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430. TV5 est francophone, pas français, heureusement ! 429. Petit terrorisme linguistique, sauce flamande 428. Carpette anglaise 2007, sortez vos mouchoirs 427. Secouer le cocotier de l'Agagadémie ? 426. Anglais et langues asiatiques sur la toile 425. Pour se diviser sur le protocole de Londres 424. Robert, rappelé à l'ordre moral 423. À la récré, les instits écoutent les enfants 422. Défense du français dans l'UE 421. Sarkozy, Sénégal, francophonie 420. Le rugby joue pour le français 419. Fermeture de Cambodge Soir, journal francophone 418. Gallo, 75 ans, bon pour l'Agagadémie 417. Si proche de la fesse un matin 414. Google Livres et l'U. de Lausanne

TV5 est francophone, pas français, heureusement !

Signalé par gb le 22/01/2008 - Vu 4732 fois

Les partenaires de TV5 Monde se rebellent contre la France

Le Monde 21.01.08

Rien ne va plus entre les partenaires de la chaîne francophone TV5 Monde. Après l'annonce du président de la République, Nicolas Sarkozy, le 8 janvier, de voir dès cette année une chaîne unique baptisée "France Monde" rassemblant TV5 Monde, France 24 et Radio France internationale (RFI), Belges, Suisses et Québécois ont déclaré publiquement leurs désaccords.
La ministre de l'audiovisuel en Belgique francophone, Fadila Laanan, a prévenu que la Belgique (qui finance TV5 Monde à hauteur de 6,27 %) ne "paierait pas pour un outil de rayonnement franco-français". De son côté, Gilles Marchand, directeur de la Télévision Suisse Romande (TSR), (6,1 % du budget de la chaîne), a indiqué que "si la dimension multilatérale de TV5 n'est pas garantie, nous n'avons pas vocation à y rester".
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, en visite vendredi 18 janvier à Paris, a lui aussi répété au premier ministre, François Fillon, son attachement "très très profond" à TV5 Monde. Même le président de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, s'est élevé contre ce projet qui ferait, de TV5 Monde "une filiale de la France".
L'irritation des partenaires de TV5 Monde qui rassemble France Télévisions, Arte France, RFO, RTBF pour la Belgique, TSR pour la Suisse, Radio-Canada et Télé-Québec, fait suite à un document de travail non signé qui leur a été transmis, début janvier, par la France, principal financier de la chaîne à hauteur de 84 %.
Cette note résume, sans détails, le projet de réorganisation de l'audiovisuel extérieur français qui fait toujours l'objet d'arbitrages entre l'Elysée et les ministères des affaires étrangères et de la culture. "Ce texte semble peu compatible avec le principe d'autonomie de la chaîne francophone et le respect des partenaires", a indiqué Mme Laanan pour expliquer son mécontentement.
Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, qui s'est démarqué de M. Sarkozy sur l'idée d'une chaîne internationale ne diffusant qu'en français, a tenté de calmer ses partenaires en expliquant que "la période de concertation est à peine entamée et celle de la conception n'est pas terminée". Il a promis d'envoyer une délégation auprès des partenaires de TV5 Monde pour rechercher un consensus sur ce projet.

Daniel Psenny

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Petit terrorisme linguistique, sauce flamande

Signalé par gb le 24/12/2007 - Vu 4302 fois

Terrains à vendre pour néerlandophones

Le Monde (24.12.07)

Malgré la mise en place prochaine d'un gouvernement, l'apaisement entre les communautés n'est pas pour demain en Belgique. La commune flamande de Zaventem, célèbre parce qu'elle abrite l'aéroport national, a ainsi décidé de ne plus vendre de terrains aux personnes qui ne parlent pas la langue néerlandaise ou ne l'apprennent pas dans une institution agréée. Cette décision, confirmée mardi 18 décembre, vise, évidemment, les francophones qui souhaiteraient bâtir dans cette zone proche de Bruxelles.

"La langue est un outil d'intégration pour des gens qui souhaitent s'installer en Flandre", souligne Eric Van Rompuy, échevin - adjoint au maire - en charge de l'aménagement. Il estime que cette exigence est "un instrument important pour garantir le caractère flamand" de Zaventem.

Série d'escarmouches

Un élu francophone au parlement régional flamand avait introduit un recours contre la décision de Zaventem, la jugeant discriminatoire. Le gouverneur du Brabant flamand a rejeté la plainte, confirmant l'attitude intransigeante des diverses autorités à l'égard des francophones vivant dans la périphérie de Bruxelles.

L'épisode ajoute aux tensions alors que les travaux pour une révision du système fédéral devraient démarrer dans quelques semaines. Ils seront conduits par le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme. Après avoir échoué à deux reprises à former le gouvernement, il doit devenir vice-premier ministre chargé des réformes institutionnelles dans le gouvernement de transition mis en place sous la direction de Guy Verhofstadt (Le Monde du 20 décembre).

Flamands et francophones devraient s'y s'opposer à nouveau dans une atmosphère de guérilla permanente. La décision de la commune de Zaventem est le dernier épisode d'une longue série d'escarmouches menées par les Flamands. Des municipalités flamandes proches de Bruxelles ont interdit l'usage du français dans les lieux publics ou sur des marchés. Et la région flamande a annoncé qu'elle voulait forcer les demandeurs d'un logement social à parler le néerlandais.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)

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Carpette anglaise 2007, sortez vos mouchoirs

Signalé par gb le 23/11/2007 - Vu 4797 fois

Prix 2007 de la carpette anglaise
 
Communiqué de l’académie de la carpette anglaise

L’académie de la Carpette anglaise* s’est réunie le 21 novembre. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif**, syndical et littéraire.
Au second tour de scrutin, le prix de la Carpette anglaise 2007 a été décerné à Mme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances qui communique avec ses services en langue anglaise, par 8 voix contre 4 à M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie, qui a publiquement célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres.

Afin de soutenir nos proches amis de la Suisse romande, le prix spécial à titre étranger*** est attribué à la police de Genève pour avoir diffusé une publicité intitulée « United Police of Geneva ».

Anne Cublier, Paul-Marie Coûteaux, Jean-Loup Cuisiniez (représentant du monde syndical), Claude Duneton, Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie.


* La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.
** Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).
*** Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, chez le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris.

Source. Communiqué de la liste de diffusion.
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Secouer le cocotier de l'Agagadémie ?

Signalé par gb le 23/11/2007 - Vu 3761 fois

Philippe Beaussant succède à Jean-François Deniau à l'Académie française

Le Monde (15.11.07)

L'Académie française a désigné, jeudi 15 novembre, Philippe Beaussant, pour siéger au fauteuil de Jean-François Deniau, disparu en janvier. Agé de 77 ans, ce musicographe et romancier historique – dont l'Héloïse se vit décerner le Grand Prix du roman de l'Académie française, en 1993 – partait favori devant les trois autres candidats : les écrivains Michel Tack et Dominique-Gilbert Poitout, et le romancier et chroniqueur au Figaro Magazine, Stéphane Denis.

Les Immortels sont entrés dans une véritable période électorale qui risque de durer. Ils vont devoir multiplier les séances de vote, pour combler les vides laissés dans leurs rangs ces derniers mois. En un an, sept académiciens sont passés de vie à trépas : Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot, René Rémond, le cardinal Lustiger et l'ancien premier ministre Pierre Messmer. Aujourd'hui, ils ne sont plus que trente à pouvoir voter pour élire leurs égaux, participer aux séances du jeudi et à l'élaboration du fameux dictionnaire.
Les élections de Dominique Fernandez, en mars, et de Max Gallo, en mai, n'y ont rien changé, puisqu'il existe un délai quasi incompressible de six mois, entre élection et réception sous la Coupole, pour préparer les discours, confectionner l'habit, forger l'épée...
"L'Académie traverse une crise d'âge, reconnaît l'avocat Jean-Denis Bredin, qui siège au troisième fauteuil, celui de Marguerite Yourcenar, dont il a pris la succession en 1989. On se croit immortel, mais cela n'est pas vrai du tout." Il faut remonter aux heures noires de l'immédiat après-guerre, avec le non-remplacement des académiciens décédés pendant le conflit mondial et ceux exclus pour faits de collaboration, en 1945 – comme Charles Maurras et le maréchal Pétain –, pour retrouver un cénacle aussi dépeuplé quai Conti, à Paris.
La moyenne d'âge n'a jamais été aussi élevée : pour les trente-trois académiciens élus, elle s'élève à 79 ans; elle était de 63 ans en 1990. Le benjamin est le romancier Erik Orsenna, élu en 1998, âgé aujourd'hui de 60 ans. Quant au doyen d'âge, il s'agit de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, qui aura 99 ans, le 28 novembre. Tous les espoirs de l'Académie reposent sur lui pour que l'institution compte en 2008 un centenaire, ce qui ne lui est jamais arrivé depuis a création par Richelieu, en 1635 ! La question qui se posait à la veille de l'élection d'aujourd'hui était : l'Académie française peut-elle – va-t-elle – à nouveau s'offrir le luxe d'une élection " blanche ", comme ce fut le cas le 18 octobr dernier ? Ce jour-là, aucun des trois candidats qui briguaient le fauteuil de Bertrand Poirot-Delpech n'a été retenu. Pis, parmi les vingt-cinq votants (cinq académiciens étaient en déplacement à l'étranger), les bulletins les plus nombreux étaient marqués d'une croix, qui signifie le rejet de tous les candidats en lice...
D'aucuns ont vu dans l'échec de la romancière Danièle Sallenave, dont les prises de position en faveur du féminisme ou de la Palestine ne seraient pas du goût de tout le monde au sein du vénérable aréopage, un complot savamment ourdi, qui rejaillirait aussi sur Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l'Académie. De fait, celle-ci a noté " un mouvement d'humeur " et " un refus d'agir sous la pression des chiffres " de la part des académiciens, a-t-elle confié au Monde au lendemain du vote. Autre candidat recalé, le linguiste Claude Hagège : " ses collègues du Collège de France nous ont dit qu'il avait mauvais caractère ", confie un académicien...
Aujourd'hui, le Quai Conti souffre de ne plus être le centre de gravité de la vie des lettres. Nombre de grandes plumes de la littérature contemporaine, les JMG Le Clézio, Pascal Quignard, Patrick Modiano, Philippe Sollers, voire Milan Kundera, ne daignent pas postuler. " Au XIXe siècle, il aurait été impensable qu'un Hugo, un Baudelaire ne se présentent pas à l'Académie, explique Jean-Marie Rouart. La culture des salons littéraires s'est évanouie. " L'auteur de Nous ne savons pas aimer serait favorable à l'ouverture de la Coupole à des réalisateurs de cinéma : " Pourquoi pas Jean-Paul Rappeneau ou Régis Wargnier ? ".
D'aucuns verraient d'un bon oeil la candidature du lexicographe Alain Rey. Michel Déon plaide pour " des gens à l'écoute du monde. Il ne faut pas élire des notables ". La candidature de Simone Veil est évoquée, ainsi que celles de l'historienne Elisabeth Badinter et de la psychanalyste et écrivaine Julia Kristeva.

Jean-Rémy Uvèbe

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Anglais et langues asiatiques sur la toile

Signalé par gb le 13/10/2007 - Vu 5123 fois

L'anglais risque d'être détrôné sur la Toile

Le Monde (13.10.07)

Les langues asiatiques sont en passe d'être plus utilisées que l'anglais sur Internet. Selon le site Internetworldstats.com, sur les 1,2 milliard de personnes qui utilisent Internet dans le monde, 31 % ont l'anglais comme première langue. Mais le chinois augmente sans cesse : 15,7 % des internautes sont sinophones, nombre qui a quintuplé en sept ans. L'Asie compte le plus grand nombre d'internautes (437 millions) avec un taux de pénétration de seulement 12 % de la population. Les 322 millions d'internautes européens et les 233 millions de Nord-Américains représentent respectivement des taux de pénétration de 40 % et 70 %.

Par ailleurs, l'Internet Corporation for Assigned Names et Numbers (Icann), qui gère les adresses Internet mondiales, a annoncé, lundi 8 octobre, que les noms des sites Internet pourront désormais être rédigés dans onze alphabets non occidentaux. Ces adresses pourront être testées sur le site de l'Icann pour vérifier qu'elles fonctionnent. Sept ans auront été nécessaires à cet organisme pour appliquer sa propre décision de rendre les noms de domaines internationaux. - (AFP.)

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Pour se diviser sur le protocole de Londres

Signalé par gb le 28/09/2007 - Vu 4620 fois

La loi sur la traduction des brevets européens divise les députés français

Le Monde (25.09.07)

Le projet de loi autorisant la ratification, par la France, du protocole de Londres sur la traduction des brevets européens devait être examiné, mercredi 26 septembre, à l'Assemblée nationale. Ce débat intervient sept ans après l'élaboration du texte : un long délai dû au fait que cet accord, signé par la France dans les mois qui suivirent son élaboration, au côté de neuf autres Etats membres de l'Office européen des brevets (OEB), a depuis fait l'objet de vives polémiques dans l'Hexagone.

Les opposants, consultants en propriété industrielle et défenseurs de la francophonie, pour l'essentiel, avaient jusqu'à présent réussi à ce que ce texte ne soit pas soumis au vote, ce qui en bloquait l'entrée en vigueur en France, mais aussi dans les autres pays signataires. A l'inverse, les organisations patronales et les défenseurs de l'innovation y voient un intérêt économique.
Ce texte, s'il est adopté, permettra au déposant d'un brevet européen de ne plus avoir à traduire sa partie "description" dans les trois langues actuellement obligatoires (français, anglais et allemand), mais dans une seule d'entre elles. Or ces traductions sont onéreuses. Elles peuvent représenter entre 10 % et 40 % du prix d'un brevet, qui lui-même s'élève en moyenne autour de 30 000 euros et peut varier du simple au double selon les secteurs. Les traductions expliqueraient, en partie, pourquoi un brevet européen coûte deux ou trois fois plus cher qu'un brevet déposé auprès de l'office américain ou japonais. Ce surcoût, s'il n'est pas rédhibitoire pour un grand groupe, peut l'être en revanche pour une PME.
Faux, estiment les opposants à l'accord. Le ratifier serait au contraire encore plus coûteux pour les PME. " Seuls 7 % des brevets européens délivrés sont rédigés en français", note Pascal Clément, député UMP de la Loire (Le Monde du 18 septembre), plaidant que, si l'accord de Londres était ratifié, il reviendrait "aux tiers (c'est-à-dire aux entreprises françaises qui voudraient comprendre ce que font leurs concurrents) de décrypter les 93 % restants". Faute de s'y conformer, les entreprises françaises se retrouveraient dans " une insécurité juridique qui se révélerait à terme dramatique", ajoutent Jacques Myard (UMP, Yvelines) et Christian Derambure, président de la Compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI).
Argument non recevable, répliquent les partisans de la ratification. Car il s'écoule en moyenne six ans entre le dépôt d'un brevet à l'OEB et son adoption, qui, seule, actuellement, implique sa traduction. Une entreprise qui se méfie de ses concurrents se doit donc de lire les brevets au moment du dépôt.
Les défenseurs de la francophonie redoutent aussi que le protocole ne marque une nouvelle étape vers le " tout anglais". Ce que démentent les partisans de l'accord : s'il n'est pas ratifié, estiment-ils, les pays favorables (Allemagne, Royaume-Uni, pays scandinaves, entre autres) pourraient s'entendre sur un autre système qui exclurait le français.
Le débat partage l'ensemble des forces politiques - ou presque. Lors de l'examen du projet de loi en commission, le 18 septembre, le texte a été majoritairement approuvé. Mais, tandis que l'UMP se prononçait en faveur de la ratification, plusieurs de ses membres s'exprimaient contre. A l'inverse, l'opposition manifestée par le groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) n'empêchait pas certains de ses représentants de s'abstenir ou de voter pour.
Dans les rangs de l'UMP, l'affaire prend des allures de psychodrame, au point que le président du groupe, Jean-François Copé, a dû faire une mise au point pour rappeler que son groupe était "farouchement" en faveur du texte. Pas plus impressionné, M. Myard, ardent défenseur de la langue française, s'est dit déterminé à "emmerder le premier ministre jusqu'au bout sur ce dossier".
A l'inverse, le PS penche " plutôt contre". Une position étonnante, puisque le protocole de Londres est la conséquence d'une initiative du gouvernement de Lionel Jospin, qui avait convoqué à Paris, en juin 1999, une Conférence intergouvernementale des Etats membres de l'OEB pour réfléchir aux moyens de réduire le coût des brevets en Europe. Certains députés du PS - comme Alain Claeys (Vienne), Jean-Yves Le Déault (Meurthe-et-Moselle), Jean-Marie Le Guen (Paris) ou Pierre Moscovici (Doubs) - s'affichent d'ailleurs en faveur du texte. Le groupe devait en rediscuter mardi matin.
Même les députés du Nouveau centre n'ont pas une position homogène : Christian Blanc (Yvelines) défend ardemment le projet de loi alors que son collègue Rudy Salles (Alpes-Maritimes) y est opposé. Seule l'hostilité du Parti communiste ne souffre aucune contestation.

Annie Kahn et Patrick Roger


Trop tard, c'est voté !

Les députés adoptent le régime linguistique des brevets

Le Monde (Reuters) 26.09.07

PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté le projet de loi portant ratification du protocole de Londres qui modifie le régime linguistique des brevets en Europe.
L'accord de Londres, conclu le 17 octobre 2000, est un protocole annexé à la convention sur la délivrance des brevets européens qui vise à "mettre en place un régime de traduction des brevets européens moins coûteux pour les déposants".
Le protocole supprime l'obligation de traduire la partie descriptive des brevets européens dans les trois langues actuellement obligatoires, le français, l'anglais et l'allemand, mais dans une seule d'entre elles.
Les groupes UMP, Nouveau centre et le groupe socialiste, radical et citoyen ont voté pour. Toutefois plusieurs élus UMP ou socialistes ont voté contre.
Le groupe SRC a décidé de voter pour, "sans enthousiasme", a dit Pierre Moscovici. Le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), qui rassemble les communistes et les Verts, a voté contre.
Trois membres du gouvernement sont venus défendre le texte : Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Hervé Novelli et Jean-Pierre Jouyet, respectivement secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur et secrétaire aux Affaires européennes.
"Cet accord n'est pas seulement favorable à la langue française, il est aussi favorable à la recherche française et à chacune des entreprises innovantes que compte notre pays", a affirmé Valérie Pécresse.
"Ratifier le protocole de Londres, ce n'est rien d'autre que de favoriser l'effort d'innovation de nos entreprises", a déclaré Hervé Novelli. "Cette ratification renforcera la situation de la France et de l'Europe dans le domaine stratégique des brevets et elle accroîtra la compétitivité de nos entreprises en favorisant, à moindre coût, l'accès au brevet européen", a-t-il ajouté.

Une seule langue

"Le seul effet concret de ce protocole sera d'instaurer l'anglais comme langue de la propriété intellectuelle dans notre pays", a fait valoir le divers droite Nicolas Dupont-Aignan. "Ce protocole est une fausse bonne idée", a affirmé l'UMP Pascal Clément. "La ratification de ce texte est singulièrement inopportune", a ajouté l'ancien ministre de la Justice.
Ce texte est vivement dénoncé par le comité contre la ratification du protocole de Londres dont font partie plusieurs personnalités comme Jacques Attali, Pierre Bergé, Alain Decaux ou bien encore Erik Orsenna et que préside Claude Hagège, professeur au collège de France.
Le comité affirme que la suppression de traduire les brevets rédigés en anglais et en allemand, "soit 93% des brevets", va conduire à "une marginalisation de la langue française dans le domaine de la propriété industrielle puisque seulement 7% des brevets seraient disponibles en français au lieu de 100% actuellement".
Un avis que ne partage pas Henri Plagnol (UMP), rapporteur du texte au sein de la commission des Affaires étrangères, qui affirme au contraire que le protocole "pérennise le français comme langue officielle de l'Office européen de brevets".
Il affirme qu'il "permettra aux brevets déposés par des entreprises françaises d'être valables, sans traduction, dans tous les pays européens ayant ratifié l'accord de Londres" et qu'il "favorisera le dépôt de brevets par les entreprises françaises, en particulier les PME-PMI, grâce à la réduction du coût des brevets que permettra l'entrée en vigueur du protocole".
Le Sénat examinera à son tour ce projet de loi le 10 octobre. En cas d'adoption, attendue, du texte, la France sera le quatorzième pays européen à ratifier le protocole de Londres après l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou bien encore la Suède.

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Robert, rappelé à l'ordre moral

Signalé par gb le 07/09/2007 - Vu 5172 fois

Le "Petit Robert" ajoute une citation de Césaire à sa définition de la colonisation

Le Monde (04.09.07)

Epilogue de la polémique sur le "rôle positif" de la colonisation - dans sa version lexicale tout au moins -, le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) s'est félicité, lundi 3 septembre, de l'ajout d'une citation d'Aimé Césaire - "colonisation = chosification" - dans l'édition 2008 du Petit Robert.

La controverse s'était déclenchée à la rentrée scolaire 2006, six mois après l'abrogation par décret d'un alinéa établissant le "rôle positif" de la colonisation. Le CRAN s'était alors vivement ému de découvrir, dans l'édition 2007 du Petit Robert, les extraits suivants des définitions - inchangées depuis 1967 - des mots "colonisation" et "coloniser" : "Colonisation : (...) Mise en valeur, exploitation des pays devenus colonies (...) Coloniser : (...) Coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses (...)".
Rejoint par le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), qui avait dénoncé à son tour la "glorification du colonialisme" à laquelle se serait livré Le Petit Robert, le CRAN avait réclamé (en vain) le retrait du dictionnaire (Le Monde du 7 septembre 2006).
Tout en dénonçant l'"inculture économique" de ses détracteurs, le lexicologue Alain Rey, rédacteur en chef des publications des éditions Le Robert, avait rapidement envisagé d'ajouter, à l'article "colonisation", la citation précitée d'Aimé Césaire, tirée de son Discours sur le colonialisme.

Maximiser son rôle

La controverse s'étant ainsi éteinte, chacun cherche à maximiser son rôle dans l'affaire. Rappelant les prises de position du CRAN dans cette affaire, le président de cette association, Patrick Lozès, évoque "une victoire pour la société française dans son ensemble".
Les éditions Le Robert ont aussitôt répliqué à ce communiqué en soulignant, auprès de l'Agence France-Presse, que "la définition de la colonisation n'a pas été modifiée dans l'édition 2008", seule la citation qui l'accompagne étant "nouvelle".
Cet ajout, précise-t-on de même source, fait partie du millier de citations introduites dans le cadre de la refonte du dictionnaire. Manière de dissuader ceux qui voudraient proposer de nouveaux amendements.

Jean-Baptiste de Montvalon. (Le Monde)

C'était sans compter sur les flics, qui n'ont plus peur de rien.

Un syndicat de police appelle au boycott du Petit Robert 2008

Le Monde (07.09.07)

PARIS (Reuters) - Alliance a appelé vendredi au boycott du Petit Robert 2008, dont elle dénonce avec d'autres syndicats de police l'illustration par un exemple du mot "rebeu" (beur en verlan), jugé injuriante pour les forces de l'ordre.

"T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier, c'est ça",

peut-on lire dans l'édition 2008 de l'ouvrage, selon le syndicat.
Dans un premier temps, Alliance avait demandé à la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie de "sensibiliser" les éditions du Petit Robert pour obtenir le changement de cette illustration dans les prochaines éditions, précise un communiqué.
L'éditeur ayant fait savoir que son choix ne saurait être dicté par des pressions extérieures, le syndicat "appelle officiellement" au boycott du Petit Robert 2008 les "quelque 150.000 fonctionnaires de police."
De son côté, Joaquin Masenet, secrétaire général de l'Unsa-Police, premier syndicat chez les gardiens de la paix, a annoncé au Nouvelobs.com avoir engagé une action en justice pour obtenir le retrait de l'illustration contestée.
"Il est inadmissible qu'une institution comme la police, qui porte aide et assistance à la société, soit ainsi bafouée", a-t-il déclaré.

Source 1. http://www.lemonde.fr/
Source 2. http://www.lemonde.fr/
Note. Si toi aussi, tu souhaites contribuer à la prochaine édition du (vraiment très) Petit Robert, demande Alain à cette adresse http://www.lerobert.com/editions-electroniques/
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À la récré, les instits écoutent les enfants

Signalé par gb le 25/07/2007 - Vu 6630 fois

L'omniprésence des médias et de la violence influence l'argot des cours de récréation

M.-E. P.

De « J't'ai cassé » à « Trop génial », en passant par « Tchô ! », des institutrices ont étudié l'argot des cours de récréation.

Le verbe est souvent cruel dans les cours de récréation d'aujourd'hui, et ce dès le plus jeune âge. Altercations, moqueries et insultes y sont fréquentes, à grand renfort de « cassé ! », popularisé par le film Brice de Nice, ou du plus classique « t'es nul ! ». Le tout pimenté d'un « Même pas en rêve » très usité ou du fameux « trop pas ».
Des institutrices ont voulu mieux connaître ce langage et ses règles. Toutes volontaires, elles ont observé, de janvier à mars dernier, 1 018 élèves de 7 à 11 ans, du cours élémentaire au cours moyen, dans les cours de récréation d'écoles privées et publiques. Elles ont répertorié 263 expressions, tout au long de cette étude lancée dans six académies (Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Rennes et Nice) par « l'observatoire des cours de récréation » dépendant de l'institut privé Junior City. Et les résultats sont plutôt édifiants.
Les filles, « plus dans le lien social et la relation aux autres », analyse l'étude, ont ainsi une prédilection pour l'injure « pétasse » et le traditionnel « Je ne te cause plus » qui parfois va au-delà de la simple provocation : « Je ne suis pas ta chienne. » Chamailleuses mais affectives, elles se flattent aussi entre elles d'un « ma puce », ou d'un « t'es belle ».

« Sans émotion affichée »

Les garçons, eux, donnent des ordres, se traitent de « mytho » ou de « tête de con », se provoquent avec des « J'vais t'atomiser ». Ils se lancent aussi des « atchemele » (Tais-toi). « Tournés davantage vers leurs centres d'intérêts, sans émotion affichée, les garçons ont plus de mal à trouver les mots », analyse l'institut. Autre constat : « Les enfants expriment plus facilement un sentiment négatif que positif. » L'adverbe « trop » est mis à toutes les sauces. Pour se plaindre comme dans l'expression « C'est trop moche ». Mais aussi dans un sens plus positif (« trop génial »), avec dans ce cas la concurrence de « ça déchire » ou « c'est de la bombe ».
Lorsque « ça boume » ou « ça twiste  », venu tout droit des années 1960, c'est plutôt bon signe. Un « ça me saoule » est en revanche synonyme de mauvaise nouvelle. Lors d'une rencontre, la tendance générale est au « Salut », indémodable, suivi d'un « Ça farte ? », allusion, là encore, au cultissime film Brice de Nice et aux exploits de surfeur de son héros.
« Pour un tiers des enfants interrogés déclarant l'employer, le code est nécessaire pour exclure les adultes ou tout autre fâcheux. » Il permet en outre de créer un rapprochement au sein d'un groupe. Jeux de ballon ou jeux collectifs sont le berceau de nombreuses expressions qui permettent d'exprimer la joie ou l'incitation à gagner : ainsi « Cours Forrest Gump ! », allusion à la comédie américaine multidiffusée à la télévision dans laquelle le héros, un simple d'esprit, passe son temps à courir. Car le cinéma et la télévision sont bien la première source d'inspiration pour ces enfants. Titeuf, le petit écolier, héros d'une bande dessinée très en vogue, a quant à lui réussi à populariser son « Tchô » en guise de salut.

Pas d'injures trop directes

Dans l'étude, chaque univers de la vie de l'enfant a été décortiqué, comme les expressions qu'il emploie pour parler de nourriture : « dégueullatissime » ou « Miam miam ». Quant à la musique, les enfants la « kiffent » (apprécient) ou pas. Sont aussi évoquées les expressions jugées « has been » (démodées) mais néanmoins toujours utilisées : « crétin », « minus », « tu t'es vu », « y'a pas d'arête dans le beefsteak », « à plus », « flûte », « Seigneur » ou, à Marseille surtout, bien sûr, « Bonne Mère ». Les injures trop directes comme « Trou du c... » restent censurées, tempère l'étude, probablement parce que « toute forme de langage perçue comme vulgaire ou guerrière est refusée par les parents ». Elle observe cependant ironiquement que le jargon des enfants illustre l'environnement dans lequel ils évoluent, « caractérisé par une omniprésence des médias et de la violence ».

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Défense du français dans l'UE

Signalé par gb le 25/07/2007 - Vu 6357 fois

La défense du français dans l'UE, "objectif prioritaire" de Paris

PARIS, 19 juil 2007 (AFP) - 19/07/2007 15h36

La défense du français comme "langue de travail de l'Union européenne" est l'un des objectifs prioritaires de Paris pour défendre la langue française dans le monde, a affirmé jeudi le secrétaire d'Etat à la Francophonie Jean-Marie Bockel.
Face aux "dernières évolutions guère encourageantes" concernant la place de la langue française dans l'Union européenne, la France veut faire un "effort particulier en direction des pays d'Europe" qui viennent d'entrer dans l'UE, a ajouté M. Bockel dans un discours à Paris.
Parmi ses "objectifs prioritaires" figure "la bataille pour le maintien du statut du français comme langue de travail dans l'Union européenne, et par conséquent pour sa place de grande langue de communication internationale", a-t-il dit.
M. Bockel a souligné qu'il faudrait que "le français puisse être davantage perçu comme une langue des affaires".
"Nous devons également mettre l'accent sur l'Afrique francophone, le Maghreb, le Proche-Orient, qui constituent les bassins de francophonie les plus étendus", a-t-il poursuivi.
Il a aussi affirmé que le réseau culturel français (centres et instituts français à l'étranger) était "aujourd'hui à la limite de l'asphyxie financière" et devait être revu, notamment par "une plus grande régionalisation et une simplification du dispositif".
Pour le secrétaire d'Etat, la France, "engagée dans la compétition internationale des savoirs" doit "ouvrir plus largement encore" ses grandes écoles et universités pour attirer "les élites mondiales".
Il a a salué la chaîne TV5Monde devenue selon lui "l'un des 3 plus grands réseaux mondiaux de télévision, aux côtés de MTV et CNN".
Il a également rappelé que la chaîne d'information multilingue France 24 avait pour but de "toucher les élites au-delà du monde francophone". Il a affirmé qu'elle devait "être à la hauteur des espérances" notamment en créant "l'événement par l'exclusivité".

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Sarkozy, Sénégal, francophonie

Signalé par gb le 25/07/2007 - Vu 6123 fois

Comment Sarkozy rime avec francophonie ?


Abdou DIOUF reçu en audience à l’Elysée : Nicolas Sarkozy cherche conseils avant son voyage au Sénégal et au Gabon

Pour sa première visite en Afrique au sud du Sahara, le président Sarkozy ne veut pas aller à l’aventure. Le président français cherche à s’entourer de toutes les garanties nécessaires à un bon voyage. Pour cela, il faut des conseils d’une personne ayant une bonne expérience de l’Afrique. Et cette personne ne peut être que l’ancien président Abdou Diouf, surtout qu’il se rend en premier lieu au pays de la téranga. C’est dans ce cadre, en plus du thème de la francophonie, que le président Sarkozy reçoit, ce lundi, Abdou Diouf en audience. Une audience qui va, sans doute, être marquée par la vie politique sénégalaise.

(Correspondant permanent à Paris) - A trois jours de sa visite au Sénégal, le président français Nicolas Sarkozy reçoit Abdou Diouf en audience. Au menu de la rencontre des deux hommes, la Francophonie et le voyage du président français au Sénégal et au Gabon. D’après le porte-parole de Nicolas Sarkozy, qui a tenu un point de presse, jeudi dernier, à la présidence de la République française, le voyage du chef de l’Etat français sera au cœur de l’audience. ‘En parallèle du volet Francophonie, la rencontre avec M. Abdou Diouf aura pour second thème le déplacement du président Sarkozy en Afrique la semaine prochaine’, informe le porte-parole de l’Elysée. Pourquoi spécialement, Abdou Diouf comme ‘conseiller’ de Sakozy ? Parce qu’’Abdou Diouf, ancien président du Sénégal, est un observateur très attentif des évolutions du continent et ses analyses sont toujours extrêmement précieuses pour le président’, souligne David Martinon.

Alors d’autres questions surgissent encore. Comme, par exemple, ce que le président Abdou Diouf pourrait dire à Sarkozy concernant particulièrement le Sénégal. Même s’il serait difficile de savoir les conseils que délivrera le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, on sait que plusieurs choses, à la sauce sénégalaise, auraient marqué l’audience du 14 juin dernier entre Wade et Sarkozy. Cette audience que Nicolas Sarkozy a accordée au président Wade a été à l’origine de beaucoup de supputations, en particulier concernant la succession du chef de l’Etat sénégalais. Sarkozy, étant attendu sur cette question par la presse sénégalaise, a besoin de savoir comment s’y prendre. Le président Diouf qui a été Premier ministre du Sénégal pendant dix ans, président de la République pendant vingt ans, en plus des deux mandats qu’il a faits à la tête de la défunte Organisation de l’unité africaine, a de quoi revendre comme expériences au président français qui n’a pas encore toutes les ficelles de la vie politique africaine. Une vie politique africaine marquée généralement par des sentiments et des états d’âme qu’il faut suffisamment comprendre. Et en ce qui concerne le Sénégal, où de plus en plus, la succession du président Wade, par son fils, est agitée, Sarkozy devrait savoir ce qu’il va dire en privé comme en public, si toutefois la question s’invite durant son voyage.

Il y a aussi la question du respect des droits de l’homme et des libertés en Afrique. Et la secrétaire d’Etat, Rama Yade, sera du voyage. On sait que, ces dernières années, le Sénégal a été, à plusieurs reprises, épinglé par les organisations intervenant dans ce domaine. Des hommes politiques à la presse, en passant par la société civile, tous les segments de la société ont vu, d’une manière ou d’une autre, leur liberté remise en cause. Dans ce domaine, le président Diouf, qui a été aux commandes du Sénégal, sera d’un important apport au président français. Pour démêler le vrai du vraisemblable. Pour David Martinon, ‘le rôle de l’Oif va, d’ailleurs, bien au-delà de la seule promotion de la langue française, puisqu’elle est aussi fortement impliquée dans la promotion de la démocratie, notamment à travers la surveillance de processus électoraux en Afrique ou en Haïti’. Donc ‘ces missions constituent une dimension de la Francophonie à laquelle le président Sarkozy est particulièrement attaché et qui sera assez largement abordée durant l’entretien’, soutient-il.

Mais l’autre question qui va certainement occuper l’audience entre les deux hommes d’Etat, ce sera l’investissement français en Afrique. Et au Sénégal, l’éviction de Bolloré du marché à conteneurs du Port autonome de Dakar a largement occupé les médias sénégalais. Qui sont allés jusqu’à dire que Sarkozy s’en été ouvert au président Wade, ce que réfutent ce dernier ainsi que des sources proches de l’Elysée. D’autant plus que le groupe français, dont le patron est un ami de Sarkozy, doute du bon déroulement de l’attribution du marché à son concurrent Dp World. C’est pourquoi, le conseil de Diouf, qui connaît bien ces questions pour avoir été pendant trente ans aux plus hauts postes de responsabilités au Sénégal, seront fort utiles.

Pour l’immigration choisie, tout le monde connaît la position du président Diouf. Il s’était maintes fois élevé contre le concept de Sarkozy.

Normalement, il n’hésitera pas à soutenir la même position si le président français demandait encore son avis.

Le second thème qui va être abordé durant cette audience, c’est la francophonie. Si l’on en croit le porte-parole de Sarkozy, il s’agira ‘d’abord de la francophonie et son rôle dans le monde’. David Martinon a rappelé que pendant la campagne, Nicolas Sarkozy a dit à ‘plusieurs reprises à quel point il était attaché à la promotion de la francophonie, qui est un facteur essentiel du rayonnement de notre pays et de notre culture dans le monde’.

Pour lui, le président français ne conçoit pas la francophonie comme devant être servie par une ‘posture défensive’. ‘Pour lui, promouvoir notre langue et notre culture, ce n’est pas les protéger artificiellement ou les enfermer dans des cadres rigides, c’est au contraire favoriser la création culturelle française à travers le monde et faire en sorte que cette création propose au monde un message qui le touche’. C’est pourquoi ‘la francophonie doit être un facteur d’attraction, un vecteur de communication et de compréhension. Le rôle de l’Oif va d’ailleurs bien au-delà de la seule promotion de la langue française, puisqu’elle est aussi fortement impliquée dans la promotion de la démocratie, notamment à travers la surveillance de processus électoraux en Afrique ou en Haïti’, explique-t-il. Ces missions, estime le porte-parole du président de la République française, constituent ‘une dimension de la Francophonie à laquelle le président Sarkozy est particulièrement attaché et qui sera assez largement abordée durant l’entretien’. La préparation du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Québec en octobre 2008, sera également à l’ordre du jour de la discussion, de même que ‘le projet de regroupement des services de l’Oif sur un site unique dans le cadre du projet de la Maison de la Francophonie’.

Visite de SARKOZY au Sénégal et au Gabon : L’agenda des activités du président français

Il est maintenant officiel que le président de la République française se rendra au Sénégal le 26 juillet prochain. Au menu de son calendrier, plusieurs activités. Le point d’orgue de celles-ci sera son discours qu’il prononcera à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Cela sera l’occasion de présenter ‘clairement sa vision et ses projets’ pour l’Afrique. Il s’agira essentiellement de ‘réaffirmer l’amitié profonde et sincère que porte notre pays (la France, Ndlr) à l’Afrique et aux Africains’, rapporte le porte-parole David Martinon. Le président français en profitera pour souligner que ‘cette relation entre la France et l’Afrique doit être fondée sur la franchise et la transparence’. Que ‘la France et l’Afrique doivent être des partenaires égaux et responsables’. Mieux, que ‘cette relation doit, maintenant, être décomplexée et mise au service de notre avenir commun’.

Au Sénégal, le président Sarkozy aura également l’occasion de mettre l’accent sur la formation. A l’occasion de sa visite, un lycée professionnel financé par la France sera inauguré. Il s’entretiendra avec le président Wade avec qui il signera ‘trois conventions : un accord de protection et de promotion des investissements et deux projets de développement de l’Agence française de développement. Le président passera la nuit à Dakar où il dînera avec le président Wade’, avant de s’envoler, le lendemain vendredi, pour Libreville pour saluer, dit-on, ‘les efforts du président Bongo, promouvoir la préservation de l’environnement’. Au Gabon, le président Sarkozy aura l’occasion de se rendre dans un complexe forestier pour saluer les initiatives gabonaises sur le développement durable, l’autre grand défi de l’Afrique. Il dînera ensuite avec son homologue gabonais avant de regagner Paris dans la nuit.

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L'orthographe des langues est une convention dans laquelle la prononciation n'a que faire ; et la profonde erreur des grammairiens d'aujourd'hui, c'est d'avoir pris au pied de la lettre cet axiôme étourdi d'un grand écrivain : “L'orthographe est l'image de la prononciation” - Nodier

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