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Le forum d'ABC de la langue française

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Revue du sujet (plus récents en tête)

2 006

J'ai bien écrit dans mon précédent message que la notion de convention  concerne  l’apprentissage conditionné des mots de la langue. Donc je suis d'accord avec vous pour dire que consciemment un signifiant appris fait naître une image mentale conventionnelle.

Mais est-ce que ce lien signifiant/signifié conventionnel concerne uniquement la liaison entre la suite de sons enregistrés et la représentation mentale du référent. Comme je l'ai déjà écrit lorsque qu'on a été scolarisé et que l'on parle d'un chat ou d'une souris, l'image graphique des mots (entendus)  chat et souris me semble devancer de quelques centièmes de secondes l'image de l'animal qui est propre à chacun.

Cette description ne concerne que le processus mental conscient déclenché par le signifiant. Or si vous avez la curiosité de lire Le nouvel Inconscient de Lionel Naccache, vous constaterez que des expériences de lecture subliminale, c'est à dire des présentations de mots durant quelques millièmes de secondes n'entrainent aucune prise de conscience du sujet qui ne peut donc les lire alors que des zones de son système limbique, en particulier les amygdales cérébrales fournissent des réactions émotives pour des mots  ressentis comme des dangers tels tigre ou accident ou mort. Donc la lecture consciente est précédée par une lecture inconsciente hyperrapide qu'on nomme subluminale. Contrairement à ce que vous affirmez il ne s’agit pas pas d'une opération lente logique, réflexive, presque intellectuelle, même si le traitement hyer-rapide de l’information perçue a certainement une certaine logique.

Ma théorie va plus loin, car j'ai compris et vérifié que lors de l'apprentissages des mots conscients se réalise en même temps et ce, dès le début de l'acquisition du langage, l'apprentissage non conscient de ce que je nomme des codons linguistiques qui forment la langue de l'inconscient.

Ainsi comme je l'ai écrit dans mon message précédent  " dans la tête de tout français un arbre comporte les deux schèmes inconscients br et ar ''. Il est dommage que les expériences de Naccache ait concerné uniquement des mots car je pense que la réaction du cerveau affectif est provoquée par les codons que je nomme émotèmes: tr de la peur, gr de la crainte, ar de la menace, g du danger, etc.

Vous sous-estimez la puissance de traitement non conscient de l’information. Quand vous reconnaissez un ami dans la rue que vous n’avez pas vu depuis 10 ans, la reconnaissance physique est immédiate et votre cerveau G se limite à retrouver le nom attaché à ce visage ou cette silhouette.

Je ne partage pas non plus votre avis qui affirme que la compréhension de mon interlocuteur ne dépend que de l’image mentale conventionnelle née du signifiant mais je pense qu’on méconnaît le rôle du code de l’inconscient avec ces schèmes simples pour faciliter la compréhension.

Vous partagez mon analyse sur l’origine métaphorique des diverses acceptions du mot « arbre ». Mais derrière cette forme rhétorique d’ordre sémantique se dissimule toujours mes ‘’fameux’’ codons qui - je pense que vous l’avez enregistré- ont toujours un double sens :

ar = sommet prééminent  et arrêt, deux schèmes statiques et dynamiques souvent colorés de ‘’l’émotion’’ menace
br = ligne brisée et brisure.

Donc si le mot arbre a été retenu a priori par métaphore consciente, c’est probablement l’inconscient qui a joué le rôle prépondérant avec la notion de menace d’arrêt et de brisure. Ces données ne relèvent ni de la rêverie, ni de la poésie ni de l’humour, même si ces trois domaines jouent avec le code de l’inconscient.  (PS: un arbre à cames ça casse ou se brise, non ?)

2 005

1° Vous savez comment je recevrais un élève qui me donnerait une explication du type de la vôtre concernant mon pseudo ? Fort mal.
Vous avez à dominer la machine, pas à subir son esclavage.
Et si vous ne pouvez pas faire écrire Lévine à votre équipement, changez-en.

2° Quand vous dites qu'un signifiant ne fait pas naître une "image mentale conventionnelle" mais à des "schèmes simples...", vous me semblez faire une mauvaise analyse : si c'était le cas, vous ne comprendriez rien à ce que vous dirait votre interlocuteur. le signifié est toujours global, immédiat et non fragmentable. Ce que vous dites témoigne d'une opération logique, réflexive, presque intellectuelle, même si vous la dite ancrée dans l'inconscient, non d'une saisie intuitive et directe du couple signifiant/signifié, préparant la compréhension qui, elle, pourra prendre un peu plus de temps si la communication s'établit mal.
Ce que vous dites ensuite des diverses acceptions du mot "arbre" relève de la sémantique, on ne peut qu'être d'accord : c'est évidemment la métaphore qui nous fait passer en français de l'arbre de la forêt à l'arbre mécanique : où est d'ailleurs la ligne brisée dans ce dernier cas ? Si un mécanicien me dit qu'il faut changer l'arbre de ma boîte, le signifiant "arbre" va faire naître chez moi l'image mentale d'un axe ; peut-être l'image d'un tronc d'arbre va-t-elle s'insinuer, mais certainement pas celle d'une arborescence. Si c'est le cas, on est dans l'association d'idées, c'est à dire la rêverie, la poésie ou l'humour.

2 004

Je vous remercie Lévine pour votre position claire parfaitement expliquée... que je regrette conventionnelle ! Pour moi dans l’inconscient collectif langagier français le mot arbre ne renvoie pas à une image mentale conventionnelle, mais à deux schèmes simples celui de ligne brisée (celle des branches tout comme celle des bronches de l’arbre rouge pulmonaire) ‘’codée’’ par la séquence signifiante ‘’br’’ et celui de sommet prééminent ‘’codé’’ par la séquence ‘’ar’’ teintée de menace d’arrêt. La motivation est l’essence même de la formation du signe linguistique et la notion de convention ne concerne que l’apprentissage conditionné des mots de la langue.

Ainsi dans la tête de tout français un arbre comporte ces deux schèmes inconscients. C’est par une simple analogie que ces deux concepts désignent l’arbre bronchique et l’arbre de vie du cervelet. L’arbre généalogique est une représentation graphique simplifiée de l’arborescence, une figure permettant de suivre la filiation d’un individu. L’arbre en mécanique est en général un cylindre qui porte différentes pièces  (engrenages, poulies, manivelles, cames). L’a-t-on nommé ainsi uniquement en raison du cylindre qui peut évoquer la forme du fût d’un arbre, en raison de son rôle de support et de sa fonction de transmission qui nous ramène à la généalogie, en raison de son risque de brisure ou tout cela à la fois ? Quand on parle de bleu pour un novice, un hématome, un fromage... c’est par analogie colorée. La genèse de la polysémie des mots s’explique par ce processus analogique que l’on retrouve dans la métonymie et de manière plus élaborée dans la métaphore, deux formes conscientes de figures rhétoriques. Le mot arbre en mécanique est apparu bien longtemps après la désignation de l’arbre végétal et même de l’arbre généalogique. Et son occurrence est moins fréquente. Comme vous le dites la langue russe n’emploie pas cette analogie, ni l’anglaise (shaft), ni l’allemande (Well), ni la roumaine pourtant romane (axol).

    Le sens du ‘’codon’’ br évoque la ligne brisée ou/et peut évoquer la brisure, la rupture, la brèche.
Ainsi pour l’inconscient français un arbre renvoie à l’image d’un grand chêne en hiver, un référent qui présente des lignes brisées est un sommet prééminent (sa cime qui marque le sommet), c’est aussi un élément dont la brisure est menaçante (cf la Fable du Chêne et du Roseau de La Fontaine).

Le signifiant tree anglais évoque l’écoulement d’éléments (ee), ceux des molécules de l’air, qui fait trembler (tr) les feuilles comme pour le mot tremble français, issu du latin tremulus. Le signifiant Baum allemand, proche du boom néerlandais traduit le bruit explosif de sa chute (il suffit d’écouter celle d’un Tannenbaulm dans la Forêt Noire pour comprendre ce signifiant.

Oui, vous avez raison le signifié n’est pas la signification, c’est l’image mentale symbolique du référent, un ensemble de deux schèmes pour ‘’arbre’’, br et ar  (présents dans des centaines d’autres mots) qui ne donnent pas directement la représentation de l’arbre mais révèlent deux de ses caractéristiques saillantes. Ces codons renvoient à des signifiés élémentaires qui sont parfaitement motivés par la géométrie du référent pour un français pour le mot arbre. Le codon ‘’if’’ dont l’un des sens évoque la notion de pointe permet de désigner l’if. Ces codons ‘’archaïques’’ sont à l’origine de la formation du mot arbre qui, s’il dérive de  l’arbor latin, ne désigne plus ce référent par les mêmes critères. L’évolution phonétique diachronique s’est accompagnée d’une évolution sémantique inconsciente.

Bien sûr personne ne nous a appris le sens de ces codons, mais ma théorie repose sur leur « réinsertion » dans le cortex cérébral droit lors de l’apprentissage de la langue maternelle car tous les nouveaux mots continuent d’obéir à ce code de l’inconscient : même l’onomatopée récente ‘’vroum vroum’’ comme je l’ai déjà évoqué ou le mot ‘’zob’’, issu des émigrants maghrébins. Et il n’y a aucune intervention d’un quelconque Dieu !  Vous pensez que l’acquisition el la mémorisation des mots n’est qu’un processus conscient alors que je pense qu’elle repose sur un double processus, un conscient et un inconscient toujours lié à la formation initiale des mots.

PS. Pour votre pseudo c’est le correcteur de mon traitement de texte qui transforme Lévine en Lénine ! Mille excuses pour lui.

2 003

Par pitié, Lévine, pas Lénine !!!

Non, justement, quand on parle de signifié, on n'est pas dans la sémantique. Cette dernière n'a du reste pas été abordée dans le Cours.
La différence entre les deux, c'est celle de la signification et du sens, mots qu'il ne faut pas confondre en linguistique, même si leur définition est délicate.
Saussure dit que le signifiant fait naître une image mentale qui, en effet, est à distinguer du référent (cf. le fameux triangle d'Ogden et Richards). Mais le Cours n'est pas assez explicite à ce sujet car cette image mentale semble être appelée à varier avec chaque individu : que signifie exactement le mot "arbre" en français ? Dans la majeure partie des cas le mot "arbre" va évoquer le végétal, mais dans un atelier de mécanique, il va plutôt évoquer une pièce servant à la transmission du mouvement (ce qui d'ailleurs ne serait pas le cas en russe). Il semblerait donc que cette "image mentale" ne soit pas tant une variable qu'un simple point de départ, une sorte de virtualité signifiante, purement conventionnelle, tout comme les phonèmes, saisis davantage par ce qu'ils ne sont pas que par ce qu'ils sont (et on s'éloigne par là de l'idée de motivation). Ce n'est que dans une situation de communication donnée que ce signifié va prendre un sens et que le signifié "arbre" sera compris comme désignant le végétal, la pièce mécanique ou autre chose encore, l'arbre généalogique, par exemple. On voit donc que le signifié est simplement (façon de parler !) ce qui prépare le mot à recevoir un sens, et que signifié et signifiant ne sont pas à confondre ; par malheur, nous n'avons que le verbe "signifier" à mettre en relation avec les deux concepts, d'où des confusions possibles.
On voit par là que la conventionnalité est l'essence du signe linguistique, et celle-ci tend à la démotivation du signe et donc à l'arbitraire. J'ajouterai sans l'exclure nécessairement au départ, mais dans ce cas, la motivation n'est qu'un caractère secondaire du signe puisque ce dernier tend à s'altérer, à perdre en tout cas l'unité première s'il en a jamais possédé une (dans une conception démiurgique de l'origine du langage, que j'ai déjà évoquée).

2 002

Eh oui Lénine 2000 messages pour se rendre compte de la puissance du refoulement syllabique, sémantique et expressif que nous avons tous subis. Et c’est un peu désolant de constater que quelqu’un d’intelligent et de cultivé comme vous ne parvienne pas à entrevoir - en soulevant quelques secondes la barre entre signifiant et signifié - que l’arbitraire du signe est une stupidité totale. Comme l’écrivait Launay : en posant comme principe initial non démontré que le signe est arbitraire il n’y a plus rien à en dire. L’arbitraire saussurien concerne l’absence de rapport ou de motivation entre le signifiant et le signifié. Et pour le signe verbal par rapport au référent il parle de convention tacite du groupe social et cette fois encore sans motivation autre !!

Dans les exemples avec les couleurs je voulais simplement vous faire comprendre quelle était la nature des mots. La fonction première d’un mot est un procédé de désignation du référent. Et comme un seul cri permet d’évoquer un animal, une seule couleur d’innombrables référents, il faut d’abord admettre que pour cette désignation parfois un seul critère remarquable du référent suffit. .

Il a sauté une étape notre cher Saussure. Comme je l’ai maintes fois répété et répété le signifiant ne renvoie pas directement à  une représentation du référent. Non il n’indique qu’une ou deux caractéristiques saillantes de ce référent qui grâce à la loi pars pro toto du cerveau droit permet aussitôt de l’évoquer et donc de parvenir à sa représentation (le signifié verbal). « Bats les blancs en neige » et avec la seule couleur on a indiqué un critère remarquable de cette partie de l’œuf, sa couleur qui permet de le désigner. Mais ‘’blanc’’ n’est pas une représentation de ce constituant de l’œuf, il n’est qu’une couleur qui grâce à la loi d’une partie pour le tout permet d’arriver à sa représentation.

Vous répétez que les phonèmes n’ont pas de sens en croyant Saussure et je vous affirme que c’est une erreur supplémentaire. Par exemple toutes les consonnes qui initient nos mots possèdent trois sens inconscients possibles.
Je ne prendrai qu’un seul exemple avec les mots mur et mûrs.

Je suppose que votre analyse saussurienne de mur et mûr avec à l’appui leur étymologie leur trouve aucun lien.
Or le sens de l’un des couples de phonèmes ‘’ur’’ évoque le sens de limite physique ce qui permet de lire les trois mots :
mur = limite physique matérielle
mur du son = limite physique de l’onde
mûr : limite physique supérieure de la personne.

Ainsi la consonne m qui initie nos mots évoque l’un de ces trois sens : personne, matière est onde.

Dans le mot ’’mère’’ la consonne m évoque la personne et dans le mot ’’mer’’ l’onde.

Je ne vous ai jamais demandé d’adhérer à cette théorie mais j’ai seulement espéré que vous pourriez entrevoir que la barre entre signifiant et signifié instituée par Saussure pourrait n’être qu’une mystification qui a grugé un grand nombre de personnes.

Et quand on parle de signifié on est dans la sémantique.

Comme les trois mots ‘’arbre’’, ‘’Baum’’ et ‘’tree’’ n’ont pas de phonèmes communs, Saussure en déduit que par convention chaque langue attribue une suite de sons arbitraires pour évoquer le référent. C’est l’erreur fondamentale de Saussure. Et à partir de cet absence apparente de liens entre la représentation du référent (le signifié) et le signifiant, il en déduit que leur rapport est arbitraire.

Ainsi les signifiants arbre, Baum et tree ne renvoient au concept d’arbre que par le conditionnement que chaque locuteur de ces 3 langues a subi lors de l’acquisition de sa langue maternelle,  mais ils n’ont rien d’arbitraire. Les constituants de ces signifiants évoquent des caractères différents de ce même référent ce qui explique leur différence. Le lien entre un  caractère saillant et la séquence signifiante qui lui correspond est devenu inconscient alors qu’il était encore conscient dans les onomatopées.

2 001

chrisor a écrit:

En reconnaissant comme vous le faites qu’une couleur que vous qualifiez ‘’dominante’’ appartenant à un objet ou un être naturel (pour reprendre le qualificatif de Saussure) suffit à les nommer, vous contredisez Saussure.

Cent fois sur le métier...

Non, l'arbitraire de Saussure ne concerne pas la sémantique ni la création des mots. Il faudrait être plutôt stupide pour penser qu'on a forgé au pif les mots bleuet ou flamant, vous ne croyez pas ?

Il faut descendre au niveau des unités de première articulation, celle des phonèmes. Là, oui, il y a arbitraire, c'est à dire absence de lien nécessaire, "motivé" entre le son, les groupements de sons, qui forment le signifiant et le signifié.
Cela dit bien sûr au niveau synchronique ; au niveau diachronique, le ch- et le -i- du mot chien (lat. canem) ne sont évidemment pas apparus par hasard, ils sont le résultat d'une longue évolution historique, mais cette évolution, aucun individu particulier, aucune conscience collective ne l'a contrôlée, comme l'atteste la diversité des traitements phonétiques entre communautés linguistiques parfois très proches.
Quant à l'origine du langage, personne ne peut remonter jusqu'à elle. Les cris sont universels : un chien n'aboie pas dans une langue particulière , mais dès que l'Homme s'est mis à codifier des sons, à créer une symbolique du signe, même si tel ou tel démiurge a forgé ou imposé des mots à tel groupe, il n'a pu contrôler leur évolution ni leur sort s'il advenait que ce groupe se dispersât... se ventilât (Piotr !!!) lol


On a dépassé deux mille messages dans cette discussion ??? Je n'en reviens pas.
Et pour dire quoi ?

2 000

Un petit rappel d’une phrase de Saussure issue du Cours est sans équivoque : « Au contraire de toutes les institutions qui sont toutes fondées, à des degrés divers, sur les rapports naturels des choses, la langue est une construction parfaitement arbitraire amenant l’association d’une idée quelconque avec une suite quelconque de sons ».

En reconnaissant comme vous le faites qu’une couleur que vous qualifiez ‘’dominante’’ appartenant à un objet ou un être naturel (pour reprendre le qualificatif de Saussure) suffit à les nommer, vous contredisez Saussure. Dans mon message j’ai cité des couleurs  comme par exemple celle désignée par le signifiant « bleu » (un adjectif ou un substantif que vous considérez comme une suite quelconque de sons bien sûr) qui est associée à un signifié ( la perception de cette couleur peut être assimilée à une idée). Ce signifié renvoie à une caractéristique dominante d’un référent et permet de désigner un nombre important de référents qui possèdent cette analogie colorée. La métonymie et la métaphore conscientes fonctionnent de cette manière analogique.
.

J’ai présenté ces exemples pour démontrer qu’il y a un lien motivé même conscient entre le signe verbal et le référent qui ne sont pas liés par une convention tacite (on emploie le signifiant jaune parce qu’on perçoit cette couleur dans différents référents)

Mais il est vrai que la notion d’arbitraire doit être réfutée par l’existence de séquences signifiantes submorphémiques dont le signifié est jusqu’alors inconscient.

Prenons la jaunisse et la rougeole. Pour vous la ‘’suffixation’’ du signifiant de la couleur est sans doute arbitraire.
L’un des sens inconscients de la séquence is(s) évoque le concept « amène à la surface, hisse ». Or la jaunisse se caractérise par un ictère, une coloration jaune de la peau engendrée par la dégradation de la bilirubine qui apparaît progressivement à la surface du corps entier.

Pour la rougeole j’ignore ce que la suffixation ‘’éol’’ signifie ou non pour vous. J’ai déjà longuement répété sur ce fil de discussion que l’un des deux sens inconscients du codon ‘’ol’’ est la notion de rond et du codon ‘’el’’ est élément ou élévation, des notions mises à jours en établissant le PGCDS (plus grand commun diviseur de sens) des mots du lexique français comportant ces codons.  Ainsi le signifiant rougeole est un rébus littéral qui doit être entendu comme : éléments ronds rouges.

La nomination de la rubéole relève d’un processus identique: la couleur rouge a simplement été remplacée par ‘’rub’’qui évoque également la couleur rouge par le codon ‘’ub’’. Nombre de maladies éruptives qui se caractérisent par des macules ou des papules arrondies (ul de macule = arrondi) se terminent par ce même ‘’suffixe’’ : variole, roséole, vérole...

Ainsi pas le moindre arbitraire et au contraire une description précise de la manière dont la couleur colore la peau dans ces deux pathologies désignées par métonymie pour le nom populaire de jaunisse et par un emprunt au latin pour la rubéole. Les romains percevaient très bien les formes rondes.

Pas d’idée quelconque et pas de suite quelconque de sons! C’est un petit exemple de réfutation de la théorie de Saussure.

1 999

chrisor a écrit:

   
   
    Ces noms sont formés à partir de la couleur comme les noms de la jaunisse ou de la rougeole à partir de celle de la peau des malades. Ainsi juste le nom d’une couleur (un stimulus visuel d’une certaine longueur d’onde, perçu par nos rétines) permet de désigner un grand nombre de choses dont la teinte est un signe distinctif évident. Ainsi le ‘’jaune’’ sert à désigner une partie de l’œuf dont l’autre le ‘’blanc’’ peut être monté en neige. La différenciation évidente entre ces deux éléments est bien la couleur. Le petit gris, la jaunotte et le violet désignent des champignons. Le gros rouge ou le petit jaune ne définissent un vin ou un alcool anisé qu'à partir de ce critère coloré qui par métonymie consciente permet de désigner aussi un homme : un peau rouge et par ellipse cutanée : un blanc, un noir ou un jaune. Quel arbitraire Piotr perçoit-il dans ses exemples simples ?

Vous confondez les plans : qui ne serait pas d'accord avec le fait que le nom de la couleur dominante serve à nommer des êtres ou des objets qui la présentent ? Il en va de même dans toutes les langues ; de même que la métonymie ou la métaphore, auxquelles ces glissements s'apparentent, c'est un moyen pour la langue d'éviter d'utiliser un mot différent pour chaque chose. C'est aussi un mode de désignation expressif qu'on trouve dans maintes communautés linguistiques.
Cela n'a rien à voir avec une critique de l'arbitraire saussurien.

1 998

Piotr a écrit:

Je propose « les erreurs de chrisor ».

ou « les péroraisons du démiurge ».



Au lieu d’asséner des qualificatifs péjoratifs, il serait moins stupide de justifier votre soutien à l’arbitraire saussurien et d’être capable d’apporter de réelles critiques par exemple à ce texte montrant qu’une seule caractéristique du référent suffit à le désigner, une caractéristique parfaitement motivée par la longueur d’onde lumineuse émise par le référent.


                                        Une seule couleur suffit à désigner un référent

    L’enfant  nomme certains référents de son environnement par une  caractéristique simple, tel le cri des animaux familiers: un coin coin, une meuh meuh...  Mais si une onomatopée acoustique suffit à désigner un animal, un indice coloré unique permet de désigner de multiples référents. Le flamboyant ne doit-il pas son nom à sa couleur rouge qui flamboie dans le ciel bleu tropical et le flamant rose à l’aspect de flamme de ses ailes.
   
   
    Ces noms sont formés à partir de la couleur comme les noms de la jaunisse ou de la rougeole à partir de celle de la peau des malades. Ainsi juste le nom d’une couleur (un stimulus visuel d’une certaine longueur d’onde, perçu par nos rétines) permet de désigner un grand nombre de choses dont la teinte est un signe distinctif évident. Ainsi le ‘’jaune’’ sert à désigner une partie de l’œuf dont l’autre le ‘’blanc’’ peut être monté en neige. La différenciation évidente entre ces deux éléments est bien la couleur. Le petit gris, la jaunotte et le violet désignent des champignons. Le gros rouge ou le petit jaune ne définissent un vin ou un alcool anisé qu'à partir de ce critère coloré qui par métonymie consciente permet de désigner aussi un homme : un peau rouge et par ellipse cutanée : un blanc, un noir ou un jaune. Quel arbitraire Piotr perçoit-il dans ses exemples simples ?


     L'hématome n'est-il pas nommé un bleu qui, par métaphore, peut atteindre l’âme ? Mais un bleu d’Auvergne est un fromage, un casque bleu un soldat de l’ONU, le sang bleu un attribut symbole de noblesse, un cordon bleu une bonne cuisinière, un bleu de travail une blouse, un steack bleu une viande saignante. Un bleu dans l’armée désigne un novice, un bas bleu une femme aux prétentions littéraires, une zone bleue une portion de rue à stationnement réglementé. Ainsi une seule couleur comme substantif ou adjectif permet de désigner un référent par synecdoque, une variété de métonymie qui permet de désigner le tout par une partie. Saussure n’y aura vu que du bleu comme s’il n’avait perçu aucun nuage noir dans le ciel genevois de sa théorie. Le mari ne devient-il pas parfois vert quand son épouse a fait virer au rouge sa carte bleue !

    Le nom ou l’adjectif correspondant à la couleur d’une partie du plumage suffit à désigner un oiseau: un rouge-gorge, un rouge-queue, un pic-vert ou un colvert. Un premier principe de la théorie de Saussure vacille: entre le référent et le signifiant ce n’est pas une convention tacite qui les lie, mais bien un seul critère objectif, coloré pour les cas présentés. Un signifiant qui désigne une couleur permet ainsi de nommer un certain nombre de référents soit en entier : un blanc (homme), soit en partie : le blanc de l’œil. La théorie de l’arbitraire des mots, réfutée par ces exemples en voit de toutes les couleurs, car le mot semble bien motivé.

      La création de mots et surtout leur extension de sens (polysémie) ne s’est pas réalisée dans une tour d’ivoire, comme s’y est enfermé Saussure, mais bien devant le référent : dans une cuisine si l’on demande de séparer les jaunes des blancs, le préparateur sait très bien que l’on parle d’œufs alors que si un client dans un restaurant réclame un petit noir on lui servira un café et non un petit africain ! Le contexte permet donc d’accroître par analogie colorée la polysémie des mots sans risque de confusion et ainsi de faire des économies descriptives.

Quels arguments solides Piotr avance  pour nier cette réalité linguistique contraire à l’arbitraire du signe verbal ? C’est le dogme saussurien qui relève d’un caractère divin alors que l’exclusion du référent est parfaitement antibiologique : la perception lumineuse est analysée dans le cortex cérébral et les aires visuelles ont des connexions avec les aires du langage.

1 997

Lévine a écrit:

Après les erreurs de Saussure, les erreurs de Lacan ! Il faut impérativement ouvrir une autre discussion.

A part cela, votre texte me fait l'effet d'une compilation que je ne sais par quel bout prendre.
De toute manière, je ne suis pas expert en la matière.

Si Lacan, qui avait bien compris l’importance du signifiant n’avait pas été bloqué par l’arbitraire du signe du dogme saussurien, il aurait probablement inventé autre chose que la  « lalangue »..