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Le forum d'ABC de la langue française

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4 036

Je ne supporte pas ce type d'ésotérisme. Vous êtes très loin de la submorphémie, en fait.

Et pourquoi écrire tout cela ? Qui pourra vous croire ? Provocation ?

4 035

Lévine a écrit:

Quand on arrive à poser la racine *rew-dh comme ascendant commun au vieil angl. read, au grec ἐρυθρός, au sanskrit rudhiras et au latin ruber, on atteint une vérité certes modeste, mais qui suffit au linguiste, d'autant que l'établissement de cette parenté favorise d'autres recherches. La recherche d'une vérité plus profonde ne peut être ici que spéculation ou affirmation autoritaire : le contraire d'une bonne démarche scientifique.

Sans remonter en diachronie comme vous le montrez, on peut franchir le Rubicon pour découvrir en synchronie dans la langue romane qui est le français actuel, le submorphème attaché à la couleur rouge du rubis, de la tige de rhubarbe ou des joues rubicondes. La désignation de la Betadine* scrub par les publicitaires engagés par l'industrie pharmaceutique témoigne d'un inconscient collectif langagier toujours créatif grâce à cette submorphémie lexicale. En effet voici la couleur du flacon https://www.pharma-gdd.com/fr/betadine-scrub-4-125-ml. Hasard ? Je ne pense pas, car il existe des flacons jaune, vert et bleu pour lesquels aucune  allusion à un quelconque submorphème <ub> n'est présente. En anglais to scrub ou to rub c'est frotter, et il est possible que ces noms soient nés de la couleur rouge de la peau après un frottement violent ou répété <r>.

Lévine a écrit:

Les phénomènes de submorphémique sont à prendre en compte, mais ils m'apparaissent comme marginaux car ils ne rendent pas compte de l'ensemble de la langue (l'affirmer est du reste un gage d'esprit scientifique) Il ressort de tout cela que le point où converge toute langue, quelle que soit la genèse de ses éléments, c'est l'arbitraire du signe. C'est ce que je crois, mais on peut bien sûr me démontrer que je me trompe. A vrai dire, cela me ferait plaisir.


Je reprends un extrait d'un article de Didier Bottineau. "La langue  s’impose  des contraintes telles que la définition de valeurs structurales, oppositives et distinctives, déliées à la fois de la référence et de la nature sensorimotrice et interactive des signifiants, et la réduction de la sémantique à un domaine de définition évident tel que l’espace, le temps, la modalité, la référence, la définitude, à l’exclusion jusqu’à une époque récente du dialogisme, de l’interlocution, et du caractère protocolaire des opérations en syntaxe. Cette langue abstraite n'est pas un fit observable... En réalité le phénomène empirique qui s’offre au linguiste est, il faut repartir de là, la parole, ce curieux comportement par lequel ce primate que nous sommes fait « bruiter » l’air ambiant en mastiquant et voisant l’air expiré et produit un « chant » dont l’effet cognitif est réputé tout autre que celui des chants produits par d’autres espèces (si tant est que l’on en comprenne la nature)."

Il donne un exemple sur le sens des mots :

"Le sens d’un mot ne retient pas distinctement l’historique de ses propres occurrences antérieures (un mot ne relève pas de la mémoire épisodique), mais il retient et organise l’ensemble des savoirs rencontrés à l’occasion des occurrences antérieures de lui-même dans la diversité des contextes et situations interactionnelles où il a effectivement été produit : le mot sandwich a été rencontré principalement dans le contexte d’un discours sur l’alimentation, mais aussi secondairement dans des conversation parlant de publicité (homme-sandwich), d’interactions humaines compliquées (être pris en sandwich), de géographie (les Îles Sandwich), d’histoire (l’obsession du Earl of Sandwich pour le jeu, qui l’amena à se faire servir ses repas sous la forme de viande posée sur des tranches de pain de manière à ne pas interrompre son activité), voire d’étymologie toponymique (Sandwich < sand + vicus : village sur le sable).

En tant que signifiant, ou boucle motri-sensorielle active, le mot sandwich est un appel de l’ensemble des savoirs enregistrés à l’occasion des rencontres antérieures de ce même signifiant (exactement comme l’odeur du thé rappelle par réminiscence les impressions sensibles multimodales liées aux situations antérieures où le même thé, les mêmes madeleines ont été consommés). J’ai donc défini le mot comme une « madeleine sociale » : un comportement intentionnel susceptible de déclencher intentionnellement, pour soi-même (endophasie) comme pour autrui (exophasie), un paradigme de connaissances correspondant à la synthèse de l’historique des situations d’interactions verbales où cette unité lexicale a été antérieurement rencontrée lors de rapport à autrui et soi-même (par l’endophasie)."

J'arrête là  mon copié-collé  et vous communique l'article sur internet :  https://journals.openedition.org/miranda/5350

Vous constaterez qu'on s'éloigne de plus en plus de la théorie sur la langue de Saussure.

Lévine a écrit:

Pour ce qui est de clairon, vous avez raison de le ranger avec les mots en cl- car son origine lointaine est bien onomatopéique ! mais avez-vous fait des recherches étymologiques pour fonder cette analyse ? En deux mots, "clairon" vient de "clair" qui vient lui-même de clarum ; le latin, le mot exprime un éclat visuel, mais aussi sonore, comme vous l'avez dit, et en ancien français, cler (plus correctement écrit ainsi), signifie très souvent "éclatant" pour qualifier un cri. Ce n'est pas pour rien que dans le Roman de Renart, le coq s'appelle Chantecler !

Les spécialistes montrent que clarum se rattache au vieux verbe calare "appeler", "convoquer" (par la voix du héraut), qui est cognat de clamare, du grec καλεῖν, de l'alld hallen et dont l'ancêtre lointain est sans doute une onomatopée *kal ou *kla (le a, qui ne s'inscrit pas dans la loi des alternances vocalique classiques joue ici un rôle majeur. Mais les racines reconstruites ne sont en rien des mots et il est évident que ces éléments ne suffisaient pas à communiquer au troisième millénaire avant J.-C...

En tout cas, bravo d'avoir deviné ce qu'établit l'étymologie "officielle", bien qu'elle ne puisse se vanter d'avoir nécessairement fait sortir toute la vérité du puits.

 

Merci pour ce bravo, mais l'étymologie sur laquelle je me base fut au départ uniquement synchronique. Le submorphème <cl> dans la langue française actuelle est un marqueur soit de fermeture, soit de retentissement, d"éclat. Le réflexe de Moro du nourrisson permet d'apprécier sa bonne acuité auditive en émettant un bruit retentissant (on ''claque' ses mains devant chacune de ses oreilles) et s'il ferme les yeux c'est qu'il entend : un réflexe acoustico-palpébral. Il est difficile de savoir quel sens est premier dans la synesthésie vision/audition pour ce codon <cl> mais à l'éclat de lumière correspond l'éclat du son.

____________

Lévine a écrit:

Quand on lit ceci :

chrisor a écrit:

Sur le site SIGNELINGUISTIQUE l y a 10 ans j'avais retranscrit l'Alphabet Sacré qui se récite du Z au A !

26.  A, l'Eternité (Aeternitas en latin) Mais je devine que l'Amour n'est  pas éternel pour vous pas plus qu'Allah ou Adonaï, etc

25. B, le Verbe (de la Bible ou du Baptême)

24. C, la Communion (de la Cène ou du Calice)

23. D, Dieu

22. E, Esprit

etc...

On se dit qu'on est vraiment loin de la science...

C'est vous qui l'affirmez sans la moindre réfutation.

Je n'ai pas ''donné'' ou accordé'' tel sens à telle majuscule selon mon bon vouloir mais uniquement après avoir déterminé les codons de l'inconscient.

La majuscule A est un hiéroglyphe de l'éternité (Aeternitas en latin) avec le schéma d'une sorte d'échelle simplifiée dont la barre horizontale sépare le monde d'en bas du monde d'en haut vers lequel tend les deux obliques. L'Amour n'est pas éternel pour vous, Allah n'est pas l'Eternel ni Adonaï, le mot Ange ne définit pas le passage <ag ( e)> vers l'Eternité. L'Ascension et l'Assomption ne sont pas des Echelles spirituelles vers l'Eternité, l'Ailleurs n'évoque pas un Au-Delà et l'Avenir ne tend pas vers l'infini, l'Apocalypse n'est pas une révélation du caractère éternel de Jésus, etc.

Selon ce code Adam, pétri de la adamah (la terre), a l'Âme dirigée ver l'Eternité.

Aucune interprétation, mais le résultat de l'analyse du lexique français, latin (Aeternitas) voire grec (Acropole). De la minuscule <a> qui évoque pour l'un de ses trois sens la notion temps, celui de votre agenda nait une majuscule transcendante A. Je suis l'Alpha et le méga O.

L'Aigle est un symbole antique. Pour les Grecs et les Perses, il était consacré au Soleil ; pour les Egyptiens, sous le nom d'Ah, à Horus, et les Coptes rendaient un culte à l'aigle sous le nom d'Ahom. Les Grecs le regardaient comme l'emblème de Zeus, et les Druides comme celui du plus haut dieu. Le symbole est descendu jusqu'à nos jours, quand, en suivant l'exemple du païen Marius qui au 2ème siècle avant J.C. utilisait  l'aigle  (Aquila) à deux têtes comme enseigne de Rome, les têtes couronnées de l'Europe chrétienne consacrèrent à elles-mêmes et à leurs descendants le bicéphale souverain de l'air. Jupiter se contentait d'un Aigle à une seule tête. Les maisons impériales de Russie, de Pologne, d'Autriche, d'Allemagne, et l'empire tardif des Napoléons ont  adopté un aigle bicéphale comme emblème. Dans l'Apocalypse l'Aigle symbolise Saint Jean, représenté souvent avec un Aigle :
https://albi.catholique.fr/liturgie-art … angeliste/
https://arhpee.typepad.com/enluminure/2 … nimbe.html

Les Symboles et les Signes ont un caractère sacré que la science n'aura jamais et encore moins le pauvre signe verbal saussurien, avec ces s de bas de casse ! Le Serpent de la Genèse   « Le Serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que YHWH Dieu avait faits » (Gn 3,1). Le serpent est donc un des animaux créés par Dieu, à qui l'homme a donné un Nom. Il est « le plus rusé ». C'est lui qui va attaquer l'humain pour lui rappeler ses limites. Ce lien entre l'Homme et le Serpent est souligné grâce à un jeu de mots qu'aime le rédacteur yahviste. Les humains sont arummim « nus », alors que le serpent est arum, « rusé ». Son Nom est initié par le S du Savoir Sacré, initiales du Saint et du Sauveur.

4 034

Quand on arrive à poser la racine *rew-dh comme ascendant commun au vieil angl. read, au grec ἐρυθρός, au sanskrit rudhiras et au latin ruber, on atteint une vérité certes modeste, mais qui suffit au linguiste, d'autant que l'établissement de cette parenté favorise d'autres recherches. La recherche d'une vérité plus profonde ne peut être ici que spéculation ou affirmation autoritaire : le contraire d'une bonne démarche scientifique.

Les phénomènes de submorphémique sont à prendre en compte, mais ils m'apparaissent comme marginaux car ils ne rendent pas compte de l'ensemble de la langue (l'affirmer est du reste un gage d'esprit scientifique) ; de plus, la méthode de recherche est vraiment délicate : loin de se contenter d'amasser des matériaux en fonction d'une ressemblance repérée sur de petits éléments et de rapports de sens, il faut arriver à démontrer que tels mots ont pu influencer la forme et le sens de tels autres mots qui ne leur sont pas étymologiquement liés. On est là face à une tâche ardue, presque impossible car comment être sûr de ne pas être dans l'erreur ? De plus, il ne faut pas oublier que ces éléments ne sont pas pourvus d'un sens, mais d'une "potentialité de sens" et que c'est le mot ou la chaîne de mots dans son ensemble qui offre ce sens ; si on me poussait un peu, je dirais même que les morphèmes n'ont pas de signifié par eux-mêmes : si on prononce "ons", "aient", etc... on n'est pas compris ; c'est "faisons" ou "faisaient" qui forment des signes à part entière. La construction importe donc peu dans la manière d'utiliser les éléments d'une langue pour communiquer, et leur analyse n'intéresse que le grammairien et l'historien des langues. Même les mots savants, tout comme les onomatopées à l'autre extrémité de la chaîne, perdent leur nature originelle et deviennent des unités en tous poins fonctionnellement comparables aux autres (c'est toujours ici l'image des pièces d'échec qui me vient en tête). Mais, à la différence des éléments inframorphémiques, les morphèmes participent au sens dans la mesure où ils sont combinables et permutables, ce que ne sont pas les submorphèmes. Ce sont donc des éléments allomorphes, donc marginaux. Il ressort de tout cela que le point où converge toute langue, quelle que soit la genèse de ses éléments, c'est l'arbitraire du signe. C'est ce que je crois, mais on peut bien sûr me démontrer que je me trompe. A vrai dire, cela me ferait plaisir.

Pour ce qui est de clairon, vous avez raison de le ranger avec les mots en cl- car son origine lointaine est bien onomatopéique ! mais avez-vous fait des recherches étymologiques pour fonder cette analyse ? En deux mots, "clairon" vient de "clair" qui vient lui-même de clarum ; le latin, le mot exprime un éclat visuel, mais aussi sonore, comme vous l'avez dit, et en ancien français, cler (plus correctement écrit ainsi), signifie très souvent "éclatant" pour qualifier un cri. Ce n'est pas pour rien que dans le Roman de Renart, le coq s'appelle Chantecler ! Les spécialistes montre que clarum se rattache au vieux verbe calare "appeler", "convoquer" (par la voix du héraut), qui est cognat de clamare, du grec καλεῖν, de l'alld hallen et dont l'ancêtre lointain est sans doute une onomatopée *kal ou *kla (le a, qui ne s'inscrit pas dans la loi des alternances vocalique classiques joue ici un
rôle majeur. Mais les racines reconstruites ne sont en rien des mots et il est évident que ces éléments ne suffisaient pas à communiquer au troisième millénaire avant J.-C...

En tout cas, bravo d'avoir deviné ce qu'établit l'étymologie "officielle", bien qu'elle ne puisse se vanter d'avoir nécessairement fait sortir toute la vérité du puits.   

Toute cette fricassée que je barbouille... (Montaigne)
____________

Quand on lit ceci :

chrisor a écrit:

Sur le site SIGNELINGUISTIQUE l y a 10 ans j'avais retranscrit l'Alphabet Sacré qui se récite du Z au A !

26.  A, l'Eternité (Aeternitas en latin) Mais je devine que l'Amour n'est  pas éternel pour vous pas plus qu'Allah ou Adonaï, etc

25. B, le Verbe (de la Bible ou du Baptême)

24. C, la Communion (de la Cène ou du Calice)

23. D, Dieu

22. E, Esprit

etc...

On se dit qu'on est vraiment loin de la science...

4 033

Lévine a écrit:

*ghel, qu'on trouve dans жëлтый, yellow, galbinum et par conséquent jaune, est une des racines de la lumière, de la brillance. Il n'y a pas de racines comportant une idée de couleur précise à part le rouge (cf. mes petites études sur les couleurs).

Je n'ai pas lu vos études. C'est sur abc langue française ?  Selon ma théorie rouge est indiqué par le marqueur <ub>, noir par le marqueur <eb> et blanc par le marqueur <bl> qui caractérise l'éblouissement. Je suis intéressé par ce vous avez analysé. Mrci de m'indiquer où trouver votre analyse.

chrisor a écrit:

L'étymologie c'est le vrai sens des mots et ces racines ne donnent que des repères chronologiques  sur des ancêtres morts.

Lévine a écrit:

Définition personnelle. A l'époque moderne, l'étymologie est la recherche de l'origine des mots. Dans l'état actuel de la connaissance, on ne remonte pas au-delà du milieu du troisième millénaire, et encore par conjecture. On suppose que quelques mots, surtout des toponymes, peuvent avoir une origine encore plus ancienne, comme *kar,  "pierre" ? (cf. bret. ker, le Crau, etc...).

Dans l'Antiquité, l'étymologie s'efforce de définir le sens propre des mots, le sens "étymologique", ce n'est donc nullement dans le sens moderne qu'il faut entendre le mot. Les Anciens n'avaient aucun moyen d'aller rechercher des "racines" antérieures à leur langue, sauf dans le Cratyle, mais on a vu dans quelle mesure.

Sur l'étymologie, il y a un passage significatif chez Quintilien, Institution oratoire, I, 28-29.

Pour l'historien des langues, seuls les mots primitifs, dérivés "naturellement" et non par une volonté consciente, sont à prendre en compte si l'on est curieux des phénomènes de transformation phono-sémantiques. Phonétiquement cependant, ces mots (d'origine grecque) ont eu un effet positif sur notre langue : ils ont restitué des combinaisons de sons que l'évolution avait fait disparaître et ils ont fourni des mots longs alors que l'évolution "naturelle" poussait à la réduction et à l'érosion. Notre langue a ainsi diversifié et enrichi considérablement ses signifiants.
Mais c'est tout ce qu'on peut en dire...

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C'est déjà pas mal et je partage votre avis sur le comblement de lacunes phonétiques liées à l'évolution phonétique. Mais l'enrichissement des signifiants a apporté ou importé du grec un savoir inconscient submorphémique, ce que vous refusez d'accepter. 


Vous serez d'accord sur un point : l'étymologie  d'étymologie, un mot emprunté au latin classique . etymologia, lui-même emprunt du grec  ε ̓ τ υ μ ο λ ο γ ι ́ α, composé de ε ́ τ υ μ ο ς « vrai » et de l'élément -λ ο γ ι α ( -logie), signifie proprement « recherche du vrai »
Il est tout de même curieux que l'étymologie moderne ne tienne pas compte du sens étymologique de sa discipline ! L'origine d'un mot peut-elle être considérée comme une science qui apporte la vérité sur le mot et son référent. Pas du tout puisque le référent est exclu par Saussure et ses disciples du monde intra-linguistique psychique du signe signifiant/signifié.

Ce n'est pas parce que le qualificatif de l'étymologie actuelle est moderne qu'il faut obligatoirement croire que cette discipline ne dévie pas de son origine première. On pourrait admettre que le vrai sens des mots s'exprime dans leur forme primitive où se laisserait reconnaître la relation entre le nom et la chose nommée, mais que cette motivation initiale s'est altérée et oblitérée dans les dérivés morphologiques et sémantiques au cours de l'évolution historique. L'étymologie moderne se contente de la chronologie et de la relation entre la forme primitive et son dérivé morphologique (de forme) ou sémantique (de sens)  Elle établit, si elle y parvient, une généalogie du mot souche à la date où il est entré dans la langue écrite lors de ses premières occurences.

Mais cette discipline repose toujours sur l'illusion saussurienne  qui fait croire que c'est l'ensemble de la chaîne sonore et elle seule qui désigne le référent. Si vous posez le principe que le mot désigne le référent par ses caractéristiques (1 ou 2) auxquelles sont conditionnées antérieurement certains sons, le vrai sens à rechercher est celui de ces caractéristiques.

Un mot simple mais crucial comme le mot vie français dérive du mot latin vita car le t intervocalique latin s'est effacé en français. Pour vous vie est l'équivalent de vita, mais l'est-il dans l'inconscient collectif des romains d'il y a 2000 ans et des français actuels.
Pour moi l'évolution phonétique est corrélée à une évolution phonétique, l'inconscient romain considérant la vie comme '' un mouvement dans l'espace" alors que l'inconscient collectif français évoque une "propagation de l'espace" bien avant qu'on parle de poussières d'étoiles !

Pour clairon, ce mot comporte le submorphème <cl> du retentissement qui par synesthésie peur passer dans le domaine visuel : l'éclat du tonnerre pour l'audition et l'éclat du jour pour la vie. Le codon <on> suffixal marque un potentiel d'une résonance, qui s'entend dans claironner : codon <on(e)>. c'est un des cas rare où le condtionnement phonétique a gardé la préséance sur le conditionnement graphique. 

Merci pour vos explications claires,  dénuées de toute agressivité ce que j'apprécie.

4 032

chrisor a écrit:

Vous avez évoqué  un racine PIE  *gel. Celles que je trouve sont les suivantes :
*ghel- / *ghelswos    jaune, vert
*ghēlo-    vin
*ghelunā    mâchoire
*ghelūs    tortue ?
*glakt //*glkt//    lait
gleubhmi, -ō //*gleubʰ-//    tailler le bois, écorce
*gʷelǝn(o)s //*gʷlh₂-//    gland
*gʷelnā    source, fontaine


Quel intérêt pour le français actuel ?   Aucun mot français ne comporte ses racines. On peut juste faire un rapprochement approximatif entre *ghelunā :mâchoire  et gueule.

Pas d'intérêt direct pour le français, bien évidemment, seulement pour ceux qui s'intéressent aux langues anciennes, comme le latin et le grec, le slave, ou aux langues modernes isolées, comme l'albanais, par exemple.
C'est la comparaison de ces langues qui a amené à poser ces racines pourvues ou non de suffixes reconstituables (vous mélangez les deux dans votre présentation).

Il est dommage que vous négligiez tout cela, car, encore une fois, vous devez le prendre en compte. J'ai commencé à lire des articles sur la submorphémique, il n'est évidemment pas question de rejeter l'héritage classique ni même Saussure qu'on ne réduit heureusement pas à sa conception de l'arbitraire du signe et à ses formules malheureuses (du moins celles du Cours). Il y est encore moins question de systématiser comme vous le faites. 

gula n'a pas de rapport avec *ghel-(e)w-neH2. Ce n'est pas parce que les mots se ressemblent qu'ils sont automatiquement apparentés.

*ghel, qu'on trouve dans жëлтый, yellow, galbinum et par conséquent jaune, est une des racines de la lumière, de la brillance. Il n'y a pas de racines comportant une idée de couleur précise à part le rouge (cf. mes petites études sur les couleurs).


chrisor a écrit:

L'étymologie c'est le vrai sens des mots et ces racines ne donnent que des repères chronologiques  sur ds ancêtres morts.

Les racines grecques, plus proches dans le temps,sont nettement plus intéressantes

Définition personnelle. A l'époque moderne, l'étymologie est la recherche de l'origine des mots. Dans l'état actuel de la connaissance, on ne remonte pas au-delà du milieu du troisième millénaire, et encore par conjecture. On suppose que quelques mots, surtout des toponymes, peuvent avoir une origine encore plus ancienne, comme *kar,  "pierre" ? (cf. bret. ker, le Crau, etc...).

Dans l'Antiquité, l'étymologie s'efforce de définir le sens propre des mots, le sens "étymologique", ce n'est donc nullement dans le sens moderne qu'il faut entendre le mot. Les Anciens n'avaient aucun moyen d'aller rechercher des "racines" antérieures à leur langue, sauf dans le Cratyle, mais on a vu dans quelle mesure.

Sur l'étymologie, il y a un passage significatif chez Quintilien, Institution oratoire, I, 28-29.


Pourquoi cette avalanche de mots savants ? Le grec, langue de culture pour la latinité et pour la Renaissance, qui a remis les études grecques à l'honneur, a fourni, surtout à l'époque moderne, nombre de mots  par calque ou par composition. Mais ces mots, qu'on retrouve dans les langues modernes qui se les sont échangés, n'intéressent que secondairement l'historien des langues, pour qui seuls les mots primitifs, dérivés "naturellement" et non par une volonté consciente, sont à prendre en compte si l'on est curieux des phénomènes de transformation phono-sémantiques. Phonétiquement cependant, ces mots ont eu un effet positif sur notre langue : ils ont restitué des combinaisons de sons que l'évolution avait fait disparaître et ils ont fourni des mots longs alors que l'évolution "naturelle" poussait à la réduction et à l'érosion. Notre langue a ainsi diversifié et enrichi considérablement ses signifiants.
Mais c'est tout ce qu'on peut en dire...

Dans un message précédent, vous avez évoqué le mot "clairon" : quelle est son origine d'après vous ?

4 031

Lévine a écrit:

Oui, c'est l'objet de la sémantique, de l'étude des connotations, du langage poétique, etc...

chrisor a écrit:

Les sens inconscients de <g(u)> sont  sans rapport : danger /grand/langue.

Quel est le... rapport ?
______________

.

Vous avez évoqué  un racine PIE  *gel. Celles que je trouve sont les suivantes :
*ghel- / *ghelswos    jaune, vert
*ghēlo-    vin
*ghelunā    mâchoire
*ghelūs    tortue ?
*glakt //*glkt//    lait
gleubhmi, -ō //*gleubʰ-//    tailler le bois, écorce
*gʷelǝn(o)s //*gʷlh₂-//    gland
*gʷelnā    source, fontaine


Quel intérêt pour le français actuel ?   Aucun mot français ne comporte ses racines. On peut juste faire un rapprochement approximatif entre *ghelunā :mâchoire  et gueule.


L'étymologie c'est le vrai sens des mots et ces racines ne donnent que des repères chronologiques  sur ds ancêtres morts.

Les racines grecques, plus proches dans le temps,sont nettement plus intéressantes  =



glauq-    γλαυκός (glaukós) ; γλαύκωμα (glaúkôma)    brillant, étincelant, glauque, vert pâle, bleu pâle, bleu-vert ; glaucome   

-glée    γλοιός9(gloiós), γλία (glía) ; γλίσχρος (glískhros)    Glu, gomme ; visqueux, gluant, tenace    voir -gli-

glén-    γλήνη (glếnê)    Pupille, prunelle, cavité peu profonde dans laquelle s'articule un os    voir -glène

-glène, glén-    γλήνη (glếnê)    Pupille, prunelle, cavité peu profonde dans laquelle s'articule un os Glène, Glénoïde, Euglène

-gli- ; -glée    γλοιός9(gloiós), γλία (glía) ; γλίσχρος (glískhros)    Glu, gomme ; visqueux, gluant, tenace    Glial, Glie, Glioblastome, Gliome, Glischroïdie [archive], Macroglie, Microglie, Neurogliome [archive], Névroglie, Oligodendroglie [archive] ; Mésoglée, Zooglée

-glis-    καλέω10(kaléô)    Appeler, convoquer, inviter, nommer    voir -clés-1

-gloss-    γλῶττα (glỗtta) ; γλῶσσα (glỗssa)    Langue ; langue    voir -glott-

-glott- ; -gloss-    γλῶττα (glỗtta) ; γλῶσσα (glỗssa)    Langue ; langue    Glottal, Glotte, Glottite [archive], Glottochronologie, Alloglotte [archive], Épiglotte, Hétéroglotte [archive], Polyglotte, Proglottis ; Glossaire, Glossalgie [archive], Glossectomie, Glossite, Glossocèle, Glossodynie, Glossographe, Glossolalie, Glossophage, Glossophytie, Glossoplégie, Glossotomie, Aglosse, Balanoglosse, Baryglossie [archive], Buglosse, Cératoglosse, Cynoglosse, Diglosse, Hyoglosse, Hypoglosse, Isoglosse, Loroglosse, Ophioglosse, Pangloss, Phanéroglosse [archive], Stylo-glosse, Trichoglossie, Zaglossus

-gluc- ; -glyc- ; -glycér-    γλυκύς (glukús)    Doux, sucré    Glucagon, Glucide, Glucidogramme [archive], Glucine, Glucinium, Glucitol, Glucocorticoïde, Glucomètre1, Glucomètre [archive]2, Gluconate, Glucosamine, Glucose, Glucoside, Glucosurie [archive], Phloroglucinol ; Glycémie, Glycérat, Glycéride, Glycine, Glycocolle, Glycogène, Glycogenèse [archive], Glycol, Glycolyse, Glyconien, Glycopexie [archive], Glycophilie, Glycoprotéine, Glycorachie, Glycosurie, Aglycone, Chromoglycate [archive], Hyperglycémie, Hypoglycémie, Polyglycol [archive], Triglycéride ; Glycéraldéhyde, Glycérine, Glycérolé, Glycérocolle [archive], Glycérolphosphate, Glycérophtalique, Nitroglycérine, Triglycéride

-glyc-    γλυκύς (glukús)    Doux, sucré    voir -gluc-

-glycér-    γλυκύς (glukús)    Doux, sucré    voir -gluc-

-glyphe- ; -glypt-    γλύφω11(glúphô) → γλυφή (gluphế)    Graver → sculpture, ciselure, gravure, sillon    Glyphe1, Glyphe2, Glyphéide, Aglyphe [archive], Anaglyphe, Dactylioglyphe [archive], Dermatoglyphe, Diaglyphe, Géoglyphe, Hiéroglyphe, Opisthoglyphe, Pétroglyphe, Protéroglyphe, Solénoglyphe, Tectoglyphe [archive], Triglyphe, Tyroglyphe ; Glyptal, Glyptodon, Glyptographie, Glyptothèque, Anaglyptique [archive], Diaglypte [archive], Photoglyptie

-glypt-    γλύφω11(glúphô) → γλυφή (gluphế)    Graver → sculpture, ciselure, gravure, sillon    voir -glyphe-


    La loi de sélection naturelle de  type darwinienne s'applique aux langues et seuls les mots adaptés à leur nouvel environnement survivent.
En français actuel la séquence <gl> n'évoque que le schème du glissement et le concept de fondre (dont fondre sur). Les référents désignés par des signifiants qui comportent ce codon possèdent comme caractéristique remarquable soit ce glissement, soit cette notion de fondre (fusion). Les deux canaux sensoriels privilégiés pour reconnaître un référent sont la vue et l'ouïe. Il peut s'y ajouter un canal autre telle, celui de la sensibilité thermique : gl = froid, issu de l'onomatopée glagla.

L'étymologie se juge aussi en synchronie, mais ce n'est ni le mot, ni le morphème, ni la racine qu'il faut analyser, mais les submorphèmes que je me suis permis de nommer ''codons'', car il sont à l'origine de la synthèse des mots (lexicogenèse).

Encore un  article à lire sur l'étymologie populaire  :  https://journals.openedition.org/semen/2414

4 030

Oui, c'est l'objet de la sémantique, de l'étude des connotations, du langage poétique, etc...

chrisor a écrit:

Les sens inconscients de <g(u)> sont  sans rapport : danger /grand/langue.

Quel est le... rapport ?
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Prière de veiller à ce que les citations ne se mêlent pas aux commentaires que vous en faites (message précédent).

4 029

Lévine a écrit:

1° L'étymologie est la partie de la linguistique qui recherche l'origine des mots, leur ascendance, en quelque sorte. Je ne suis pas d'accord avec la définition très personnelle que vous en donnez.

Le rapprochement de l'AF e(s) (ep - ef...) avec essaim est ingénieux, mais si l'étymologie populaire tire essaim de e(s), elle se trompe, un point c'est tout. Il faut toujours se méfier des ressemblances et des intuitions non contrôlées.

La répartition des types dans le domaine gallo-romain, établie par Gilliéron (Généalogie des mots qui désignent l'abeille et Pathologie et thérapeutique verbales) reflète les réactions opposées aux collisions homonymiques. subies par les représentants du latin apis, du type a. fr. ef (puis é), pluriel es (depuis le début du  xiies. Ps. d'Oxford, éd. Fr. Michel, 117, 12 ds T.-L.) s.v. es : Avirunerent mei sicume es, [circumdederunt me sicut apes]

Ce que j'ai repris provient d'un certain John Orr, académicien britannique,  qui a la compétence pour l'exposer dans ses Essais d'étymologie et de philologie française

https://www.persee.fr/doc/roma_0035-802 … 7_348_6940

Prisonniers que nous sommes tous du triple refoulement subi lors de l'acquisition de notre langue materno-paternelle, il est plus facile d'analyser une langue étrangère que sa propre langue. C'est pourquoi  c'est un suisse allemand Walther von Wartburg  dont le chef-d'œuvre est sans aucun doute son Dictionnaire étymologique du français qui est à l'origine de la référence en étymologie :  Französisches Etymologisches Wörterbuch(F.E.W.).

De même les linguistes submorphémistes français concentrent leurs recherches sur l'anglais, l'espagnol et l'arabe !  Et quasiment rien sur le français ! 

Lévine a écrit :

Le mot glacies, comme gelu (gel), se rattache sans doute à la racine *gel (all. kühl), mais le détail est obscur (le a fait difficulté).

Si l'on se place en synchronie, les sens vrais (donc l'étymologie) de <gl> est bien glisser et/ou fondre, fusion dans toutes les acceptions auxquelles renvoient ces signifiants. Les sens inconscients de <g(u)> sont  sans rapport : danger /grand/langue.

Je vous conseille la lecture du rôle destructeur de l'euphémie, publiée dans les Cahiers de l'Association internationale des études françaises en 1953 par John Orr qui explique la pression de sélection des signifiants exercée par la collectivité sur l'individu.

"C'est le groupe avec toutes les croyances, tous les préjugés qui le caractérisent et qui soulignent son homogénéité, qui frappe d'interdit tel mot pu telle expression et oblige l'individu soit au silence absolu  - c'est l'euphémisme zéro - ;l'euphémisme "absence" comme dirait Mallarmé - soit à "tourner autrement" ....

On pense aux nombreux euphémismes qui permettent d'éviter de prononcer les mots mort ou mourir: trépas, fin, terme de son existence, trépasser, s'éteindre, s'en aller, partir, se taire, etc. Le mot prend la couleur de la chose. Il a beau être, selon la définition saussurienne "un signe arbitraire", n'empêche qu'il se colore de toutes les craintes, toutes les répugnances, toute l'affection aussi, qui entoure l'objet qu'il désigne !  Comme instrument de la communication humaine, le mot, vivant et actif, est tout autre chose qu'un signe abstrait.
".

4 028

1° L'étymologie est la partie de la linguistique qui recherche l'origine des mots, leur ascendance, en quelque sorte. Je ne suis pas d'accord avec la définition très personnelle que vous en donnez.

Le rapprochement de l'AF e(s) (ep - ef...) avec essaim est ingénieux, mais si l'étymologie populaire tire essaim de e(s), elle se trompe, un point c'est tout. Il faut toujours se méfier des ressemblances et des intuitions non contrôlées. Quant à un "essaim" d'idées noires, c'est une métaphore qui n'a nul besoin de passer par la forme médiévale pour être créée, bien au contraire en fait.

2° Pour ce qui est de *gh, une lamentable faute d'orthographe, que j'ai corrigée il y a quelques heures, m'a fait mal comprendre. Je ne voulais pas dire "inconnu des langues *latines, mais "inconnue des langues latine, grecque et slaves".

Le mot glacies, comme gelu (gel), se rattache sans doute à la racine *gel (all. kühl), mais le détail est obscur (le a fait difficulté).

4 027

L'étymologie populaire a été longtemps considérée comme une sorte d'aberration linguistique aboutissant à des déformations de langage parfois amusantes ou grotesques,. Mais elle est tout autre chose, car elle représente une tendance constante chez les usagers de la langue et loin d'être uniquement une source d'erreurs, elle est digne de l'attention sérieuse de tout vrai linguiste car la langue est par essence une activité humaine.

L'étymologie est la recherche d'un rapport de forme et de sens entre deux mots ou le résultat de cette recherche. En général, il s'agit d'une recherche diachronique qui vise à établir un rapport entre un mot qui existe ou a existé et tel mot d'une époque plus ancienne: ainsi faire l'étymologie de péage, c'est faire un lien entre ce mot et le latin pedem; faire l'étymologie de pedem c'est le rattacher à une forme hypothétique de l'indo-européen qui mettra en exergue l'existence du grec "pous, podos'' et le sanscrit pad-as, pied.

Mais l'étymologie se doit aussi d'être synchronique en établissant des liens de parenté entre des mots contemporains : c'est faire de l'étymologie que d'établir le rapport existant entre péage, piéton et le verbe piéter qui existent en français actuel. Ce rapport est étymologique dans la mesure où il est senti et réalisé par les usagers actuels de la langue, car il a une valeur fonctionnelle.  C'est par son actualité et son efficacité que l'étymologie populaire se distingue de l'étymologie savante, qui, elle, le plus souvent, reste sans influence sur le fonctionnement de la langue. Pour le naïf usager de langue il existe entre le mot et la chose qu'il évoque un lien le plus souvent indissoluble.

Si l'on prend  comme exemple le mot essaim qui se définit comme "un groupe d'abeilles sorti de la ruche mère pour fonder une nouvelle colonie, ce mot pour l'étymologie savante représente le latin ''examen'', dérivé de agmen, bande, troupe en marche....
Pour une communauté linguistique qui possède pour désigner les abeilles le mot ''es'', représentant phonétique régulier du latin apes avec le suffixe collectif -ain ou -in,  le mot essaim ne conserve plus rien de l'image représentée par le latin agmen, mais évoque avec une congruité correcte celle d'une "collectivité d'abeilles' , d'un groupe d'es.

L'étymologie populaire, vue sous cet angle, se révèle un procédé de motivation des signes de la langue.  Il devient plus facile à celui pour qui essaim n'a aucun rapport formel avec abeille de créer par exemple la métaphore "d'un essaim d'idées noires".
L'étymologie populaire qui tend à établir des associations selon des affinités de forme et de sens est un instrument organisateur qui agit tantôt sur la forme, tantôt sur le sens des mots, rapprochant par la forme des mots associés par le sens ou à l'inverse rapprochant par la signification des mot qui présentent une similarité de  forme.

Si nous disons  "nous prenons'' au lieu de ''nous prendons'' comme au moyen âge c'est que l'on dit aussi nous tenons et que prendre et tenir sont inconcevables l'un sans l'autre ( on dit indifféremment  à l'impératif : prends, tiens !)

Lévine a écrit : le *gh inconnu des langues latines 
Mais le mot glace par exemple dérive  du bas latin glacia issu du latin classique glacies « glace, glaçon ».  En latin il ne s'agit pad de ''gh'' ?