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Le forum d'ABC de la langue française

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Revue du sujet (plus récents en tête)

4 030

Oui, c'est l'objet de la sémantique, de l'étude des connotations, du langage poétique, etc...

chrisor a écrit:

Les sens inconscients de <g(u)> sont  sans rapport : danger /grand/langue.

Quel est le... rapport ?
______________

Prière de veiller à ce que les citations ne se mêlent pas aux commentaires que vous en faites (message précédent).

4 029

Lévine a écrit:

1° L'étymologie est la partie de la linguistique qui recherche l'origine des mots, leur ascendance, en quelque sorte. Je ne suis pas d'accord avec la définition très personnelle que vous en donnez.

Le rapprochement de l'AF e(s) (ep - ef...) avec essaim est ingénieux, mais si l'étymologie populaire tire essaim de e(s), elle se trompe, un point c'est tout. Il faut toujours se méfier des ressemblances et des intuitions non contrôlées.

La répartition des types dans le domaine gallo-romain, établie par Gilliéron (Généalogie des mots qui désignent l'abeille et Pathologie et thérapeutique verbales) reflète les réactions opposées aux collisions homonymiques. subies par les représentants du latin apis, du type a. fr. ef (puis é), pluriel es (depuis le début du  xiies. Ps. d'Oxford, éd. Fr. Michel, 117, 12 ds T.-L.) s.v. es : Avirunerent mei sicume es, [circumdederunt me sicut apes]

Ce que j'ai repris provient d'un certain John Orr, académicien britannique,  qui a la compétence pour l'exposer dans ses Essais d'étymologie et de philologie française

https://www.persee.fr/doc/roma_0035-802 … 7_348_6940

Prisonniers que nous sommes tous du triple refoulement subi lors de l'acquisition de notre langue materno-paternelle, il est plus facile d'analyser une langue étrangère que sa propre langue. C'est pourquoi  c'est un suisse allemand Walther von Wartburg  dont le chef-d'œuvre est sans aucun doute son Dictionnaire étymologique du français qui est à l'origine de la référence en étymologie :  Französisches Etymologisches Wörterbuch(F.E.W.).

De même les linguistes submorphémistes français concentrent leurs recherches sur l'anglais, l'espagnol et l'arabe !  Et quasiment rien sur le français ! 

Lévine a écrit :

Le mot glacies, comme gelu (gel), se rattache sans doute à la racine *gel (all. kühl), mais le détail est obscur (le a fait difficulté).

Si l'on se place en synchronie, les sens vrais (donc l'étymologie) de <gl> est bien glisser et/ou fondre, fusion dans toutes les acceptions auxquelles renvoient ces signifiants. Les sens inconscients de <g(u)> sont  sans rapport : danger /grand/langue.

Je vous conseille la lecture du rôle destructeur de l'euphémie, publiée dans les Cahiers de l'Association internationale des études françaises en 1953 par John Orr qui explique la pression de sélection des signifiants exercée par la collectivité sur l'individu.

"C'est le groupe avec toutes les croyances, tous les préjugés qui le caractérisent et qui soulignent son homogénéité, qui frappe d'interdit tel mot pu telle expression et oblige l'individu soit au silence absolu  - c'est l'euphémisme zéro - ;l'euphémisme "absence" comme dirait Mallarmé - soit à "tourner autrement" ....

On pense aux nombreux euphémismes qui permettent d'éviter de prononcer les mots mort ou mourir: trépas, fin, terme de son existence, trépasser, s'éteindre, s'en aller, partir, se taire, etc. Le mot prend la couleur de la chose. I a beeu être, selon la définition saussuienne "un signe arbitraire", n'empêche qu'il se colore de toutes les craintes, toutes les répugnances, toute l'affection aussi, qui entoure l'objet qu'il désigne !  Comme instrument de la communication humaine, le mot, vivant et actif, est tout autre chose qu'un signe abstrait.

4 028

1° L'étymologie est la partie de la linguistique qui recherche l'origine des mots, leur ascendance, en quelque sorte. Je ne suis pas d'accord avec la définition très personnelle que vous en donnez.

Le rapprochement de l'AF e(s) (ep - ef...) avec essaim est ingénieux, mais si l'étymologie populaire tire essaim de e(s), elle se trompe, un point c'est tout. Il faut toujours se méfier des ressemblances et des intuitions non contrôlées. Quant à un "essaim" d'idées noires, c'est une métaphore qui n'a nul besoin de passer par la forme médiévale pour être créée, bien au contraire en fait.

2° Pour ce qui est de *gh, une lamentable faute d'orthographe, que j'ai corrigée il y a quelques heures, m'a fait mal comprendre. Je ne voulais pas dire "inconnu des langues *latines, mais "inconnue des langues latine, grecque et slaves".

Le mot glacies, comme gelu (gel), se rattache sans doute à la racine *gel (all. kühl), mais le détail est obscur (le a fait difficulté).

4 027

L'étymologie populaire a été longtemps considérée comme une sorte d'aberration linguistique aboutissant à des déformations de langage parfois amusantes ou grotesques,. Mais elle est tout autre chose, car elle représente une tendance constante chez les usagers de la langue et loin d'être uniquement une source d'erreurs, elle est digne de l'attention sérieuse de tout vrai linguiste car la langue est par essence une activité humaine.

L'étymologie est la recherche d'un rapport de forme et de sens entre deux mots ou le résultat de cette recherche. En général, il s'agit d'une recherche diachronique qui vise à établir un rapport entre un mot qui existe ou a existé et tel mot d'une époque plus ancienne: ainsi faire l'étymologie de péage, c'est faire un lien entre ce mot et le latin pedem; faire l'étymologie de pedem c'est le rattacher à une forme hypothétique de l'indo-européen qui mettra en exergue l'existence du grec "pous, podos'' et le sanscrit pad-as, pied.

Mais l'étymologie se doit aussi d'être synchronique en établissant des liens de parenté entre des mots contemporains : c'est faire de l'étymologie que d'établir le rapport existant entre péage, piéton et le verbe piéter qui existent en français actuel. Ce rapport est étymologique dans la mesure où il est senti et réalisé par les usagers actuels de la langue, car il a une valeur fonctionnelle.  C'est par son actualité et son efficacité que l'étymologie populaire se distingue de l'étymologie savante, qui, elle, le plus souvent, reste sans influence sur le fonctionnement de la langue. Pour le naïf usager de langue il existe entre le mot et la chose qu'il évoque un lien le plus souvent indissoluble.

Si l'on prend  comme exemple le mot essaim qui se définit comme "un groupe d'abeilles sorti de la ruche mère pour fonder une nouvelle colonie, ce mot pour l'étymologie savante représente le latin ''examen'', dérivé de agmen, bande, troupe en marche....
Pour une communauté linguistique qui possède pour désigner les abeilles le mot ''es'', représentant phonétique régulier du latin apes avec le suffixe collectif -ain ou -in,  le mot essaim ne conserve plus rien de l'image représentée par le latin agmen, mais évoque avec une congruité correcte celle d'une "collectivité d'abeilles' , d'un groupe d'es.

L'étymologie populaire, vue sous cet angle, se révèle un procédé de motivation des signes de la langue.  Il devient plus facile à celui pour qui essaim n'a aucun rapport formel avec abeille de créer par exemple la métaphore "d'un essaim d'idées noires".
L'étymologie populaire qui tend à établir des associations selon des affinités de forme et de sens est un instrument organisateur qui agit tantôt sur la forme, tantôt sur le sens des mots, rapprochant par la forme des mots associés par le sens ou à l'inverse rapprochant par la signification des mot qui présentent une similarité de  forme.

Si nous disons  "nous prenons'' au lieu de ''nous prendons'' comme au moyen âge c'est que l'on dit aussi nous tenons et que prendre et tenir sont inconcevables l'un sans l'autre ( on dit indifféremment  à l'impératif : prends, tiens !)

Lévine a écrit : le *gh inconnu des langues latines 
Mais le mot glace par exemple dérive  du bas latin glacia issu du latin classique glacies « glace, glaçon ».  En latin il ne s'agit pad de ''gh'' ?

4 026

chrisor a écrit:

"gl' n'est pas une racine p.i.e.

Bien sûr que si, c'est *ghel au degré 0 ; le *gh inconnu des langues latine, grecque et slaves s'est transformé en [g] dans la plupart des cas ([s] en slave, cf. r. сладкий "doux", "sucré"). Ce *gh a été posé par les spécialistes d'après les langues anatoliennes).

Pour en revenir au Cratyle, ce que Socrate montre en creux avec ces étymologies fantaisistes (vrai défi pour le traducteur, soit dit en passant), c'est qu'on se fonde toujours sur un a priori pseudo-philosophique ou sur la doxa (avec les étymologies populaires) dans ce genre d'élucubration. D'où le choix momentané d'Héraclite comme "guide". Héraclite, comme tous les Présocratiques, avait élaboré un système dont il ne rendait pas compte, à la différence du platonisme après la "révolution socratique".

4 025

Il faut utiliser le Cratyle avec prudence. Dans une assez longue partie du dialogue, Socrate se dit soudainement "inspiré" et imagine une étymologie des mots à peu près aussi fantaisiste que la vôtre en supposant que les premiers "nomothètes" (les magistrats chargés d'inventer les mots) ont pu forger ces mots en s'inspirant des théories d'Héraclite, pour qui "tout coule sans cesse" (cf. la célèbre métaphore du fleuve). Or on sait que Platon combat la philosophie d'Héraclite en affirmant (dans le Timée) que l'être, bien loin d'être perpétuellement en mouvement, est au contraire immuable et éternel. Il y a donc de l'ironie là-dessous ; et du reste, une fois l'inspiration de Socrate tarie, force lui est de conclure que les nomothètes n'étaient pas assez sages pour faire des mots des représentions fidèles des choses "en soi" et que ceux-ci sont souvent obscurs. Le message philosophique est clair : connaissons les choses en elles-mêmes (par la dialectique et l'anamnèse) au lieu de s'interroger sur les mots par lesquelles les hommes les désignent, et qui varient suivant les peuples. Il arrive d'ailleurs, dans cette même partie du dialogue, que Socrate, quand il est embarrassé par une étymologie demandée par ses interlocuteurs, imagine l'expédient (c'est le terme) de l'emprunt à une langue "barbare"...
Comme il ne croit pas non plus, comme Hermogène, que les mots aient été créés par simple convention, le dialogue, pour ce qui concerne l'origine des mots, aboutit à une aporie, mais pas dans sa dimension proprement philosophique.

4 024

"Dans la mesure où la force du g s'attache à la langue quand elle glisse, le créateur de mots a reproduit le visqueux (gliskhron), le sucré (gliku), le gluant (gloiodes). " 

(dixit Socrate dans le Cratyle de Platon). 

Glaireux, glucide et gluant comportent toujours en français le codon <gl>, marqueur de glissement et de fusion. Cela n'a pas changé depuis le grec ancien et "gl' n'est pas une racine p.i.e.

4 023

Spécial Lévine

Parmi la cinquantaine de mots du clairon au klaxon, de la cloche aux claquettes, de la clameur à l'esclandre dans lesquels le codon <cl> évoque le caractère retentissant de toute une clique de référents, je découvre aujourd'hui le mot "cliquer", un verbe vieilli qui est  défini par les dicos comme : émettre un bruit retentissant, résonner (1306, (G. Guiart, Royaux lignages, I, 3610, éd. J.-A. Buchon) ,dont FEW affirme l'origine onomatopéique  klikk.

La cliquette est issue de cliquer et plus précisément en 1230 de clikete, c'est une  sorte de castagnette utilisée par les lépreux pour signaler leur présence » (Eustache le Moine, éd. W. Foerster et J. Trost, 1414)

Le cliquetis a la même origine : 2e moitié du xiiies. cliketis « bruit produit par des objets sonores que l'on entrechoque » (J. de Baisieux, Dis de l'espée, 129 ds Trouvères belges, éd. A. Scheler, p. 179). Dans son dictionnaire raisonné des Onomatopées le bisontin Charles Nodier écrit en 1808:
CLIQUETIS. Onomatopée tirée du son des  armes qui se choquent.C e mot se dit aussi du bruit des'verres, et en générât des bruits argentins et mordans.
Cliquet  est dans le dictionnaire breton de Dom Lepelletier, pour loquet de porte ou de fenétre. Dans Davies on lit cliccied,
et analogiquement, cleccian, pour stridere.

L'onomatopée clic-clac est employée par les écrivains pour évoquer le bruit des menottes qui se ferment.

"On avait dû lui lier les mains avec des bracelets de fer. Clic Clac! (G. Dorman, Je t'apporterai des orages, 1973).
"Clic...Clac..., Les menottes se refermèrent sur ses poignets sans qu'il eût abaissé son regard insolent (R.A. Rey, Griotte, 1979)
"Clic-clac ! C'est pas Kodak, mais une paire de menottes (San Antonio, Frédéric Dard).  etc


Encore des exemples qui confirment le double sens du codon <cl> évocateur de bruit retentissant et/ou de fermeture.

Ceux qui devraient avoir des oreilles n'entendent rien, ni en synchronie ni en diachronie !

4 022

éponymie a écrit:
chrisor a écrit:


Ce qui est beaucoup plus étonnant, c'est que la langue de l'inconscient permet d'accéder à une Langue Sacrée juste en remplaçant l'initiale de bas de casse par une Capitale hiéroglyphique. C'est cette Langue qui m'intéresse et je suis loin d'en avoir fait le tour ni compris l'origine, qui conduit vers un ésotérisme ou un mysticisme que je n'accepte pas.

Qu'est-ce que c'est que ce charabia...

Pour un non initié je comprends que cela soit ressenti comme un charabia ! 
je pense tout de même que vous faîtes la différence entre : vous êtes le sel de la terre ou vous êtes le Sel de la Terre ? Le Symbole en majuscule use du S du Savoir sacré alors que le s du sel n'évoque que la surface ! De même le Sang n'est pas le sang, le Vin n'est pas le vin, le Poisson n'est pas le poisson, le Fis n'est pas le fils, la Bible n'est pas la bible, le Baptême pas le baptême, l'Esprit n'est pas l'esprit, la Bulle et le Baiser du Pape pas la bulle et le baiser,  .. etc. Il ne s'agit pas d'une convention religieuse à laquelle vous croyez. Les Lettres Capitales sont des hiéroglyphes dont vous n'avez aucune idée !!!!

Vous n'avez même pas saisi la possibilité d'une langue de l'inconscient dont Lacan avait donné maintes caractéristiques sans la trouver. Alors une Langue Sacrée !!!

Sur le site SIGNELINGUISTIQUE l y a 10 ans j'avais retranscrit l'Alphabet Sacré qui se récite du Z au A !

26.  A, l'Eternité (Aeternitas en latin) Mais je devine que l'Amour n'est  pas éternel pour vous pas plus qu'Allah ou Adonaï, etc

25. B, le Verbe (de la Bible ou du Baptême)

24. C, la Communion (de la Cène ou du Calice)

23. D, Dieu

22. E, Esprit

21. F le Feu (de l'Esprit)

20. G, La Langue

19. H de la Violence

18. I, Energie

17. J, Passage (du Christ)

16. K, Ténèbres

15. L, Lumière

14. M, Personne

13. N, la Vie

12. O, Tête

11. P la Progression, le Progrès

10. Q, Quête

9. R, Rigidité

8. S, le Savoir

7. T, Terre

6. U, Passé

5. V, Espace

4. W, Onde

3. X, Crucifixion

2. Y, Calice

1,0. Z, Création/Destruction

Depuis je ne modifierais que Le R en remplaçant Rigidité par Raison
Vous remarquerez que la montée de la Lettre 20 G au 23 D symbolise la Pentecôte. Pourquoi ?

4 021

P'tit prof a écrit:

Chrisor :

L'existence de codons (doubles et triples ) de la genèse du langage (par analogie métaphorique à la genèse des protéines par les triples codons des ARNm) n'invalide pas l'histoire des mots, mais explique leur création et soutient leur évolution phonétique et sémantique.

Des codons triples ? Cela porte un beau nom, femme Narsès, cela s'appelle une racine trilittére, base de l'hébreu.
Seriez-vous en route pour démontrer que l'hébreu, langue de YHWH est la langue mère universelle ?

Un codon en génétique comporte 3 bases et cela n'a rien à voir avec les racines trilittères de l'arable ou de l'hébreu. Il est transmis par les ARNm et ARNt. Votre remarque est interessante car au contraire de certains dont Annick de Souzenelle je crois que l'évolution a un sens et que les langues actuelles en savent plus sur la nature humaine que l'hébreu ! La langue hébraïque n'est pas la plus vielle de l'histoire de l'humanité car le cunéiforme semble le plus ancien système d'écriture au monde, mis au point en Basse Mésopotamie vers 3300 avant notre ère.