Sujet : écouter ou entendre

bonjour,

quelle est la chose qui différencie: entendre et écouter
donnez des exemples si c"est possible
Merci

Re : écouter ou entendre

Bonjour, voici quelques exemples :
1. Écoutez, je vais vous raconter une histoire bizarre que je viens d'entendre sur ABC.
2. L'homme ouvre la fenêtre pour écouter, et il entend une douce voix.
3. Elles causent bruyamment, j'entends sans écouter réellement.

Re : écouter ou entendre

Perlame a écrit:

quelle est la chose qui différencie: entendre et écouter

La même qui distingue voir de regarder.

Re : écouter ou entendre

Certains prétendent le contraire sur le fait qu'"entendre" signifie aussi "comprendre".

"La douceur est invincible." Marc Aurèle

Re : écouter ou entendre

L'oreille entend, le cerveau écoute.

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Re : écouter ou entendre

zycophante a écrit:

L'oreille entend, le cerveau écoute.

Pas pour moi, ni pour l'Académie :
- écouter : prêter l'oreille pour entendre.
- entendre : percevoir par l'ouïe.
Dans les deux cas le cerveau perçoit par l'intermédiaire de l'oreille. Dans l'écoute, il y a un effort d'attention en plus.

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Re : écouter ou entendre

Bonjour.


ENTENDRE

=>  Percevoir  instinctivement, sans volonté délibérée.


ECOUTER
       
=>  Percevoir volontairement, avec l'intention d'entendre.

« Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles, la blanche Ophélia flotte comme un grand lis »

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Re : écouter ou entendre

En effet, on peut entendre sans prêter attention, mais on écoute exprès. (La distinction en anglais se fait entre hear et listen.) On peut quand même faire un effort pour entendre, et écouter sans rien comprendre.

L'escrivaillerie semble estre quelque symptome d'un siecle desbordé

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Re : écouter ou entendre

Bonjour à tous,

      même si - j'en conviens - « entendre » (du latin in-tendere : se tourner vers) a pris, dans le langage moderne, la place et le sens de « ouïr » (du latin audire => audition, auditif...), n'oublions pas qu'il avait naguère en français le sens de « comprendre ». Cette acception est encore vivace dans nombre de locutions : « j'entends bien ce que vous dites ; je n'y entends rien ; tu m'as bien entendu ? à bon entendeur, salut ! il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre... »

      Il conviendra donc d'apprécier, selon le contexte ou le registre de langage, s'il s'agit du sens ouïr ou comprendre : tâche ardue pour un FLE...

Dernière modification par Piotr (05-08-2012 11:08:05)

elle est pas belle, la vie ?

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Re : écouter ou entendre

S'entend, cher modérateur. Et encore : entendu.

L'escrivaillerie semble estre quelque symptome d'un siecle desbordé

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Re : écouter ou entendre

Pour entendre, l'historique du TLFi met bien en évidence les principaux sens :

Prononc. et Orth. : [ɑ ̃tɑ ̃:dʀ ̥], (j')entends [ɑ ̃tɑ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1050 « percevoir par l'ouïe » (Alexis, éd. C. Storey, 422); 2. a) ca 1100 « prêter attention, obéir à » (Roland, éd. J. Bédier, 3782); b) 1636 jur. (Monet); c) 1668 « exaucer » (La Fontaine, Fables, V, 1 ds Œuvres, éd. F. Gohin, t. 1, p. 172). B. 1. a) ca 1100 « comprendre » (Roland, éd. cit., 2098); b) 1549 pronom. « se comprendre, se mettre d'accord » (Est.); 2. 1225-50 pronom. soi entendre de (Venus, 180c ds T.-L.); 3. 1370 « vouloir dire » (Oresme, Ethiques, 1. III, chap. 14, note 6, éd. A. D. Menut, p. 205). C. Ca 1121 « avoir l'intention de » (Voyage de Saint Brendan, éd. E. G. R. Waters, 160). Du lat. class. intendere « étendre, tendre (quelque chose) vers », fig. « tendre, diriger (regard, esprit, attention, etc.) vers »; intrans. « se tourner vers, se diriger vers; viser à »; lat. chrét. « faire attention à, comprendre; vouloir, décider; écouter, entendre ».

Je vois deux problèmes : premièrement, même si le DHLF dit bien que l'usage - de peu - le plus ancien (1050) « percevoir par l'ouïe » fut peu fréquent, néanmoins il se pose là, et il détruit par avance toute tentative de recomposer la logique d'évolution et de développement du mot, d'autant que ce sens premier historiquement se retrouve en vrai sens premier de nos jours. Deuxièmement le Belin latin-français, s'il confirme pour intendere parmi les sens premiers tendre vers, donne tout à côté étendre, alors que étendre vient de extendere, non pas de intendere. J'ai bien vu que la préposition in peut prendre le sens de vers lorsqu'elle est suivie de l'accusatif, mais pour in préfixe le Belin de donne que dans et sur.

Il y aurait eu la solution d'une double origine en intendere et en extendere, cela s'est vu par exemple pour la famille envi, envie, envier, en invidere et en invitare... mais le Godefroy ne donne aucun vieux mot commençant par est- ou ext- qui se rapporterait à l'audition. Je pensais aux oreilles du lapin aux aguets, qui se tendent vraiment et qui cherchent à entendre le plus large possible et le plus loin possible, à l'extérieur tout autour de lui, donc. Or le lapin aux aguets interprète, calcule, déduit : c'est certes instinctif, pour risquer le moins possible sa peau, mais en la matière il est un maître. De là on aurait pu facilement passer, nous les humains, au sens de comprendre.

Pour ne pas vous avoir fait perdre votre temps, j'ai trouvé à cette occasion dans le Godefroy ce verbe ourdier « observer, épier », qui semble ne se rattacher directement à rien, mais peut-être de loin à ouir.

Dernière modification par yd (05-08-2012 16:24:06)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

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Re : écouter ou entendre

yd a écrit:

J'ai bien vu que la préposition in peut prendre le sens de vers lorsqu'elle est suivie de l'accusatif, mais pour in préfixe le Belin de donne que dans et sur.

La place est déjà prise par attendre, de attendere (<ad tendere) « tendre vers, être attentif à, porter son attention sur ».

Dernière modification par Alco (05-08-2012 17:20:31)

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Re : écouter ou entendre

Dans les Ardennes, on appelle  les oreilles du sanglier des écoutes.
Si vous interrogez cet animal, il vous dira qu’écouter, c’est orienter les oreilles dans la bonne direction. smile

Il y a par ailleurs, le terme argotique "esgourde", qui signifie "oreille".

PS
J’ai tendance à considérer qu’entendre a un sens propre et un sens figuré. Le sens propre étant: Percevoir des sons (sans que ce soit forcement volontaire); et le sens figuré étant: Comprendre (après analyse).
Dans les deux cas, la qualité sonore et la qualité de l’organe récepteur sont d’ordre secondaire. En effet, vous diriez au commissaire : A ce moment là, j’ai cru entendre des coups de feu ! Vous interprétez des sons que vous avez mal perçus.
Entendre, c’est donc percevoir ou  analyser ou interpréter.
Pour comparer avec voir et regarder, je propose un exemple.
—Maintenant, je vois clair dans ton jeu.
Cela ne signifie pas que j’ai regardé tes carte. Par contre, j’ai compris ta stratégie.
Mais l’organe auditif a cela de différant avec les yeux que ceux-ci doivent être orientés impérativement dans la bonne direction.
Voir (sans les yeux), signifie donc souvent comprendre.
Qui dirait, J’ai vu un rêve ?
En effet, le rêve s'est déroulé alors que les yeux du réveur étaient fermés.
Je vous fais grâce des acouphènes, car je commence à m’emmêler les pinceaux.
Pour finir, et non pas conclure, je me permets de rappeler que le Chant des Partisans (de Anna Marly, Maurice Druon et Josef Kessel), n’a pas toujours été chanté dans une plaine survolée par des corbeaux.

Dernière modification par glop (06-08-2012 08:46:34)