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Revue du sujet (plus récents en tête)

1 990

Bonjour à tous,

Ce fil a été initié en octobre 2013 et je remercie toux ceux qui ont pris le temps d'y participer. Grâce à leurs messages ( souvent critiques)  cela m'a permis d'avancer et de mieux comprendre la motivation des mots et l'origine du langage. Je regrette de ne pas avoir toujours répondu à leurs messages par manque de temps ou par aveuglement engendré par ma passion sur ce sujet.

Après 6 ans d'interventions, trop souvent des monologues, je me permets de remercier ceux qui ont partiellement souscrit à ma théorie de la motivation des mots, tout comme ceux qui s'y sont opposé. Donc merci aux personnes bien réelles  qui se cachent derrière tous ces pseudos : éponymie, contrelabienséance, Abel Boyer, P'tit prof, Piotr, Alco, oliglesias, Chauffe Marcel, Greg, trevor, BakaGaijin, Glop, shokin, Bookish Prat, Swoo, redina, yd, ariane, contrelabienpensance, Cedric-Paris, florentissime, vh, André de Lille, Roméo31, Loeildemoscou, Euphoriane, herfaya, cargo06, serpent84, AcoSwt, Lévine, cépamoi, jerf, Natsume et orphalosegrammair avec une mention particulière pour les plus insistants : P'tit prof, oliglesias, Ylou et Lévine.


Comme le chanterait un homonyme patronymique de l'un de ces intervenants, "non, je n'ai pas changé", mais grâce à vous j'ai beaucoup évolué et mieux compris l'essence des mots. L'illusion de Saussure est totale: certes arbre, Baum et tree sont trois signifiants totalement différents, assignés au même référent, mais un mot n'a pas pour fonction de définir un objet référent car il se contente de le désigner par une ou deux de ses caractéristiques saillantes. La loi de la nomination est celle qu'on nomme pars pro toto, une partie pour le tout, une faculté de reconnaissance attribuée aux performances de l'hémisphère droit, dit silencieux.

Donc aucun arbitraire entre signifiant et signifié et aucune convention tacite entre le mot et le référent. La géographie, la culture , la vie économique, la prépondérance privilégiée d'un sens telle l'audition pour les allemands et la vue pour les français expliquent le ''choix'' inconscient des caractères saillants retenus du référent.  L'arbre français évoque le schème de brisure de ses branches avec br et son sommet prééminent, sa cime, avec ar avec une menace ar de brisure br possible (cf le chêne et le roseau de La Fontaine) alors que le Baum allemand mime le bruit de sa chute pour le désigner.

Non, les mots ne sont pas les plus petites unités significatives d'expression du langage, ce sont des rébus littéraux formés d'unités d'une ou deux lettres. Ces unités sont nées du matériau signifiant des onomatopées (qui en comportent souvent deux). Ces mimophones issus d'imitation acoustique de bruits externes ou internes sont toujours des idéophones d'abord conscients mais désormais totalement inconscients suite aux trois refoulements (syllabique, sémantique et expressif) que nous subissons tous lors de la transmission/acquisition de notre langue maternelle. Ces idéophones naissent grâce aux aires sensorielles associatives de notre cerveau avec à l'origine un lien entre un bruit et l'image du référent qui l'émet (le cri d'un animal par exemple : le coin-coin enfantin ). Les noms de l'arbre néerlandais boom ou allemand Baum sont nés car le bruit de leur chute a servi à les désigner : boum ! Mais les bruits ne sont pas toujours spécifiques d'une source unique émettrice et sont communs à divers mouvements, dont l'oeil humain perçoit la géométrie tel clac qui associe l'unité générale ac de l'action soit au retentissement cl, soit au schème de fermeture cl.

Les onomatopées sont des imitations approximatives par la voix humaine de bruits en majorité non humains. C'est par analogie acoustique que l'enfant imaginera un canard si on lui parle de ''coin-coin''. C'est par analogie visuelle que l'homme incluera le schème cl de fermeture dans ses mots : si le cl de la cloche d'église évoque son retentissement, le cl de la cloche à fromages ou de plongée évoque la notion d'enfermement. L'extension du lexique se réalise ensuite uniquement avec l'un des sens, essentiellement celui relié à la géométrie car l'acte de nomination repose davantage sur la vision. Il existe une motivation généralisée des mots mais qui n'est pas acoustique car les mots évoquent plus rarement des bruits  mais bien davantage des concepts géométriques et ne sauraient donc  plus êtres qualifiés ''expressifs'.

    Cependant la vue n'est pas toujours le stimulus originel associé à un son ( gl est issu de glagla évoque d'abord  le froid, mais  s'est généralisé rapidement à deux concepts liés à la glace source de froid : glisser/fondre,  la consonne /f/ imite le bruit du souffle pour allumer ou éteindre le feu et le désigne dans les pays tempérés; etc). Parfois c'est l'émotion suscitée par le référent qui va permettre de le désigner : ainsi le codon tr de la peur (trouille, trac, pleutre, poltron, trémolo, tressaillir, transi...).

C'est pourquoi il est possible de classer ces unités inconscientes qui se comportent comme des codons de la genèse des mots en schémèmes, émotèmes, esthésiémes (tel al de la dureté), schèmes primitifs tel im symbolisant la transformation de la matière en énergie ( comme dans chimie, enzyme. gymnastique, à parti de miam miam ou ud qui évoque le sens caché des choses : vaudou, érudition, surdité...).

La généralisation de l'apprentissage scolaire depuis Charlemagne et surtout la diffusion des livres depuis Gutenberg a engendré la primauté conditionnée de la lettre sur le phonème lors de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Ces lettres ne sont elles-mêmes pas arbitraires mais en capitales romaines sont de véritables hiéroglyphes.

Il existe deux types de codons qui ont permis la genèse de nos mots :

1)  des codons de deux lettres issus des syllabes fermées (VC voyelle)-consonne) et de doubles consonnes C1C2 avec C2 = l ou r tel bl, br...qui possèdent deux sens principaux. Par analogie synesthésique un troisième sens peut exister : ainsi cl symbole de retentissement peut passer du champ auditif au visuel : l'éclat du bruit peut passer à l'éclat de la couleur.

2) des codons d'une lettre interposée entre ou à l'extérieur de ces couples bilitéraux qui eux possèdent 3 sens. Je n'ai pas d'explication sur la découverte de la trinité sémantique de cet alphabet inconscient. Merci pour vos suggestions.


Voilà, je crois avoir résumé brièvement ma théorie et réfuté suffisamment celle de Saussure.

1 989

Lévine a écrit:

Vous enfoncez des portes ouvertes,.
Depuis presque cent ans (au moins), on sait que glutire ("avaler") et glucire ("glousser"), sont d'origine onomatopéique ou "expressive", comme le disent à l'époque Ernout-Meillet.
Pour glotire, cette origine dépasse même le latin, puisque en vx-slave, on a le verbe *glutati d'où provient глотать en russe moderne ("avaler sans mâcher", "gober").
Quant à glocire, Ernout-Meillet (Dictionnaire étymologique du latin) rapprochent ce verbe du vieil anglais cloccian et de l'allemand klucke, "poule couveuse".


L'exposé ne concernait par exclusivement ces deux mots mais établissait le rapport son/sens entre le codon''gl'' et les notions de glisser et fondre (dans toutes les acceptions de ce terme). Et ce lien son/sens du codon ''gl'' persiste depuis le latin.


Lévine a écrit:

Quant à glocire, Ernout-Meillet (Dictionnaire étymologique du latin) rapprochent ce verbe du vieil anglais cloccian et de l'allemand klucke, "poule couveuse

Ernout-Meillet passe de ''gl'' à ''cl'' dont les sens sont différents: aucune notion de glisser et fondre pour une poule couveuse mais plutôt celle d'un des deux sens sens de cl avec la notion d'enfermement (sous la poule et ses ailes).

1 988

Vous enfoncez des portes ouvertes, et il n'est point nécessaire de convoquer P. Guiraud, le grand spéciliste des étymologies désespérées (et ce n'est pas de l'ironie).
Depuis presque cent ans (au moins), on sait que glutire ("avaler") et glucire ("glousser"), sont d'origine onomatopéique ou "expressive", comme le disent à l'époque Ernout-Meillet.
Pour glotire, cette origine dépasse même le latin, puisque en vx-slave, on a le verbe *glutati d'où provient глотать en russe moderne ("avaler sans mâcher", "gober").
Quant à glocire, Ernout-Meillet (Dictionnaire étymologique du latin) rapprochent ce verbe du vieil anglais cloccian et de l'allemand klucke, "poule couveuse".

Tenez, un verbe russe d'origine comparable : хохотать, "rire aux éclats" (mot à mot "faire ha ! ha !").

1 987

L'onomatopée à l'origine du langage

Trois onomatopées comportent le codon ''gl'':  glouglou, glagla et gloups.

“Glouglou” est une onomatopée reproduisant le bruit d'un liquide qui s'écoule par saccades dans un conduit. Saussure écrivait à ce sujet “Quant aux onomatopées authentiques (celles de type glouglou...), non seulement elles sont peu nombreuses, mais leur choix est déjà en quelque mesure arbitraire, puisqu'elles ne sont que l'imitation approximative et déjà à demi-conventionnelle de certains bruits” (Cours de Linguistique Générale p 102). C'est vrai que triplé “glou-glou-glou” cela se métamorphose en bruit du dindon et a priori le partisan d'une motivation semble le dindon de la farce. Gloups ! Tiens voilà une onomatopée notée par le petit Robert en 2013 : “gloup” ou “gloups” qui imite le bruit de la déglutition et par extension s'utilise dans le langage sms en situation d'embarras, après une gaffe ou un danger écarté traduisant l'action d'avaler ou ravaler sa
salive. Déglutir c'est faire passer les aliments et la salive de la bouche dans l'oesophage, qui lorsqu'on est mal éduqué peut être sonore surtout si l'on engloutit le bol alimentaire ou on l'avale d'un trait tel un glouton. Glouglou est aussi l'une des acceptions du gloussement “Oh, l'inévitable chanson de l'oesophage !... Gloussement étouffé, bruit de carafe que l'on vide” (Larbaud, Barnabooth, 1913, p 34). Glousser est issu du latin glocire. Bref si l'on cherche un schème commun à glouglou, gloups, déglutir, engloutir il semble logique d'évoquer un mouvement de glissement ce que vient confirmer l'argot avec l'expression “s'en glisser un derrière le bouton de col” pour signifier “ boire un coup”.


Un linguiste, P. Guiraud s'est intéressé à cette séquence sonore et note que le français “glisser” et l'anglais “to glide” portent ce couple de phonémes /gl/ qui s'articule ''la langue tendue à plat avec une aperture resserrée et un souffle expiratoire chassé à travers le canal latéral le long duquel il glisse”. Il s'agit pour lui d'une séquence qui relève d'une onomatopée articulatoire quand le mouvement des organes de la parole présente une analogie avec le mouvement signifié.

Pour ébaucher une nouvelle compréhension de la genèse des mots, il est nécessaire d'approfondir ce glissement lingual et linguistique. L'étymologie de glisser peut-il nous y aider ? Le verbe glisser est entré dans la langue française par les Francs qui firent plusieurs incursions dans l'Empre romain. Au VIème siècle les descendants de Clovis établirent leur suprématie sur les autres peuples germaniques, puis sur la Gaule romanisée qui finit par adopter leur nom et devenir la France. C'est à partir du francique glidan que s'est formé le verbe gliier en ancien français, mutant en glicier en 1190 sans doute sous l'influence de glacier, puis glisser apparu en 1165 dérivant du latin glaciare et du bas latin glace.

A la multiplicité des mots qui se sont succédés dans le temps pour le sens de glisser, est opposée la constante du groupe de phonèmes /gl/. Si le signe linguistique saussurien se définit par sa mutabilité dans le temps comme en témoignent les descendants évolutifs de glisser, il semble que cette séquence “gl” est restée stable dans sa forme et pour au moins l'un de ses sens, attaché à la notion de glissement. La langue allemande possède le mot Gliter poue désigner le patin et l'adjectif glatte pour signifier lisse dont on peut rapprocher le mot français glabre, une peau sans poils ou sans barbe où les doigts peuvent glisser. De plus en plus de linguistes admettent l’existence de sons motivés, reliés à un même sens, utilisés dans la poésie et la publicité. Par exemple la qualité visqueuse et glissante qu'on accorde au groupe phonémique “gl” existe-t-elle parce qu'on l'a généralisée à partir de certains mots (gluant, glaire, règles, glucose...) ou parce qu'elle reflète une correspondance universelle entre certains sons et certains concepts ?


Pour vérifier cette invariance conceptuelle, il faut rechercher d'autres mots du lexique français dans lesquels il s'est glissé en conservant ce sens. La glace est un matériau glissant et le verglas le confirme pour nos automobiles. Le caractère gluant et glissant englue plusieurs classes de mots: la viscosité sanguine: règles, sanglant, ensanglanté – la viscosité des humeurs sécrétées par de nombreuses glandes : glaire (cervicale) ou glaires (trachéales), glaviot (sécrétion salivaire dans la laquelle baigne la langue qui a donné en médecine le préfixe d'origine latine gloss- pour la désigner (glossite, glosso-pharyngien). D'autres substances gluantes sont marquées de ce sceau ''gl” : glucides, glycérine (lubrifiant), gluau, seigle, glaise et même gland.

On peut conclure que la notion de glissement motive un certain nombre de mots comportant cette séquence gl, mais si l'on élargit la recherche à d'autres mots cette notion ne s'y trouve pas : épingle, ongle, angle, glaive, aigle, sigle, sangle, bigleux. L'aigle est loin d'être bigleux puisque avoir des yeux d'aigle c'est avoir des yeux vifs et perçants avec une vision à 360°.

Pourtant tous ces autres mots désignent des référents qui ont une caractéristique commune pouvant se résumer au concept de fondre dans toutes les acceptions de ce mot, tels fusion, confusion voire fondre sur. Le glaive fond sur l'adversaire comme l'aigle sur sa proie ou le sanglier sur son agresseur. Le bigleux a une vision confuse, le glaucomateux a des troubles de la vision qu'il peut perdre comme l'aveugle qui se déplace avec confusion dans l'espace. L'adjectif glauque au sens figuré définit un référent qui manque de précision, qui parait confus et peut être source d'imbroglio. Le fondu ou le fondu enchaîné se réalise bien par fusion des images. La sangle ou l'épingle tirent leur ''gl'' du jeu d'assemblage qu'elles permettent pour agglomérer des tissus ou des objets ce qui est réalisé de manière plus adhésive par la glu, une fusion qui forme des agglomérats, des conglomérats, une globalité.

L'ongle est un phanère qui fond, une propriété qu'on utilise en médecine pour le percer et évacuer un hématome sous-unguéal. L'angle se caractérise pas deux lignes dont l'intersection fusionne en un point. L'agglutination des globules rouges réalise leur fusion. Perfuser un culot globulaire s'appelle une transfusion. Le skieur qui glisse et fonce sur la neige se nomme un fondeur. Le sigle est une manière de réduire une suite de mots en les fondant par leurs initiales qui les englobe. Nous pouvons fondre en sanglots et nous devons nou fondre à la règle. La glycine a la vertu de se fondre avec son support. La jungle réalise une sorte de fusion des végétaux qui s'agglomérent. Le gluon fusionne les quarks entre eux.

Le plus remarquable c'est bien que toutes les acceptions du mot fusion peuvent être portées par cette seule petite séquence de deux phonèmes ''gl''. Lors d'accidents sanglants la langue française parle bien d'effusion de sang, que l'on peut corriger par une transfusion. Même le mot gloire désignant l'auréole lumineuse du Christ et des Saints évoque la notion de diffusion d'une réflexion de lumière alors que la gloire (renommée) traduit un rayonnement, une propagation ou une diffusion du nom. La glace (miroir) par sa réflexion lumineuse réalise une fusion de l'image avec son modèle. Ainsi il apparaît que le sens inconscient principal du couple de phonèmes/lettres ''gl” correspond à fusion avec un second sens moins répandu qui est glisser.

gl = fondre, fusion et glisser


Ces deux sens peuvent coïncider car se glisser dans la foule c'est s'y fondre et un fondeur est aussi un pratiquant d'un sport de glisse (ski). Le mot gland peut désigner une caractéristique visqueuse, un appendice de fusion des corps et une confusion de l'esprit : “t'es un gland !” Cette polysémie dérive des sens inconscients du couple ''gl''.

L'onomatopée ''glagla'', absente de certains dictionnaires, ne semble pas correspondre à ces deux notions puisqu'elle traduit la sensation de froid vif qui s'accompagne d'un grelottement, d'un tremblement de la mâchoire inférieure Il s'agit d'une onomatopée acoustique incarnée qui mime la réaction sonore émise lors d'une sensation de froid intense qui relève du tact thermique et est déclenchée en dessous d'un certain seuil de température basse. Ainsi le codon gl indique aussi le froid : il fait un temps glacial, un vent glacé souffle.

Au total le codon gl  est un schémème qui désigne deux schèmes dynamiques: glisser et fondre et se comporte  parfois  comme un esthésième  par la perception d'un stimulus du tact thermique: le froid.

1 986

@ Oliglesias

En relisant les 10 premières pages de ce long fil j'ai remarqué  une de vos remarques répétée, comme celle-ci :

"En même temps, je sais qu'avec ce genre de questions, vous avez des réponses toutes faites: si dans eau, flotte, rivière, lac, etc. on n'a pas les codons inconscients de l'élément hydrique (dixit vous-même) c'est parce que nous avons été conditionnés par l'école, etc. etc."


Le créateur de mots qui n'est pas Dieu a donné des noms aux objets .. en situation. Ce n'est pas dans sa chambre et retiré du monde qu'il a inventé un nom à tel ou tel référent. Vous semblez ne pas comprendre que les mots flotte, rivière, lac, pluie, etc ne comportent pas les consonnes n et b dont l'un des 3 sens évoque l'eau. Mais lorsqu'on se trouve devant une rivière, un lac ou sous la pluie ou la flotte, est-il utile de préciser que ces éléments se caractérisent par l'élément  ''eau''. Le mot ''pluie'' par exemple évoque un élément qui se propage (ie) chute (ui) en multitude (pl).  Si vous préparez un gâteau dans votre cuisine  vous demanderez : passe-moi le jaune en éludant le mot oeuf et il ne s"'agit ni du chinois ni du pastis.

    Le mot n'est pas un signe arbitraire qui représente ou définit le référent, il ne fait que le désigner par une ou deux caractéristiques saillantes. Vous vous étonniez aussi que l'on ne retrouve pas majoritairement telle consonne par exemple le t au sens de coup  dans la liste de synonymes de coup que l'on peut trouver dans le dictionnaire français en ligne Lexilogos :   torgnole, atteinte, attaque, talmouse, tort, tour, contusion, chataigne, tarte, tape, battement, botte, taloche, tournée, estocade, baston, castagne, châtiment, ratatouille, rouste, tir, tatouille, taquet, tannée, tampon, tabac, frottée, déculottée, abattage...   soit une trentaine de mots sur 150 synonymes. Mais si l'on considère la notion de coup explosif porté par la consonne p, celle d'explosion par la consonne b  et celle de violence par la consonne r, c'est cette fois une majorité des synonymes qui sont concernés. La notion de multitude évoquée par ée concerne 22 synonymes dans lesquels la notion de coups n'est pas évoquée mais bien sous-entendue : fessée, déculottée, branlée, volée, raclée, rossée, peignée, rincée...

Je me suis permis de reprendre votre critique car elle est constante.  Si vous admettez qu'un mot a pour fonction essentielle de désigner et non de définir un référent et qu'il y réussit en se contentant d'indiquer une ou deux de ses caractéristiques saillantes, vous devriez comprendre que les synonymes désignent des caractéristiques différentes et dans le cas présent ne portent pas majoritairement la consonne t du coup (en général rythmé) dans leurs signifiants.

  Vous aviez formulé cette critique pour la notion de mort ''codée'' par ''cr". La liste des 98 synonymes de mort du dictionnaire lexilogos ne donne que deux mots porteurs de ce codon ''cr'' : recru et nécrosé. Mais de nombreux mots : crypte (funéraire), sépulcre, croix, croque-mort, crêpe noir, chrysanthème, crime, massacre, sacrifice, crépuscule, croupie (eau), craterelle se caractérisent par un lien évident avec la mort indiquée par le codon ''cr''. Si tué est un synonyme de mort c'est pour indiquer qu'il s'agit d'un mort par un coup (t). Perdu, rompu, foutu, fichu, disparu, rendu et feu se terminent par  la voyelle u qui désigne quelque chose de passé, d'expiré, d'éteint.

Le codon ''cr'' de la mort est issu de l'onomatopée crac, imitation consciente avec l'organe vocal de l'homme du bruit de craquement de branches mortes. L'extension du sens au concept de mort peut s'expliquer par la perte de vie de ces branches (on parle aussi de feuilles mortes), voir par le craquement des os morts. Mais une fois ce codon son/sens établi la construction ultérieure des mots s'est réalisée en grande partie de manière inconsciente. Il en est de même pour les emprunts : le crash d'un avion, un mot anglais sera facilement assimilé en français qui connaît le mot écrasement et dont l'inconscient fait le lien entre cr et casse/mort.

Le conditionnement de l'école  d'abord syllabique (cro-co-di-le) puis sémantique (seule la chaîne complète du référent est reliée à un sens défini dans les dictionnaires) explique notre surdité et notre aveuglement sur la motivation de sons plus petits que les mots.

Pardon pour ce retour en arrière mais vos difficultés de compréhension de la fonction de désignation des mots m'interpelle car c'est la première erreur de Saussure : des signifiants différents d'une langue à l'autre pour désigner le même référent ne doit pas entraîner comme conclusion hâtive et erronée qu'ils sont arbitraires !

1 985

Lévine a écrit:

Sans compter que pour un Grec (ou un Russe), le B note le son [v]...

Mais tout est dans le "Pourquoi pas pour lui" : que les formes soient évocatrices, que les sons suscitent des formes ou même des couleurs, c'est l'évidence, mais peut-on bâtir un système, voire une science sur ces correspondances ?
C'est l'affaire des poètes.

Oui quelques poètes ont inventé leur alphabet tel Victor Hugo. Comme je l'ai écrit dans un message précédent ce n'est que lorsque le sens inconscient des lettres isolées entre ou à l'extérieur des unités de deux lettres de type VC a été décrypté que la recherche d'un éventuel lien sens/forme des lettres a été initié.

Comme depuis l'apprentissage généralisé de la lecture le conditionnement de la lettre l'emporte sur celui du phonème, qu'un Grec ou un Russe note le son [v] par la lettre B ne remettrait en cause ce décryptage que si cette lettre n'est pas reliée à 3 sens dans ces langues. Je ne maîtrise ni l'une ni l'autre et rechercher le PGCDS (plus grand diviseur sémantique) des mots grecs et russes commençant par B serait compliqué pour moi à moins de disposer de dictionnaires.

1 984

Sans compter que pour un Grec (ou un Russe), le B note le son [v]...

Mais tout est dans le "Pourquoi pas pour lui" : que les formes soient évocatrices, que les sons suscitent des formes ou même des couleurs, c'est l'évidence, mais peut-on bâtir un système, voire une science sur ces correspondances ?
C'est l'affaire des poètes.

1 983

P'tit prof a écrit:

Pour Vassilis Alexakis, le B est une femme enceinte...

Pourquoi pas pour lui.

La consonne b initiale est associée à 3 sens inconscients : bouche, extrémité (extrémisme) et explosion. Au sens de bouche s'est ajouté le sens d'eau ( l'eau vient à la bouche).

Si vous recherchez un lien possible entre la bouche et le graphe de la  lettre B , la seule possibilité est d'accepter que ce B puisse représenter schématiquement le dessin de la lèvre supérieure verticalisée. Il existe plus de 100 mots français initiés par b  pour lesquels la bouche peut-être évoquée sans discussion. Peut-être pouvez-vous donner 100 mots initiés par b en rapport avec la grossesse ? Je ne pense pas. Donc Vassilis Alexakis ne s'est attaché qu'à la forme sans tenir compte d'un lien linguistique sémantique avec la grossesse.

Il semble qu'en hébreu "Saphah" signifie en particulier  : lèvre, langage, parole, rivage, bord. Donc relier la lèvre à la bouche et au Verbe ne semble pas aussi subjectif et imaginatif que vous semblez le suggérer.
La bavarde, dérivée de bave,  en argot désigne la « langue ou la bouche ». Mais vous ne sauriez rester bouche b  ée.

1 982

Pour Vassilis Alexakis, le B est une femme enceinte...

1 981

Lévine a écrit:

  Bon, passons sur ce bel exemple de chrisorologie.

Non disons plutôt  I. I. Pavlov et le Professeur LAFON, Docteur en Médecine, Docteur en Phonétique, Docteur es Sciences, Professeur d’ORL et de Phoniatrie à Besançon

chrisor a écrit:

Par rapport au réflexe conditionné pavlovien  le conditionnement du langage humain est plus compliqué car l'oral cohabite avec l'écrit qui a cependant pris le dessus depuis l'apprentissage de la lecture. Lorsque vous tapez sur votre clavier d'ordinateur ce sont bien les lettres qui vous viennent à l'esprit en remplacement du son, non ?

Lévine a écrit:

A l'époque moderne, oui, mais quand vous évoquez la constitution des langues, vous faites nécessairement référence à leur passé. Combien de personnes ont l'écrit présent à l'esprit en tête au Moyen-Age ?

Cela prouve qu'il existe une évolution de l'apprentissage des langues et il est probable que dans un siècle l'écrit se limitera à la frappe sur le clavier de lettres capitales de type romain. Le conditionnement pavlovien évoluera donc.


Lévine a écrit:

Oh là ! C'est l'écriture gothique qui, au contraire, a conservé la forme et le ductus de la minuscule caroline dont elle n'est qu'une variante ! Cette minuscule forme notre "bas de casse" actuel par l'intermédiaire de l'écriture dite humanistique que j'utilise pour vous écrire, en plaçant de temps en temps des capitales romaines rétablies par les scriptoria carolingiens.


oui vous avez raison, merci

Lévine a écrit:


Dans l'exemple de la lettre  a, donné dans un message précédent, seule la majuscule A se prête à une interprétation.

Encore de la chrisorologie. Pourquoi diable seule la majuscule ?

Parce que les majuscules ont  toutes des formes géométriques simples à partir du carré, du triangle et du cercle. Le a minuscule ou le f ou le t ont des formes plus complexes. Mais il est vrai que d'autres sont aussi assez simples et leur graphie n'est pas non plus arbitraire par rapport à l'un de leur sens.

Ainsi si le glyphe du B majuscule dérive du dessin schématisé etverticalisé de la lèvre supérieure et désigne pour l'inconscient le Verbe : Bible, Book, Buch, Bouquin, Baptême, Bulle papale, Baiser papal, Big Bang,  la lettre b minuscule évoque pour l'un de ses trois sens l'extrémité (le bout) et dérive du dessin de la jambe et du pied des dessins de bonshommes des enfants. Le hiéroglyphe égyptien correspondant à notre lettre b est d'ailleurs le dessin d'un pied.



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