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Messages trouvés [ 1 à 50 sur 880 ]

1

(15 réponses, dans Pratiques linguistiques)

Curieusement, ce blog ne mentionne pour charpagnate que cette définition :
n.m. bohémien, gitan.

http://blogerslorrainsengages.unblog.fr … nt-page-1/

2

(15 réponses, dans Pratiques linguistiques)

http://www.dico2rue.com/dictionnaire/mo … harpagnate

Charpagnate figure aussi dans le lexique du parler lorrain (annexe) : https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:L … er_lorrain

3

(15 réponses, dans Pratiques linguistiques)

Relevé dans Dico 2 Rue : personne très pauvre, laide qui ne prends pas soin de son apparence.

Le Dico de Bob consacre un article aux Mémoires de Rossignol :
http://www.languefrancaise.net/Source/3980

Au sujet de la remise des corps à la Faculté de médecine après l’exécution des condamnés à mort (pour Paris).

Si le corps de l’exécuté n’était pas réclamé par la famille la Faculté le réclamait. Ce n’était pas un droit inscrit dans la loi mais un usage admis, et la Faculté le tenait fermement. Mais elle ne pouvait recevoir le corps qu’après son inhumation et son exhumation, obligatoires de par la loi.  En fait, le cercueil était jeté dans une fosse, puis rapidement remonté après avoir reçu quelques pelletées de terre. De même, si la famille réclamait le corps une inhumation devait être faite avant de le lui remettre.

Une première. Le 28 décembre 1888, était décapité, devant la Grande-Roquette, le supposé Luis Fédérico Stanislas Prado Linska y Castillon, dit Prado.
Avant d’être conduit à la guillotine il demanda à l’abbé Faure, aumônier de la Grande Roquette, accompagnant les condamnés à mort jusqu’au supplice, que son corps ne soit pas livré à la dissection de la Faculté de médecine. L’abbé le lui promit. Au cimetière d’Ivry parisien (94), il transmit au représentant de la Faculté (en l’occurrence Paul Poirier) la volonté de Prado. Devant les protestations de Poirier, Goron, chef de la sûreté, intervint énergiquement pour appuyer l’abbé. A contrecœur, la Faculté accepta  Mais peu de temps après, elle protesta auprès du Préfet de police de Paris, demandant la remise du corps. Elle se heurta à un refus.
Quatre ans auparavant, le condamné à mort Michel Campi, dit « l’assassin sans nom » (il ne fut jamais identifié) avait expressément demandé à ne pas de ne pas être autopsié après son exécution. Sa demande était restée sans effet.

Après Prado, il fut beaucoup plus difficile à la Faculté de médecine d’obtenir la remise des corps des exécutés qui avaient demandé à ne pas être autopsiés, l’affaire des portefeuilles ayant suffisamment échaudée la sûreté parisienne.

Les mémoires de Rossignol, fameux policier de la sûreté parisienne (évoqué antérieurement sur ce fil), ont été rééditées en janvier 2018. L’intérêt de cette réédition est de pouvoir se procurer le livre à un prix raisonnable et les commentaires ajoutés sont intéressants.
Ce livre est préfacé par Charles Diaz, actuellement Contrôleur général de la police nationale et auteur de plusieurs ouvrages sur la police (La fabuleuse histoire des grands flics de légende, L’épopée des Brigades du Tigre etc.).

https://zupimages.net/up/18/43/x7rt.jpg


Policier émérite, Gustave Rossignol a été loué par sa hiérarchie, ses collègues, la presse, mais en 1887, il a été l’acteur d’une affaire qui a éclaboussé le service de la sûreté parisienne.
Dans son ouvrage La  Police de sûreté en 1889, Horace Valbel dresse le parcours et le portrait de divers agents de la sûreté, notamment celui de Gustave Rossignol. Mais il occulte le rôle du policier dans cette affaire.
A cette époque, le service de sûreté était dirigée par Ernest Taylor, chef de service, et François-Marie Goron, sous-chef. Ce dernier avait commencé une collection d’objets ayant pour thème la criminalité. Auparavant,  Gustave Macé, également chef de la sûreté, avait établi une collection sur le même thème. Elle donnera naissance à un livre édité en 1890 : Mon Musée criminel. G. Charpentier et Cie, éditeurs. 34 planches de photographies hors-texte (ouvrage souvent onéreux). Lisible sur gallica : ICI

(Les collections de Macé et Goron ont enrichi le Musée de la Préfecture de police de Paris, (4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, Paris 5ème. 3ème étage) crée par le Préfet de police Louis Lépine, en 1909).

(*) Mareuil Éditions, Paris. 384p. Broché.


https://zupimages.net/up/18/43/26i8.jpg

Ernest Taylor (1839-1908)  - François-Marie Goron (1847-1933)


31 août 1887. Henri Pranzini, auteur d’un crime particulièrement atroce qui marqua fortement les consciences de l’époque, même internationalement, le « Triple crime de la rue Montaigne) » est guillotiné à Paris devant le dépôt des condamnés (dite prison de la Grande Roquette ).
Extrait des Souvenirs de Rossignol :
je n’assistais pas à l’exécution, mais le lendemain j’allais voir Gondinet, garçon d’amphithéâtre à l’Ecole pratique. Le corps de Pranzini s’y trouvait encore. L’autopsie avait été faite.
De retour au bureau, je dis à M. Goron :
— Je viens de voir le corps de Pranzini.
Lui, collectionneur, me répond
:
— Je n’ai rien de lui. Je voudrais bien avoir quelque chose, ne serait-ce qu’un bouton de son pantalon sic

(*) Pour le journal  La Lanterne c’est Ernest Taylor qui est le responsable :
« Le plus coupable — nous allons dire — l’unique coupable est M. Taylor. C’est sur son ordre précis que Rossignol s’est entendu avec Gondinet ».   
(La Lanterne du 23/09, n°3807)

Rossignol se rendit de nouveau chez Gondinet et lui demanda s’il était possible d’avoir un souvenir de Pranzini, ne fut-ce qu’un bouton. Le garçon lui aurait répondu :
Non, le pantalon et la chemise ont été emportés à l’annexe. Prends donc un morceau de peau et fais-en faire un portefeuille.
Rossignol : « l’idée me sembla originale, je pris un morceau, qui était le coté gauche de la poitrine ; je fis retirer la chair et la graisse, ne gardant que la peau »

Il effectua lui-même la préparation de la peau : dégraissage, passage à l’alun, assouplissement (des heures avec ses mains !). Il alla ensuite la porter chez un maroquinier et lui demanda d’en faire deux porte-cartes. Ensuite, il les offrit à M. Goron et à M. Taylor qui, selon Rossignol, n’avait rien demandé mais accepta le présent.
Après la fabrication des porte-cartes quelle raison poussa Rossignol à indiquer au maroquinier leur matière, la provenance, le nom de Pranzini ? L’information fuita. L’étincelle fut déclenchée par le journal Le Figaro (n° 257, du 14/09/1887). On pouvait lire, relégué en page 5, sous la rubrique « nouvelles diverses », un court article, non signé, intitulé LA PEAU DE PRANZINI.
Il relatait la venue de Rossignol (sans le nommer), chez le maroquinier, sa demande de fabrication des porte-cartes etc. L’auteur de l’article était Georges Grison, journaliste de faits-divers et écrivain, qui s’intéressait aux condamnés à mort et aux exécutions capitales.
(de Georges Grison, voir le message 67 où il évoque le Château-Rouge dans son ouvrage Paris horrible et Paris original (1882).

D’autres journaux commencèrent à prendre de l’intérêt pour cette affaire, notamment La Lanterne, et publièrent des informations de plus en plus fournies (parfois, avec des inexactitudes).
Le Figaro, pourtant à l’origine de sa divulgation, s’en tint ensuite en marge, le journaliste Georges Grison regrettant de l’avoir dévoilée !
Rapidement, le doyen de la Faculté de médecine de Paris ouvrit une enquête. Le futur chef des travaux pratiques d’anatomie, Paul Poirier, fut soupçonné. A son grand dam.
Le 23/09, on pouvait lire dans le quotidien La Lanterne (n°3806), bien visible sous le bandeau de la première page

https://zupimages.net/up/19/01/fkur.jpg

Source: Gallica.bnf.fr

Charles Mazeau, ministre de la Justice, ouvrit une information pour déterminer les responsabilités. Au sein du gouvernement Rouvier, le ministre de l’Instruction publique, Eugène Spuller, demanda la révocation de Taylor, Goron, Godinet.
Fin septembre, Rossignol fut convoqué chez le juge d’instruction Vasseur. Après interrogatoire, il fut inculpé de violation de sépulture.
Rossignol : « Il n’y a pas eu de violation de sépulture, vous devez confondre violation de sépulture et détournement de débris anatomiques. Je n’ai rien déterré. J’ai pris à terre. »
Le juge me demanda de lui faire un rapport sur les faits et je ne paru plus à l’instruction.
Je lui dis en m’en allant :
« Mais les porte-cartes que vous avez saisis vont se promener un de ces jours dans la poche de l’un ou l’autre
. »
—  Non pas, me répondit-il.
Et en effet, il fit venir le Sous-chef de la sûreté, et en présence du procureur de la République, il brûla les porte-cartes. »

Pour contrer le retentissement que prenait cette affaire la sûreté utilisa un joker : le 9 octobre, parurent en première page du quotidien Le XIXème siècle plusieurs articles surmontée d’un titre en lettres géantes :
LE SCANDALE DU MINISTERE DE LA GUERRE.
Le journal était bien renseigné, et pour cause : il obtenait des informations par la sûreté. Depuis un certain temps elle avait constitué un dossier (1) sur les agissements suspects de personnalités politiques et de hauts gradés militaires. Le nom de Wilson (2), gendre du président de la République Jules Grévy, y figurait.
De ce fait, la sûreté obtenait une diversion en informant ce quotidien d’un scandale beaucoup plus important que l’affaire des portefeuilles.

(1) Scandale des décorations. Le Président Jules Grévy fut contraint de démissionner en décembre 1887.
(2) En février 1888, Daniel Wilson sera condamné à deux ans de prison et cinq ans de privation de ses droits civiques puis, après appel, acquitté lors  deuxième procès.
Suite à l’affaire des porte-cartes, Ernest Taylor fut déplacé et remplacé par Jean-Marie Goron.

Rossignol :
« Pendant mes dix-neuf années à la Sûreté, j’ai arrêté ou participé à l’arrestation de 2000 voleurs, je n’ai jamais encouru de punition, quoique, d’ailleurs, j’en ai souvent mérité.
Ma fiche porte dix-neuf gratifications pour zèle et intelligence dans le service, arrestations de malfaiteurs dangereux, actes de courage
.
- J’ai eu cinquante-trois jours de congé pendant ma carrière.
- Un plongeon dans la Seine m’a couté une bronchite.
- J’ai dans la peau huit coups de couteau ou poignard(*), contusions et plaies contuses ; les ecchymoses et morsures ne sont pas à compter. »

(*) Blessures faites par l’anarchiste Clément Duval lors de son arrestation par Rossignol, en octobre 1886.

Duval : Condamné à la peine de mort le 12/01/1887.
Peine commuée en travaux forcés à perpétuité par le Président Jules Grévy, le 22/02/1887.
Transporté en Guyane. Nombreuses tentatives d’évasion.
Evasion réussie le 14/04/1901.
Réfugié aux Etats-Unis jusqu’à son décès, en 1935.

7

(26 réponses, dans À propos du site)

Que chacune et chacun rencontre une année paisible et chaleureuse.

8

(137 réponses, dans Parler pour ne rien dire)

Est-ce une pie mâle ou femelle  ? Bonne fête à tous.

En ce qui concerne le blog Le mateur de nouilles : il est de nouveau visible, avec ce lien https://arnaudl.github.io/parisenconstruction/

10

(24 réponses, dans À propos du site)

Bonjour,

Je n'ai pas connu trevor, mais au fil du temps je voyais souvent paraitre son nom. Cet homme était donc très apprécié sur ce forum, à la vue de tout ces hommages qui touchent le cœur. Au revoir trevor.

éponymie, un salut pour la biblio.
En marge du Château Rouge, à signaler la disparition du blog Le mateur de nouilles (que nous avions évoqué). C'est grand dommage.
Bernard Vassor, qui animait le très intéressant blog Autour du père Tanguy est décédé en juin 2016. Contrairement au mateur, son blog restera visible sur le net.

Par delà sa disparition encore une somme de connaissances que Pierre nous lègue.
Qu'il ne soit plus là est pesant.

Ah, merci Abel Boyer et d'orénavant il n'est plus possible de poster des images.

Bonjour,

Disque original d'Aristide Bruant (avec variante des deux premiers couplets) : ICI

Une curiosité. Georges Brassens: ICI

Identifiés : Pierre Nicolas, Joël Favreau, Marcel Amont, Pierre Tchernia, Maxime Leforestier, Marcel Dadi. Portant une veste noire, il me semble reconnaitre Pierre Louki ? D’autres restent à identifier.

https://img15.hostingpics.net/pics/7931612018.jpg

Bonne santé pour tous.

L'article mentionne l'appellation de la guillotine pour la seule salle où elle figure en tableau. D'autres articles généralise le terme pour l'établissement en entier ?

Merci pour la parenthèse technique.
Oui, l'affaire Ballerich figure dans le supplément de 1888.

Que d’avancées, éponymie !

Intéressant, et plutôt inattendu, cet article sur le Chateau-Rouge dans le dico de Pierre Larousse (message 249). Etonnamment, quarante ans plus tard, le Larousse du XXème siècle (1929) mentionne toujours le Château-Rouge (mais en trois lignes seulement).

Une publicité ancienne vantait le magasin de la Samaritaine (à Paris) avec ce slogan : « on trouve tout à la Samaritaine » ICI
Le Grand dictionnaire universel du XIXème siècle de Pierre Larousse est un peu équivalent.
Le très regretté Pierre Enckell (qui nous a quitté en juillet 2011) avait relevé dans différents volumes de ce dictionnaire plusieurs dizaines d’affaires criminelles, plus ou moins célèbres. Elles furent réunies en un volume, accompagnées de ses commentaires et annotations.

Pierre Larousse

Histoires abominables

48 affaires criminelles du XIXe siècle (1817-1887)
Edition présentée et annotée par Pierre Enckell.

André Versaille éditeur, Bruxelles, 2010. 298p, broché.
Collection redécouvertes.

http://img11.hostingpics.net/pics/814930PENCKELLLarousseLIVREPhoto.jpg

A ma grande honte, je m'aperçois que le lien (différent du votre) que j'avais consulté il y a deux jours indiquait bien le Château-Rouge.

éponymie a écrit:

Je ne sais pas si vous connaissez les cartes postales de la série "Paris ignoré", j'en ai découvert quelques-unes en cherchant le livre de Jean Lorrain sur la Tournée des Grands-Ducs :

Il s'agit du petit Château-Rouge, la photo ne saurait cadrer avec ce que nous savons de l'autre.

Sauvegardez avant que le lien ne disparaisse.

Oui, je la connais depuis les années 70, où je collectionnais des CP anciennes. J'ai vu ces cartes il y a deux jours, mais le lien n'était pas celui-ci, et il n'était pas fait mention du Château-Rouge ! A ma connaissance cette série doit dater de la première décennie du XXème siècle, ce qui confirmerait bien le petit Château-Rouge. J'ai sauvegardé le lien.

Un extrait du livre de l’inspecteur Rossignol sur le Château-Rouge.

« Dans le même quartier que le cabaret du père Lunette, sa trouve un établissement du même genre, fréquenté par un public identique, mais en bien plus grand nombre : c’est le Château-Rouge.
Là aussi, les pilons (1) se réunissent surtout pour la parade et recherchent les visiteurs, au lieu de les fuir. C’est l’exploitation à poche ouverte — moins immorale, après tout, et moins dangereuse que l’autre.
Le Château-Rouge est situé rue Galande, au fond d’un immeuble qui passe pour pour avoir appartenu à Gabrielle d’Entrées, la maîtresse de Henri IV.
On traverse une cour assez large et on pénètre dans une vaste salle où sont accroupis des femmes et des enfants qui dorment. Il y en a de vingt à cinquante, suivant les jours.
En face de la porte, un grand comptoir d’étain, où se débitent plus de quarante pièces de vin par mois.
A l’extrémité de ce comptoir s’ouvre une autre pièce, également spacieuse, garnie de quatorze tables, dans laquelle s’entassent en files une quantité d’individus couchés.
Depuis peu, le local s’est enrichi d’une nouvelle chambre, plus petite, qui possède, elle aussi, son exposition de peinture.
C’est l’affaire de madame Ballerich, assassinée par Gamahut et Midy (d’anciens habitués de la maison), qui fait les frais de l’exhibition.
On n’a pas oublié cette cause célèbre. Des deux fils de la victime, l’un était commissaire de police, l’autre officier de paix. Ce dernier fut tué par un rédacteur au Cri du peuple, quelques jours après l’assassinat de sa mère.
Les peintures reproduisent la scène du meurtre, la confrontation à la morgue après l’arrestation des coupables, et la guillotine
A gauche, une autre salle contient cinq tables. On l’a baptisé « le Sénat », sans doute parce qu’il n’y a que des vieux étendus sur ces tables.
Au premier, encore un pièce, que l’on assure avoir été la salle à manger de la belle Gabrielle, au temps où Henri IV songeait, pour l’épouser, à répudier Marguerite de Valois.
On appelle cette pièce la « Salle des morts », à cause de trente de trente à cinquante individus qui y gisent sur le sol dès la tombée de la nuit.

La chambre habitée par le patron donne sur cette Salle des morts. Jamais on a essayé de le voler. Pour être autorisé à coucher dans la maison, il faut que chaque client prenne une consommation.
On montre au premier un homme qui vient là tous les soirs depuis neuf ans. Cet habitué est privilégié ; on lui réserve une table qui est considérée comme la sienne. C’est un spectacle vraiment saisissant, pour ceux qui n’ont rien vu de pareil, que ces entassements sordides de formes humaines. La première impression est de mettre la main sur sa montre et sur son porte-monnaie. La seconde est un profond sentiment de pitié pour ces déshérités, plus profond à plaindre qu’à blâmer.
Quel livre à la fois instructif et touchant écrirait l’analyste qui raconterait en pages sincères l’histoire de ces mendiants professionnels ! Combien de drames de drames sociaux se cachent  sous les haillons de cette multitude ! Certes, dans une telle accumulation d’infortunes, la société a sa lourde part de responsabilité.
Et quand on pense que le Château-Rouge ferme à deux heures du matin ! quelle que soit la rigueur de la saison, tous ces gens-là sont jetés à la rue en pleine nuit, peut-on s’empêcher de frémir ?
Que devient cette foule sans asile ?
Une grand partie s’en va rôder autour des Halles, en quête de quelques corvées à accomplir.
Le reste s’écoule par les quais, les boulevards et les avenues, achève la nuit sur les bancs,  sous les ponts, où il peut. Les moins fatigués s’en vont traîner par la ville, cherchant à se réchauffer par la marche. Bien heureux quand ils ne songent pas à quelque mauvais coup !

Autant par esprit d’humanité que par esprit de lucre, le propriétaire à sollicité plusieurs fois l’autorisation de garder ses clients jusqu’à l’aube. Mais, par mesure générale, cette tolérance accordée dans un certain périmètre autour des Halles (2), est refusée partout ailleurs.
J’ai conduit dans ce bouge et dans d’autres des conseillers municipaux, des députés, des ministres.
— Cela saigne le cœur ! s’écriaient-ils à l’aspect de cette misère.
Et, sans doute, pour ne pas se laisser attendrir, ils se bouchaient le nez.
Tous se sont apitoyés, reconnaissant la nécessité de faire « quelque chose ».
Aucun n’a jamais rien fait.

(1) Mendiants.

(2) Par exemple chez Fradin, rue Saint-Denis, à proximité des Halles (cet asile de nuit est très souvent cité comme ayant été situé au n°35. Dans son livre (écrit entre 1894 et 1896) l’inspecteur Rossignol l’indique au n°31 — antérieurement rue de la Grande-Truanderie — sans n°).
D’après Rossignol, et suivant les jours, 500 à 700 clients entraient dans cette asile, entre minuit et 1h du matin. Il mentionne que l’établissement comportait le rez-de-chaussée, trois étages supérieurs et deux sous-sol (le musée Carnavalet indique une 3ème cave — en 1895).

http://img11.hostingpics.net/pics/536278FRADINdessinSeguin1895.jpg

1895. Chez Fradin. Troisième cave. Dessin de F. Seguin. Musée Carnavalet.

éponymie a écrit:

Un rapport avec le petit Chateau-Rouge du numéro 59 ?

Oh, oui. J'avais oublié le Petit Château-Rouge du message 136 où j'ai d'ailleurs fait une erreur, le numérotant 55 au lieu de 59. La photo d'Atget est de 1906. Le propriétaire de Fradin a donc repris cet ex-TABAC du 59 pour en faire un refuge de nuit après la disparition du Château-Rouge

http://img11.hostingpics.net/pics/118079PANNEAUASILEDENUIT.jpg

1906. 59 rue Galande.

1905 !. C'est très curieux http://img15.hostingpics.net/pics/359724LORRAINarticlesurFRADIN.jpg


Extrait de l’article La Tournée des Grands-Ducs, de Jean Lorrain. Publication Je sais tout (février-juillet 1905). Qu’en penser ?

L’article intégral  : ICI

Le sujet s'enrichit beaucoup grâce à vous.

Je connaissais Chahine, mais pas ses dessins sur le Château-Rouge. Comme Lepère, il a illustré Huymans (A vau-l’eau). D’autres dessins sont probablement à trouver, car il s’est intéressé au thème des pauvres gens.

Une fiction moderne où l’on retrouve le Château-Rouge :
ICI

Le Maître de justice. Kybalion (Michel Denni). Publibook, Saint-Denis, 2002.

Oui, D'accord avec vous.

éponymie a écrit:

Voici une autre photo d'Atget (entre 1901 et 1907 donc) :

Je ne sais pas si nous sommes venus à bout des ressources du musée Carnavalet. F. Séguin a produit une série de 3 dessins en 1898 sur les salles du cabaret. Je n'ai pas le temps de lespublier aujourd'hui.

On y trouve aussi une autre version de l'eau-forte de Gautier : http://parismuseescollections.paris.fr/ … rincipales

P.S.: non ! C'est entre 1899 et 1901, la démolition du numéro 57 n'est pas encore commencée. Celui qui est détruit, c'est le 55.

Excellent pour la trouvaille de F. Seguin.

Je pense que la démolition du Château-Rouge a commencé en automne 1899.

A propos des peintures relatives à l’affaire Ballerich/Gamahut. Leur présence :

- Message 25 (page 1), de parisien :

« 3) En 1886, il y a dans "le Château-Rouge ou la Guillotine" des "peintures murales pas trop mal tournées" (Gustave Macé, Un joli monde, p.71 et suivantes). »

° Si le chef de la sûreté avait vu, en 1886, les peintures en rapport avec l’affaire Ballerich/Gamahut il l’aurait probablement mentionné, en tant que policier. Elles ne figuraient donc pas encore à cette date.

- Message 39 (page 2), de Régina  :

« En effet ce qui frappe le plus dans cette pièce réservée aux buveurs , c'est, sur le mur du fond ,la peinture d'une guillotine appuyée sur quelques centaines de têtes de morts et noire de corbeaux.

L'oeil observateur appartenait à Georges Berry .

Le reste des murs de la même salle était à l'avenant.

En face, on voit deux gendarmes arrêtant un gars vigoureux , ruisselant de sang.
Sur un autre mur, c'est un assassin pris de remords que l'on confronte avec le cadavre d'une femme qu'il vient d'assassiner et qui se met à genoux devant sa victime. Plus loin, enfin, des vautours se baignent dans du sang humain
.

Geoges Berry (1897). »

° Donc, présence en 1897 des peintures relatives à l’affaire Ballerich/Gamahut.


- L’inspecteur principal de la sûreté, Gustave-Armand Rossignol, prend sa retraite en août 1894. Dans son livre Mémoires de Rossignol, il mentionne l’année de l'achèvement de l'ouvrage : 1896, et indique, page 136, sur le Château-Rouge :

« Depuis peu, le local s’est enrichi d’une nouvelle chambre, plus petite, qui possède, elle aussi, son exposition de peinture. C’est l’affaire de madame Ballerich etc.
Les peintures reproduisent la scène du meurtre, la confrontation à la morgue après l’arrestation des coupables et la guillotine
. »

- Message 126 (page 6). Carte postale de Peuvrier, datée de 1892. Cette date pourrait aussi être retenue pour l’apparition au Château-Rouge des toiles relatives à l’affaire Ballerich/Gamahut. Elle s’ajuste avec l’écrit de Rossignol « depuis peu. »

éponymie a écrit:

C'est surtout le dessin d'Henri Chapelle (le deuxième) que je trouve particulièrement infidèle, c'est celui-ci qui porte la mention de 1901-1902 pour la destruction.

Je me suis mépris, mais remarquez que l'eau-forte de Gauthier ne donne aucun renseignement sur le genre des commerces (enseignes, bandeaux). L'ensemble est traité sans trop de précision (la partie gauche est significative) mais tel n'était pas le but de l'artiste.

J'avais vu cette eau-forte de Lucien Gauthier, mais je ne pouvais la saisir qu'en format modeste.
J'aime beaucoup son rendu dans le format que vous avez publié, malgré l'imprécision de l'artiste, que vous mentionnez avec raison.
Pour des voies parisiennes qualifiées de pittoresques, je  trouve la technique de l'eau-forte très intéressante, et parfois aussi la gravure sur bois de (de bout, surtout).
Sur le dessin de Seguin, il est mentionné la date de 1901 ou 02 pour la destruction du cabaret. Cette dernière parait donc avoir duré sur une période assez longue, la date de 1899 étant mentionnée le plus souvent.

Originaire du 13ème arrdt de Paris, je connais très bien l'histoire des dominicains d'Arcueil. Serizier a été fusillé le 25 mai 1872, sur le plateau de Satory où ont été fusillés d'autres membres de la commune. Il s'agissait d'une exécution militaire, Serizier étant chef de la XIIIème légion. Condamné à la peine de mort par le 6ème conseil de guerre, le 17 février 1872. Si son cas relevait du droit commun il aurait été guillotiné, comme le furent Daix et Lahr qui, lors des évènements de 1848, firent fusillés le général Bréa, avenue d'Italie, le 25 mai. Daix et Lahr furent guillotinés à la barrière de Fontainebleau (limite de Paris à l'époque, aujourd'hui, place d'Italie).
Entre 20000 et 25000 hommes de troupe assurèrent le bon déroulement de l'exécution.

- Oui, beaucoup de marchands de vins dans la rue Galande.

31

(15 réponses, dans Histoire de la langue française)

Dans mon milieu d'origine (ouvrier), le mot maraudeur était utilisé pour la disparition de fruits dans les jardins ouvriers. Mon père avait un petit jardin, parmi plusieurs dizaines d'autres (banlieue sud de Paris, sur les hauteurs de Bicêtre).
A la disparition de fruits, les proprios disaient souvent : « Ah, encore des maraudeurs ! ».

Non, le mateur n'est pas un copain, je connais son site depuis plusieurs années. Je crois qu'il est inactif depuis quelque temps.
Je n'avais pas vu que « source » était cliquable.
Votre info sur le le communard guillotiné m'intéresse vivement. Je me suis beaucoup intéressé à la Commune de Paris, à ses acteurs etc. A ma connaissance, je ne vois pas de communard guillotiné, à moins que ce ne soit pour crime de droit commun.

Encore des trouvailles. La moisson est bonne ! Et il y a probablement encore des choses à dénicher.
L'info du permis de construire de 1907 provient-elle du Mateur de nouilles ?

Eponymie,

Excellent ! Compliments.

Je vais essayer de procéder par ordre, car je manque un peu de rigueur parfois.

— D'accord pour le texte du tome III de Maxime du Camp, quasi écrit en 1869.

— 2 photos anciennes du message 174 :
   
- La première : Je n'ai pas trace de date. Probablement mise en mémoire dans l'ordi. il y a un bon bout de temps. Je vais rechercher.

- La deuxième : J'ai omis d'indiquer source et date. Gallica. Photo d'Atget, mai 1899.

— Peinture d'Albert  Marionnel. Intéressant. Inconnue pour moi. Je vais fouiner.

Il faut que je lise à tête bien reposée votre dernière liste. C'est remarquablement fait.

D'ici peu de temps, je pense avoir le bouquin des souvenirs de Rossignol.

Après recherches, années de parution des volumes.

Tome I  - 1869
Tome II - 1870
Tome III - 1872
Tome IV - 1873
Tome V - 1874
TOME VI -1875

L’éditeur monégasque G. Rondeau a publié en 1993 les six tomes, réunis en un seul.
L’information de GL prête à confusion.

Quelques remarques :

Dans son message n° 25, parisien mentionne, je cite :

« 2) Le bouge "la Guillotine" est cité dès 1869 par Maxime Du Camp dans Paris, ses organes (etc.), tome III, pages 44-46. Sa brève description n'évoque pas de peintures. »

- C'est exact et... inexact. En 1869, est paru le premier tome, oui, mais on ne trouvera jamais cette date pour le tome III. Il est très probablement paru après la Commune de Paris, peut-être en 1872 ? (la troisième édition parait en 1875).

Par contre, Alain Corbin, sur le site CAIRN.INFO mentionne la date de 1869 pour la rédaction du tome III, mais la rédaction seulement. Le texte intégral était-il alors déjà établi ou Maxime du Camp l’a-t’il complété ensuite ?

Alain Corbin : ICI

- Dans ce quartier de la Maub’ rôde la guillotine et les supplices. Actuellement, le Caveau des oubliettes, situé 52 rue Galande, est sous-nommée La Guillotine (pendant longtemps, une guillotine grandeur nature y a trôné). A existé aussi le Caveau des oubliettes rouges (disparu), situé à l’ex n°11 de la rue Saint-Julien-le-Pauvre.


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(source : site de vente eBay)


- Maxime du Camp écrit à propos du cabaret La guillotine :

[…] qui se trouve établi sur l’emplacement où Sainte-Croix, l’amant de la Brinvilliers, avait son laboratoire secret. » (tome III, page 45).
(la Brinvilliers sera décapitée et brûlée place de Grève).

- Appellation Château de la guillotine (Petit-Journal, 1875). Cette demeure parait avoir été une habitation princière, ou équivalente, et le mot château lui aurait été attribué ? Mais pour guillotine ? Noir complet !

Oui, les photos de Jaume ont l'air de montage pour le livre.

Oui, il est possible que ce soit la crèmerie d'Alexandre. La bande Gamahut fréquentait surtout Le Château-Rouge, d'après les nombreux articles sur ce fait-divers mais, comme vous vous le précisez, la crèmerie Alexandre était située toute proche du Château-Rouge (sur le trottoir d'en face). Crèmerie peut être pris aussi dans le sens plus général de débit de boisson (voir Bob), mais il est vrai que dans ce cas, un autre mot que crèmerie aurait peut-être été employé si le lieu avait été le Château-Rouge.
Pour le lien avec la Commune de Paris, je me suis aussi posé la question. Effectivement, les fresques sur la Nouvelle-Calédonie peuvent avoir un rapport avec elle - Communards déportés - ou bien alors avec des criminels  etc, condamnés à la transportation en Nouvelle-Calédonie (en Guyane aussi).
(les déportés politiques de la Commune n'ont été déportés qu'en Nouvelle-Calédonie, mais pas en Guyane).

En 1892, le Château-Rouge n'est pas nommé, mais tout indique qu'il est le lieu où Jaume a appris de Trolliet l'indentité de l'assassin.

Extrait de la Revue illustrée, du 15 juin 1892 :
« On se souvient de l'affaire Ballerich. Jaume, chargé de découvrir l'auteur du crime, se déguisa en maçon, fréquenta pendant quelque temps une crèmerie où les amis de Gamahut venaient quelquefois, parvint à y apprendre le nom de l’assassin et, peu de temps après, ayant retrouvé sa trace, l’arrêta dans la Nièvre. »


Travestissements de Jaume (d'après photographies).


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En Bourgeois.


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En maçon.


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En cocher.

Lire l'article sur Jaume > ICI

OK, je me suis mal exprimé.

L’ ECHO DU PUBLIC

Cet hebdomadaire publiait des questions de lecteurs et les réponses de lecteurs sur tous les sujets. Parfois, la rédaction répondait elle-même à certaines questions.
Hormi la périodicité, et quelques différences, il se rapprochait de la revue l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux dont la parution commença en 1864.

Il expliquait son programme :

« L’ Echo du Public, fondé en 1896 et qui, depuis, n'a cessé de progresser, a surtout pour but d'aider les personnes peu expérimentées dans l'art des recherches, ou celles qui n'ont pas de temps ou les moyens matériels de les effectuer. Chaque fois que l'on est embarrassé pour trouver un renseignement d'un genre quelconque il suffit de le demander à nos nombreux et érudits correspondants, et il est bien rare que l'on ne reçoive pas pleine et entière satisfaction.
Pour cela, on est prié de rédiger la question, et de nous l'adresser. Elle est insérée gratuitement dans l'un des plus prochains numéros, et un grand nombre de réponses ne tardent pas à nous être envoyées. Nous publions avec impartialité ces réponses, ignorées ou controversées, qu'elles soient corroborantes ou contradictoires, en nous réservant seulement de mentionner celles qui ne sont que l'exacte répétition des précédentes.De plus, nous possédons des archives accumulées laborieusement depuis cinq ans qui nous permettent de répondre directement et immédiatement à un grand nombre de questions dans notre i]Petite correspondance.
L’Echo du Public est aussi une sorte de salon de conversation entre tous les érudits qui veulent bien s’entre-questionner dans ses colonnes, et dont les discussions ont été à plusieurs reprises passionnantes, tout en contribuant à éclaircir des points jusqu’ici ignorés ou controversés. »

Dans son n° 150, du 23 septembre 1899, figurent quelques lignes sur le Château-Rouge, à la rubrique Petite correspondance. Elles proviennent donc de la rédaction du journal.


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De fait, tous les tenanciers de ce genre d’établissement étaient des indicateurs de police.

La revue l'Echo du public : Gallica  ICI

Que Delafontaine soit l'auteur des peintures du Château-Rouge semble assez peu probable.
Plus sûrement le bâtiment lui même, l'intérieur aussi, peut-être ?

Extrait de CROQUINETTE, article de l’Hebdomadaire illustré (n° 27 - 7 mai 1899)


« Aussi le titre d'une enseigne est-il une propriété reconnue par la loi pour le commerçant qui l'a prise le premier. Les progrès des lumières et des arts ont influé sur leur perfectionnement et leur luxe. On en trouve bien peu, du moins à Paris et dans les grandes villes, où la langue ne soit pas respectée. On y voit briller — surtout sur les grands boulevards — l'or, l'émail, les marbres précieux ; quelques-unes offrent des tableaux, des peintures assez agréables.
L'époque la plus riche en enseignes est le moyen âge.Toutefois, relativement à celles de Paris, on n'a aucun renseignement antérieur au XIII siècle, et c'est dans un document du règne de Philippe le Bel, le Livre de la taille(1272) qu'on en rencontre les premières traces.

Mais, le vieux Paris s'en va, sous la poussée des embellissements, et bien peu des enseignes modernes méritent d'attirer l'attention. Quant je dis que les enseignes s'en vont, ce n'est pas bien étonnant, puisque les vieux immeubles tombent sous la pioche des démolisseurs. C'est ainsi que le Château-Rouge vient de fermer ses portes. Il est veuf de ses habitants. La commission officielle du Vieux-Paris l'a visité, non qu'elle pensât sauver aucun souvenir digne d'être recueilli, du bouge que fut cet hôtel princier au temps de sa gloire crapuleuse, dans sa déchéance de coupe-gorge; mais l'immeuble que les démolisseurs vont attaquer, pouvait renfermer quelques vestiges de sa première manière, qui tussent dignes d'être conservés.
Notre confrère, l’Eclair nous donne de curieux détails sur ce lieu connu de tout Paris.

Le Château-Rouge s'ouvrait rue Galande au n° 59. Vous pouvez n'y avoir jamais été ; encore qu'il s'y donnât quelques rendez-vous de noble compagnie. La tournée des grands ducs comportait le Château-Rouge. C'était notre Lapin-Blanc. Ne vous y fiez pas. Encore qu'on arrêtât ici l'assassin Gamahut, ce bouge était truqué pour donner le trac. Les habitués étaient des manières de figurants. Le patron avait organisé une ingénieuse mise en scène. Frédéric Loliée l'a définie d'un mot heureux : « C'est un attrape-pantes. »
Un peintre à l’eau-forte, du Vieux-Paris, l'admirable styliste et le profond philosophe qu'est M. Huysmann, a laissé, sur le Château-Rouge, dans ce court chef-d'œuvre le Quartier Saint-Séverin, une page qui assure l'immortalité au cabaret borgne. Il en a décrit les hôtes et le patron, le père Trolliet :
Suit la description de Huysmans, déjà éditée dans les messages antérieurs.

Le papa [tenancier] s'est retiré, le bouge est désert. Des représentants de la municipalité le visitaient samedi. Ils l'ont revu, sans son comptoir, ni son lourd poêle de fonte, où autour des tables étaient affalés des paquets de bardes. Derrière, c'était la salle des morts, un plancher sur lequel grouillait toute la vermine des bas-fonds. Une seconde salle où se tenaient les joueurs, a conservé ses peintures idylliques et champêtres, une noce dans la prairie. Dans la pièce du fond, en retrait, des peintures sont restées, qui pourraient tenter un amateur. Ce sont des portraits peints sur le mur et de grandes compositions en harmonie avec le milieu :
l'arrestation d'un contrebandier, la confrontation à la Morgue d'un assassin avec sa victime — et de chaque côté d'une croisée, des panneaux : l'un représentant la guillotine sur un monceau de tètes coupées ; l'autre le billot et la hache et couché au bas un lys — symbole de l'erreur judiciaire.
Un escalier grimpe au premier, où la misère et le crime, jusqu'à doux heures, dormaient sur le plancher. Plus de traces d'un art quelconque, mais d'anciens papiers souillés, lacérés, et des tachés brunes rappelant des chasses nocturnes où le pouce du dormeur incommodé s'exerçait.
Et dire qu'une des plus charmantes créatures dont le sourire égaie nos sévères annales, aurait dormi là ! Dire que sous ces plafonds s'étirait, toute rose de ses rêves royaux : Gabrielle d'Estrées !

Maintenant, n'exagère-t-on pas ! Où n'a-t-elle pas habité à Montmartre ? Mais des domiciles qu'on lui prête, le professeur érudit Henri Monin, qui faisait encore, hier soir, une conférence si applaudie, rue de la Vieuville, sur la population de Paris, impitoyablement la déloge. On voulait que, pour elle, ait été construit l'autre Château-Rouge,- le bal qui n'est plus et où est maintenant Dufayel : il en rit. Que pense-t-il de son séjour au Château-Rouge des purotins !
De toutes façons, l'immeuble eut une origine aristocratique. Sous les outrages qu'il reçut, se lit, en quelques plaques de cheminée, en la rampe de fer forgé de l'escalier du fond, et surtout dans le fronton et les détails sculptés de la porte — postérieurs au reste — une destination seigneuriale.
La Commission a retenu quelques-uns de ces témoignages d'un glorieux passé ; ils iront à Carnavalet... Quant au bouge, c'est l'iconographie qui le rappellera dans les aquarelles signées Delafontaine et des photographies, précieuses aux historiens des bas-fonds. »

Merci pour ces explications.


éponymie a écrit:

Concernant, Yvette Guibert, je suis tombé et retombé plusieurs fois sur cette épisode moi aussi.

Ses écrits sont tombés dans le domaine public en 2015.

Souvenirs de la chanteuse et actrice Yvette Guilbert sur le Château-Rouge.
(Emma Laure Esther Guilbert. 1865-1944)

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L’artiste en 1900.
(source : gallica.bnf.fr)

Comment j’ai compris Bruant 

« Que de succès à la Scala, je dus à Bruant…Et pourtant combien m’intimidèrent ses couplets.
Je n’étais jamais sûre de pouvoir, de savoir les exprimer.Je n'étais jamais sûre de pouvoir, de savoir les exprimer. Quel pouvoir ! Quelle profondeur sous la forme de gouailleuse de son verbe ! comme j’aimais Bruant ! Son immense talent ! Sa miséricorde !

Je le revois, il y a trente-huit-ans, chez Léon Sari, le dernier d’Artagnan du boulevard ; il recevait Bruant à son château de Fortvaches, en Seine-et-Oise, et la curieuse silhouette d’Aristide Bruant effarait les habitants du village. Moi, toute jeunette, je le regardais, ne me doutant guère qu’un jour je serai son interprète ! Et plus tard, devenue l’Yvette aux gants noirs, je fus menée l’entendre en son cabaret par Hugues Le Roux et le grand bouleversement se fit en moi. Je voulus savoir, cher Bruant, si tu chantais la vérité, si la misère pouvait vraiment susciter tant de suicides moraux, et le vice tant de miséricorde ! J’étais si jeune alors, qu’il me fallait tout apprendre de cette très spéciale chienne de vie des prostituées que tu dépeignais.
Et un soir, nous voila partis avec Hugues Le Roux (1), rue Galande, au célèbre Château-Rouge (ancien hôtel de la belle Gabrielle) escortés de Jaume (2), le célèbre policier.

Ah! soirée inoubliable. Le bouge regorge de monde. Paris est tout blanc de neige depuis plusieurs jours et à deux heures du matin, par ce froid tueur de pauvres gens, tous ces malheureux doivent sortir ! Ordonnance de police. Pour allez où…Le patron du bouge, pistolet à la ceinture, est enfermé derrière un haut comptoir et sert du vin, des alcools aux femmes et aux hommes venus là se réchauffer et dormir. Hugues Le Roux est annoncé à cette cohue grouillante ; on l’accueille avec sympathie, car il a aidé à sortir de prison un "des leurs? ", d’où reconnaissance. On me regarde avec hostilité… 

Une femme, défigurée par une tache rouge qui semble lui couper le visage en deux, vient à nous avec un sourire édenté. Hugues Le Roux me la présente : "C’est Lie-de-Vin », l’amie de Gamahut !" Je reste bouche bée… (les crimes de Gamahut étant à l’époque dans tous les journaux), je la regarde avec de tels yeux que « Lie-de-vin" me dit en hoquetant "Oui…, c’est moi Lie-de-vin qui l’a bien aimé…ah les vaches ! y m’l’ont raccourci… mais on dit qu’un va y faire "au Grévin" sa tête en cire et l’histoire de son crime ! J’irai, j’irai l’embrasser et j’crèverai le bourgeois qui m’en empêchera !"

Et « Lie-de-Vin" retourna boire à son banc… Vint alors une sorcière de Macbeth, elle pouvait avoir soixante-dix ans, avec des yeux écaillés, vitreux, la bouche teinte, absolument teinte de violet, du dessus du nez au menton, par le vin "colorié" qu’elle happait comme un chien, tenant son verre, non dans sa main, mais dans la jointure de son bras replié ; elle nous tendit sa main ouverte, on lui donna de l’argent. Puis vint un énorme garçon, rouflaquettes aux tempes et sentant fort le patchouli, recherché pour vol avec effraction et chourinage de trois filles. Celui-là, nu jusqu’à la ceinture, était entièrement tatoué ; il nous demanda deux francs pour faire rigoler la Reine d’Angleterre (Victoria à l’époque) ; nous acceptâmes son programme, et, à ma grande gêne et à celle de Le Roux, il fit d’un coup de pouce dégringoler son pantalon et nous cria "Mesdames et Messieurs, voyez au-dessus du "robinet d’amour" qui rigole ! Puis, empoignant son ventre à pleines mains, il en pétrit la chair et nous vîmes "Victoria rigoler" , j’étais figée…si intimidée…si gênée…

Enfin, nous montâmes au premier étage. Ah ! là je vis l’enfer ! Des vieillards, des jeunes hommes pêle-mêle, dormant sur le parquet, des guenilles sordides, des chapeaux, des casquettes, surtout des vestons, des pantalons, de tout, de tout, éclairés par un minuscule bec de gaz, en cas de bagarre, et une odeur terrible ! Un vieillard surtout, avec de longs cheveux blancs sur les épaules me bouleversa…les bras étendus et comme cloués au sol, la bouche ouverte, les yeux révulsés, il semblait le christ de la misère. Je versai tout mon porte-monnaie dans ses mains ; le froid de la monnaie le réveilla. Ah ! son regard, son regard « émerveillé et triste" d’éternel abandonné ! En redescendant, nous aperçûmes "de longues tables" où des petits enfants dormaient : « Leurs mères, nous dit le patron, les confient à "leurs hommes" quand, à deux heures de la nuit, elles doivent quitter la chaleur du bouge pour "filer aux Halles" faire tous les métiers.
Bref, pendant des semaines, je fus hantée par cette vision infernale et je compris Bruant. »

- Guilbert Yvette La chanson de ma vie - Mes mémoires. Bernard Grasset, Paris, 1927.
320p, broché.

Nouvelle édition : Grasset et Fasquelle   collection Les cahiers rouges, Paris, 1995.
Broché, couverture illustrée. 288p  in.8  (19 x 12)

(1) Hugues le Roux (Robert Charles Henri le Roux. 1860-1925). Ancien secrétaire d’Alphonse Daudet. Journaliste, écrivain, homme politique (sénateur).
http://data.bnf.fr/atelier/12729869/hugues_le_roux/

(2) Jaume (Fortuné)  Voir page 7, message 151.

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Lithographie d’André Sinet (1893)
(source : gallica; bnf.fr)

J'avais lu cette source. Mais l'explication pour « La loi de 1881 en abolissant la licence de l'honorable corporation des mouilleurs, a privé la société d'une source précieuse d'indicateurs. » reste encore imprécise pour moi.

AU CHATEAU ROUGE

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Hideuses goules, rouges trognes,
Rustres, pleutres, gueux et truands,
Loqueteux, guenilleux, ivrognes,
Pendards, soudards tonitruants,
Avec la nuit tombent ensemble
En ce borgne recoin d'enfer:
C'est le grand conseil qui s'assemble,
Le grand conseil de Lucifer.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire.
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

C'est ici que rend ses oracles
La troupe des noirs scélérats;
C'est ici la cour des miracles
Où le crime prend ses ébats.
Chacun, franc gibier de potence,
Y donne à son tour son avis;
Car il s'agit qu'avec prudence
Tous les forfaits soient accomplis.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Quand a sonné l'heure tardive,
Alors sous les libations,
Du Diable chaque noir convive
Jette ses malédictions.
Hommes et dieux, terre, ciel, monde,
Saisis dans le souffle du mal,
Sont maudits par la troupe immonde
Prise d'un rictus infernal.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Puis succèdent aux chants obscènes
Les airs aux bachiques refrains,
Les mimiques louches, les scènes
Et les débraillements sans freins;
Sinistre et fantastique orgie,
Saturnale aux lourdes vapeurs
D'acre djinn et de tabagie,
Ivresses de démons vainqueurs.

Du Château-Rouge
C'est l'affreuse bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Et quand sous la froide lumière
Chacun par l'orgie épuisé
Laissant retomber sa paupière,
Sur le sol nu s'est affaissé,
Il n'est pas de tristesse égale
A celle de ce lieu perdu,
De cet asile impur où râle
Le crime par l'excès vaincu.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
D'où Satan fuit,
Quand vient l'aurore,
Blafarde encore,
Chasser la nuit.

Edouard de Perrodil 1860-1931)   
Extrait de son recueil de poésies Les rumeurs de Paris . Léon Vanier, libraire-éditeur, Paris. 1893.


Le journaliste Edouard de Perrodil (Edouard Casimir Marie Gros de Perrodil), a été réédité en 2006. Non pas pour ses poésies, mais pour un exploit sportif réalisé du 28 juin 1893 au 2 juillet : Paris-Madrid, à bicyclette. A cette époque, les routes n’étaient pas en l’état d’aujourd’hui, loin de là, le dérailleur n’existait pas encore, et l’engin pesait 12kg. Un homme accompagnait de Perrodil, Henri Farman, récent champion de France de demi-fond en cyclisme, à 19 ans. Farman s’orientera ensuite vers l’aéronautique et établira plusieurs records aériens, en circuit fermé, de ville à ville, etc. Avec ses deux frères, il fondera une société de construction d’avions. Farman reste un nom dans l’histoire de l’aviation.

De Perrodil participera deux fois à la difficile course Bordeaux-Paris (plus de 600km) où sa meilleure place a été 17ème. Ne reculant devant rien, il tentera de battre le record du monde de l’heure réalisé en mai 1893 par Henri Desgranges (futur co-fondateur du tour de France, en 1903), 35,325km, mais échouera. Il effectua également le parcours Paris-Vienne (Autriche) *, la traversée de l’Algérie ** etc.
Ce journaliste a laissé une petite trace pour le développement et la popularité de la petite reine, ses écrits sur son sport d’affection ayant été nombreux.


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Editions Le Pas d’oiseau. 2006.

1ère édition : C. Marpon et Flammarion. 1893.


* A vol de vélo, raid Paris-Vienne. Ernest Flammarion, éditeur. 1895

** A travers les cactus (traversée de l’Algérie à bicyclette). Ernest Flammarion, éditeur. 1896.

Depuis une dizaine de jours ! Cet incident s'est-il déjà produit ?
Oui, pour Bob, mais cela ne donne pas le fin mot de l'affaire. Liberté de la presse et mouilleurs ?

Dans son livre PARIS-ESCARPE - réponse à M. Macé (1887), Charles Virmaitre cite le Chateau-Rouge. Auparavant, il critique vertement l’ancien chef de la sûreté (1879-1884) Gustave Macé qui démissionna, estimant ne pas avoir assez de liberté pour exercer pleinement sa fonction. Macé publia ses souvenirs de police dans plusieurs ouvrages, notamment Le service de sûreté (1884). Pour comprendre la critique de Virmaitre envers Macé, intégralité du texte :

Gallica ICI

Virmaitre :

« Anciennement, il n'y avait qu'un certain nombre de voleurs, tous connus des agents. Aujourd'hui, les voleurs ont généralement de dix-huit à vingt ans, ils déroutent les agents. Avec les anciens voleurs, il y avait toujours un point de repère, une piste indiquée; ils avaient leurs manières de travailler. Quand un agent de la sûreté constatait un vol, il pouvait sûrement, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, dire un tel a passé par là, il a laissé sa marque de fabrique; il a déjà payé (été en prison) pour un vol identique.

Les voleurs descendent des quartiers excentriques, de Grenelle, Montrouge, Clichy et Belleville. Ils n'ont plus de repaires, et c'est une vaste plaisanterie que de vouloir nous y faire croire. Le Caveau des Halles, le Père Lunette, le Père Jules, le Château-Rouge sont des cabarets inoffensifs. Ce sont des refuges de gouapeurs, de pochards, de déclassés. La plupart des misérables qui composent la clientèle de ces assommoirs sont des abrutis qui posent pour la galerie et se font rincer la dalle par les rupins qui sont assez bêtes pour ajouter foi aux récits fantaisistes et viennent se repaître de ce hideux spectacle, où s'étalent à l'œil nu toutes les misères humaines qui défient les philanthropes.

Quand la police de sûreté fait une descente dans une maison borgne, signalée comme un repaire, qu'y trouve-t-elle ? Quelques misérables qu'elle est forcée de relâcher aussitôt, n'ayant contre eux aucune preuve de culpabilité, car il ne suffit pas de soupçonner, il faut prouver.
Les voleurs instruits par l'expérience ne sont plus assez naïfs pour se réunir dans des cabarets
ouverts à tous, que la police connaît et ne prend même plus la peine de surveiller, sachant que ce serait peine perdue. Ils se réunissent sur un banc, dans un lieu désert, à l'abri des indiscrets. Ils n'ont pourtant plus à redouter mastroque (marchand de vin qui ne crible plus à la crible (avertir la police) parce que la loi de 1881, en abolissant la licence de l'honorable corporation des mouilleurs (1), a privé la société d'une source précieuse d'indicateurs, source sans laquelle, je le dis plus haut, il n'y a plus de police, quels que soient le zèle et la perspicacité des agents.

Autrefois, avant cette loi, très bonne au point de vue de la liberté commerciale, mais néfaste pour la sécurité de Paris, les mastroquets, pour se ménager une faveur auprès de la préfecture de police, laquelle fermait les yeux sur des contraventions de minime importance, écoutaient tout ce qui se disait devant le comptoir. Aussitôt qu'ils entendaient des confidences échangées pour un vol projeté, ils s'empressaient d'en prévenir le chef de la Sûreté, qui était parfaitement et promptement renseigné par les indicateurs amateurs. Ce n’était pas de la délation, c'était de la préservation sociale, et il n'est pas un honnête homme, digne de ce nom, qui ne dénonce un crime qu'il connaîtrait. Autrement, par son silence, il mériterait le titre de complice des malfaiteurs.

Cette surveillance occulte de tous les instants était des plus efficace. Point n'était besoin d'être un malin pour l'exercer il suffisait à l'indicateur d'avoir des chasses (yeux) et des esgourdes (oreilles), bien que l'argot des voleurs soit un langage conventionnel et sujet à des fluctuations. Il y a, en effet, plusieurs sortes d'argot, celui des Batignolles diffère de celui de la Chapelle. Chaque quartier excentrique a le sien. C'est la raison pour laquelle les voleurs, en causant, reconnaissent facilement à quel quartier ils appartiennent. Cette particularité est précieuse parfois pour découvrir l'identité d'un criminel.

Supposons Pince-moi-le-dard, la petite Linotte et Baigne-dans-le-beurre en train de faire un zanzibar sur le zinc, l'autel où le pochard dit la messe à deux sous le canon, pendant que leurs marmites (femmes) sont à la chasse de compères cochons (hommes). Le turbin (travail) ne va pas. Tous les trois calendrinent le sable (traînent la misère). La marmite à la petite Linotte s'est affourchée sur ses ancres (se repose du trottoir). Il a, la veille, dégoté (trouvé) une affaire juteuse (vol d'un bon rapport). Il en fait part à ses aminches d'aff (amis d'affaire).
Le vol est accepté les malfaiteurs se donnent rendez-vous. Le marchand de vin prévient aussitôt la Sûreté. Voilà les gredins pincés en flagrant délit et peut-être un crime évité. »

(1) Loi de 1881. Corporation des mouilleurs ? Des explications d’abécédistes à la coule seraient les bienvenues.

- Dans son ouvrage Les sources de l'argot ancien (1912), Lazare Sainéan indique des erreurs dans les ouvrages de Virmaitre (Dictionnaire d’argot fin de siècle, 1894), de Delesalle (Dictionnaire argot-français, 1896), Bruant (L’Argot au XXème siècle, 1901, 1905), certaines dues à Gustave Macé, lui-même abusé par un vrai-faux espagnol, taulard à la prison de la Santé, Bernardo Pastilla. Voir aussi : http://www.languefrancaise.net/Argot/Mace1889


Ci-dessous : Intérieur de la grande salle d’entrée du Château-Rouge, par Auguste Lepère (1849-1918).

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Vers 1899. Crayon noir et aquarelle. Musée des beaux-arts de Nantes.

Belle trouvaille avec ce dessin de Chauvet, éponymie. Cet artiste a beaucoup dessiné sur divers quartiers de Paris. Je me souviens l'avoir découvert, il y a de nombreuses années, en faisant des recherches sur la rivière Bièvre, qui coulait autrefois dans Paris (XIIIème et Vème arrondissement).
Il est récidiviste sur le Chateau-Rouge qu'il a encore représenté en 1894 (voir page 6, reprise du message 66).

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