Sujet : cultellation

Quelqu'un sait-il s’il existe un rapport étymologique entre le mot "cultellation" et le mot culture(au sol)?
Je me suis posé cette question il y a longtemps au cours d’un été que j’ai consacré à l’activité d’aide géomètre pour l’IGN.
Grâce aux abéciens, je trouverai peut-être des réponses aujourd’hui.

Re : cultellation

Le Littré vous donne la réponse (via le DVLF) :

Lat. cultellus, à cause du couteau, cultellus, qui était employé à cette opération

Si vous rencontrez un terme savant ou de jargon technique, retrouver les mots de la même famille en français courant est relativement facile. Couteau était facilement reconnaissable mais j'ignorais totalement cultellation :

al après une consonne : au (palme/paume)

ul/ol après une consonne : ou (accolade/cou)

ell après une consonne : eau (pelleterie/peau)

Re : cultellation

Je me suis dit après coup que le culture que vous soupçonniez infirmait ma misérable démonstration, mais non :

Emprunt au latin classique cultura [d'où ancien français couture forme régulière] « action de cultiver la terre, agriculture » et « culture de l'esprit, de l'âme », « culte, action d'honorer, de vénérer » - extrait du CNRTL

Dernière modification par éponymie (03-08-2012 15:15:15)

Re : cultellation

éponymie a écrit:

1808 culture physique (Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 1, p. 406), seule attestation avant 1911, v. culturiste.

Je suppose que ce passage n'avait pas à être cité ; isolé comme il l'est, il n'est pas vraiment compréhensible et hors sujet.

Re : cultellation

Encore une fois ma difficulté à séparer la partie histoire de la partie étymologie dans le TLFi. Et en plus je me suis posé la question. Désolé. Je le supprime.

Dernière modification par éponymie (03-08-2012 15:14:54)

Re : cultellation

On pourrait se demander si le mot latin auquel se rattache couteau, culter, qui a donné le coutre de la charrue, n'a pas un rapport étymologique avec la culture d'un champ. On l'a cru anciennement :
http://books.google.fr/books?id=m2QSAAAAIAAJ&hl=fr&hl=fr&pg=PA110&img=1&zoom=3&sig=ACfU3U0T4yb8jO4WqsYOv3QurY29CvyySg&ci=507%2C1345%2C415%2C123&edge=0
On en est revenu.

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Re : cultellation

Merci pour les réponses.

J'ai trouvé un complément d'information.

—[Dans l'arpentage, ce n'est pas la surface même des terres que l'on mesure, mais leur projection horizontale, que l'on appelle aussi leur base productive, parce que l'on admet que, les végétaux croissant toujours dans la direction verticale, le produit de la culture est proportionnel, non pas à l'étendue réelle des terres, mais à leur projection sur un plan horizontal. Cette opération, qui substitue à la surface réelle sa projection horizontale, porte le nom de cultellation (de cultellare, aplanir).]

http://www.inrp.fr/edition-electronique … hp?id=2091

Re : cultellation

glop a écrit:

J'ai trouvé un complément d'information.

—[Dans l'arpentage, ce n'est pas la surface même des terres que l'on mesure, mais leur projection horizontale, que l'on appelle aussi leur base productive, parce que l'on admet que, les végétaux croissant toujours dans la direction verticale, le produit de la culture est proportionnel, non pas à l'étendue réelle des terres, mais à leur projection sur un plan horizontal. Cette opération, qui substitue à la surface réelle sa projection horizontale, porte le nom de cultellation (de cultellare, aplanir).]

C'est intéressant, mais la raison me semble fausse. Même si les végétaux poussent verticalement il y en aura toujours un plus grand nombre de pieds sur une surface oblique que sur sa projection horizontale. L'irrigation raisonnable d'un terrain en pente implique par contre que les surfaces mises en cultures soient horizontales et que les sols pentus soient cultivés en terrasses, c'est-à-dire en une somme de projections horizontales.

Re : cultellation

Il me semble que ça dépend. Si vous mettez des radis, oui, il peut y en avoir plus sur la surface oblique. Mais s'il s'agit d'arbres d'une certaine hauteur et d'un certain diamètre qui se touchent (pour simplifier), vous en mettrez exactement le même nombre que le terrain soit plat ou oblique.

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Re : cultellation

Je suis aussi de cet avis.

Je trouve normal de calculer l’espace minimum entre deux tiges de blé (par exemple) sur un plan horizontal, quelque soit l’inclinaison du terrain de culture.

Si je dessine, entre deux limites verticales, un certain nombre de végétaux (verticaux) espacés convenablement, je peux tracer ensuite une infinité de droite non-horizontales, figurant le sol sans avoir à modifier l’espacement entre les tiges.
Cela me semble expliquer pourquoi il est nécessaire de mesurer la projection horisontale d'un terrain, pour en connaitre le potentiel agricole.

Dernière modification par glop (05-08-2012 09:34:42)

Re : cultellation

Abel Boyer a écrit:

Il me semble que ça dépend. Si vous mettez des radis, oui, il peut y en avoir plus sur la surface oblique. Mais s'il s'agit d'arbres d'une certaine hauteur et d'un certain diamètre qui se touchent (pour simplifier), vous en mettrez exactement le même nombre que le terrain soit plat ou oblique.

Si des arbres d'un certain diamètre se touchent sur un sol horizontal, le même nombre d'arbres du même diamètre ne le feront plus sur la projection oblique de la même surface. Un plan incliné par exemple à quarante-cinq degrés verra sa surface augmenter de 1,414 par rapport à sa projection horizontale et il y tiendra un plus grand nombre de chênes ou de roseaux.
Mais, à cause de l'irrigation défectueuse des parties élevées des champs pentus, la rentabilité est moindre dans les conditions naturelles, et cela se voit bien sur les champs de céréales des pays montueux dont les tiges en haut sont plus courtes et éparses qu'en bas.
Dire qu'un champ d'une surface de 1414 mètres carrés incliné à quarante-cinq degrés est d'une même rentabilité qu'un champ horizontal de 1000 mètres carrés n'est qu'une justice approximative.

Re : cultellation

Je parlais d'arbres, de forme idéale par exemple cylindrique, qui se touchent au niveau de leurs branches, et là, la situation est mathématiquement la même sur terrain plat et incliné, même si la surface au sol est plus grande sur terrain incliné. C'était juste une remarque mathématique, nullement un conseil d'agronomie, science où je vous rends volontiers les armes !

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Re : cultellation

Abel Boyer a écrit:

Je parlais d'arbres, de forme idéale par exemple cylindrique, qui se touchent au niveau de leurs branches, et là, la situation est mathématiquement la même sur terrain plat et incliné, même si la surface au sol est plus grande sur terrain incliné. C'était juste une remarque mathématique, nullement un conseil d'agronomie, science où je vous rends volontiers les armes !

Quant à moi je vous rends d'avance les armes en ce qui concerne aussi bien les mathématiques que l'agronomie, mais il me semble qu'en cas de hauteur limitée de la partie feuillue - j'ignore le terme -, chaque arbre manquera d'autant moins d'espace que la pente sera prononcée, grâce au décalage, justement.

C'est certainement pour se tenir loin de ce genre de mine à problèmes que les géomètres prenaient sur eux, à la demande des notaires par exemple, ce surcroit de travail important, car moins les instruments optiques étaient élaborés et moins les perches étaient hautes, plus le relief était pentu ou biscornu, plus il leur fallait fractionner le terrain.

Pour une vigne, dont la hauteur est faible et pour laquelle l'exposition au soleil, comme chacun sait, est primordiale, les données sont autres que pour un verger, et de même pour un pâturage, etc. Il fallait une raison forte, en tout cas, pour généraliser ainsi le principe de la projection horizontale de la surface, à mon avis.

N'y aurait-il pas eu encore sur la balance un encouragement discret mais efficace au terrassement, dans le sens d'une mise en terrasses, voire d'un nivellement, dans le sens d'essayer de réduire les irrégularités de la surface, et peut-être même encore une politique visant à soumettre le monde rural à une normalisation, ici notariale, et peut-être administrative et fiscale, d'autant que plus l'on remontait les vallées moins l'esprit de la ville et de la plaine n'avait d'emprise. Je suis surpris du principe de la projection horizontale surtout pour la vigne et pour le pâturage, c'est cela qui me pousse à chercher d'éventuels non-dits.

Dernière modification par yd (05-08-2012 10:52:05)

Bon courage et persévérance à ceux qui se mettent au grec.

Re : cultellation

Une illustration pour l'article du Littré (je le recite ci-dessous)

http://dc352.4shared.com/doc/GDydrAUF/preview_html_cf9e6dc.png

la mesure est à faire chaque fois que la pente change, je me demande si ce changement est toujours facile à déceler (histoire d'y aller moi aussi de ma question technique).

Un synonyme de cultellation est CHAÎNAGE PAR RESSAUTS qui est bien plus explicite et correspond à la description du Littré :

Quand le terrain à mesurer a une déclivité très sensible, on est obligé d'effectuer le chaînage en descendant, et le porte-chaîne tient la poignée de la chaîne à une certaine hauteur au-dessus du sol, pour qu'elle soit au même niveau que l'autre poignée. Se retournant alors vers le porte-chaîne pour juger de la hauteur à laquelle il doit tenir sa poignée, il met en contact avec celle-ci extérieurement la fiche plombée et la laisse tomber verticalement, en ayant soin de ne faire aucun mouvement qui puisse donner à cette fiche une impulsion oblique. Elle s'implante dans le sol par la pointe, marquant ainsi le pied de la verticale. Le porte-chaîne l'enlève et la remplace par une fiche ordinaire, que le chaîneur lève ensuite après que la fiche suivante a été plantée. Cette manière de déterminer le pied de la verticale qui correspond à la poignée de la chaîne élevée au-dessus du sol constitue ce que l'on appelle la cultellation. Dans l'origine, on se servait, au lieu de la fiche plombée, d'un couteau qu'on tenait suspendu la pointe en bas et qu'on laissait tomber ; en s'implantant dans le sol il marquait le pied de la verticale, BRETON DE CHAMP

Et j'ai découvert au passage l'adjectif cultellaire (en forme de couteau).

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Re : cultellation

https://sites.google.com/site/etymologi … /c/culture

C’est compliqué !

Le lien entre culture et cultellation me semble de plus en plus lointain.

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Re : cultellation

éponymie a écrit:

la mesure est à faire chaque fois que la pente change, je me demande si ce changement est toujours facile à déceler (histoire d'y aller moi aussi de ma question technique).

Si on utilise un fil à plomb d’une longueur constante, on peut se rendre compte de l’importance de l’inclinaison, en fonction de la longueur des intervalles.
Je crois, d’ailleurs que ces longueurs d’intervalles sont reportées sur les plans, et servent à tracer les lignes de contour des éminences.(courbe de niveau)
Plus ces lignes sont rapprochées, plus la pente est raide.
PS
Finalement, cette méthode qui consiste à faire une mesure à chaque fois que la pente change me semble à moi aussi difficile à comprendre.

Dernière modification par glop (06-08-2012 20:52:00)