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forum abclf » Réflexions linguistiques » L'erreur de Saussure !

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Messages [ 2 551 à 2 560 sur 2 560 ]

2 551 Dernière modification par Lévine (09-05-2020 20:30:11)

Re : L'erreur de Saussure !

Après un début acceptable, bien que peu modeste, revoilà les apparences qui se prennent pour les essences (elles-mêmes dévalorisées avec la crise des cours du pétrole).
Vous avez des aptitudes particulières pour associer les mots suivant le principe que vous avez établi, c'est indéniable. Essayez les contrepèteries.

Sur le fond, il y a quelque chose qui me gêne : à quel moment de l'Histoire l'inconscient a-t-il fait placer ud dans Sigmund et dans Freud ?

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium
[...]

Je vais l'écouter ce soir.

Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

2 552 Dernière modification par chrisor (11-05-2020 10:31:33)

Re : L'erreur de Saussure !

Lévine a écrit:

Sur le fond, il y a quelque chose qui me gêne : à quel moment de l'Histoire l'inconscient a-t-il fait placer ud dans Sigmund et dans Freud ?

À sa naissance qui n’est d’ailleurs pas la date officielle !


Notre surdité consciente et celle de Lévine


    Les jeux du signifiant <ud> en prélude témoignent de notre surdité actuelle et  invitent à se plonger dans l’étude approfondie de cette séquence de deux phonèmes pour l’oral et de deux lettres pour l’écrit. Ce type d’unité linguistique, ‘’submorphémique’’ selon le jargon linguistique (plus petites que les morphèmes), un codon  formé de la suite VC (voyelle-consonne)  possède toujours deux sens.

     Quel est donc le mystère enfermé dans le nœud des ‘’codons’’ cités ? Pour dénommer la petite ouverture dans la porte, le judas, l’inconscient emploie trois codons linguistiques qu’il juxtapose en commençant par celui qui termine le mot pour progresser vers celui qui l’initie : as~ud~j. Anticipons pour comprendre. L’un des deux sens du codon <as> est celui de destruction qui saute à l’esprit dans ‘’patatras, assassinat, massacre, fracas, terrasser, dévaster, se ramasser, casser, assommer, tabasser, trépasser’’... L’un des trois sens de la consonne initiale j évoque la notion de passage.

    Comme nous y invite le titre de ce paragraphe, il a fallu  appréhender l’invariance notionnelle ou le le plus grand commun diviseur de sens de tous les mots qui comportent cette séquence <ud>. Le résultat de l’analyse de tout les mots du lexique a révélé que ce sens était double.

————————————————————————————————————————
L’un des deux sens du codon ud est ''caché des sens'' 
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    Ainsi, littéralement le judas permet la ‘’destruction possible des passages cachés des sens’’, en particulier grâce au plus rapide d’entre eux pour la détection des dangers : la vue. Mais, même si le grondement du tonnerre est trop tardif par rapport à l’éclair destructeur, l’audition est importante pour détecter ce que les autres sens ne perçoivent pas, en particulier la nuit, si quelque péril surgit. Si la vision est le sens privilégié pour comprendre la nature de ces codons, l’audition la suit de près. En effet l’audition, qui a mis le mot ouïe en sourdine, le condamnant à la désuétude, supprime avec le a grec privatif de la séquence <a~ud> ce qui est caché des sens. La surdité (ud~ur~s) marque avec <ur> la limite physique (sur, mur, armure, structure, ceinture, bordure, contour...) de la perception de l’onde sonore. L’audition qui fut d'abord judiciaire est conçue pour entendre ce qui a été caché. Ainsi l’un des deux sens d’<ud> concerne bien ce qui est caché des sens.

     Prêtons l’oreille à la musique de l’üd ou oud, cet instrument à cordes arabo-islamique, ancêtre du luth occidental. L’ud se tient comme une guitare, en veillant à garder sa face verticale pour qu'elle ne soit pas visible du joueur, qu’elle reste cachée.
   
    Le mot judo, dont l’étymologie japonaise explique qu’il s'agit d'une méthode dō douce jū, évoque dans l’inconscient français un autre aspect : ‘’la tête <o> dirige <d> les passages <j> cachés des sens <ud>. Le fantôme <ud> dans pudibond ou pudique fait fuir celui qui pense que ce qu’il cache du sens visuel est répugnant ou obscène ; il ravit le naturiste exhibitionniste qui enlève ce qui était enfermé dans son bermuda et exhibe au soleil sa nudité (non caché des sens avec <n>).

    Le coude, saillie de l’articulation entre le bras et l’avant-bras, se termine par une pointe (l’olécrâne) que le sujet ne peut pas voir (hormis dans un miroir). La ruade du cheval projette ses pattes arrière sans qu’il les voie et surprend la victime qui n’a rien vu venir. Jean Eugène Robert-Houdin, surnommé le père de la magie moderne, est le plus célèbre illusionniste français du XIXème. Houdini, né à Budapest, est aussi un magicien célèbre, passé maître de la manipulation cachée de nos sens. L’expression « jeter de la poudre aux yeux » fait référence aux coureurs des Jeux olympiques qui soulevaient de la poussière, aveuglant les concurrents placés derrière eux, ce qui leur permettait de gagner. On l’emploie aujourd'hui plus largement lorsque l’on est ébloui par de fausses apparences, lorsque la réalité nous est cachée des sens et spécialement de la vue.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

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Re : L'erreur de Saussure !

chrisor a écrit:

   Prêtons l’oreille à la musique de l’üd ou oud, cet instrument à cordes arabo-islamique, ancêtre du luth occidental. L’ud se tient comme une guitare, en veillant à garder sa face verticale pour qu'elle ne soit pas visible du joueur, qu’elle reste cachée.

C'est complètement insane ce que vous dites là.
Il vous faut aussi des leçons de musicologie, à ce que je vois...

Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

2 554 Dernière modification par Roland de L. (11-05-2020 15:11:07)

Re : L'erreur de Saussure !

Voilà ce qui s'appelle "envoyer un Scüd" !

2 555 Dernière modification par chrisor (13-05-2020 09:42:52)

Re : L'erreur de Saussure !

L'oud se tient de la même façon qu'une guitare, en faisant attention de garder la face verticale de manière qu'elle ne soit pas visible par le joueur ; le poids doit en être supporté par la cuisse et le bras droit de manière que la main gauche soit libre pour se déplacer sur le manche. Dans le passé, de nombreux joueurs jouaient assis en tailleur par terre ; maintenant la plupart jouent assis sur une chaise, utilisant souvent un repose-pied sous leur pied droit.

Monsieur le donneur de leçons, allez corriger l’article de WIKI. Il est vrai que vous êtes capable de voir sans miroir la pointe olécrânienne de votre coude ! Un acrobate contorsionniste de la tête ! Par ces temps de Covid contagieuse, il n’est pourtant pas recommandé de ne pas se moucher du coude !

Et bien sûr, le scud  d’origine soviétique a été inventé pour que ceux qui en sont la cible le voient  arriver à 300 kms !

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

2 556 Dernière modification par chrisor (17-05-2020 18:59:25)

Re : L'erreur de Saussure !

Analogies anatomiques du matériau signifiant

    L’observation d’un gamin, qui pointe du doigt une partie d’un référent pour le désigner : « regarde le monsieur, il a un nez tout rouge », révèle que ce sont certains éléments du référent qui orientent la désignation. On nomme ‘’nez fin’’, un chien qui chasse avec succès pendant la chaleur et dans la poussière et un ‘’grand nez’’, un chien courant ou d’arrêt dont la puissance olfactive n'est pas annulée par temps défavorable. Le « nez » désigne aussi une personne clef de l’industrie du parfum, devenue capable de discerner plus de 3.000 odeurs. Saussure, fondateur de la linguistique moderne, ne semble pas avoir eu le nez creux et n’a pas vu plus loin que le bout du sien pour fonder sa théorie de l’arbitraire des mots.

    Si elle était vraie, comment comprendre que les mots qui désignent cet appendice dans de nombreuses langues du monde comportent une nasale, souvent en initiale ? Lors d’une Conférence internationale sur l’évolution des langues à l’Université de Vienne en 2014 (Evolang), Morten H. Christiansen, professeur de psychologie et directeur du laboratoire cognitif de neurologie de Cornell, avec une équipe de physiciens, linguistes et informaticiens, a analysé cent mots de base dans le vocabulaire de 62 % des quelques 6 000 langues actuellement parlées dans le monde. Dans la plupart, les analogies de sonorité sont fréquentes pour les parties du corps, comme en témoigne le nez.
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Afrikaans : neus - Bosniaque : nos - Catalan : nos - Danois : næse - Néerlandais : neus - Anglais (vieil ) : nous - Féroïen : nos - Finnois : nenä - Frison : noas - Germanique : Nase - Islandais : nef - Italien : naso - Latin : naris , nasus - Norvégien : nese - Papiamento: nanishi - Polonais : nos - Portugais: nariz - Roumain : nas - Espagnol : nariz - Sranan : noso - Suédois : näsa - Tchèque : nos - Maya yucatèque : ni’.                 (d’après Georges Bohas, l’Illusion de l’arbitraire).
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    En français ce qui se rapporte au nez (du latin nasus) est marqué par cette consonne nasale : nez, narines, naseaux, nique (au nez), nase (argot), nasillard, renifler, renâcler, sinus, rhinite. Ainsi on observe une relation systématique entre une consonne  et une zone anatomique. Dans son Dictionnaire raisonné des Onomatopées en 1808, Charles Nodier affirmait déjà que « chaque touche vocale est appropriée à deux ou trois sons particuliers » et  qu’il « ne faut pas s’étonner que le nom de ces touches ait été construit sur les sons auxquelles elles étaient affectées. Ainsi la nasale n indique le nez ». Il semble en effet que l’articulation nasale de la voix est à l’origine de l’emploi de cette consonne pour désigner cet appendice.

    L’adage populaire dit que l’évidence se voit « comme le nez au milieu de la figure ». On peut avoir « quelqu’un dans le nez », le sentir ou ne pas le sentir, lui  « tirer les vers du nez » pour obtenir des confidences, le « mener par le bout du nez », « fourrer son nez » dans ses affaires ou « avoir le nez fin » quand on détecte ce qu’il nous dissimule. Certains « se piquent le nez « ou ont un verre dedans. D’autres « piquent du nez ». Sans oublier cette croyance du « nez qui bouge » quand on ment ou « le nez qui s’allonge » comme Pinocchio. L’histoire de ce pantin ne relève pas tout à fait de la fiction. Des chercheurs espagnols ont montré grâce à une caméra thermique qu’au moment de mentir, le nez ne s’allonge pas, mais gonfle et se réchauffe. Bref, le nez est aux premières loges dans la détection de ce qui cloche chez soi ou chez l’autre et en dit long sur l’aptitude de ‘’l’hume-main’’, pourtant érodée par l’évolution de l’espèce, à flairer le danger, ou sa propension à laisser sourdre des informations malgré lui. Nombre d’expressions populaires concernent des zones de notre anatomie (bouche, yeux, oreille, tête, main, pied, doigt, langue, cœur, cul...) témoignant de l’anthropocentrisme du langage humain qui prend en charge les expériences corporelles. Les jeux de ces expressions parlent des émotions et du monde sensible à partir de repères somatiques qui permettent sa saisie : à vue de nez, au pifomètre, à portée de main, à l’œil nu, d’un coup d’œil, de bouche à oreille, casser les oreilles, faire une tête de six pieds de long... Ces expressions permettent de dire avec les zones du corps comment on appréhende le monde avec lequel on est en contact permanent. La pensée humaine s’organise à partir du corps, elle  incarne le monde, l’incorpore grâce à nos organes des sens.

   Dans la langue de l’inconscient, la consonne /n/ renvoie à un  triple sens : vie/négation/eau. Elle évoque  la vie avec le mot d’argot ‘’nœud’’, une vie n qui initie naissance (du latin nascentia) et nativité (emprunt au bas latin nativitas), nid, nidation (embryon), nature, nourriture, nutriment... La Nativité et Noël avec la majuscule concernent la Bonne Nouvelle de l’arrivée d’un Prophète qui annoncera la Résurrection de la Chair, sa ReNaissance. La négation en français « non, ne, ni, nenni » va jusqu’à l’anéantissement, le néant, la nullité et s’exprime par cette consonne nasale dans de nombreuses langues :
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Afrikaans : nee - Anglais : no - Belge: neni -  Bengali : na - Biélorusse : nie - Bosniaque : ne - Breton : nann - Bulgare : né - Catalan : no - Cingalais : nae - Corse : nò - Créole guyanais, réunionnais : non - Croate : ne - Danois : nej - Espagnol : no - Féroïen : nei - Finnois : nenä - Frison : nee - Gallois : nage - Germanique : nein ( Alsacien : naï) - guarani : nahaniri - Islandais : nef - Italien : non - Kurde : no, na - Latin : non - Letton : ne - Luxembourgeois : neen - Néerlandais : nee - Normand : nenn/nenni - Norvégien : nei - Pakistanais : na - Polonais : nie - Portugais: nao - Roumain : nu - Russe : niet - Sarde : no - Serbe : ne - Slovène : nie - Suédois : nej - Surinam : nee - Tchèque : ne  - ukrainien : nu - yiddish : nein .     
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Pour le signifiant ‘’nez’’,  on ne peut exclure la vie comme caractéristique et son homophone ‘’né’’ nous y invite. La respiration indispensable à la vie (inspiration et expiration) passe normalement par les fosses nasales chargées de tempérer l’air entrant ou sortant. La graphie même du N suggère ce va-et-vient de l’air. L’eau aussi est évoquée par l’exsudat nasal : « mon nez coule comme une fontaine ». De même pour le signifiant ‘’Nil’’ son courant <il> d’eau <N> engendre la vie dans le désert égyptien, mais peut l’anéantir par ses crues.

Tous ces exemples réfutent la théorie illusoire de Saussure en démontrant que tout est motivé dans la langue.

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

2 557 Dernière modification par chrisor (25-05-2020 11:15:55)

Re : L'erreur de Saussure !

Si la consonne <n> de nez peut renvoyer à trois sens, c’est le cas aussi pour le signifiant ‘’Nil’’, car son courant <il> d’eau <n> peut être considéré comme un courant de vie <n> dans le désert égyptien, ou un courant anéantissant <n> par ses crues.

Le dieu romain Neptune ne déroge pas à cette trinité de sens. L’étymologie de Neptune reste floue et pourrait provenir pour la linguistique officielle de la racine indo-européenne *nebh, signifiant « humide », « mouillé » ou « relatif aux nuages ». Il faut réfuter ces racines P.I.E. comme les plus petites unités de sens, , car la séquence <neb> est formée de la consonne <n> désignant l’eau et du codon <eb> évoquant soit l’obscurité, soit la projection.

       À l’origine Neptune, en latin Neptūnus, est le dieu romain des eaux vives et des sources. Après les guerres puniques (264-146 avant J.-C.) qui marquent la supériorité navale des Romains, Neptune sera assimilé au dieu grec Poséidon, métamorphosant cette ancienne divinité latine des eaux douces en dieu des Mers qui acquiert les attributs, la descendance et la légende mythique du dieu grec. Les Étrusques ont transformé le nom de Neptune en Nethuns pour désigner leur dieu de l’eau et des Océans, inspiré de Poséidon. Dans le signifiant grec Poseidon, c’est le codon <on> qui représente l’eau. L’un des principaux fleuves de Russie, le Don (en russe: Дон [don], désignait la rivière en langue des Scythes. La France avec le Rhône, la Saône, la Garonne, l’Yonne ou le Couesnon ne dément pas le lien <on> = eau comme le confirment la fontaine et la bonbonne.

      La mythologie et les légendes sont des images qui mettent en scène, représentent le matériau signifiant. Ainsi la nixe est une nymphe des eaux dans la mythologie germanique, avec des synonymes aquatiques tous initiés par cet n de l’eau : naïade, néréide, napée, neek...

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

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Re : L'erreur de Saussure !

Puissent les nixes nicettes vous sourire !

Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

2 559 Dernière modification par chrisor (09-06-2020 10:02:50)

Re : L'erreur de Saussure !

Lévine a écrit:

Puissent les nixes nicettes vous sourire !

Lévine est un instructeur qui ne sait pas écouter. Depuis qu’il est venu sur ce fil de discussion, il a eu moult occasions de me lire et d’entendre que les lettres à l’initiale des mots évoquaient 3 sens pour l’inconscient.

La lettre n est associée à 3 sens : nullité, anéantissement / vie / eau.

Le n de nixe est lié à l’eau, le n de nicette à la nullité qui résonne dans nouille, niais, nigaud, naïf, niquedouille, noix et benêt, âne si l’on place un accent expressif sur cette nasale.

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2 560 Dernière modification par chrisor (12-08-2020 09:24:13)

Re : L'erreur de Saussure !

L’origine des mots


Un exemple suffit pour comprendre comment se forme un mot. L’analyse de l’étymologie sémantique du mot ‘’orange’’  explique le pourquoi de sa structure qui remonte plus loin dans le temps. Si le signifiant orange pour désigner la couleur dérive par métonymie de la couleur de l’orange, le nom qui désigne le fruit s’est construit sur les codons inconscients préexistants, des phonèmes archétypaux chargés de symboliser ce fruit:  ag~an~or. Ils existaient déjà en latin et sont restés stables sans évolution dans le temps.
       <ag> d’adage, de page  ou stage, issus du latin adagio, pagina ou stagium,
         <an> d’antécédent et avant,  issus du latin antecedens et abante.
         <or> d’aurore et horizontal, issus du latin aurora et horizon.
   
         L’étude de l’ensemble des mots français, marqués par ces trois codons, a permis de déterminer qu’ils étaient les messagers de trois concepts adaptés au mot orange  : <ag(e)> évoque le passage, <an> dans le temps et <or> la lumière. Ainsi le signifiant orange est pour l’inconscient un rébus qui se décrypte ag~an~or, juxtaposant ces trois notions qui désignent ce fruit par sa transmission (passer dans le temps) de la lumière. Son nom a été donné par l’inconscient collectif pour la qualité de sa réflexion lumineuse, une couleur chaude typique, proche du jaune d’or ou de la couleur dorée. Le mot orange, même s’il dérive de l’arabe ou du sanskrit, a subi une évolution sémantique en engrangeant l’or de la lumière (aurore, orée, coloration, horizon, orient, jour, voir, miroir, phosphorescence), un codon linguistique inconscient qui existait bien avant l’apparition du mot orange en français. Cette lumière solaire alimente la chlorophylle des arbres de nos forêts et est présente dans le matin anglais (morning) ou allemand (Morgen). Le mot nord indique une onde <od> lumineuse <or> anéantie <n>, alors que le mot soir précise que la réflexion <ir> lumineuse <or> se réalise à la surface <s> de la Terre (horizon). Il n’est pas surprenant d’entendre cet or de lumière dans une onomatopée emblématique française : cocorico ! Car le chant du coq marque l’aurore, l’arrivée de la lumière du jour, de son éclat <j>.

Voilà comment sont formés les mots, car la véritable sémiogenèse (formation des mots) se réalise avec des codons d’un ou deux phonèmes. Les langues anciennes en général ne connaissent que le noir, le blanc et le rouge. La langue de l’inconscient ne possède que peu de codons liés à la couleur : le noir et l’obscurité sont évoqués par <eb> : ébène, ebony, ébonite, ténèbres, réverbère, Berbère, Maghrébin, zèbre, Belzébuth, yèble du latin ebula (sureau aux baies noires) ... un codon qui est inscrit dans Thèbes, la ville dont Œdipe est devenu le roi, et dont le côté obscur s’accorde avec l’inconscient. La langue de l’inconscient se lit de la fin du mot à son initiale par unités inconscientes successives. Ainsi le mot noir signale que la réflexion <ir> lumineuse <or> est nulle ou anéantie <n>. La couleur rouge est parfois indiquée par le codon <ub> : rubis, rubicond, rubéfaction, rubéole, rubrique, rubigineux, rhubarbe ... et il est possible que sa présence dans tuberculose ait été influencée par la couleur rouge du sang lors des hémoptysies, de la même manière que la bétadine scrub est commercialisée en flacons rouges. La couleur ‘’rouge’’ issue du latin rubeus, « roux, rougeâtre » qui a supplanté ruber « rouge » dans les langues romanes sans toujours prendre, comme en français, le sens de ce dernier, est souvent initiée par le codon <r>, signal de rigidité et de violence : rouge, red (anglais), rot (allemand), rood (néerlandais), rosso (italien), rojo (espagnol), roșu (roumain). Les nuances tirant vers le brun n’y ont pas échappé : roux, rouquin, roussâtre, rouille, rubigineux, carotte (Poil de carotte de Jules Renard). Le latin avait déjà un corpus notable à partir de ‘’rub’’ : ruber, rubidus, rubeolus, rubellus’’ et russus. Si le mot carotte semble issu du latin carota, il est difficile de ne pas imaginer une influence germanique avec rot.

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