Définition de : décaniller

décaniller & (décanniller) ; se décaniller ; être décanillé v. intr.

Définition

Partir, s'en aller (quitter sa chaise, se lever, sortir du lit) ; s'enfuir, se sauver, fuir, abandonner la place ; être parti

ALL : entfliehen / ANG : to get up
fréquence : 047
registre ancien : 8 registre moderne : 8

synonyme : fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader, partir, s'en aller

Chronologie

La plus ancienne attestation connue est : 1745.

1801 1844 1847 1851 1859 1887 1891 1894 1899 1900 1901 1901 1904 1905 1907 1911 1911 1911 1912 1914 1915 1915 1916 1917 1918 1918 1918 1920 1921 1926 1927 1929 1930 1949 1951 1952 1953 1957 1960 1960 1980 1981 1984 1993 2007 2015 xxxx

Citations

  • 1914 « Ah ! tout de même !… Tu ouvres un oeil !… Non ! le referme pas !… Il est onze heures, mon petit… et il fait faim !… Bon sang ! décanille, que je te dis… ou je tire les couvertes ! » source : 1914. Fin d'aventure, dans Racaille et parias
  • 2015 Nous décanillons de la tire, le driver se précipite sur le coffre pour en extraire ma valoche. source : 2015. Phi Prob
  • 1953 –Si on veut pas être à la traîne pour aller gratter il est temps de décaniller. –Merde, déjà ? source : 1953. Misère du matin
  • 1980 il s'était promis, avant de décaniller, de se faire le coffre-fort source : 1980. Baston
  • 1929 Chaque fois qu'il faut, bon gré, mal gré, se remettre à marcher sans but, sans désir et sans joie, à se « décaniller » pour le seul devoir de satisfaire au règlement, dans des rues paisibles où des millions d'êtres sont endormis. source : 1929. Au Poiss' d'or
  • 1993 La chasseau d'eau fonctionnait vigoureusement, obligeant les rêveurs du petit matin à décaniller promptement pour fuir l'inévitable bain de siège source : 1993. Le gendarme des barrières
  • 1910 Mais faudra-t-il que j'y aille la nuit ?… demanda Bécasseau. –Turellement !… Faut trouver des joints pour décaniller de vot' caserne après l'appel du soir source : 1910. Contes de l'étape
  • 1949 C'était le moment de décaniller d'ici et ventre à terre source : 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain

<8 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

DÉCANILLER, verbe intrans. Pop. S'en aller malgré soi et sans demander son reste. Si ça plaît à Monsieur de Maillebois de déguerpir, c'est pas une raison pour que je décanille, moi (La Varende, Heur. humbles,« Va-de-bon-Cœur », 1942, p. 89).Attends voir comme j'le f'rais décaniller du pajot, si seulement j'étais là (Barbusse, Feu,1916, p. 25). Prononc. : [dekanije], (je) décanille [dekanij]. Étymol. et Hist. 1792 (Marat ds Brunot t. 10, 1re partie, p. 225). Prob. empr. au lyonnais se décanilli « se hâter de fuir » (Du Puitsp.), lui-même dér. avec préf. dé-* de canilles « jambes (emploi comique) » (ibid.) lui-même dim. de cannes* attesté au sens de « jambes » dans l'arg. franco-prov. (FEW t. 2, p. 203a). (tlfi:décaniller)

  • décaniller v. non conv. DÉPLAC. "partir" - GLLF, TLF, Lex.[79], DFNC, GR[85], 1792 ; E, 1821 ; L, DG (néol.), ø d. Add.DDL :
    • 1791 - «En concéquence, il faut [...] faire décaniller tous les évêques réfractaires qui se trouvent au pavillon des Tuileries, et tous ceux qui l'attendent à saint Cloud.» Grande fureur du père Duchêne contre Louis XVI, in [Jumel], Je suis le véritable père Duchêne, foutre, 2e série, 6-7 - P.E.
  • décaniller v.intr. DÉPLAC. "partir" - DDL 32, 1791, [Jumel] ; GLLF, TLF, GR[85], 1792, Marat, d'apr. Brunot.
    • 1745 - «[...] je te ferai bien Decaniller de Là : frater increpans canem : retirer.» P. Potier, in P.W. Halford (éd.), Le français des Canadiens à la veille de la Conquête, 77 (Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1994) - P.H. (bhvf:décaniller) /
  • Origine de Lyon : décaniller, proprement jouer des canilles (les gônes appellent canilles les jambes, proprement petites cannes) (SAINXIX)
  • Orig. incert. On a proposé une dérivation du lyonnais canille « jambe », dimin. de canne, même sens (mais Wartburg voit dans ce suffixe -ille une influence de décaniller). Les régionalismes déquenailler, décanailler « s'en aller, quitter la place » et se deichonilla « se déprendre ; s'enfuir » (en parlant d'un chien et d'une chienne accouplés) suggéreraient le rattachement de ce « mot bas » (Brunot) au lat. canis « chien » (→ Canaille). Enfin P. Guiraud propose une base canille, de nille «niche» et préfixe ca- indiquant un creux, d'après le v. niller « nicher » (du lat. nidiculare) (GR)
  • Du vieux mot canil pour chenil (PESCH)
  • Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc)
  • Ce verbe vient du vieux mot Canil pour chenil (Peschier 1852)
  • 1745 (français canadien) (BHVF) / 1791, Je suis le véritable père Duchêne (Enckell, BHVF) / 1792 (GR) / 1792, Marat (Brunot, TLFi) /

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