¶ resquiller

resquiller & resquiller qqchose

Définition de resquiller

■ (v.intrans.) Ne pas attendre son tour, passer avant son tour ; ■ (v.trans.) prendre indûment, sans y avoir droit

fréquence : 007 registre ancien : 7 registre moderne : 6

synonyme de resquiller : voler, dérober, prendre indûment

Chronologie (aide)

La plus ancienne attestation connue est : 1910.

1933 1944 1947 1952 1961 1982 2002

Citations (aide)

  • 1947 Contraste étonnant entre ces « vendus » [qui reviennent de Russie] aux flancs creux et les honnêtes « économiques », qui, ayant arrondi leur bourse et leur panse en vendant à l'occupant quelques mètres cubes du mur de l'Atlantique, peuvent maintenant se permettre, contre arguments sonnants ou pipes trébuchantes, de resquiller une douche supplémentaire, à la faveur de l'« épuration ». source : 1947. Fresnes. Reportage d'un témoin
  • 1933 Pourvu qu'il en pût resquiller [du vin], chaque jour, en quantité suffisante, il était heureux et ne demandait pas autre chose au bon Dieu. source : 1933. Confession d'un geôlier
  • 1952 On resquille son plaisir sur la morne vie de tous les jours, la grande carambouilleuse en fleur bleue source : 1952. Mon taxi et moi
  • 1944 Il a eu, parmi les détenus, la visite de nombreux candidats marmitons. À la cuisine, il est toujours possible de « resquiller » quelque chose. source : 1944. Dans les prisons de la milice - Un mois au château des Brosses
  • 2002 ce fourbe d'automobiliste aurait voulu, au volant de son Toyota, resquiller au péage du Crozet source : 2002. Canard enchaîné

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Sources utilisées

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

RESQUILLER, verbe Familier A. − Empl. intrans. Se faufiler dans un spectacle, dans un moyen de transport, dans une file d'attente, sans attendre son tour ou sans payer sa place. S'il faut faire queue pour payer les impôts, pour obtenir (...) une carte de sucre, ou un dîner dans le wagon-restaurant, chacun prend son rang et malheur à qui essaie de resquiller (Maurois, Journal, 1946, p. 68). B. − Empl. trans. Resquiller qqc. Obtenir quelque chose sans y avoir droit, sans payer. Resquiller une place de cinéma. Manuel, ses lignes établies, faisait le tour du village pour resquiller des camions, son chien derrière lui (Malraux, Espoir, 1937, p. 846). Prononc.: [ʀ εskije], (il) resquille [-kij]. Étymol. et Hist. 1. 1910 intrans. « outrepasser son droit » (arg. des marins d'apr. Esn.); 1939 (Montherl., Lépreuses, p. 15) ; 2. 1910 trans. « obtenir sans payer » (arg. des marins d'apr. Esn.) ; 1918 arg. milit. (ds Esn. Poilu, p. 464 : il avait resquillé tout le reste du litre) ; 1924 resquiller une place dans une auto (ds Esnault, Notes compl. Poilu). Empr. au prov. resquilla « glisser, faire un faux-pas » (Mistral), dér. de esquilha « glisser, fuir, s'échapper; s'esquiver », lui-même dér. de quilho, v. quille. (tlfi:resquiller)

  • Provençal resquilia « glisser », nombreuses variantes dans les dial. méridionaux, rattaché au rad. germanique kegil « quille », par une évolution obscure (Wartburg), ou de s'esquiller « s'enfuir », en provençal « glisser », comp. de quilles « jambes » (Guiraud). (GR)
  • Empr. au prov. resquilla « glisser, faire un faux-pas » (Mistral), dér. de esquilha « glisser, fuir, s'échapper; s'esquiver », lui-même dér. de quilho, v. quille. (TLFi)
  • 1910 trans. ; Dauzat le signale, en 1915-1916, à Salonique, dans l'argot des marins, au sens de «s'esquiver du bord» (Argot de la guerre) ; « outrepasser son droit », v. 1910 ; 1927 (intr. GR) / 1910 intrans. « outrepasser son droit » (arg. des marins d'apr. Esn.) (TLFi)

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