate/index.shtml

Re : les doublets en français

Je ne sais pas si vous connaissez ce lien : dicfro. Il regroupe de nombreux dictionnaires d'anglais, de français, de français ancien et de latin. On peut régler les options de façon à faire des recherches dans plusieurs dictionnaires à la fois. De plus, il renvoie au dictionnaire du moyen français de l'ATILF, qui lui-même renvoie au FEW (Französisches Etymologisches Wörterbuch).

122 Dernière modification par yd (16-04-2014 10:03:38)

Re : les doublets en français

On doit pouvoir encore compter bouillonnement, rattaché, via bouillonner, à bouillir,

Du lat. bullire intrans. « bouillonner »,

et ébullition,

Empr. au b. lat. ebullitio, -onis « jaillissement par ébullition ».

J'hésite à proposer duel2, substantif, terme de la grammaire,

Étymol. et Hist. 1570 (G. Hervet, Cité de Dieu, 279 ds Hug. : Les plus anciens Grecs avoient seullement deux nombres, le singulier et le plurier. Ceux qui sont venus après y ont adjousté le duel). Empr. au lat. impérial dualis, terme de gramm., dér. de duo (deux* et duo*),

et l'usage substantivé de dual, terme des mathématiques,

ATH. Qui est lié à un autre élément par une relation de correspondance réciproque. Variable duale. La distinction entre (...) vecteurs dans un espace et vecteurs dans l'espace dual (Bourbaki, Hist. math.,1960, p. 88).
− Emploi subst. masc. Élément qui est lié à un autre par une relation de correspondance réciproque. Le dual d'un ensemble dual redonne l'ensemble primitif (Gds cour. pensée math.,1948, p. 62).
Étymol. et Hist. 1948 subst. le dual d'un ensemble dual, supra. Empr. au b. lat. dualis « de deux » sous l'infl. de mots tels que dualité*, dualisme*,

les deux mots se rattachant au latin dualis. Je pensais à vrai dire à duel et dual adjectifs, mais le TLFi ne reconnaît pas duel comme adjectif, et j'ai la flemme de rechercher sur Google Livres.

Et encore un doublon, tenez, entre flemme et flegme :

FLEMME, subst. fém. et adj.
Étymol. et Hist. Fin xviiies. en appos. (Boutanquoi, Souvenirs de Marie-Victoire Monnard, 1777-1802, p. 36 ds Brunot t. 10, p. 226 : elle avait le caractère « flemme »); 1821 subst. fém. flème qualifié de ,,barbarisme`` (J.C.L.P. Desgranges, Petit dict. du peuple à l'usage des quatre cinquièmes de la France, p. 45); 1828-29 batteur de flemme « désœuvré » (Vidocq, Mém., t. 3, p. 180). Empr. à l'ital. flemma « lenteur, placidité » (dep. xvies., Tansillo ds Batt.), d'abord « l'une des quatre humeurs fondamentales de l'organisme » (dep. xiiies., Brunetto Latini, ibid.), de même orig. que flegme*.

(c'est moi qui mets en bleu, ainsi que pour ma propre ponctuation intruse dans les citations supra.

10h05 : Le Larousse donne bien l'adjectif duel, et Google Livres confirme la diffusion de l'adjectif en donnant des résultats convaincants en quantité et en qualité avec la clé duelle, qui ne peut concerner que l'adjectif.

Fille légère ne peut bêcher.

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Re : les doublets en français

J'exclurais bouillonnement et ébullition.

J'ai essayé de faire la recherche sur plusieurs onglets avec le dicfro, ça n'a pas fonctionné. J'avais déjà croisé ce site mais ne l'avais jamais utilisé systmatiquement. Il comprend aussi le DVLF qui est lui aussi un méta-dico (qui reprend entre autres le bob abécien de gb) et il n'hésite pas à inclure le wiktionnaire, outil complet donc.

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Re : les doublets en français

Douer et doter, du latin dotare.

Caesarem legato alacrem, ille portavit assumpti Brutus.

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Re : les doublets en français

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