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forum abclf » Parler pour ne rien dire » Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

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Messages [ 301 à 350 sur 365 ]

301

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

J'ai dû mal m'exprimer quand j'ai dit que je suis totalement béotien en matière informatique.

Meuh non. J'avais oublié. Le BBCode, ce n'est pas de l'informatique, c'est un langage stupide.

WWW

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Toujours en 1883, un fait divers sanglant au 57 Rue Galande, relaté par l'Intransigeant du 12-09 :

" L’Affaire de la rue Galande.
Au n° 57 de la rue Galande, se trouvé un des bouges du Paris-hideux. Ce bouge porte pour enseigne « au Château-Rouge ». C’est un établissement construit en briques non blanchies, composé de deux salles, et où vient s'échouer le soir la « pègre » du quartier.
La nuit dernière, vers une heure et demie, deux consommateurs sortant de ce bouge ont trouvé dans la cour qui précède les « salles » le corps d’un inconnu, étendu par terre baigné dans son sang. Au-dessus de l’œil droit était une affreuse blessure d’où sortait un filet de sang.
Les deux individus prévinrent des agents qui transportèrent le corps au poste de la rue Donnât. Un médecin fut appelé. Il ne put que constater le décès.
Le cadavre a été envoyé à la Morgue aux fins d’autopsie. Il est plus que probable que l’on se trouve en présence d’un crime.
Les tenanciers de la maison ont déclaré ne jamais avoir vu la victime dans leur établissement.
Cependant, l’on suppose que cet infortuné, entré avec plusieurs « camarades », se sera pris de querelle avec eux et qu’ils l’auront frappé, puis qu'ils auront pris la fuite.
Voici son signalement : âgé de trente ans environ; cheveux et sourcils bruns, yeux noirs, bouche moyenne, vêtu d’une grande blouse, blanche; casquette de feutre gris; cravate et foulard rouges; gilet et pantalon de velours marron ; linge marqué S.Z."

303 Dernière modification par Roland de L. (17-06-2020 15:04:53)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Fin du message 295

éponymie a écrit:

Plus difficile de trouver des documents intéressants avant 1883, seul Wolf avait écrit quelque chose de complet...

Sauvé par le gong !
J'ai trouvé sur Gallica le tome 9 des Mémoires de M. Claude, chef de la police de sûreté sous le second Empire, par Labourieu, publié en 1882.

Pages 232-233
[A propos de certaines "filles" criminelles]

"De pareils monstres pullulent aux bals musettes, au bal de l'Ardoise, aux Folies de toutes les anciennes barrières. Ces nymphes du ruisseau donnent la chair de poule; elles sont à peu près toutes comme cela dans les centres des voleurs. La plupart du temps ce sont elles qui inspirent leurs amants! On les retrouve chez le Père-Lunette, au Château-Rouge, ivres-mortes pour la plupart.
Ces deux cabarets sont les centimes du vieux quartier de l'Hôtel-Dieu, coupé par les rues des Anglais, du Fouarre, de Saint-Julien-le-Pauvre, des Deux Portes, tronçons de rues du moyen âge que la pioche du démolisseur a oubliés dans ce quartier de l'Hôtel-Dieu et de Maubert, quand des voies claires, comme le quai Montebello et le boulevard SaintGermain, font honte à ces cloaques ténébreux, misérables et meurtriers ! Entrez le soir, si vous pouvez, dans la rue des Deux-Portes ou des Anglais : des souteneurs vous y arrêteront; si ce ne sont eux, ce seront des ivrognesses couchées, ivres-mortes, dans le ruisseau ! Et, comme le soutenait fort bien l'écrivain que je prenais souvent pour mon collègue, ces cloaques ne sont pas changés depuis le moyen âge. Ils abritent les mêmes truands, les mêmes filles de joie !
Ils se sont succédé de père en fils, de mère en fille; leur génération est aussi vieille que leurs vieux murs ; ils ne disparaîtront qu'avec leurs hôtes et pour se répandre plus loin, autour des nouveaux faubourgs, pour y vivre peut-être aussi longtemps ! A l'Ardoise, on danse pour quatre sous; au Château-Rouge et chez le Père-Lunette, tout le long de la rue Galande, de cette artère oubliée du Paris du moyen âge, on y boit pour quatre sous. Ce qu'on y boit, c'est de l'eau-de-vie et de l'absinthe. Leurs effets aboutissent pour les clients au delirium tremens, qui les porte peu à peu, hébétés et tremblants, au bâtiment d'en face, à l'ancien Hôtel Dieu !"

304 Dernière modification par Roland de L. (19-06-2020 04:49:01)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Message 107, du 05-03-2016

éponymie a écrit:

Un triste épisode en août 1872 :
Deux liens hostingpics brisés...

S'agit-il de ce fait divers, relaté comme suit par La Petite presse le 17 août 1872 :
" LE CADAVRE DU CHATEAU-ROUGE

Il y a rue Galande un établissement où se réunissent des hommes et des femmes qui ne sont pas précisément la fleur de la société, et qu’on a surnommé le Château-Rouge. Au-dessus de la porte de la salle principale, on a inscrit et grosses lettres : On est prié de payer aussitôt qu’on est servi ». Ceci dit tout. D’honnêtes gens vont pourtant dans ce lieu, sans souci de la compagnie, « parce que le vin y est bon ».
Avant-hier, dans l’après-midi, une pauvre femme, âgée d’environ soixante ans, entrait au Château-Rouge , y racontant qu’elle venait de passer un an à l’hôpital, et que, néanmoins, elle ne se trouvait pas encore rétablie. Elle prit du pain, un peu de vin, et se plaça dans un coin obscur.
Elle s’y trouvait encore à onze heures lorsqu’on mit les « pratiques », ivres pour la plupart, à la porte.
La bonne femme, elle, ne bougeait pas. Elle était à table, acotée à l’angle de la muraille. On la toucha, elle tomba tout d’un bloc la face sur la table.
Le médecin qui fut appelé constata que la pauvre vieille était morte il y avait deux heures environ.
Pendant deux heures, un cadavre était donc resté assis à table, au milieu des buveurs qui gesticulaient et hurlaient, et sans que personne soupçonnât le sinistre événement.
Le corps de cette femme a été transporté à la Morgue. Elle n’avait sur elle aucun papier.
M. M."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Message 87 du 28-02-2016

éponymie a écrit:

On se rapproche : dans un article du Petit Journal, intitulé Quelques gargottes du 23 février 1875, voici notre château qui n'est pas encore rouge mais solidement associé à la guillotine.
Un lien hostingpics brisé...

S'agissait-il de cet article ?

"Mais quittons la Californie, car voici, dans la rue Galande, le Château de la Guillotine. Sous des quinquets fumeux, dans une salle basse et sans air, grouillent les consommateurs et les buveurs. Il faut payer d'avance pour que le patron vous serve à boire. Ceux qui veulent manger vont chercher en dehors des pommes frites, qu'ils rapportent dans un cornet de papier."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Message 243 du 29-01-2017

éponymie a écrit:

Une nouvelle : le cabaret aurait ouvert ses portes en 1859.
...
De toute façon, il doit bien y avoir une source pour cette date de 1859.

Je n'ai rien trouvé pour 1859, mais j'ai trouvé un petit article de 1860, qui pourrait bien parler du Château-Rouge...

Le Constitutionnel, 14-07-1860
"Trois jours après l'assassinat de la veuve Monclin, dans la soirée du 7 mai 1860, un jeune homme entra dans une maison mal famée de la rue Galande ; il y demanda du vin et montra une montre de femme et une chaîne en or dont il était porteur. Cette circonstance parut suspecte et la police fut avertie..."

307 Dernière modification par Roland de L. (19-06-2020 06:40:17)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Message 85 du 27-02-2016

éponymie a écrit:
éponymie a écrit:

Donc depuis au moins 1869 (Maxime du Camp) et jusqu'en 1881 nous n'avions que La Guillotine, on peut imaginer qu'une peinture rouge sur le portail a donné son nom au Château Rouge et en 1892 sont arrivées les peintures murales qui rappelleront l'ancien nom et ne dureront qu'à peine 7 ans.

Patatras, le Gaulois du 25 octobre 1878
...
l'étau se resserre. Et puis il est pittoresque cet article smile

Le lien hostingpics est brisé. Je pense qu'il s'agissait de cet article, effectivement pittoresque.

"BATAILLE DE DAMES

Des agents ont opéré hier, vers neuf heures et demie du soir, rue Saint-Séverin, en vertu d'un mandat lancé dans la journée, l'arrestation de deux hommes et de deux femmes. L'un de ces couples est bien connu dans le quartier Maubert et au fameux Château-Rouge de la rue Galande, sous le nom de Tu-Duc et de la Mère-Angot.
Les deux couples, qui avaient depuis trois jours de violentes discussions pour une question de vol et de partage, d'après ce que nous a raconté le crémier de îa place Saint-Séverin, près de la fontaine, en étaient à leur cinquième bataille hier, lorsque des agents sont parvenus avec beaucoup de peine à les séparer. Tu-Duc et la Mère-Angot, voulant attaquer le sieur R. et sa femme, qui demeurent dans la maison du boulanger de la rue Saint-Jacques, n° 7, s'étaient livrés sur la femme de ce dernier à des voies de fait pour avoir voulu leur barrer le passage de la maison. On ne peut pénétrer dans cette maison qu'en traversant la boutique pendant le jour. Le soir, un auvent mobile avance dans la boutique du boulanger et établit, un passage indépendant.
Le soir, à neuf heures, la femme R. sachant que Tu-Duo et la Mère-Angot étaient attablés chez le crémier de la place Saint-Séverin, s'y rendit avec son mari. Elle posa alors sur une table un enfant âgé de dix mois et se précipita sur la Mère-Angot. Cette dernière, d'une rare force musculaire, empoigna son adversaire par la chevelure, la jeta à terre, la releva par les cheveux seuls et la fit tourner autour d'elle. Pendant ce temps, R. et Tu-Duc s'administraient une volée terrible, au milieu des autres clients, qui ne pouvaient, en raison de l'exiguïté de la salle, se soustraire aux horions qui ne leur étaient pas adressés.
Les combattants, trouvant le champ clos trop étroit, sortirent sur la place et se roulèrent pendant une demi-heure dans la boue, tandis qu'une vingtaine de personnes avinées les encourageaient à continuer.
Il se forma un rassemblement tel que la circulation était devenue impossible aux abords de la place.
Des agents parvinrent enfin à séparer les combattants et les conduisirent chez le commissaire de police de la rue des Noyers, qui tenait à voir clair dans leurs discussions."

LA VEILLE, La Liberté du 24-10-1878 publie presque exactement le même article (p.3, 3ème col.), sous le titre suivant :
"Un partage : cinq batailles en un jour"
Faut-il voir dans cette quasi-reproduction du texte de La Liberté par Le Gaulois la "patte" de l'agence de presse Havas ?

LE LENDEMAIN, Le Petit Parisien  du 26-07-1878 reprend, en la résumant, cette information :

"En avant quatre
Tu-Duc - drôle de nom - et la mère- Angot forment un couple, dont la chorégraphie macabre fait les délices du Château-Rouge de la rue Galande. Entre temps, le couple funambulesque agrémente sa vie de scènes de pugilat, qui prennent quelquefois des proportions dramatiques.
Avant-hier, le couple Tu-Duc rencontra le ménage R... avec lequel il était depuis trois jours sur un pied de guerre acharnée. Cinq fois, depuis trente-six heures, la rencontre avait dégénéré en bataille. La sixième fut épique.
Les deux hommes et les deux femmes, se trouvant chez un crémier de la place Saint-Séverin, Mme R... posa sur la table son enfant, un poupon âgé de dix mois, et se précipita sur la mère Angot avec une rage indescriptible.
Comme son homonyme, la mère Angot est non-seulement forte en gueule, mais elle possède une poigne qui ferait le bonheur d'un hercule forain. Elle empoigna Mme R... par les cheveux, la jeta sur le sol, la releva, et la fit tournoyer en tirant comme un câble les nattes qui n’étaient, par malheur, pas postiches.
Pendant ce temps, M. R... et Tu-Duc s'administraient une volée terrible, au milieu des clients qui ne pouvaient, en raison de l'exiguïté de la salle, se soustraire aux horions qui pleuvaient dru comme grêle. Les combattants, trouvant bientôt le champ de bataille trop étroit, sortirent sur la place et exécutèrent, pendant près d'une demi-heure, un « en avant quatre » qui ravissait les nombreux badauds.
La scène se termina par l'arrivée des agents, qui conduisirent au poste de la rue des Noyers les deux couples, meurtris et pochés, mais plus furieux que jamais."

308 Dernière modification par Roland de L. (19-06-2020 08:22:25)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Découvrant de plus en plus la richesse de ce fil, et de l'histoire du Château-Rouge, je me demande parfois, n'ayant pas encore eu le temps de lire tous les messages et tous les liens (dont certains sont brisés...) répertoriés au message 276, si cet établissement était le seul de son genre dans la rue Galande, ou s'il y avait des concurrents et voisins proches.

En faveur de la seconde hypothèse, ces extraits d'un article du Temps (27-12-1867, p.3, col. 1) :
"Davaud, ouvrier menuisier, est prévenu d'offense envers l'empereur.
C'était dans un cabaret de la rue Galande...
C'étaient là, il est vrai, les divagations d'un homme ivre..."

15 ans plus tard; je trouve dans La Liberté (19-02-1882, p.3, col. 1) :
"La bande de la rue Galande
Certains débits de vin mal famés ont, comme ceux de la rue Galande, leur clientèle spéciale. Les vagabonds vont dans les uns, les roulottiers dans les autres..."

Et, toujours en 1882, dans la même Liberté (27-07-1882, p.3, col.5) :
"Un jour de sortie
Hier, l'infirmière B..., dont c'était le jour de sortie, s'installait à trois heures dans un des établissements les plus mal famés de la rue Galande et y restait jusqu'à minuit, oubliant totalement l'heure de la rentrée..."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Complément au message précédent

Dans La Charente (10-08-1872, p.4, col.1), est repris un compte-rendu par Fournel (La Gazette de France, non disponible en ligne) de l’ouvrage de du Camp (voir message 203 d'éponymie, date 1869).
Je ne trouve pas l'extrait ci-dessous dans le tome III de du Camp, et du coup j’ignore s'il est de du Camp ou de Fournel…  désolé pour ce manque de précision !

« Que serait-ce donc si, descendant aux détails, nous voulions passer en revue les bals, cafés, concerts, cabarets, adoptés par le monde des voleurs ?
La rue Galande en possède deux à elle seule. L’un qui porte le nom sinistre de la Guillotine et qu’on appelle aussi plus gracieusement le Château Rouge ; l’autre, qui a pour annexe un garni de logeur à la nuit, où le vol se pratique couramment devant le comptoir, sur la personne des innocents égarés dans ces immondes parages, et où, par la porte toujours grande ouverte, j’ai aperçu une si effrayante collection de physionomies patibulaires, que le cœur m’a manqué au moment de franchir le seuil. »

310

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

« Que serait-ce donc si, descendant aux détails, nous voulions passer en revue les bals, cafés, concerts, cabarets, adoptés par le monde des voleurs ?
La rue Galande en possède deux à elle seule. L’un qui porte le nom sinistre de la Guillotine et qu’on appelle aussi plus gracieusement le Château Rouge ; l’autre, qui a pour annexe un garni de logeur à la nuit, où le vol se pratique couramment devant le comptoir, sur la personne des innocents égarés dans ces immondes parages, et où, par la porte toujours grande ouverte, j’ai aperçu une si effrayante collection de physionomies patibulaires, que le cœur m’a manqué au moment de franchir le seuil. »

Voilà un document que je ne connaissais pas ! Sinon, effectivement, la Guillotine n'éait pas le seul bouge de la rue Galande. Concernant le fait divers de 1883, il y avait eu des articles dans plusieurs journaux, tous n'ont pas été recensés.

Je vois que vous vous accrochez et y mettez du vôtre. Je suis désolé mais si je remets en ligne les documents, j'aimerais le faire correctement et dans l'ordre chronologique. Il faut que je le fasse calmement et ce ne sont pas seulement les liens hostingspics qui manquent... Je ne peux pas vous suivre dans toutes vos découvertes ou re-découvertes,je n'en ai pas le temps.

Si je peux me permettre : d'accord vous n'êtes pas informaticien mais essayez d'utiliser un minimum de BBCode

6e balise de la barre d'outil du message que vous écrivez
[quote]vous permet de citer des documents qui sont mis en évidence à l'intérieur de votre message[/quote]

9e balise de la barre d'outil du message
[url]mettez entre ces balises l'adresse internet de l'image ou du site que vous citez[/url]
vous pouvez aussi faire mieux
[url=mettez ici l'adresse internet de l'image ou du site que vous citez]mettez entre ces balises un texte qui résume le contenu (souvent je me contente d'écrire source)[/url]

 

ce sera infiniment plus clair pour tout le monde.

WWW

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Grand merci pour vos encouragements !
Effectivement, je m'accroche, ou, plutôt, c'est le sujet qui m'accroche.

J'essaye, sauf exception, de trouver des textes antérieurs à 1883, selon votre souhait.

Je n'ai pas inséré de liens dans mes messages de ce matin, parce que j'ai soit fait du copier/coller avec retouches, soit tout bêtement tapé les textes avec Word puis reporté sur ce forum.
Ça, je sais à peu près faire !
La deuxième méthode, rustique j'en conviens, a été employée pour le message à venir (article de La Nation de 1885).

Je vais essayer de prendre en compte vos conseils, c'est une habitude à prendre sans doute.

Quant à la mise à jour de votre récapitulatif ("correctement et dans l'ordre chronologique"), c'est effectivement un travail de bénédictin.
Prenez tout votre temps, à vos occasions.
Moi, je me retrouve très bien, et avec ravissement, dans votre message 276.

312 Dernière modification par Roland de L. (19-06-2020 14:11:25)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

J’ai trouvé un court article dans La nation, qui est la suite d’un début que je ne trouve pas.
Sans doute Gallica n’a pas numérisé le n° où se situait le début. Dommage !

1885, 26 mars : La Nation
Les misères de Paris
IV Les bouges
(suite)

"En résumé, le Château-Rouge de la rue Galande n’est pas plus mal fréquenté que d’autres du même genre, c’est un lieu de rendez-vous pour certains malfaiteurs, mais ce n’est pas là où se décident les expéditions. La maison est trop connue d’abord et n’offre pas assez de garanties ; le patron, M. Sauserousse, qui est là depuis deux années, n’a pas l’ « l’estime » de sa clientèle, c’est un brave homme aux épaules carrées et larges, aux poings solides qui, certainement, est doué d’une véritable audace, pour vivre au milieu de tels clients."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

Je n'ai pas inséré de liens dans mes messages de ce matin, parce que j'ai soit fait du copier/coller avec retouches, soit tout bêtement tapé les textes avec Word puis reporté sur ce forum.
Ça, je sais à peu près faire !
La deuxième méthode, rustique j'en conviens, a été employée pour le message à venir (article de La Nation de 1885).

La méthode rustique a un gros avantage, la pérennité (enfin, celle du forum !) parce qu'on voit hélas trop souvent les liens et les hébergeurs d'images devenir inutilisables après des années.

314 Dernière modification par Roland de L. (19-06-2020 16:33:47)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Tout à fait d'accord avec vous, cher Abel, sur les bienfaits de la méthode rustique !
Mais elle n'est applicable que pour les textes courts, enfin, pas trop longs...
Surtout quand on ne tape pas avec tous les doigts.

D'après mon expérience, qui est limitée, les liens avec les livres, chez Google comme chez Gallica, sont stables.

Pour les journaux numérisés par Gallica, je les télécharge, et, chance ou non, je copie/colle les articles, ou bien je dois les dactylographier sur Word. C'est ça qui est le plus long.
J'ai cru comprendre que éponymie les photographiait, et beaucoup de liens "hostingpics" sont détruits. Il serait fastidieux et peut-être impossible de retrouver les sources.

Pour les images, je n'ai pas d'expérience.

315 Dernière modification par Roland de L. (20-06-2020 08:54:02)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Dans la matinée, je proposerai quelques poissons tirés de ma pêche au lamparo du petit matin.

Je vous soumets d'entrée ma plus belle prise.
Désolé, elle est en langue anglaise, ce qui peut paraître choquant sur ce forum, mais c'est vraiment l'article de synthèse le plus intéressant que j'ai trouvé sur notre sujet.

L'auteur, Richard Griffiths, est professeur de français à Londres.
L'article a été publié en 2013 par France Cultural Studies.

Le titre est assez long :
The Château-Rouge and the Père Lunette : Insights into the "slumming" culture of late nineteenth century France

Le texte

Bonne lecture !

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

(Message 119)

éponymie a écrit:

L'article de Wikipédia sur Wolff pointe sur des pdf de Gallica sur lesquels la recherche ne fonctionne pas. L'ouvrage en question date de  1885 : L'écume de Paris (page 29)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k215332q/f38.image

Trois éléments de mise à jour.

a) Le lien de Wikipedia vers L'écume de Paris fonctionne ce 20/06/2020.

b) L'ouvrage de Wolff a été réédité par Hachette en 2016 (partenariat Hachette Livre - BNF) :
Cette page

c) Le chapitre "Le cabaret de la rue Galande" est lisible sur Google :
Cette page

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Toujours une article de synthèse, et toujours un titre long...
Mais cette fois-ci en français !

2004 : Dominique Kalifa : Les lieux du crime. Topographie criminelle et imaginaire social à Paris au xixe siècle (Sociétés et représentations, n° 17)

Cette page

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Je propose d'inclure dans le message 276 un article de plus pour la très riche année 1885.
L'auteur y situe une "rafle" visant le Château-Rouge dans un contexte...

1885, 6 juillet : Le Petit parisien

"BOUGES ET COUPE-GORGES

Depuis quelques jours, la Préfecture de police fait pratiquer une série de razzias dans les établissements, hôtels borgnes, cabarets et bouges diversement dénommés, connus pour être le refuge ordinaire des râleurs, des vagabonds et des repris de justice.
Chaque fois ou à peu près qu'un nouveau Préfet de police entre en fonctions, il se hâte d'inaugurer son règne par une opération semblable, afin d'attester sa bonne volonté et la résolution où il est d'assainir Paris et d'y assurer par des mesures énergiques la sécurité. Le plus souvent, après ce beau déploiement de zèle, les choses en restent là, et les attaques nocturnes recommencent de plus belle. La méthode, d'ailleurs, est assez critiquable.
On sait comment on procède La maison désignée comme refuge habituel des « gens sans aveu », est, à l'heure la plus favorable, entre dix heures et minuit, par exemple, bloquée par une nombreuse escouade d'agents qui bouchent toutes les Issues. Les individus qui s'y trouvent sont ainsi pris comme des poissons dans un filet. Toute la bande est conduite an poste voisin. Le lendemain, le chef de la Sûreté passe la revue et reconnaît les siens. C’est-à-dire ceux qui sont sous le coup d’un mandat d'amener ou qu'il juge utile de garder. Ceux-là sont mis en lieu sûr; le reste reprend sa volée.
Il est clair qu'il y a là une belle et bonne entorse, à la loi, puisque d'honnêtes gens fourvoyés soit par la curiosité, soit par un autre motif parmi les coquins sont exposés à une arrestation qu'aucun méfait n’a justifiée ; quoi qu’il en soit, c’est le procédé que préfère la police – quand elle se décide à faire quelque chose, parce que c'est celui qui lui donne le moins de mal.
Arrêter en bloc et pêcher dans le tas est, en effet, bien plus facile et moins fatigant que de chasser individuellement les malfaiteurs : si la police était faite comme elle doit l'être, si elle avait l'incessante vigilance qu'elle doit avoir, elle n'aurait pas besoin de recourir à ces rafles qui rappellent un peu trop les procédés de l'ancien régime.

Mais je ne veux pas m'arrêter à ce point de vue, qui m'entraînerait à une discussion approfondie et, conséquemment, longue sur la meilleure manière d'assurer la sécurité des grandes villes.
Ce qui est certain, c'est que dans tous les centres populeux infestés de nombreux malfaiteurs, à Paris surtout, il y a eu en tout temps de ces maisons louches affectées à la clientèle spéciale des escarpes et où la police n'a qu'à tendre ses filets pour être sûre de retenir un bon gibier.
Autrefois, la Cour des Miracles était le grand égout collecteur où aboutissaient toutes les immondices morales de la capitale. Depuis, le cloaque s’est décentralisé. Cependant, à mesure que la pioche des démolisseurs ouvrait de grandes percées de lumière par la ville, les bouges qui la déshonoraient ont en grande partie disparu. Ceux qu'ont visités, hier, les agents dans les quartiers de la place Maubert. des Halles et de la Goutte-d'Or demeurent comme les derniers vestiges d'un Paris à peu près disparu.
C'est dans le "débit de vins" connu sous le nom de "Château-Rouge" qu'a eu lieu le coup de filet principal.
Le "Château-Rouge", situé rue Galande est célèbre. Il a sa légende. Légende récente, mais qui n'en est pas moins sanglante. C’est au « Château-Rouge », on s’en souvient, que se rendit Gamahut le soir de l’assassinat de la veuve Ballerich, et c’est là qu’il fut arrêté..."

319 Dernière modification par Roland de L. (20-06-2020 12:53:47)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Comment Maurice Donnay, auteur dramatique, voyait le Château-Rouge et autres lieux du genre en 1895

1895 : Amants, Maurice Donnay
(Extrait)

Acte I, Scène III

Madame Sorbier
Venez vite, Schlinder (1), ces dames sont comme folles ; elles voudraient vous adresser une requête.

Schlinder
Je suis à leur disposition.

Claudine
Nous voudrions aller dans les endroits où l’on trouve des assassins.

Schlinder
Nous ne les connaissons pas, madame, ces endroits-là.

Ravier
Si vous les connaissiez, vous ne seriez pas ici.

Madame Grégeois
Allons donc, monsieur le Préfet… Monsieur Ravier nous a nommé tout à l’heure (2) un tas de lieux mal famés… Le Père-Lunettes, le Château-Rouge, le bal des Gravilliers, le caveau Saint-Hubert…

Ravier
La tournée des grands-ducs.

Schlinder
Rien n’est plus facile.

Claudine
Dites donc… je ne serai pas très rassurée… il n’y a pas de danger ?...

Schlinder
Mais non madame… pas plus que chez vous.

Claudine
Vous êtes trop bon.

Schlinder
Non, c’est vrai, vous comprenez bien que tous ces endroits-là sont connus, classés… Maintenant on les exploite… et la boutique du Père-Lunettes est devenue un cabaret artistique.

Ravier
C’est le Chat-Noir des pauvres.

Madame Grégeois
Enfin nous voudrions voir ça.

Schlinder
Rien n’est plus facile ; le jour où vous serez décidées, vous n’aurez qu’à me le faire savoir…


Notes

(1) Schindler est le Préfet de police
(2) Dans le début de cet Acte I, Ravier n’a donné aucune précision sur la tournée des grands-ducs

320 Dernière modification par Roland de L. (20-06-2020 18:28:13)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

(Message 276)

éponymie a écrit:

1898 (réédité en 1901) : La Bièvre, les Gobelins, saint Séverin, Huysmans

À propos de Huysmans, il conviendrait d'ajouter le livre de Maurice Garçon.

1941 : Huysmans inconnu, du bal du Château-rouge au monastère de Ligugé, Maurice Garçon

Chapitre sur le Château-Rouge : Le bal du Château-Rouge ou Huysmans dans le milieu
Cette page

PS Et peut-être, quelque part, la page de Wikipedia sur J.K. Huysmans, si elle n'a pas déjà été donnée.

321 Dernière modification par Roland de L. (20-06-2020 17:55:52)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

(message 276)

[*]1898, 12 décembre : Le Gaulois, la fin de la rue Galande, message 170, message 263, annonce de la démolition du Château-Rouge, mention de l'ouverture en 1859, de la salle appelée la Guillotine d'après la fresque, anecdote sur la visite des Grands-Ducs[/*]
[*]1898, 14 décembre : L'univers,  message 262, annonce de la démolition du Château-Rouge, mention de l'ouverture en 1859, de la salle appelée la Guillotine d'après la fresque[/*]
[*]1899, 24 avril : La Presse, Paris qui s'en va,un bouge célèbre, Émile Lapaix message 143, annonce de la démolition du Château-Rouge et visite et brève description de deux salles du rez-de-chaussée, dont celle des peintures murales et du premier étage[/*]
[*]1899, 30 avril : L'intransigeant, la rue Galande,  message 260, annonce de la démolition du Château-Rouge, mention de l'ouverture en 1859, de la salle appelée la Guillotine d'après la fresque, anecdote sur la visite des Grands-Ducs[/*]
[*]1899, 6 mai : Le Monde Illustré, message 113, annonce de la démolition du Château-Rouge et description[/*]
[*]1899, 7 mai : L'hebdomadaire Illustré, message 189, annonce de la démolition du Château-Rouge, description et mention des décorastions des trois salles[/*]
[*]1899, 9 au 16 mai : L'orchestre, la chanson de la semaine,  message 260, chanson sur la fin du Château-Rouge[/*]
[*]1899, 19 juin : Le Gaulois, message 71, ce qui sera conservé du Château-Rouge[/*]


À ce riche ensemble sur l'annonce de la démolition du Château-Rouge, il conviendrait d'ajouter le procès-verbal de la Commission du Vieux Paris sur le sujet.

1899, 4 mai : Procès-Verbal de la séance du 4 mai 1899, Ville de Paris, Commission du Vieux Paris, visite aux maisons expropriées pour le percement de la rue Dante
Pages 157 (bas de page), et 158

322

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Attention : il y avait deux Château Rouge : le plus ancien, du côté de Montmartre était infiniment plus huppé que celui de la rue Galande et a été mêlé aux évènements de la Commune. Si vous voyez bal, c'est de lui qu'il s'agit. Les grand-ducs venaient voir les poivrotes mais ne dansaient pas avec elles.

WWW

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Merci pour ce conseil !
J'ai en effet dû faire très attention à ne pas mélanger les deux châteaux rouges, et patiemment relu tous les textes, en particulier de journaux, pour être sûr de ne pas me tromper.
Je suis à peu près tranquille quant au résultat... mais une erreur peut toujours se glisser.

324 Dernière modification par Roland de L. (21-06-2020 10:56:23)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Bonjour à toutes et à tous !
En guise de démarrage pour ce dimanche, un compte-rendu (début 1899) du livre de Huysmans dont il a déjà été question.

1899, 1er janvier : La Revue des revues, C.R. du livre La Bièvre, Saint-Séverin (J.K. Huysmans; chez Stock)

LA REVUE DES REVUES : 01-01-1899

Revue des derniers livres français
Compte-rendu du livre de Huysmans (La Bièvre et Saint Séverin, chez Stock)

Ce n'est pas un roman, que J. K. Huysmans nous apporte aujourd'hui, mais le récit d'une promenade archéologique à travers le vieux Paris. Promenade singulièrement limitée, car elle ne dépasse pas, d'une part la vallée de la Bièvre, de l'autre les rues étroites qui avoisinent Saint-Séverin. La Bièvre est moins une rivière qu'un symbole. Elle arrive à l'entrée de Paris, à la poterne des Peupliers, toute fraîche encore, presque virginale, emportant dans ses remous chantants les feuilles sèches des forêts natales. Puis, aussitôt qu'elle a pénétré dans la grande ville, elle est saisie, canalisée entre des berges sales et puantes, où s'entassent en limon fétide toutes les ordures qu'on lui jette. Elle reçoit les teintures acides des Gobelins, les résidus des tanneries. Ses eaux noires et fangeuses se traînent lamentablement sur des vases, jusqu'au moment où, toute honteuse de sa déchéance, elle se glisse sous le souterrain qui va la cacher dans la grande Seine, comme une fille perdue et déshonorée se jette dans le sein d'une mère toujours indulgente.
Dans le quartier Saint-Séverin, si peu dissemblable de ce qu'il était autrefois, c'est l'évocation du Paris ancien, qui encombrait d'écoliers et de filles de joie ces ruelles où flamboyait le foyer des rôtisseries. C'est encore la terre d'élection des bouges de gaupes et de truands. Les abominables repaires où la police, en quête de criminels, jette à coup sûr son filet, sont tous situés dans ce quartier Saint-Séverin. Il y a aussi les restaurants, les pensions alimentaires où l'on se repaît pour quatre sous.

« C'est là que toutes les bidoches avariées, que toutes les charcuteries condamnées des Halles échouent. Le matin, vers six heures, on apporte ces viandes mortes et qui veulent revivre. Elles sont vertes et noires, vertes dans les parties de graisse, noires dans les autres. On les épluche, on les sale, on les poivre, on les trempe dans le vinaigre, on les pend pendant quarante-huit heures dans un fond de cour, puis on les accommode et on les sert. C'est, pour les gens qui mangent de cette putréfaction matée, la dyssentrie en quelques heures. »

Ce n'est là, si horrible soit-il, qu'un tableau de misère. Il y a aussi des tableaux de vice, du vice le plus sordide et le plus répugnant que jamais on ait rêvé. C'est la maison Alexandre, c'est Trolliet, c'est le Père Lunette, que des agents de police dûment stylés montrent, avec une mise en scène mélodramatique, aux étrangers de distinction qui visitent Paris. Le Père Lunette est, du reste, moins farouche qu'il n'en a l'air. On n'y détrousse pas les visiteurs, on se borne à les exploiter et à leur laisser des puces en échange :

« Quand on chourine dans ce bouge, c'est entre soi ; on se saigne entre amis, mais ces scènes sont fort rares, il faut généralement, pour qu'on s'assassine, qu'il y ait du sang versé dans le quartier; alors les fauves se réveillent chez ces brutes et chacun tire son os de mouton ou son surin ; l'assassinat commis dans un tapis-franc se répercute dans les autres; le sang qui fume engendre des larves ; elles trépident dans la boue remuée de ces âmes et, sans cause apparente, dans toutes les étables de la paroisse, l'on se massacre. »

On proposait de démolir ce quartier abominable; Huysmans a trouvé un autre remède. Ce serait d'y appeler des ordres voués à la pénitence, des Carmélites, des Clarisses. Nous lui en suggérerons un autre: diminuer la misère. Ce sera autant de pris sur le vice.

325 Dernière modification par Roland de L. (21-06-2020 12:47:03)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Le printemps 1883 voit sans doute l'entrée en scène de celui qui allait devenir le  célèbre"père Trolliet"*.

1883, 5 avril : Archives commerciales de la France : vente du fonds « crèmerie » du 57 rue Galande à Trolliet, (entrée en jouissance 15/04/1883)
Cette page

* Au fait : j'ai appris, dans l'Echo du Public (1899) qu'il s'appelait Pierre !

326

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Bravo pour cette recherche passionnante et de haut vol !

Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

327 Dernière modification par Roland de L. (21-06-2020 12:39:47)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Grand merci, Lévine !

Je ne fais qu'essayer de me hisser au niveau des prédécesseurs, qui ont sacrément labouré le terrain depuis le message 1 de mercattore, qui date d'octobre 2009...

328 Dernière modification par Roland de L. (21-06-2020 13:58:28)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Encouragé par les encouragements, je poursuis mon chemin, et propose d'ajouter deux articles de plus sur l'affaire Gamahut de 1885, qui a tant fait pour la réputation de ce "cabaret" du Château-Rouge, dans lequel, finalement, il ne se passait jamais rien !

1885, 10 et 11 mars : points de vue de La Croix sur le procès de Gamahut et autres

Article en Une du 10 mars

Article du 11 mars

Pour le plaisir, un extrait du "chapeau" de l'article du 11 mars :
« Nous parlerons donc de Gamahut comme nous parlons des bals d’enfants et des autres infamies de la politique dont il est nécessaire, au même titre, que chacun soit instruit. »

329 Dernière modification par Roland de L. (21-06-2020 19:06:52)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Petite escapade, non vers le ], mais vers le feuilleton.

1885, 9 mai, La Lanterne, Madame Populo, début du chapitre VI, de Georges Duval, Au Château-Rouge, brève description des lieux et de la clientèle

Au Château-Rouge

Paris est une vieille coquette qui met du fard, non seulement pour cacher ses rides, mais aussi pour dissimiler ses dartres.
Ses dartres n’est pas assez : disons sa lèpre.
Cette lèpre s’appelle misère.
Maladie horrible qui ronge, s’étale, envahit, contre laquelle luttent en vain, et cela depuis des siècles, des hommes de bonne volonté, mais qu’entretiennent de plus forts et de plus nombreux.
Maladie physique et morale, s’attaquant au corps, qu’elle tord, brise, tue, et à l’âme qui se révolte et se vicie.
La misère est la grande responsable de tous les maux qui se commettent.
C'est la sœur aînée du crime. S'il est un endroit où son image eût pu, en 1868, jouer le rôle d'une idole, c'est dans un cabaret borgne de la rue Galande, cabaret qui existe encore aujourd'hui, sous le nom de Château-Rouge.
Là, dès cinq heures du soir, et jusqu’à deux heures de l’après-midi, s’étalait tout ce qui peut résulter des noires combinaisons de la misère et du crime.
Représentez-vous deux salles, dallées, aux murs suintant l'humidité, disposées en équerre.
Dès l'entrée, deux choses épouvantaient : un silence de mort et une odeur de musc.
Pourquoi ce silence?
Parce que les mauvais coups ne se combinent qu'à voix basse. Il semble que soi-même on ait peur de l'entendre.
Pourquoi l'odeur de musc?
Parce qu'il y a des penchants infâmes qui ne s'avouent que par des odeurs.
Dans la première -salle, tout était sombre durant la journée, parce que la lumière n'y venait que par une ouverture très étroite; pendant la nuit, deux petits becs de gaz représentaient tout l'éclairage. D'ailleurs mieux valait que l'obscurité cachât ce qui s'y passait. On n'y eût aperçu que des silhouettes d'ivrognes affalés sur les tables, la tête entre les bras étendus, des femmes gisant, pêle-mêle, la face contre terre, cuvant leur eau-de-vie.
Il fallait enjamber ces corps inertes, pour gagner la seconde salle, où la conspiration remplaçait l'ivresse.
A droite, des femmes sentant l'hôpital ; des hommes de quarante à soixante ans, tous repris de justice, mais découragés, désillusionnés, blasés, ne croyant plus que médiocrement à l’avenir du crime, abrutis, pour la plupart comme ces vieux lions que vingt-cinq ans de viande malsaine et de coups de cravache ont complètement avilis. Gens retirés de l'assassinat. Rentiers du meurtre.
A gauche, des filles, vêtues de costumes, laissant deviner quelle lutte avait lieu entre la coquetterie et la détresse, portant presque uniformément les cheveux gras, roulés en bandeaux dentelés sur le front, et retombant par derrière dans un filet de chenille. Leurs physionomies sont typiques. Il y a entre elles une ressemblance. Ne sont-elles pas, d'ailleurs, de la même famille? Elles ont le front bas, le nez court, la bouche énorme, les lèvres minces, les dents noires, les oreilles grandes et le cou maigre. La voix est pointue. Quelques-unes portent des bijoux. La voix. est pointue. Quelques-unes portent des bijoux.
Avec elles boivent confusément, des hommes, non, des enfants de quinze à vingt ans. Depuis longtemps, c'est à cet âge que l'on s'exerce. On tire à la conscription du crime en sortant de l'école primaire. Bataillon d'être malingres et chétifs, mais envieux et cruels, tenant, pour la lâcheté, du chacal, et du léopard, pour la cruauté. De même que la méchanceté est pire chez une belle personne, le vice est plus repoussant chez un être jeune. Ils n'ont pas la blouse, mais des jaquettes sur lesquelles retombent des cravates crues ornant des cols exagérés. Un d'eux s'amuse à planter son couteau dans une pomme et considère la largeur de l'entaille. Il se fait sans doute la main. Un autre cause d'amour avec un souteneur de dix-huit ans, qui finit par lui i=donner sa cravate. Un troisième montre à des copains le ravage que la teigne a fait sur sa tête blonde. Celui-là est reconnaissable à une chaîne en cuivre à laquelle est attaché un médaillon orné de verroteries ibleues.
Dans cette salle, la lumière est plus vive.
On a plus besoin de s'y voir.
Dans un coin, autour d’une table circulaire, la seule de l'établissement, buvaient, fumaient et causaient trois hommes approchant de la trentaine. […]

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Quand un chroniqueur se plaignait de l'encanaillement...

1887, 15 mars, Le XIXème siècle, Chronique sur la mode de la fréquentation des cabarets

"CHRONIQUE

Quelques jeunes femmes des petits théâtres, accompagnées, comme cavaliers, de gens du monde se prêtant complaisamment à ce caprice, ont fait, ces jours-ci, l'étrange partie d'aller déjeuner dans un cabaret borgne de la rue Galande, le «Château-Rouge». Ce «Château-Rouge» a la réputation d'être un lieu de rendez-vous de souteneurs, de rôdeurs, de repris de justice et de filles. Peint en rouge sur sa façade (de là son nom), enfumé, puant, sordide, l'endroit est d'ailleurs beaucoup plus ignoble que pittoresque. Poussés par une curiosité quelque peu malsaine, ces Parisiens et ces Parisiennes de la rive droite se sont assis sur les bancs de bois, se sont accoudés aux tables boiteuses, sentant l'alcool frelaté, et se sont amusés à boire dans des verres ébréchés, au nez des clients habituels de l'établissement. Les dames ont eu, de bonne foi, un petit frisson en se trouvant installées, avec tout le frou-frou de leurs toilettes élégantes, dans ce bouge sinistre, et se sont  persuadé qu'elles avaient accompli un bel acte de courage. Le souvenir du prince Rodolphe coudoyant les bandits dans les tapis-francs devait les hanter. La gaieté venant, on a échangé des fariboles avec les consommateurs en blouse et en casquette de soie ; on a porté des toasts fantaisistes à l'«union des classes», on a offert des tournées de cerises à l’eau de vie : bref, on est sorti de là en déclarant que les chenapans du quartier Maubert n’étaient pas de si mauvais diables qu’on dit.
Bizarre équipée, n'est-ce pas ? pour de jolies actrices. Mais le goût de l'horrible est une perversité très féminine. Les femmes sont nées spectatrices de cours d'assises et lectrices de romans-feuilletons. Je ne crois pas qu'il y ait lieu de philosopher beaucoup sur cette petite bravade : est-ce que rien peut encore étonner, dans les folies de la vie parisienne ? Tout au plus y aurait-il à regretter qu'on ait risqué de développer encore plus le goût de la pose chez les voyous de la rue Galande.      Depuis que ces visites aux quartiers sinistres ont de mode, depuis que des chroniqueurs, amusés d'une soirée imprévue, ont parlé des poètes du Père Lunette,—le cabaret rival du Château Rouge,—et des types crapuleux qui s'y rencontrent, toute cette population abjecte s'est trouvée très flattée. Elle se sent une des curiosités de Paris; elle sait que les princes étrangers qui explorent la capitale, respectueusement escortés par des agents de police, ne manquent pas d’aller passer un quart d’heure parmi elle, et tous ces chevaliers du trottoir se montrent en représentations, comme des cabotins.
Le danger qu'on imagine complaisamment est le piment de ces escapades ; mais, en réalité, le danger n'existe guère. Tout ce monde-là ne songe qu'à s'étaler fièrement aux yeux des curieux, à  « épater» le bourgeois. C'est l'orgueil d'en bas, l'orgueil de la boue. C'est la surexcitation de cette gloriole immonde des clients des bouges renommés qui semble le résultat le plus fâcheux de ces promenades à travers le monde du vice. Il y a des chefs d'emploi, des grands premiers rôles: ce sont ceux qui entonnent des chansons en argot ou entament des conférences farouches à plaisir. L’attention qu’on leur prête les enfonce un peu plus, chaque soir, dans l’infamie. A force de se vanter, pour ahurir les visiteurs, de méfaits imaginaires, ils en arrivent à souhaiter la gloire d’un vrai « grand coup ».
Puisqu’il faut, paraît-il, que les Parisiens contentent ce goût pour les choses basses, j’avoue que je regrette la disparition de l’établissement de ce brave homme nommé, je crois, Mauras, qui avait imaginé un système qui conciliait tout. C’était dans l’ancienne Cité, non encore aérée et transformée, qu’il s’était établi. Il avait ouvert un cabaret d’aspect suffisamment tragique, noir, humide, moitié boutique, moitié cave. Il avait habilement fait répandre le bruit que ce cabaret était le rendez-vous habituel de la pègre la plus cynique. Et les curieux de venir, avec une inquiétude que doublait le plaisir.
De fait, il y avait de quoi frissonner, en voyant une dizaine d'hommes attablés autour de verres d'eau-de-vie, vêtus de loques, portant des balafres sur la figure et causant, sans se gêner, de leurs    petites affaires: «—Il y aurait un joli coup à tenter chez le bijoutier de la rue Saint-Denis. —Ma foi, s'il faut tuer, on tuera!—Tu en es ?—Entendu !» Ou bien c'étaient des souvenirs de bagnes et de maisons centrales, révélant aux étrangers, stupéfaits, des détails horribles, avec un extraordinaire cynisme de récits tout naturels.
Quelquefois, enfin, deux des clients se disputaient, s'injuriaient, et on voyait déjà luire la lame  des couteaux, lorsque les autres s'interposaient. On sortait de là, effaré, épouvanté, doutant de la police, ayant une provision de cauchemars pour huit jours. Or, ces prétendus assassins étaient tout simplement des comédiens de banlieue sans emploi, qui jouaient consciencieusement le rôle d'escarpes, répétant Ja leçon que leur avait faite le père   Mauras ; les meilleurs gens du monde,  grimés et costumés pittoresquement, et qui n'étaient engagés par le cabaretier qu'après avoir donné des références ! A ce métier de barnum de faux criminels, on assure que Mauras, tant la badauderie est une belle chose ! gagna une fortune rondelette.
N'était-ce pas tout à fait ingénieux, et ses bandits supposés n'étaient-ils pas plus amusants que des bandits nature ? Si encore ces escarpes du «Père Lunette» et du « Château-Rouge » étaient même des héros dans leur genre ! Mais c'est là un ramassis de bohèmes lâches, de rôdeurs obscurs, habiles à vivre en paix avec la Préfecture, en lui rendant des services. On n'imagine point que les vrais assassins et les malfaiteurs émérites seraient assez sots pour se montrer là tranquillement ; on n'a donc sous les yeux que de sous-gredins, indignes même de la curiosité. C'est pourquoi, sans faire le moraliste, nous pensons qu'il vaudrait mieux les laisser à eux-mêmes, et que les jolies Parisiennes, surtout, auraient d'autres endroits où chercher des émotions. Si elles tiennent tant que cela à l'horrible, qu'elles aillent aux asiles de nuit ou aux hôpitaux, où leur charité pourrait s'exercer et où leur gentil sourire, subitement attendri, consolerait et charmerait. Pourquoi les malheureux seraient-ils moins intéressants – même au sens le plus restreint du mot, - que les canailles ?

Signé : illisible…"

331 Dernière modification par Roland de L. (22-06-2020 09:24:19)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

De quelques distractions innocentes entre habitués du Château-Rouge...

1888, 8 février, Le Radical, Chronique judiciaire, "Un meurtre pour une tasse de café"

"Un meurtre pour une tasse de café

Aujourd'hui, à la Cour d'assises, chambrée complète de drôles. Accusés, témoins, ce ne sont que souteneurs et voleurs. On juge l'affaire de ces deux bandits «le Frisé» et «la Blonde noire» (Hazo et Darguesse, de leurs noms véritables) qui ,un soir de gaîté, en septembre 1886, tandis qu'ils buvaient au comptoir du bouge du Château-Rouge, rue Galande, avaient parié, pour une tasse de café, de jeter à l'eau «la Bretonne», une fille de leur monde, et qui, quelques heures plus tard, exécutaient tranquillement leur pari ; puis, la malheureuse à l'eau, se sauvaient, la laissant,s ans remords, se débattre et rouler dans flots jusqu’à ce que mort s’ensuivit.
Hazo, le Frisé,-au cou monstrueux, lutteur sur les places publiques, quand les prostituées ne le nourrissent pas, a le front et les mâchoires d'un mandrille. On vit rarement figure plus animale.
Et son compagnon Darguesse, avec son poil roux, son menton en avance lâche et ses regards louches, ne lui cède guère en aspect bestial.
Le président leur rappelle leur pari du Château-Rouge et résume brièvement les faits :
Le19 septembre 1886, vous quittiez, en compagnie d'un individu nommé Benoît et de la fille Levot, dite «LaBretonne», le débit de la rue Galande. Vers deux heures du matin, vous vous trouviez tous les quatre sur le pont Saint-Michel. Vous vous arrêtez un moment près d'un marchand ambulant de café installé à l'angle du Pont. Puis quelqu'un entend Hazo dire à Darguesse : «Tu n'as pas de sang dans les veines, tu n'es qu'un feignant.» Alors Darguesse s'avance, rejoint la Bretonne qui le précédait de quelques pas, il cause avec elle ; celle-ci fumait une cigarette, elle se suspend à son cou,rit, s'amuse à lui lancer au visage des bouffées de tabac. Tout à coup il la saisit à bras-le-corps, la penche sur le parapet et la jette dans la Seine. Ensuite vous vous sauvez tous les deux en criant : «LaBretonne à l'eau.» Benoît voulait  retenir Hazo, mais  ce dernier lui échappa. On ne retrouvait la fille Levot qu'après un quart d'heure de recherches ; elle était morte. Qu'avez-vous à dire?
—Tout ça est faux, s'écrie Darguesse, moi, j'avais quitté le pont depuis longtemps, quand l'histoire est arrivée.
—Moi, fait à son tour Hazo, je n'y suis pour rien. LaBretonne s'aura   suicidé, voilà tout,elle avait eu des raisons avec Benoît, son amant.
Et impossible de les faire sortir de là.
Mais les témoins qui défilent contredisent énergiquement leurs dires.
Kriegel, un de leurs compagnons de vie, aujourd'hui détenu pour vol (il porte le costume des prisonniers), s'est entretenu avec eux deux ou trois minutes, sur le pont Saint-Michel, près de la marmite du marchand de café.
—Je les quitte, dit-il, pour aller aux Halles. J'entends qu'on crie : «La Bretonne à l'eau !». Je me retourne, je ne vois plus ni Darguesse ni Hazo. J'avais très bien vu auparavant que la Bretonne était avec Darguesse.
—Pensez-vous, demande le président, qu'elle eût été femme à se suicider ?
- Moi, non. Elle a été balancée, voilà mon avis. Elle faisait la noce, et ces femmes-là ne se donnent pas la mort comme ça. Elle allait tantôt avec Benoît, tantôt avec le Frisé. Quand elle avait envie d'habits, c'était avec Benoît ; quand elle avait ses habits, elle retournait au Frisé. Elle ne se faisait pas beaucoup de mauvais sang. Elle a étê balancée, je vous le dis.
Degoire, autre prisonnier (il purge également une condamnation pour vol), et client habituel, comme les accusés, du Château-Rouge, a entendu ceux-ci, le lendemain du crime, se quereller au comptoir à qui avait fait le coup.—C'est moi qui l'a f. à l'eau disait l'un.—Non, c'est moi, répondait l'autre ; et Benoît, qui était là, leur reprochait la chose.
—Jamais je ne me suis vanté de ça, interrompt Darguesse.
—Jamais Benoît ne m'a rien reproché, ajoute Hazo.
—Vous connaissiez la Bretonne ? reprend le président, s'adressant au témoin.
—Oui, j'ai été trois jours avec elle.
—Quel était son caractère ?
—Son caractère ? fait le témoin, elle buvait.
Et, sur ce mot, il regagne sa place. Vient Benoit, l'amant. Seulement il est sourd et ne comprend guère les questions.
—J'ai vu, dit-il, la fille enjamber le pont  et Darguesse se sauver. Je lui ai crié : «Est-ce que vous ne pouvez pas rester avec une fille qui se noie ?» mais il m'a répondu en colère : «Tais ta gueule, » et il m'a donné un soufflet. J'ai voulu aussi retenir Hazo, je n'ai pas pu.
—Les accusés prétendent, fait remarquer le président, que la Bretonne s'est suicidée ?
—Non, répond Benoît, ce n'est pas mon idée. Mon idée est qu'elle a enjambé le pont. Pour lors, tout gît là, elle a «enjambé le pont», on ne parvient pas à lui arracher une phrase plus précise.
Mais Attigavanne, un pêcheur qui se trouvait sous le pont Saint-Michel et qui a retrouvé le cadavre de la Bretonne, est très explicite.
—Pour moi, s'écrie-t-il avec conviction, elle a été jetée. Quand une fille se suicide, les cordons de son tablier sont ordinairement serrés autour de la taille, elle resserre la bouflette en se débattant. Or le sien flottait sur l'eau, il a été lancé après elle ; car, s'il s'était par hasard détaché de son corps, il se serait rempli d'eau et aurait enfoncé. Il flottait tout simplement, je le répète.
—Vous semblez posséder une certaine expérience, vous avez souvent repêché des cadavres.
—Je ne saurais dire combien fait Attigavanne, avec un geste d'insouciance, comme si la chose lui était journalière.
Roussel, un fidèle, lui aussi, du Château- Rouge conte l'histoire du pari et ajoute :
—Comme on me savait au courant, des amis du Frisé sont venus me trouver et m’ont frappé d’un coup de casse-tête en disant : « Tiens, voilà de la part du Frisé, en attendant qu’il puisse t’en donner d’autres lui-même ».
Quelques témoins déposent encore de faits sans intérêt et les plaidoiries sont remises à demain."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Curieusement (cachée ?) dans les vidéos de Google,
(cette page),
la Tribune marxiste-léniniste parle brièvement du Château-Rouge et de ses braves "scarpes", en citant un passage d’un ouvrage anonyme.

1) Le livre

L’Anarchie policière 1891-1894
Mémoires d’un séquestré
Les dessous des affaires Ravachol et Vaillant
Paris, imprimerie de A. Malverge, 1901

2) Extrait

« Dès les premiers mois de 1393, le Ministre de l’Intérieur, Charles Dupuis, voulant jouer au grand politique et gagner le titre de sauveur, fit essayer l’achat de tous les anarchistes jugés susceptibles de le servir ; on commença par les Prisons.
1° Il réussit à s’assurer le concours du sieur R,,, dit Georges ; cet individu, ancien élève des Collectivistes, exclus du groupe de l’agglomération parisienne, s’était jeté dans l’anarchie ; il vivait d’expédients n’ayant jamais accompli aucun espèce de métier ; il ne tarda pas à être arrêté ; pendant environ dix-huit mois, il disparut de la circulation ; on ne le revit qu’au printemps 1893 et il commença par se distinguer en qualité de provocateur, plusieurs fois il fut expulser des réunions de la Bourse du Travail ; ce fut lui qui essaya, mais sans succès, de provoquer une manifestation sur la voie publique, à propos les accusations de Yves Guyot, à la salle Favier le jour du metting de protestation contre les brutalités policières pendant la journée du Mai 1803, il menaça de se servir d’un revolver qu’il tenait déjà à la main, il ne réussit qu’à se faire mettre à la porte,

Il prit une part active aux troubles du Quartier Latin en servant d’intermédiaire pour soudoyer les renverseurs de kiosques et tramways ; mais il fut interrompu dans ses opérations par un Juge d’instruction de M. Quentin, qui lança contre lui un mandat d’amener pour fait de provocation à l’insubordination militaire, en réunion publique.

Nous le retrouverons un peu plus loin.

Dupuis parvint à s’assurer le concours du sieur M… détenu à Ste-Pélagie ; on commença par le gracier et il fut libéré le 18 Juin 1893, ce qui lui permit, à lui aussi, de jouer un rôle aux troubles du Quartier Latin ; c’est par son intermédiaire que furent soudoyés les scarpes de la Maubert, clients habituels de la mère Alexandre, du père Lunette et du Château Rouge. Les tentatives de provocation à l’émeute ne réussirent pas, les tentatives de corruption avaient presque toutes échoué."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

AU CHATEAU ROUGE

(message 183, déc. 2016)

...

Edouard de Perrodil 1860-1931)   
Extrait de son recueil de poésies Les rumeurs de Paris . Léon Vanier, libraire-éditeur, Paris. 1893.


Le journaliste Edouard de Perrodil (Edouard Casimir Marie Gros de Perrodil), a été réédité en 2006. Non pas pour ses poésies, mais pour un exploit sportif (...)

Mal renseigné en 2016, cher(e) mercattore !
Cet ouvrage a été réédité en 2013 par Hachette-BNF

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Ah, les méfaits de l'OCR ! Ca vous transforme 1893 en1393, puis en 1803 et autres broutilles : les accusations au lieu de des, le mai pour le 1r mai.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

335 Dernière modification par Roland de L. (22-06-2020 15:44:20)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

(message 315)

Je vous soumets d'entrée ma plus belle prise.
Désolé, elle est en langue anglaise, ce qui peut paraître choquant sur ce forum, mais c'est vraiment l'article de synthèse le plus intéressant...

(...)

Bonne lecture !

Un nouveau document en anglais, désolé, mais tout aussi passionnant.

Plus de 100 ans avant la synthèse, un autre londonien faisait, lui, un long compte-rendu d'une visite au Château-Rouge, avec une très intéressante description.

1897 : Macmillan's Magazine, Souvenirs du Château-Rouge, compte-rendu de visite au Château-Rouge

Mon anglais n'est pas fameux, et une traduction serait vraiment la bienvenue, mais j'ai compris qu'au Château-Rouge on buvait du kirsch et on sortait "avec un goût déplaisant dans la bouche", ce qui, finalement, m'a semblé assez logique...

336 Dernière modification par Roland de L. (23-06-2020 03:40:02)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

P'tit prof a écrit:

Ah, les méfaits de l'OCR ! Ca vous transforme 1893 en1393, puis en 1803 et autres broutilles : les accusations au lieu de des, le mai pour le 1r mai.

C'est entièrement de ma faute, je n'avais qu'à "me" relire !

Promis, je corrigerai dès que possible.

337 Dernière modification par Roland de L. (23-06-2020 09:09:24)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Bonjour à toutes et à tous !

Commençons cette journée annoncée comme chaude par un bel exemple d'encanaillement au Château-Rouge dans les années 1890.
Il s'agit d'un passage d'un des tout premiers romans de Léon Daudet.

1895 : Les "Kamtchatka", mœurs contemporaines, arguments pour une virée au Château-Rouge

Extrait (pp 243-244)

"Quelques minutes plus tard, Suzu et le diplomate, emportés dans les plus élégant des coupés, au trot sec du plus fringant des chevaux, préludaient par des finesses de langage à des jeux moins innocents.
- Vous avez été merveilleuse, ravissante, exquise ! disait Turniquel, qui serrait amoureusement une petite main parfumée et la portait sans cesse à ses lèvres. Quand la voiture passait dans une zone lumineuse, il voyait le joli visage et les yeux profonds de son amie. Mais l’obscurité lui était plus chère encore.
Elle eut une inspiration subite, et, sortant à demi son corps fluet par la portière, elle donna une brève indication au cocher, qui, sur le champ, changea de route.
- Je suis trop énervée, Félix, pour rentrer si tôt. Une courte promenade nous fera du bien. Etes-vous déjà allé au Château-Rouge ? Non, n’est-ce pas ? C’est trop canaille pour un diplomate.
Elle lui expliqua que le Château-Rouge était, Rue Galande, un établissement où toutes les escarpes et batteurs de pavés de la rive gauche venaient boire et dormir, jusqu’à deux heures du matin. Turniquel eut un court frisson à l’idée de ce personnel, une déconvenue aussi, car, du pieux sang poitevin de ses grands-parents, quelques gouttes restaient dans ses veines. Il jouissait de cette voix nerveuse, un peu dure, que Suzu savait habilement nuancer, selon les phases de ses sentiments : "Moi j’adore la canaille, les gens du bagne, qui sentent mauvais et disent des gros mots, des mots bien ignobles. J’aimerais avoir chez moi, à demeure, un cocher d’omnibus ou un balayeur, qui cracherait sur le satin blanc et fumerait sa pipe dans ma chambre..."

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Quelques années plus tôt, en 1888, c'est encore la peur de ces bouges qui s'exprime chez les bons bourgeois.

1888, 31 juillet, Nouvelle revue internationale européenne, article dans le Courrier de Paris par Marie Létizia de Rude, descriptif de la rue Galande

Le texte :

"Quelle diversité dans les décors ! Ceux qui aiment les émotions qui naissent de la peur n’ont qu’à déserter le Paris idéal, révolutionnaire ou mystique, symbolisé par mille vestiges, et à s’égarer dans la caverne de voleurs qui occupe l’espace compris entre la Place Maubert et la Rue Galande.
Voilà la pépinière d’assassins et de voleurs qui, de Paris, s’étend sur la province, dont les repaires sont connus, devant lesquels il ne fait pas bon passer après une heure du matin.
Le père Lunette et le Château-Rouge, ce dernier, sinistre avec ses portes qui semblent teintes dans le sang, pourraient en dire long sur tout ce qui semblera longtemps encore un mystère pour les bons bourgeois de Paris.
Des ruelles noires coupent la rue Galande. L’une d’elles, la rue de l’Hôtel Colbert, était habitée par le célèbre financier, que l’on se figure assez vivant dans ce coupe-gorge, critique sombre et terrible de l’opulence de Fouquet.
Des femmes, des enfants, s’ébattent sur le seuil des cabarets borgnes.
Les hommes aux figures de bandit ne les effrayent point, comme dit la chanson.
Parfois un cri sinistre se fait entendre, une rixe naît et meurt dans le lointain. Alors, femmes et enfants rentrent chez eux et continuent les conversations et les jeux commencés dans la rue. C’est tout ! Cette solidarité, cette complicité silencieuse est la plus effrayante de toutes. C’est le fatalisme oriental contre lequel se brisent tous les efforts pour prévoir ou prévenir ces mots."

339 Dernière modification par Roland de L. (24-06-2020 07:53:24)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Toujours une certaine crainte de ce genre de lieux, cette fois en 1892, avec une volonté d'apporter des remèdes à la misère par la charité.

C'est en tout cas le point de vue du Comte d'Haussonville, académicien, qui décrit brièvement le Château-Rouge.

1892 : Misère et remèdes, pp 45-46, brève description de la rue Galande et du Château-Rouge

Le texte :

1er chapitre : La misère à Paris

Partie III : Les quartiers pauvres à Paris

" Vous vous trouverez, en effet, au cœur de ce quartier où Eugène Süe avait placé autrefois quelques scènes des Mystères de Paris, dans un dédale de petites rues bordées de hautes maisons où la misère s’entasse, où le vice se réfugie. Le vice, qui malheureusement suit toujours de près la misère, y a ses rendez-vous de prédilection qui jouissent dans le monde interlope d’une certaine réputation. Ce sont, sans parler des maisons mal famées de la rue Maître-Albert (encore un souvenir du grand  dominicain) et de la rue Zacharie, le Château-Rouge et le Père-Lunettes. Le Château-Rouge, qu’il ne faut pas confondre avec le bruyant Château-Rouge de la chaussée de Clignancourt, est un vaste cabaret situé rue Galande, au fond d’une cour dont la muraille extérieure est peinte couleur sang de bœuf. A la porte stationnent toujours des hommes de mauvaise mine qui regardent d’un œil malveillant les intrus. Au-dedans, une première salle à boire garnie de tables et de bancs en bois reçoit les buveurs toujours en grand nombre. Un seconde plus obscure sert souvent de dortoir à des femmes avinées qu’il ne fait pas bon troubler dans le sommeil de leur ivresse…"

Et toutes mes excuses à éponymie, qui avait déjà donné ce texte dans son message 75... !

340 Dernière modification par Roland de L. (24-06-2020 07:56:11)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Retour en 1889 cette fois, où curieusement étaient déjà évoqués des travaux à venir concernant la rue Galande.

1889, janvier : Le Magasin pittoresque, Paris en démolition... rue Galande, V.C. Tabur, description du Château-Rouge et de la Salle des morts

Extrait :

L’achèvement de la Rue Monge

Rue Galande

Une des rues dont la physionomie sera le plus modifiée est la rue Galande. Le boulevard qui la guette n’en fera qu’une bouchée...
(…)
Un peu plus loin se trouve encore un autre hôtel, jadis résidence de la belle Gabrielle d’Estrées, et qui aujourd’hui, ironie du sort, a été transformé en cabaret à réputation sinistre. C’est le fameux Château-Rouge, aujourd’hui rendez-vous de la lie de la population parisienne. Au-dessus de la salle où on consomme se trouve un local qui porte un nom macabre : C’est la Chambre des morts. Dans cette salle qu’éclaire à peine un mince rayon de lumière, dorment presque toujours une cinquantaine d’individus tout dépenaillés. Ils sont là, pèle-mêle, étendus sur le sol, engourdis par la fatigue ou par le vin. Une irruption dans la salle ne les éveille pas, et c’est à peine si l’un d’eux soulève la tête et fixe ses regards sur le visiteur. Sa physionomie se détache alors vigoureusement de la pénombre et vous donne l’illusion, dans cette cour des Miracles, d’un de ces types illustrés par Callot. »

Et toutes mes excuses à regina, qui avait déjà donné ce texte dans son message 28... !

341 Dernière modification par éponymie (23-06-2020 16:56:46)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
  • 1851  : dessin, Léon Leymonnerye, message 224, numéros 57 à 65 de la rue Galande, première illustration connue de l'entrée du numéro 57

https://i.ibb.co/p0C28B1/1851-rue-Galande-57-63.jpg

Musée Carnavalet, numéro d'inventaire D. 8021 (569)

Le numéro 57 est celui avec la première grande porte cochère à gauche, elle donne sur la première cour au fond de laquelle, à gauche, sur le mur en face de celui de l'entrée de l'immeuble, se trouve la petite volèe d'escalier donnant sur notre cabaret (sur deux niveaux, avec des fenêtres au rez-de-chaussée  donnant aussi sur la deuxième cour).

WWW

342

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

  • 1865-1868  : 2 photographies, Charles Marville, message 177, message 248, premières photos connues de la rue Galande, l'une prise de le rue du Petit-Pont avec une partie de l'immeuble du numéro 57, l'autre depuis la place Maubert où l'on voit bien le cabaret  en agrandissant l'image

https://i.ibb.co/NZwYm1t/1860-rue-Galande-Charles-Marville.jpg

https://i.ibb.co/J5rWRTN/1870-71-rue-Galande-Charles-Marville.jpg

Musée Carnavalet, numéro d'inventaire PH743

Voir les messages 177 et 248 pour plus d'éclaircissements.

WWW

343 Dernière modification par Roland de L. (23-06-2020 17:19:36)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Ravi d'avoir de la compagnie... et quelles belles images !
J'en ai trouvé une moi aussi, que je vous transmets de suite, avant de faire comme d'habitude la copie du texte correspondant.
Il s'agit d'un extrait de l'ouvrage de Georges Cain : Coins de Paris (1907).

Cette page

Pas le temps de vérifier à quelle date a été prise cette photo, désolé !

344

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
  • 1869 : Paris, ses organes, sa fonction et sa vie, volume III paru en 1872, Maxime du Camp, message 25, message 76, message 203, mention de la Guillotine au chapitre sur la prostitution et première description dans le chapitre sur les malfaiteurs (le perron et les trois salles du rez-de-chaussée)

Je mets ici la partie du message 203 restaurée (cliquez sur le lien pour le message complet) :

Le volume III devait paraitre en 1871 : dans sa préface datée de janvier 1872, Du Camp explique que le retard est dû à la Commune et que son texte date de 1869 (come celui des deux premiers volumes), il n'a fait qu'y ajouter quelques notes, Corbin aura lu cet avertissement. Je suppose que nous pouvons le croire.

https://i.ibb.co/5MrcYm4/1869-Paris-ses-organes-avertissement.jpg

La Guillotine apparait deux fois dans ce volume III, aux pages 45 et 46 (chapitre sur les malfaiteurs)

https://i.ibb.co/Vw4yKty/1869-Paris-ses-organes-p-45.jpg
https://i.ibb.co/hMH0Cd0/1869-Paris-ses-organes-p-46.jpg

et à la page 363 (chapitre sur la prostitution)

https://i.ibb.co/k0svdx7/1869-Paris-ses-organes-p-363.jpg

WWW

345

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

  • 1869, 27 juin : Journal des débats, message 110, reprise de l'article du Journal des débats du 30 juin 1848

https://i.ibb.co/VBZ96cM/18690627-Le-Figaro.jpg

WWW

346

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

  • 1872, 15 aout : Le XIXe, message 107, décès au cabaret, sans mention du nom

https://i.ibb.co/jL6CSKC/18720815-1.jpg
https://i.ibb.co/dmyqKww/18720815-2.jpg

WWW

347

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

Pas le temps de vérifier à quelle date a été prise cette photo, désolé !

Ce ne serait pas plutôt un dessin ? Il pourrait tout simplement dater du début du siècle.

Pour la restauration des documents perdus référencés dans le message 276, le m'arrête pour aujourd'hui à 1872.

WWW

348 Dernière modification par Roland de L. (23-06-2020 17:58:39)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

(message 107, mars 2016)

éponymie a écrit:

...
Le père  Trollier entrera donc en scène quelque part entre 1873 et 1883.

Voir mon message 325 du 21/06 : j'optais pour 1883.

Et merci pour les textes grand format : à force de chercher des nouveautés, je deviens un peu miro !

349 Dernière modification par Roland de L. (24-06-2020 09:25:25)

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

(message 122)

Le Château Rouge dans le décor de cette nouvelle de Jean Lorrain (1893) qui nous présente un potentiel Jack l'Éventreur, un mari souteneur inconscient et une malheureuse moitié terrorisée (pp. 174-185). On s'y croirait.

https://archive.org/stream/buveursdmes0 … 4/mode/2up

Un petit peu d'argot à traduire.

1) J'ai personnellement un peu de mal à lire les document publiés par Archive. C'est pourquoi, comme l'occasion m'en est donnée, je renvoie vers la même nouvelle de Lorrain traitée par Wikisource

Cette page

2) Passionné par l'argot ancien*, surtout celui du XIXème siècle, je n'ai pas trouvé que beaucoup de termes étaient "à traduire" dans cette nouvelle.
Je me tiens, avec grand plaisir, à la disposition de toutes et tous pour une éventuelle traduction.

* Je renvoie à mes "agréables travaux" sur l'expression "ahuri de Chaillot" (Histoire de la langue française).

Re : Cabaret «Au Château-Rouge», rue Galande, à Paris

Roland de L. a écrit:

1) J'ai personnellement un peu de mal à lire les document publiés par Archive.

Chez moi, ils sont flous si je les ouvre avec Firefox mais très lisibles en utilisant Microsoft Edge ou Chrome.

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