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Le forum d'ABC de la langue française

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Revue du sujet (plus récents en tête)

4 026

chrisor a écrit:

"gl' n'est pas une racine p.i.e.

Bien sûr que si, c'est *ghel au degré 0 ; le *gh inconnu des langues latines, grecques et slaves s'est transformé en [g] dans la plupart des cas ([s] en slave, cf. r. сладкий "doux", "sucré"). Ce *gh a été posé par les spécialistes d'après les langues anatoliennes).

Pour en revenir au Cratyle, ce que Socrate montre en creux avec ces étymologies fantaisistes (vrai défi pour le traducteur, soit dit en passant), c'est qu'on se fonde toujours sur un a priori pseudo-philosophique ou sur la doxa (avec les étymologies populaires) dans ce genre d'élucubration. D'où le choix momentané d'Héraclite comme "guide". Héraclite, comme tous les Présocratiques, avait élaboré un système dont il n'avait rendu compte à aucun moment, à la différence du platonisme après la "révolution socratique".

4 025

Il faut utiliser le Cratyle avec prudence. Dans une assez longue partie du dialogue, Socrate se dit soudainement "inspiré" et imagine une étymologie des mots à peu près aussi fantaisiste que la vôtre en supposant que les premiers "nomothètes" (les magistrats chargés d'inventer les mots) ont pu forger ces mots en s'inspirant des théories d'Héraclite, pour qui "tout coule sans cesse" (cf. la célèbre métaphore du fleuve). Or on sait que Platon combat la philosophie d'Héraclite en affirmant (dans le Timée) que l'être, bien loin d'être perpétuellement en mouvement, est au contraire immuable et éternel. Il y a donc de l'ironie là-dessous ; et du reste, une fois l'inspiration de Socrate tarie, force lui est de conclure que les nomothètes n'étaient pas assez sages pour faire des mots des représentions fidèles des choses "en soi" et que les mots nous trompent. Le message philosophique est clair : connaissons les choses en elles-mêmes (par la dialectique et l'anamnèse) au lieu de s'interroger sur les mots par lesquelles les hommes les désignent, et qui varient suivant les peuples. Il arrive d'ailleurs, dans cette même partie du dialogue, que Socrate, quand il est embarrassé par une étymologie demandée par ses interlocuteurs, imagine l'expédient (c'est le terme) de l'emprunt à une langue "barbare"...
Comme il ne croit pas non plus, comme Hermogène, que les mots aient été créés par simple convention, le dialogue, pour ce qui concerne l'origine des mots, aboutit à une aporie, mais pas dans sa dimension proprement philosophique.

4 024

"Dans la mesure où la force du g s'attache à la langue quand elle glisse, le créateur de mots a reproduit le visqueux (gliskhron), le sucré (gliku), le gluant (gloiodes). " 

(dixit Socrate dans le Cratyle de Platon). 

Glaireux, glucide et gluant comportent toujours en français le codon <gl>, marqueur de glissement et de fusion. Cela n'a pas changé depuis le grec ancien et "gl' n'est pas une racine p.i.e.

4 023

Spécial Lévine

Parmi la cinquantaine de mots du clairon au klaxon, de la cloche aux claquettes, de la clameur à l'esclandre dans lesquels le codon <cl> évoque le caractère retentissant de toute une clique de référents, je découvre aujourd'hui le mot "cliquer", un verbe vieilli qui est  défini par les dicos comme : émettre un bruit retentissant, résonner (1306, (G. Guiart, Royaux lignages, I, 3610, éd. J.-A. Buchon) ,dont FEW affirme l'origine onomatopéique  klikk.

La cliquette est issue de cliquer et plus précisément en 1230 de clikete, c'est une  sorte de castagnette utilisée par les lépreux pour signaler leur présence » (Eustache le Moine, éd. W. Foerster et J. Trost, 1414)

Le cliquetis a la même origine : 2e moitié du xiiies. cliketis « bruit produit par des objets sonores que l'on entrechoque » (J. de Baisieux, Dis de l'espée, 129 ds Trouvères belges, éd. A. Scheler, p. 179). Dans son dictionnaire raisonné des Onomatopées le bisontin Charles Nodier écrit en 1808:
CLIQUETIS. Onomatopée tirée du son des  armes qui se choquent.C e mot se dit aussi du bruit des'verres, et en générât des bruits argentins et mordans.
Cliquet  est dans le dictionnaire breton de Dom Lepelletier, pour loquet de porte ou de fenétre. Dans Davies on lit cliccied,
et analogiquement, cleccian, pour stridere.

L'onomatopée clic-clac est employée par les écrivains pour évoquer le bruit des menottes qui se ferment.

"On avait dû lui lier les mains avec des bracelets de fer. Clic Clac! (G. Dorman, Je t'apporterai des orages, 1973).
"Clic...Clac..., Les menottes se refermèrent sur ses poignets sans qu'il eût abaissé son regard insolent (R.A. Rey, Griotte, 1979)
"Clic-clac ! C'est pas Kodak, mais une paire de menottes (San Antonio, Frédéric Dard).  etc


Encore des exemples qui confirment le double sens du codon <cl> évocateur de bruit retentissant et/ou de fermeture.

Ceux qui devraient avoir des oreilles n'entendent rien, ni en synchronie ni en diachronie !

4 022

éponymie a écrit:
chrisor a écrit:


Ce qui est beaucoup plus étonnant, c'est que la langue de l'inconscient permet d'accéder à une Langue Sacrée juste en remplaçant l'initiale de bas de casse par une Capitale hiéroglyphique. C'est cette Langue qui m'intéresse et je suis loin d'en avoir fait le tour ni compris l'origine, qui conduit vers un ésotérisme ou un mysticisme que je n'accepte pas.

Qu'est-ce que c'est que ce charabia...

Pour un non initié je comprends que cela soit ressenti comme un charabia ! 
je pense tout de même que vous faîtes la différence entre : vous êtes le sel de la terre ou vous êtes le Sel de la Terre ? Le Symbole en majuscule use du S du Savoir sacré alors que le s du sel n'évoque que la surface ! De même le Sang n'est pas le sang, le Vin n'est pas le vin, le Poisson n'est pas le poisson, le Fis n'est pas le fils, la Bible n'est pas la bible, le Baptême pas le baptême, l'Esprit n'est pas l'esprit, la Bulle et le Baiser du Pape pas la bulle et le baiser,  .. etc. Il ne s'agit pas d'une convention religieuse à laquelle vous croyez. Les Lettres Capitales sont des hiéroglyphes dont vous n'avez aucune idée !!!!

Vous n'avez même pas saisi la possibilité d'une langue de l'inconscient dont Lacan avait donné maintes caractéristiques sans la trouver. Alors une Langue Sacrée !!!

Sur le site SIGNELINGUISTIQUE l y a 10 ans j'avais retranscrit l'Alphabet Sacré qui se récite du Z au A !

26.  A, l'Eternité (Aeternitas en latin) Mais je devine que l'Amour n'est  pas éternel pour vous pas plus qu'Allah ou Adonaï, etc

25. B, le Verbe (de la Bible ou du Baptême)

24. C, la Communion (de la Cène ou du Calice)

23. D, Dieu

22. E, Esprit

21. F le Feu (de l'Esprit)

20. G, La Langue

19. H de la Violence

18. I, Energie

17. J, Passage (du Christ)

16. K, Ténèbres

15. L, Lumière

14. M, Personne

13. N, la Vie

12. O, Tête

11. P la Progression, le Progrès

10. Q, Quête

9. R, Rigidité

8. S, le Savoir

7. T, Terre

6. U, Passé

5. V, Espace

4. W, Onde

3. X, Crucifixion

2. Y, Calice

1,0. Z, Création/Destruction

Depuis je ne modifierais que Le R en remplaçant Rigidité par Raison
Vous remarquerez que la montée de la Lettre 20 G au 23 D symbolise la Pentecôte. Pourquoi ?

4 021

P'tit prof a écrit:

Chrisor :

L'existence de codons (doubles et triples ) de la genèse du langage (par analogie métaphorique à la genèse des protéines par les triples codons des ARNm) n'invalide pas l'histoire des mots, mais explique leur création et soutient leur évolution phonétique et sémantique.

Des codons triples ? Cela porte un beau nom, femme Narsès, cela s'appelle une racine trilittére, base de l'hébreu.
Seriez-vous en route pour démontrer que l'hébreu, langue de YHWH est la langue mère universelle ?

Un codon en génétique comporte 3 bases et cela n'a rien à voir avec les racines trilittères de l'arable ou de l'hébreu. Il est transmis par les ARNm et ARNt. Votre remarque est interessante car au contraire de certains dont Annick de Souzenelle je crois que l'évolution a un sens et que les langues actuelles en savent plus sur la nature humaine que l'hébreu ! La langue hébraïque n'est pas la plus vielle de l'histoire de l'humanité car le cunéiforme semble le plus ancien système d'écriture au monde, mis au point en Basse Mésopotamie vers 3300 avant notre ère.

4 020

chrisor a écrit:


Ce qui est beaucoup plus étonnant, c'est que la langue de l'inconscient permet d'accéder à une Langue Sacrée juste en remplaçant l'initiale de bas de casse par une Capitale hiéroglyphique. C'est cette Langue qui m'intéresse et je suis loin d'en avoir fait le tour ni compris l'origine, qui conduit vers un ésotérisme ou un mysticisme que je n'accepte pas.

Qu'est-ce que c'est que ce charabia...

4 019

Chrisor :

L'existence de codons (doubles et triples ) de la genèse du langage (par analogie métaphorique à la genèse des protéines par les triples codons des ARNm) n'invalide pas l'histoire des mots, mais explique leur création et soutient leur évolution phonétique et sémantique.

Des codons triples ? Cela porte un beau nom, femme Narsès, cela s'appelle une racine trilittére, base de l'hébreu.
Seriez-vous en route pour démontrer que l'hébreu, langue de YHWH est la langue mère universelle ?

4 018

éponymie a écrit:

Ce qui ne va pas avec chrisor, c'est le systématisme de sa théorie qui génère une vision réductrice et simpliste de l'histoire des mots qui est bien plus passionnante et complexe que toutes les fariboles qu'il pourra jamais réussir à aligner.

Je suis désolé que vous ayez compris que ma théorie était simpliste ! J'ai eu le tort de vous ''administrer'' un produit final, qui semble sorti du chapeau d'un magicien et qu'il est impossible à quiconque qui a un minimum de culture linguistique de gober.
Comme le disent certains de mes amis, pour  approcher cette lecture ''inverse'' de la langue il est nécessaire de franchir des étapes. Pour la linguiste du TAL avec qui je collabore actuellement nous avons établis douze niveaux successifs de progression dans l'appréhension des lois qui la régissent. Il est  donc  nécessaire de passer par une initiation ce que je n'ai pas su faire ici.
L'existence de codons (doubles et triples ) de la genèse du langage (par analogie métaphorique à la genèse des protéines par les triples codons des ARNm) n'invalide pas l'histoire des mots, mais explique leur création et soutient leur évolution phonétique et sémantique.

Saussure est un assassin du Savoir de la langue, il l'a désincarnée et désymbolisée en la coupant du monde extra-linguistique du référent. Sa linguistique arbitraire restera celle d' un XXe siècle matérialiste. L'obsolescence de sa théorie est en cours. Le fait qu'il existe une langue de l'inconscient que j'ai ''incorporée" par compassion ...en souffrant avec ceux que je soignais (sans les soi-nier comme l'a compris Jacques Salomé dans la Préface de l'un de mes bouquins) répond aux critères de Lacan qui n'a pas réussi à la découvrir, car il était persuadé d l'existence d'une barre entre signifiant global et signifié que Saussure avait instituée.

Ce qui est beaucoup plus étonnant c'est que cette langue de l'inconscient permet d'accéder à une Langue Sacrée juste en remplaçant l'initiale de bas de casse par une Capitale hiéroglyphique. C'est cette Langue qui m'intéresse et je suis loin d'en avoir fait le tour ni compris l'origine, qui conduit vers un ésotérisme ou un mysticisme que je n'accepte pas.

Quant à Vésale aucun humain ne l'a égalé dans ses extraordinaires dessins de dissection du corps humain. Léonard de Vinci n'y arrive pas à la cheville pour l'exactitude de l'anatomie révélée dans ses plus fins détails. Léonard a d'autres qualités !

Linguiste1 semble elle avoir saisi que ce n'est qu'une partie de l'onomatopée qui reste comme un vestige dans un mot et que c'est l'idée qu'elle évoquait qui s'inscrit dans le rébus du mot et non le mimophone entier. Je serai heureux que l'un des dirigeants de ce site me communique son adresse mail.
Quant au côté systématique je n'y croyais absolument pas et ai du me résoudre à ce constat qu'au bout de 5 ans. Et il reste des zones d'ombre !

4 017

linguiste1 a écrit:

C'est tout ce que j'en dis, car je débute en linguistique et l'exemple de Vésale montre simplement qu'il ne faut pas se fermer à une idée nouvelle, même si de prime abord elle heurte notre entendement et notre enseignement.

Qu'il est agaçant. Ce sont les arguments pour défendre l'idée qui posent problème et l'invalident. Le cimetière des idées farfelues est infiniment plus fourni que le mémorial des grandes idées.

Pour cl, vous assenez comme chrisor que vous dites ne pas être. Personne n'a contesté qu'une idée exprimée à travers une onomatopée puisse ponctuellement se retrouver dans certains mots, ce n'est pas une découverte et ce n'est pas lié seulement aux onomatopées : cela arrive pour différentes raisons par exemple quand des mots prennent une forme sous l'influence du sens d'autres mots (par exemple calfater altéré en calfeutrer). Certains mots ont acquis une certaine forme du fait d'un certain sens (calfeutrer), tout comme certains mots ont acquis un certain sens du fait d'une certaine forme (je n'ai pas d'exemple qui me revienne à l'esprit sur le moment mais j'en ai rencontré lors des recherches sur les doublets, des mots qui perdent des acceptions pour n'en garder que certaines). 

Ce qui ne va pas avec chrisor, c'est le systématisme de sa théorie qui génère une vision réductrice et simpliste de l'histoire des mots qui est bien plus passionnante et complexe que toutes les fariboles qu'il pourra jamais réussir à aligner.