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abouler (définition)

abouler
■ Venir ici, approcher, venir rapidement, arriver, entrer, accourir, affluer ; ■ donner, remettre, donner à regret ; ■ apporter, amener ; ■ donner de l'argent, payer ; □ venir de ; venir de faire une chose ; (compter ; aboutir)

abouler & abbouler ; s'abouler ; aboule-toi ! ; faire abouler ; à bouler ; abouler de ; abouler de faire une chose #verbe tr. #1790

■ Venir ici, approcher, venir rapidement, arriver, entrer, accourir, affluer ; ■ donner, remettre, donner à regret ; ■ apporter, amener ; ■ donner de l'argent, payer ; □ venir de ; venir de faire une chose ; (compter ; aboutir)

↓ fréquence : 117 | registre ancien : 10 | registre moderne : 8

<22 citation(s)>

Chronologie et sources

La plus ancienne attestation connue est : 1790. Si vous connaissez une date plus ancienne, indiquez-la en discussion avec précision de la source exacte. Merci.

1790 1795 1799 1800 1803 1822 1828 1829 1829 1830 1830 1834 1835 1836 1836 1840 1844 1844 1844 1846 1846 1846 1847 1849 1854 1857 1857 1860 1863 1862 1866 1870 1871 1872 1876 1877 1884 1885 1885 1886 1887 1888 1891 1893 1894 1896 1896 1896 1897 1897 1900 1901 1901 1904 1904 1905 1905 1907 1908 1908 1909 1910 1910 1911 1911 1911 1912 1914 1914 1914 1915 1915 1915 1916 1917 1918 1918 1920 1921 1925 1926 1927 1927 1927 1927 1927 1928 1929 1930 1935 1942 1943 1945 1949 1951 1952 1953 1955 1956 1957 1960 1960 1967 1968 1975 1979 1981 2002 2007 18xx xxxx xxx xxxx xxxx xxxx xxxx xxxx

Entrée relevée dans ces sources (sauf erreur) :

Compléments

ABOULER, verbe trans. A. Emploi trans., pop. [L'obj. est un n. désignant une somme d'argent comptant; le verbe est souvent à l'impér. ou inséré dans une proposition hypothétique ou négative] Donner, apporter sans retard et quoi qu'il en coûte, payer :

1. On dit que tu as poissé nos philippes (filouté nos pièces d'or), reprit le Biffon d'un air menaçant. Tu vas nous abouler du carle (tu vas nous donner de l'argent) demanda Fil-De-Soie. H. DE BALZAC, Splendeurs et misères des courtisanes, 1848, p. 541.

2. Alors, vous comprenez, quand il m'a ordonné de vous faire la cour, j'ai bien été obligé d'obéir... Sans cela, il aurait refusé d'abouler... non... non... de me faire payer ma pension. H. MEILHAC, L. HALÉVY, La Cigale, 1877, II, 5, p. 72.

3. Si la maison Charpentier ne me paie pas immédiatement ce qu'elle me doit et ne m'aboule pas une forte somme pour la féerie, Bouvard et Pécuchet iront ailleurs. G. FLAUBERT, Correspondance, 1880, p. 35.

4. Compris. Aboulez la galette, dit Dagobert. Le révérend père posa sur la table un sac que lui avait remis, les larmes aux yeux, le distillateur des conils. Topez là, firent les trois compagnons. Ainsi fut scellé ce pacte solennel. A. FRANCE, L'Île des pingouins, 1908, p. 234.

S'abouler. [Suivi d'un compl. d'obj. désignant un denrée comestible] Rare :

5. Je vais faire ma copie pour le père Magnier, puis je vais m'abouler deux ou trois tasses de thé par le bec. G. FLAUBERT, Correspondance, 1838, p. 34.

Rem. 1. Dans l'ex. de G. Flaubert s'abouler semble transposer le fam. se payer, croisé avec s'envoyer, également fam. 2. On rencontre également abouler avec d'autres termes : chez H. de Balzac (1835) ,,quant aux biscuits, aboulez``. B. Emploi intrans., pop. Arriver rapidement :

6. Cependant, on n'attendait plus que Mes-Bottes, qui n'avait pas encore paru. Ah! zut! cria Coupeau, mettons-nous à table. Vous allez le voir abouler; il a le nez creux, il sent la boustifaille de loin... É. ZOLA, L'Assommoir, 1877, p. 451.

7. « ... Et pardieu! quel est donc ce saumâtre gallipoteux? Monsieur, qui êtes seul et qui attendez quelqu'un, aboulezz au pas gymn ! Respectueusement, j'aboulai, c'est-à-dire j'approchai... » (Virenque, Album d'un Saint-Cyrien). E. TITEUX, Saint-Cyr, 1898, p. 532.

8. Chut!... Aboule par ici! L'autre l'emmena dans l'arrière-boutique. R. BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 124.

Rem. Abouler s'emploie souvent à l'impér. : aboule, aboulez. La prononc. aboulezz (ex. 7) est propre à l'arg. de Saint-Cyr; on rencontre également l'expr. ,,aboulez monsieur qu'êtes 3, 4, 5, etc...`` comme apostrophe d'un ancien à un groupe de nouveaux. (P. EUDEL, L'Argot de Saint-Cyr. 1893). C. Emploi pronom. S'abouler. [Le suj. est toujours un animé] Arriver rapidement :

9. « Et l'pitaine fait un rapport au commandant. Mais v'là que l'commandant, furieux, i' s'aboule, en s'couant le rapport dans sa patte : « de quoi, qu'i' dit, où elle est c'te soupe qui fait cette révolte, que j'y goûte? » On y en apporte dans une gamelle propre. I' r'nifle. « Ben quoi, qu'i dit, ça sent bon! On vous en foutra, d'la soupe riche comme ça!... » H. BARBUSSE, Le Feu, 1916, p. 263.

10. Ah! nom de dieu de nom de dieu! On n'a pas idée d'être déveinards à ce point-là! Des gars vernis, ce sont ceux de la compagnie Ménétrier qui s'aboulaient, leur barda sur le dos et traînant les godasses. J. ROMAINS, Les Hommes de bonne volonté, Verdun, 1938, p. 36.

Rem. Le verbe simple intrans. est représenté par plus d'ex. au XIXe s. S'abouler est plus récent et tend à l'emporter actuellement. DUB. 1966 et Pt ROB. 1967 ne notent que s'abouler au sens de « arriver », « venir ». Prononc. 1. Forme phon. : [abule]. Enq. : /abul/. Conjug. parler. 2. Dér. et composés : aboulage, aboulement, Cf. bouler. Étymol. ET HIST. 1. 1790 terme d'arg., trans. « apporter, donner vivement (qqc.) » (Le Rat du Châtelet, livret anonyme, p. 14-15) : aboulez une rouillarde d'eau-daffe [bouteille d'eau de vie]; 1790 id., trans. « mener (qqn) » (ibid., p. 17 : Mais comme la marque crossait [la femme récriminait] indignement, il m'a fait abouler ici); 2. 1790 id., intrans. « venir » (ibid., p. 17 : Les mistringues [agents de police] aboulent, on me trimbale chez le cardeuil [commissaire de police]); 3. 1836 « accoucher », VIDOCQ, Les Voleurs, d'apr. ESN. 1965. Abouler aux sens 1 et 2 est dér. de bouler : préf. a-1*. Abouler très largement attesté dans les dial. au sens de « rouler », voir FEW, I, s.v. bulla, p. 612; cf. m. fr. aboulir « se précipiter (d'une pers.) », Fossetier ds GDF. Abouler au sens 3 serait un croisement de (s')ébouler « accoucher » (dial. d'apr. FEW, I, s.v. botellus, 464b) lui-même dér. de l'a. fr. boele « entrailles », du lat. botellus (boyau*), avec abouler des sens 1 et 2 « apporter » et « venir ». STAT. Fréq. abs. litt. : 18. (TLFi) /

  • Bouler à, du vieux mot bouler = rouler (LAR 6e)
  • Dérive selon MICH du gascon aboular ; duMER le tire de boule (globe de plomb lancé avec fronde) ou boulon (trait d'arbalète) ; mais vient de rouler ou faire rouler comme un boule (LAR 4e)
  • Venir comme une boule du vx fr bouler = rouler (DEL)
  • Répond au synonyme s'amerner du vulgaire parisien (SAIN-TRANCH)
  • Mouvement de la boule qui vient / revient vers vous (AYN)
  • De à, et bouler, d'abord dialectal « rouler (comme une boule) » (GR)
  • Fonds commun de l'argot (FrançoisPléiade)
  • d'usage courant ailleurs qu'à Saint-Cyr (Larchey1893)
  • 1790 (GR) /