décaniller

décaniller (tableau rapide)
décaniller Partir, s'en aller (quitter sa chaise, se lever, sortir du lit) ; s'enfuir, se sauver, fuir, abandonner la place ; être parti
synonyme fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader, partir, s'en aller
date 1745
fréquence 44

décaniller

& (décanniller) ; se décaniller ; être décanillé

v. intr.

Définition

Partir, s'en aller (quitter sa chaise, se lever, sortir du lit) ; s'enfuir, se sauver, fuir, abandonner la place ; être parti ALL : entfliehen / ANG : to get up

registre ancien : 8 registre moderne : 8

Synonyme : fuir, s'enfuir, se sauver, s'échapper, s'évader, partir, s'en aller

Citations
1914 « Ah ! tout de même !… Tu ouvres un oeil !… Non ! le referme pas !… Il est onze heures, mon petit… et il fait faim !… Bon sang ! décanille, que je te dis… ou je tire les couvertes ! » source : 1914. Fin d'aventure, dans Racaille et parias
2015 Nous décanillons de la tire, le driver se précipite sur le coffre pour en extraire ma valoche. source : 2015. Phi Prob
1953 –Si on veut pas être à la traîne pour aller gratter il est temps de décaniller. –Merde, déjà ? source : 1953. Misère du matin
1980 il s'était promis, avant de décaniller, de se faire le coffre-fort source : 1980. Baston
1993 La chasseau d'eau fonctionnait vigoureusement, obligeant les rêveurs du petit matin à décaniller promptement pour fuir l'inévitable bain de siège source : 1993. Le gendarme des barrières
1910 Mais faudra-t-il que j'y aille la nuit ?… demanda Bécasseau. –Turellement !… Faut trouver des joints pour décaniller de vot' caserne après l'appel du soir source : 1910. Contes de l'étape
1949 C'était le moment de décaniller d'ici et ventre à terre source : 1949. Un drôle de mec - Roman traduit de l'argot américain

<7 citation(s)>

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

DÉCANILLER, verbe intrans. Pop. S'en aller malgré soi et sans demander son reste. Si ça plaît à Monsieur de Maillebois de déguerpir, c'est pas une raison pour que je décanille, moi (La Varende, Heur. humbles,« Va-de-bon-Cœur », 1942, p. 89).Attends voir comme j'le f'rais décaniller du pajot, si seulement j'étais là (Barbusse, Feu,1916, p. 25). Prononc. : [dekanije], (je) décanille [dekanij]. Étymol. et Hist. 1792 (Marat ds Brunot t. 10, 1re partie, p. 225). Prob. empr. au lyonnais se décanilli « se hâter de fuir » (Du Puitsp.), lui-même dér. avec préf. dé-* de canilles « jambes (emploi comique) » (ibid.) lui-même dim. de cannes* attesté au sens de « jambes » dans l'arg. franco-prov. (FEW t. 2, p. 203a). (tlfi:décaniller)

  • décaniller v. non conv. DÉPLAC. "partir" - GLLF, TLF, Lex.[79], DFNC, GR[85], 1792 ; E, 1821 ; L, DG (néol.), ø d. Add.DDL :
    • 1791 - «En concéquence, il faut [...] faire décaniller tous les évêques réfractaires qui se trouvent au pavillon des Tuileries, et tous ceux qui l'attendent à saint Cloud.» Grande fureur du père Duchêne contre Louis XVI, in [Jumel], Je suis le véritable père Duchêne, foutre, 2e série, 6-7 - P.E.
  • décaniller v.intr. DÉPLAC. "partir" - DDL 32, 1791, [Jumel] ; GLLF, TLF, GR[85], 1792, Marat, d'apr. Brunot.
    • 1745 - «[...] je te ferai bien Decaniller de Là : frater increpans canem : retirer.» P. Potier, in P.W. Halford (éd.), Le français des Canadiens à la veille de la Conquête, 77 (Les Presses de l'Université d'Ottawa, 1994) - P.H. (bhvf:décaniller) /

Origine de Lyon : décaniller, proprement jouer des canilles (les gônes appellent canilles les jambes, proprement petites cannes) (SAINXIX) / Orig. incert. On a proposé une dérivation du lyonnais canille « jambe », dimin. de canne, même sens (mais Wartburg voit dans ce suffixe -ille une influence de décaniller). Les régionalismes déquenailler, décanailler « s'en aller, quitter la place » et se deichonilla « se déprendre ; s'enfuir » (en parlant d'un chien et d'une chienne accouplés) suggéreraient le rattachement de ce « mot bas » (Brunot) au lat. canis « chien » (→ Canaille). Enfin P. Guiraud propose une base canille, de nille «niche» et préfixe ca- indiquant un creux, d'après le v. niller « nicher » (du lat. nidiculare) (GR) / Du vieux mot canil pour chenil (PESCH) / Argot parisien courant d'avant-guerre (Dauzat1918voc) / Ce verbe vient du vieux mot Canil pour chenil (Peschier 1852) /

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