Re : Proust, imposture littéraire ?
Pour ceux qui n'auraient pas peur, signalons la diffusion ce vendredi soir sur Arte du téléfilm en quatre parties "A la recherche du temps perdu" de Nina Companeez adapté d'après Proust.
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Pour ceux qui n'auraient pas peur, signalons la diffusion ce vendredi soir sur Arte du téléfilm en quatre parties "A la recherche du temps perdu" de Nina Companeez adapté d'après Proust.
A fuir !
A fuir résolument et absolument!
Nina Companeez a fait le choix de montrer le narrateur à l'écran. Personnellement, je trouve que la Recherche réclame la caméra subjective, mais bon, passons.
Le problème, c'est qu'elle est allée chercher un pseudo-sosie de Proust, qui grimace comme dans un mélo du temps du muet. La scène de la madeleine atteint des sommets de comique involontaire.
Bref, c'est raté, mais c'est une exquise vengeance pour ceux qui n'aiment pas Proust.
A signaler la diffusion, ce lundi, sur Ciné+ club (réseau cable / satellite) d'une autre adaptation cinematographique avec "Le temps retrouvé" (1999) de Raoul Ruiz .
Ruiz, en homme intelligent et en toute bonne logique, assimile comme il se doit Proust (incarné par Marcello Mazzarella) au narrateur.
A signaler la diffusion, ce lundi, sur Ciné+ club (réseau cable / satellite) d'une autre adaptation cinematographique avec "Le temps retrouvé" (1999) de Raoul Ruiz .
Ruiz, en homme intelligent et en toute bonne logique, assimile comme il se doit Proust (incarné par Marcello Mazzarella) au narrateur.
Finalement, cher Goofy2, toutes proportions gardées, vous êtes bien parti pour être, au sujet de Proust, ce qu'est Michel Onfray pour Freud : le critique le plus acerbe... et le meilleur lecteur ! Que n'ouvrez-vous un café littéraire virtuel à l'enseigne du P'tit Marcel ?
goofy2 a écrit:A signaler la diffusion, ce lundi, sur Ciné+ club (réseau cable / satellite) d'une autre adaptation cinematographique avec "Le temps retrouvé" (1999) de Raoul Ruiz .
Ruiz, en homme intelligent et en toute bonne logique, assimile comme il se doit Proust (incarné par Marcello Mazzarella) au narrateur.Finalement, cher Goofy2, toutes proportions gardées, vous êtes bien parti pour être, au sujet de Proust, ce qu'est Michel Onfray pour Freud : le critique le plus acerbe... et le meilleur lecteur ! Que n'ouvrez-vous un café littéraire virtuel à l'enseigne du P'tit Marcel ?
Ou à l'enseigne de Chauffe Marcel ?
Dernière modification par yd (03-07-2012 00:33:31)
Ou à l'enseigne de Chauffe Marcel ?
Ou encore : le marcel retrouvé.
Encore une lourde faute de français.
ils avaient l'air d'être définitivement devenus d'immutables instantanés d'eux-mêmes.
in " Le temps retrouvé "
au lieu d'immuables !
Avant d'affirmer, un coup d'œil au dictionnaire.
... mais je l'aurai un jour, je l'aurai !
... mais je l'aurai un jour, je l'aurai !
MDR !
Mais si Proust commence à piquer son vocabulaire à Huysmans, m'est avis que Goofy n'a pas fini de tourner les pages des dictionnaires...
Avant d'affirmer, un coup d'œil au dictionnaire.
Oui, enfin, votre dictionnaire dit que c'est un terme rare ....synonyme d'immuable.
Donc autant employer immuable qui figure dans tous les dictionnaires , hein ?
D'autant plus qu'immutable est un terme juridique specifique au régime matrimonial.
Il était utilisé pour qualifier des mariages dont on ne pouvait modifier le régime.
Proust est bien mal inspiré de l'utiliser dans le contexte de sa phrase.
Oui, enfin, votre dictionnaire dit que c'est un terme rare ....synonyme d'immuable.
Donc autant employer immuable qui figure dans tous les dictionnaires , hein ?
Non.
Il n'existe pas de synonymes parfaits en français, chaque terme a sa nuance de sens.
C'est immutable qui rendait le mieux la pensée de Proust, puisqu'il a choisi immutable.
Voici un exemple où l'on a voulu tenir compte d'une différence de sens entre “immuable” et “immutable” :
« Il serait bon de renvoyer à l'école primaire ceux qui nous rabattent (sic) les oreilles avec la notion d'une patrie immuable et immutable. »
(Jacques Novicow, Charles Richet, Camille Flammarion, “L'illusion patriotique” ; Édition de la revue L'idée libre, brochure n° 15, Conflans-Sainte-Honorine, 1925, p. 3.)
Dernière modification par Maginhard (05-07-2012 21:26:18)
.....mais que nous nous rappelons qu'il portait, enfant, d'étranges guêtres jaunes aux Champs-Élysées, dans lesquels par contre, malgré que nous le lui assurions, il n'a aucun souvenir d'avoir joué avec nous.
in " Le temps retrouvé "
3 fautes :
1. par contre : NON
-> en revanche
2. malgré que: NON
-> bien que nous le lui assurions
3. dans lesquels
-soit ça se rapporte aux guêtres jaunes et il fallait mettre dans lesquelles
-soit ça concerne les Champs-Elysées et il fallait mettre où
Dernière modification par goofy2 (09-07-2012 14:06:22)
Dans les Champs-Élysées, qui ne devaient pas être vieux, tels que nous les connaissons, à l'époque de Proust, peut-être cela se disait-il encore : si la chose se vérifiait, il y aurait même dans ce choix de dans un joli témoignage historique et littéraire.
Proust ne se plie pas, comme bien d'autres, au décret débile proscrivant malgré que, encore heureux.
Entre par contre et en revanche, j'entends et je dis et j'écris la plupart du temps par contre ; en revanche ne gagne pas toujours à remplacer par contre, bien plus général : par contre met en relief, en plus de mettre en opposition, alors qu'en revanche ne marque que l'opposition, et n'est pas indiqué pour toutes les oppositions.
Faire de tels reproches à Proust revient à reléguer les règles du français soigné au rang de la règle du costume trois-pièces : cela n'a pas plus de valeur, cela trouve au contraire le moyen d'en avoir moins.
Dernière modification par yd (10-07-2012 10:39:03)
.....mais que nous nous rappelons qu'il portait, enfant, d'étranges guêtres jaunes aux Champs-Élysées, dans lesquels par contre, malgré que nous le lui assurions, il n'a aucun souvenir d'avoir joué avec nous.
in " Le temps retrouvé "
3 fautes :
1. par contre : NON
-> en revanche2. malgré que: NON
-> bien que nous le lui assurions3. dans lesquels
-soit ça se rapporte aux guêtres jaunes et il fallait mettre dans lesquelles
-soit ça concerne les Champs-Elysées et il fallait mettre où
1. par contre : NON
-> en revanche
Là, j'en tombe de ma chaise...
Il existe encore des dupes de cette fausse règle !
On dit par contre si on veut, et en revanche si on veut.
Trouver cette expression sous la plume de Proust indique qu'il avait au lycée des professeurs intelligents...
2. malgré que: NON
-> bien que nous le lui assurions
Malgré que vous en ayez, Proust utilise malgré que. Et après ?
3. dans lesquels
-soit ça se rapporte aux guêtres jaunes et il fallait mettre dans lesquelles
-soit ça concerne les Champs-Elysées et il fallait mettre où
Merveilleux soit...soit !
Il ne peut s'agir que des Champs-Élysées, et le cher Joe Dassin n'était pas né qui imposera la locution aux Champs-Élysées...
Interrogé par "Télérama" (N°3278 p.20) sur sa "plus grande erreur", le président du centre Pompidou, monsieur Alain Seban, avoue avoir commis une bévue en se lançant trop jeune dans la lecture de "A la recherche du temps perdu".
Croyant y trouver un contenu de science-fiction, comme dans "La machine à explorer le temps", il subit une énorme deception.
Je ne suis pas le seul à ressortir totalement décontenancé par ce pensum que certains qualifient de grande oeuvre littéraire.
Mes anciens professeurs avaient raison de déconseiller ce "machin".
Dernière modification par goofy2 (07-11-2012 15:20:53)
Gikrwapa ! Il perd ses verres ?
Perseverare diabolicum, Goût fî !
DIA-BO-LI-CUM, on vous dit.
Vous devriez changer de disque, mon pauvre ami ! Vous trouveriez, tenez, beaucoup de « fautes de français » dans Molière... ou dans Corneille. Tellement que les contemporains et Voltaire ne se sont pas fait faute de les relever. C'est bien la preuve que ce sont de mauvais écrivains, hein ? Et Stendhal, dont Hugo prétendait ne jamais avoir pu lire une ligne tellement « c'était pas français »... Et dans Baudelaire, v. Le Confort intellectuel, de Marcel Aymé...
Et les Symbolistes, tous ces mauvais plaisants inventeurs du vers libre et rénovateurs de la langue, tous des bougnoules qu'écrivaient même pas meilleur, d'abord... (V. H. Meschonnic, De la langue française, 1997).
Et pendant que vous y êtes, vous feriez bien de méditer (sur) cette phrase de Meschonnic, qui était linguiste, lui (et traducteur... et poète... et critique...) : « Il n'y a pas de langues, il n'y a que des discours ».
Avant de dire ce que je pense d'un plat d'Arnaud Daguin, je me fais tout petit, parce que je sais qu'il va falloir que je me hausse jusqu'à sa cuisine. Capisce ?
Dernière modification par Argyre (03-12-2012 03:07:18)
Puisque tout le monde a lu Proust ici, j’ai une petite question concernant un détail.
Dans « à la recherche du temps perdu », est-ce Gilberte qui s’apprête, à moment donné, à déguster des fraises à l’éther ? Je ne parviens pas à retrouver ce passage.
D’une manière générale il est difficile de trouver des renseignements sur les mœurs éthéromaniaques de cette époque. Même sur internet, le sujet semble être tabou.
Alors, si je puis me permettre, intéressez-vous à Jean Lorrain, éthéromane érotomane fin-de-siècle bien connu, et homosexuel, comme il se devait, qui s'était joliment défini lui-même comme « l'Enfilanthrope ».
Tabou ? Non, plutôt un peu passé de mode, dirais-je.
Bonne nuit, les petits !
P.S. : pour la Gilberte aux fraises, je ne sais pas. Demandez plutôt aux proustiens, Goût fî, par exemple...
Dernière modification par Argyre (05-12-2012 01:17:25)
Puisque tout le monde a lu Proust ici, j’ai une petite question concernant un détail.
Dans « à la recherche du temps perdu », est-ce Gilberte qui s’apprête, à moment donné, à déguster des fraises à l’éther ? Je ne parviens pas à retrouver ce passage.
Faites une recherche des mots fraises et éther sur
www.alarecherchedutempsperdu.com
Dernière modification par goofy2 (05-12-2012 21:59:30)
— [Oh, des fraises à l’éther.
C’est un baiser à la neige.]
M.Proust
Merci pour ces réponses qui sont de bonnes pistes.
Cependant, ce n’est pas tant des infos sur les éthéromanes que je cherche qu'un complément d’information sur l’usage ancien de l’éther dans les fraises comme exhausteur de goût.
Je me souviens avoir entendu dans mon enfance des commentaires d’adultes à propos des risques d’évanouissement que la consommation excessive de fraises faisait encourir.
Il s’agissait me semble-t-il d’allusion à l’éther.
Mais je n’en suis pas sur.
Par ailleurs, l’évaporation de l’éther au contact de la bouche gênerait une sensation de froid qui permettait de pallier a l’absence de glace, car à moins qu’un briseur de glace exerçât son métier à proximité de chez vous, il était jadis difficile de s’en procurer.
Pour relier le tout au vrai sujet du fil, voici un lien vers un texte qui nous en apprend long, non pas sur les glaces à la pistache, mais plutôt sur les glaces et les pastiches.
http://www.persee.fr/web/revues/home/pr … words=free
Dernière modification par glop (07-12-2012 01:13:19)
L'URL est foireux.
Chercher plutôt: "Proust à sa manière" (Emily Eells)
ici http://www.persee.fr/web/guest/home
3. dans lesquels
soit ça concerne les Champs-Elysées et il fallait mettre où
Ou bien sur ?
=> .......... qu'il portait, enfant, d'étranges guêtres jaunes aux Champs-Élysées, sur lesquels .......... il n'a aucun souvenir d'avoir joué avec nous.
Et si dans les Champs-Élysées partait d'un souci d'exactitude grammaticale ? On travaille bien dans les champs, ou bien aux champs ; cette dernière forme semblant venir de la contraction, en ancien français, de la préposition en et de l'article défini :
Hé ! Dieu, se j'eusse estudié
Ou temps de ma jeunesse folle...
comme l'écrivait si bien François Villon.
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