Re : les diphtongues

JOURDAN a écrit:
P'tit prof a écrit:

Vous croyez que j'ai peur ?
La paire, c'est un des éléments du service trois pièces, c'te bonne paire !
Une paire de couilles, si vous voulez le mot juste.

En posant cette paire, que fait-on apparaître ?

Une bite !

euh, je ne sais pas si vous faites monter le niveau, là ?

Il s'agissait de la paire : pont/bon


Les bonbons, c'est un autre nom pour les couilles !

Non, je ne fais pas monter le niveau, je ménage une plage d'appropriation en faisant un peu d'humour, comme la coccinelle de Gotlib.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

202

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:

Dois-je ajouter qu'en matière de hors-sujet vous faites plus fort que tout le monde smile ?

P'tit prof a écrit:

je ménage une plage d'appropriation

Si on l'appelle comme ça... smile

JOURDAN a écrit:

Que donne la paire pont et bon ?

(et prenez votre temps, je pars quelques jours en vacances)

... me ferai-je taper sur les doigts quand Jourdan rentrera de vacances et verra que je n'ai rien fait ? Saura-t-il résister à l'envie d'en dire plus ?

P'tit prof a écrit:

Les bonbons, c'est un autre nom pour les couilles !

Que faites-vous apparaitre en posant la paire bonbon/pompon ?

Dernière modification par éponymie (04-07-2012 08:18:57)

Re : les diphtongues

Que faites-vous apparaitre en posant la paire bonbon/pompon ?

Deux paires de couilles, car pompon est une autre façon de nommer les choses !


... cela n'élève pas le débat, mais c'était trop tentant !

Cela dit, pour cerner les attentes du jury, je suppose que Jourdan veut nous faire constater l'opposition entre les deux labiales, l'une voisée et l'autre non voisée.
Ce qui n'a pas de rapport avec les diphtongues...

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

204

Re : les diphtongues

dans ce cas vous faites de la phonétique. Nous verrons bien.

Re : les diphtongues

Jourdan  nous a aimablement prévenus qu'il nous tendait un piège, ce qui est une bonne raison de NE PAS lui répondre.

Ce passage du Dictionnaire de linguistique fera sans doute la rue Michel :

Ce sont les traits distinctifs qui opposent entre eux les morphèmes, les mots et les messages : le voisement, par exemple, oppose bain à pain.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

206

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:
P'tit prof a écrit:

Allez savoir pourquoi, on en est arrivé aux glides (j'aime bien ce mot, il est vite écrit) : le yod, le digamma et le hué. Quel rapport entre les diphtongues et les glides ?

parce que selon la vision de Jourdan, les glides ne sont pas toujours des phonèmes à part entière mais, souvent ou parfois, la première composante de diphtongues (réponse à la question 3). Il aurait fallu voir ce qu'est un glide selon lui pour ensuite arriver à ses diphtongues. C'est quand même relativement clair quand on lit le fil.

En se mettant d'accord sur la définition d'un glide (je préfère spirante pour ma part) ou tout au moins en posant les différentes définitions possibles d'une spirante - phonème ? phone ? partie de diphtongue ? - nous aurions bien fini par répondre aux questions 2 et 1, je ne sais dans quel ordre. Probablement la 1 d'abord.

message 187

Si dans cuit, quoi, tiare et taille il y des diphtongues   — voire une triphtongue pour la version méridionale du quatrième mot —,   alors il n'est pas question de spirante (ni d'aucune consonne) DANS les polyphtongues (diphtongues, triphtongue).

Toujours en posant l'hypothèse de polyphtongues présentes dans cuit, quoi et  tiare, le premier élément de la polypthongue n'est NI une spirante NI une consonne NI une voyelle NI un phonème : il s'agit juste de l'élément initial de ladite polyphtongue présumée.

De la même façon, l'élément final de la diphtongue supputée dans taille prononcé à la façon septentrionale   — c'est-à-dire l'élément médial de la triphtongue supposée dans la parlure méridionale —, n'est rien d'autre qu'une entité subphonématique : NI consonne NI voyelle.

En revanche, tous les éléments infraphonémiques dont il était question dans cuit, quoi, tiare et taille sont bien des sons au niveau phonétique. Les partisans de la polyphtongaison parleront de vocoïdes (non de voyelles). Les pro-spirantes parleront de contoïdes ET de consonnes.





PHONÈMES = CONSONNES SPIRANTES


             cuit
             kɥi        monosyllabe à 3 phonèmes : k + ɥ + i


             quoi
             kwa       monosyllabe à 3 phonèmes : k + w + a


             tiare
   Sud    tja·ʁə    3 phonèmes : t + j + a (dissyllabe accentué à l'initiale)
   Nord   tjaʁ       monosyllabe à 4 phonèmes : t + j + a + ʁ


             taille
   Sud    ta·jə      2 phonèmes : j + ə (dissyllabe accentué à l'initiale)
   Nord   taj         monosyllabe à 3 phonèmes : t + a + j





NON-PHONÈMES = VOCOÏDES DE POLYPHTONGUES


             cuit
             ky̯i        monosyllabe à 2 phonèmes : k + y̯i


             quoi
             ku̯a       monosyllabe à 2 phonèmes : k + u̯a


             tiare
   Sud    ti̯a·ʁə   2 phonèmes : t + i̯a (dissyllabe accentué à l'initiale)
   Nord   ti̯aʁ      monosyllabe à 3 phonèmes : t + i̯a + ʁ 


             taille
   Sud    tai̯ə̯      monosyllabe à 2 phonèmes : t + ai̯ə̯
   Nord   tai̯        monosyllabe à 2 phonèmes : t + ai̯





éponymie : jette un coup d'œil sur le syllabaire saussurien élaboré par Jacques Coursil.

207

Re : les diphtongues

greg a écrit:

éponymie : jette un coup d'œil sur le syllabaire saussurien élaboré par Jacques Coursil.

J'ai téléchargé un pdf, je vais m'accrocher au pinceau sans retirer l'échelle, et voir si je passe de l'ombre à la lumière.

Pour le reste : si diphtongue (ou triphtongue) il y a, ce sont des phonèmes à part entière. Les glides/spirantes sont des notions dont ni toi ni Jourdan - ou les positions que vous représentez ici - ne voulez faire la composante d'une polyphtongue. Et en ce qui te concerne, au niveau phonétique, tu opères une décomposition, et le glide/la spirante disparait au profit de quelque chose qui ressemble à la voyelle correspondante et est composante de la polyphtongue.

greg a écrit:

Les pro-spirantes parleront de contoïdes ET de consonnes.

On retrouve nos glides/spirantes parce qu'on n'admet pas la polyphtongue.

Donc, en français “standard” , bien obligés de parler de glides/spirantes si on discute de l'existence des polyphtongues. Histoire de légitimer la discussion.

Re : les diphtongues

M'enfin, éponymie, selon votre propre documentation, un glide n'est pas une spirante !

On lit dans votre message 105 :

Ces consonnes sont également appelées spirantes et notre wikipédia national nous en donne la liste : on en recense 16. Attention : on signale ici que ces consonnes sont presque-toujours voisées (sonores).



On recense 16 spirantes, alors qu'il n'y a que 3 glides.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

209

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

M'enfin, éponymie, selon votre propre documentation, un glide n'est pas une spirante !

On lit dans votre message 105 :

Ces consonnes sont également appelées spirantes et notre wikipédia national nous en donne la liste : on en recense 16. Attention : on signale ici que ces consonnes sont presque-toujours voisées (sonores).

On recense 16 spirantes, alors qu'il n'y a que 3 glides.

J'avais stupidement compris que ces 16 spirantes avaient été pêchées dans toutes les langues dont on a recensé les phonèmes. Je me suis trompé ?

Sur le tableau des consonnes, nos trois spirantes se retrouvent sur la ligne "spirantes" pour le yod et le digamma, sur le tableau secondaire pour le ué. L'ensemble des spirantes se retrouve sur les lignes "spirantes", "spirantes latérales" et sur le dernier tableau.

Dernière modification par éponymie (06-07-2012 01:11:09)

Re : les diphtongues

J'avais stupidement compris que ces 16 spirantes avaient été pêchées dans toutes les langues dont on a recensé les phonèmes. Je me suis trompé ?

Oui.
Le Dictionnaire de linguistique dans son tableau des principaux signes de l'API donne 60 signes consonnes.
Il compte 4 glides : en plus du yod, du digamma et du hué un son présent en hindi et hollandais.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

211

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

Le Dictionnaire de linguistique dans son tableau des principaux signes de l'API donne 60 signes consonnes.
Il compte 4 glides : en plus du yod, du digamma et du hué un son présent en hindi et hollandais.

Ce n'est pas ce que j'ai lu jusqu'à présent. Et puisque vous avez des infos supplémentaires, au lieu de les utiliser seulement pour réfuter ce que disent les autres, pourquoi ne pas expliquer ce qu'est un glide et ce qui le distingue des spirantes ?

Je reprends l'article de wikipedia cité aux messages 105 et 191 :

consonne spirante bilabiale voisée : [β̞]
consonne spirante labio-dentale voisée : [ʋ]
consonne spirante alvéolaire voisée : [ɹ]
consonne spirante rétroflexe voisée : [ɻ]
consonne spirante palatale voisée : [j]
consonne spirante vélaire voisée : [ɰ] ?
consonne spirante pharyngale voisée : [ʕ̞]
consonne spirante épiglottale sourde : [ʢ̞]

Labio-palatale : [ɥ]
Labio-vélaire non voisée : [ʍ̞] ?
Labio-vélaire voisée : [w]

Alvéolaire : [l]
Alvéolaire vélarisée : [ɫ]
Rétroflexe : [ɭ]
Palatale : [ʎ]
Vélaire : [ʟ]

Les consonnes approximantes sont toujours sonores (voisées), c'est-à-dire que leur production s'accompagne toujours de la vibration des cordes vocales; de plus ce sont des consonnes continues, prolongeables à volonté. Selon leur lieu d'articulation, elles sont réparties en labio-dentales, alvéolaires, rétroflexes [dessous de la langue vers la voute du palais, ce n'est pas pour nous], palatales et velaires.

Glide vient de glissement en anglais, le passage de l'air est réduit mais pas au point de produire le son d'une consonne fricative.

Nos 3 glides ont deux lieux d'articulation : le palais et le voile du palais. Quel est le quatrième que je n'ai pas trouvé (un point d'interrogation signale les candidats possibles) ? Je remets le schéma du message 106 :

CONSONNES points d'articulation

1    lèvres    (labiales)
2    dents    (dentales)
3    alvéoles (alvéolaires)
4    palais dur (pré-palatales)
5    palais dur (médio-palatales)
6    palais dur (post-palatales)
7    voile du palais (pré-vélaires)
8    voile du palais (post-vélaires)
9    luette ou uvula (uvulaires)
10    pharynx (pharyngales)
11    larynx    (laryngales)
12    glotte    (glottales)
13    apex de la langue (apicales - pré-dorsales)
14    dos de la langue (médio-dorsales)
15    racine    de la langue radicales (post-dorsales)


http://alis.isoc.org/glossaire/pho.consonnes.gif

Dernière modification par éponymie (06-07-2012 10:09:44)

212

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

M'enfin, éponymie, selon votre propre documentation, un glide n'est pas une spirante !

J'avais oublié l'essentiel : un glide est une spirante mais toutes les spirantes ne sont pas des glides (selon ma documentation). M'enfin smile

Et j'en termine (j'espère) :

1) un glide est une semi-consonne/semi-voyelle mais toutes les semi-consonnes/semi-voyelles ne sont pas des glides : comme toutes les semi-consonnes/semi-voyelles du français sont des glides, il y a risque de les confondre (à confirmer : d'après l'article de Wikipedia sur les semi-consonnes, il existe certaines semi-voyelles qui correspondent à des voyelles moyennes et ne peuvent donc pas êtres des glides, ces derniers correspondant à des voyelles hautes)

2) une semi-consonne/semi-voyelle est une spirante mais toutes les spirantes ne sont pas des semi-consonnes/semi-voyelles

Et je suppose que le quatrième glide est la consonne spirante vélaire voisée [ɰ].

Je devrais donc effectivement, par souci de précision, renoncer aux termes spirantes (dont approximantes est synonyme), semi-consonnes/semi-voyelles et n'utiliser que glides.

Dernière modification par éponymie (06-07-2012 11:19:14)

Re : les diphtongues

Et puisque vous avez des infos supplémentaires, au lieu de les utiliser seulement pour réfuter ce que disent les autres, pourquoi ne pas expliquer ce qu'est un glide et ce qui le distingue des spirantes ?

Les utiliser seulement pour réfuter : je suis comme le petit garçon qui ne parlait pas, et dont les parents s'inquiétaient « notre fils  est muet. »
Un jour, à la table familiale, le petit garçon déclara : « la soupe est trop salée. » « mais tu sais parler ! » « oui, je sais parler. » « pourquoi n'as-tu pas parlé plus tôt ? » « Parce que la soupe était bonne. »

De plus, je n'ai pas d'infos supplémentaires, mais des connaissances, acquises pendant plus de trente ans. Cela ne me garantit pas l'infaillibilité, et aurait besoin de mise à jour : par exemple, j'en suis resté à voyelle ouverte/voyelle fermée, j'ignorais voyelle haute/voyelle basse.
Et donc, je n'interviens que si la soupe est trop salée, et j'indique mes sources, ce qui n'est pas le cas de wikipédia.

Et je suppose que le quatrième glide est la consonne spirante vélaire voisée [ɰ].

Mauvaise pioche.
C'est une labio-dentale symbolisée par [υ]. Dans ma source. Qui définit ainsi le glide :

caractérisés par le fait qu'ils ne sont ni vocaliques ni consonantiques.

Je devrais donc effectivement, par souci de précision, renoncer aux termes spirantes (dont approximantes est synonyme), semi-consonnes/semi-voyelles et n'utiliser que glides.

Si vous voulez des synonymes pour spirantes, il y a aussi ces bons vieux fricatives et constrictives.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

214

Re : les diphtongues

Pour moi toute la terminologie qui va de spirante à glide est enfin relativement claire.

P'tit prof a écrit:

Si vous voulez des synonymes pour spirantes, il y a aussi ces bons vieux fricatives et constrictives.

Non, c'est la ligne au dessus dans le tableau des consonnes, elles sont plus fermées (cf. le livre que je citais dans le message 105). Nos fricatives sont [s], [z], [ʃ] et [ʒ].

Les glides sont un peu plus ouverts, laissant passer l'air sans produire la friction et le son caractéristiques des consonnes fricatives. Ils sont à la limite entre consonnes et voyelles.

Plus ouvertes encore sont les voyelles hautes correspondantes au glides [i], [y], [u] (première ligne du trapèze vocalique ci-dessous)

P'tit prof a écrit:

C'est une labio-dentale symbolisée par [υ].

C'est peut-être le code d'une voyelle postérieure pré-fermée (ou haute) arrondie qui serait associée à ce fameux glide.

Je vois aussi sur le trapèze des voyelles, une voyelle fermée postérieure non arrondie (le [u] est arrondi) qui semble bien correspondre au quatrième glide que j'indiquais (toujours première ligne du trapèze vocalique ci-dessous). Tout à confirmer.

Le seul trapèze vocalique complet, lisible et affichable que j'ai réussi à trouver est celui-ci :

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQTJsl-ZDuFAZsCCRGrHi_ZWHgpBf9f85K95c5wfyRgXhyPCxXt

Dernière modification par éponymie (06-07-2012 21:26:47)

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

J'avais stupidement compris que ces 16 spirantes avaient été pêchées dans toutes les langues dont on a recensé les phonèmes. Je me suis trompé ?

Oui.
Le Dictionnaire de linguistique dans son tableau des principaux signes de l'API donne 60 signes consonnes.
Il compte 4 glides : en plus du yod, du digamma et du hué un son présent en hindi et hollandais.

Les sources écrites traditionnelles ne sont pas forcément plus sûres qu'un article de Wikipedia. Elles sont aussi sujettes aux coquilles, aux oublis, aux erreurs. L'idéal est de confronter plusieurs sources.
Ainsi, le tableau API dans le Dictionnaire de linguistique (Dubois, 1994), page 27, est mal foutu.
À la ligne "approximantes" qui semble correspondre d'assez près aux glides, il cite :
consonnes bilabiales [w] et [ɥ]
consonne labio-dentale voisée : [ʋ]
consonne alvéolaire voisée : [ɹ]
consonne rétroflexe voisée : [ɻ]
consonne palatale voisée : [j]
consonne vélaire voisée : [ɰ]
Dans les explications de la page 28 sur les consonnes, il manque celle de [ɰ] et celle de [ɻ]. Heureusement, Internet fournit des explications plus complètes sur ces signes, par exemple ici.
Alors que [w] et [ɥ] sont classées dans le tableau des consonnes page 27, elles sont classées non plus dans les consonnes mais en glides, page 29, ainsi que [ʋ] et [j]. Glide est défini de manière vague page 222 en disant que cela désigne les phonèmes appelés traditionnellement et avec imprécision semi-consonnes ou semi-voyelles ; ils sont caractérisés en ce qu'ils sont ni vocaliques, ni consonantiques.
Alors pourquoi les avoir mis dans le tableau des consonnes page 27 ?
Au demeurant, ce tableau est basé sur la révision de 1989. Il semble que dans les tableaux API ultérieurs qu'on peut lire sur la Toile, comme celui-ci de 1993 ou celui-là de 2005, les consonnes soient divisées en "pulmonic" et "non-pulmonic" : le [w] et [ɥ] ont disparu du tableau des consonnes en 1993 et sont classés en "autres symboles", ou dans un tableau de consonnes co-articulées en 2005. Mais le [j] y reste dans les consonnes pulmoniques. Alors ce glide est consonne, en contradiction avec la définition donnée ?
Bref, c'est un peu le foutoir, chacun y va de sa définition. Difficile de s'entendre !

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:
P'tit prof a écrit:

C'est une labio-dentale symbolisée par [υ].

C'est peut-être le code d'une voyelle postérieure pré-fermée (ou haute) arrondie qui serait associée à ce fameux glide.

Non, c'est ce que vous avez noté :
consonne spirante labio-dentale voisée : [ʋ]
P'tit prof n'a pas choisi le bon code.

Re : les diphtongues

J'ai fait ce que j'ai pu ! J'ai désespérément cherché ce symbole sur le net, et me suis rabattu sur un bon vieil upsilonn, parce que ce symbole ressemble comme deux gouttes d'eau à un upsilonn.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

218

Re : les diphtongues

Abel Boyer a écrit:

Bref, c'est un peu le foutoir, chacun y va de sa définition. Difficile de s'entendre !

C'est Jourdan qui sera content de lire ça quand il reviendra de vacances. Et heureusement qu'il y est sinon nous aurions droit à une tirade anti-phonétique. Nous pouvons discuter en paix.

Je crois avoir compris que les semi-consonnes/semi-voyelles (dont les glides font partie) se comportent comme des consonnes (et sont classées comme telles) tout simplement parce qu'il est impossible de leur faire produire un son indépendamment d'une voyelle : une consonne - au moins dans les langues IE d'Europe de l'Ouest - ne peut constituer à elle seule une syllabe, il lui faut une voyelle.

Par contre effectivement, il y a difficulté à recenser les glides : ils sont les moins fermés des spirantes et donc les plus proches des voyelles. A ce niveau de nuance, on comprend qu'il y ait des hésitations.

Dernière modification par éponymie (06-07-2012 21:53:08)

219

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:

Pour le reste : si diphtongue (ou triphtongue) il y a, ce sont des phonèmes à part entière. Les glides/spirantes sont des notions dont ni toi ni Jourdan - ou les positions que vous représentez ici - ne voulez faire la composante d'une polyphtongue. Et en ce qui te concerne, au niveau phonétique, tu opères une décomposition, et le glide/la spirante disparait au profit de quelque chose qui ressemble à la voyelle correspondante et est composante de la polyphtongue.

message 207

Il ne peut y avoir de consonne (glissante ou spirante ou autre) dans une polyphtongue (diphtongue, tripthongue) car à l'instar des monophtongues les polyphtongues sont des voyelles.

Les syllabes à deux phonèmes type ɥɛ̃, wo, et uj ne sont pas des polyphtongues car une polyphtongue est un phonème et un seul.



éponymie a écrit:
greg a écrit:

Les pro-spirantes parleront de contoïdes ET de consonnes.

On retrouve nos glides/spirantes parce qu'on n'admet pas la polyphtongue.

Donc, en français “standard” , bien obligés de parler de glides/spirantes si on discute de l'existence des polyphtongues. Histoire de légitimer la discussion.

message 207

Oui, sauf que beaucoup utilisent les termes semi-consonne ou semi-voyelle en lieu et place de glissante ou spirante.



P'tit prof a écrit:

Je devrais donc effectivement, par souci de précision, renoncer aux termes spirantes (dont approximantes est synonyme), semi-consonnes/semi-voyelles et n'utiliser que glides.

Si vous voulez des synonymes pour spirantes, il y a aussi ces bons vieux fricatives et constrictives.

message 213

Le terme "glide" est anglais. Dans une conversation "courante", semi-consonne et semi-voyelle sont des vocables assez bien identifiés, même s'ils donnent des boutons à certains spécialistes. Les phon(èm)es français ɥ, w, j sont tous des spirantes non liquides — une liquide étant une spirante à quoi on ne fait correspondre aucune voyelle style :   ɥy   wu   ji .  Parmi les liquides on trouves les latérales, dont l, et les rhotiques, dont ʁ.



En français, en position d'attaque syllabique, les spirantes accompagnent volontiers une occlusive ou une fricative à laquelle elles succèdent, avant d'être à leur tour suivies d'une voyelle :
     pʁi     pli     pɥi
     bʁa    bla    bwa
     fʁɔ̃     flɔ̃      fjɔ̃
     ʒʁɑ̃    ʒlɑ̃    ʒɥɑ̃



Sinon, dans le jargon spirante et fricative ne sont pas synonymes. Et constrictive est un terme qui admet plusieurs acceptions dont aucune, à ma connaissance, n'est réductible à spirante.

220

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:

Par contre effectivement, il y a difficulté à recenser les glides : ils sont les moins fermés des spirantes et donc les plus proches des voyelles. A ce niveau de nuance, on comprend qu'il y ait des hésitations.

Je dirai même plus : l'hésitation entre polyphtongue et association glissante/voyelle est parfaitement compréhensible. Ce que je comprends moins c'est la fixation que Jourdan fait sur ce qui n'est finalement qu'un point de détail : il tient à distinguer la phonologie de la phonétique, pourquoi la phonétique lui pose-t-elle problème et part-il en guerre contre les glides/glissantes qui sont des notions purement phonétiques ? On aura compris que je lui donne du grain à moudre pour son retour smile. Il va encore falloir que je relise ce fil.

greg a écrit:
éponymie a écrit:

Pour le reste : si diphtongue (ou triphtongue) il y a, ce sont des phonèmes à part entière. Les glides/spirantes sont des notions dont ni toi ni Jourdan - ou les positions que vous représentez ici - ne voulez faire la composante d'une polyphtongue. Et en ce qui te concerne, au niveau phonétique, tu opères une décomposition, et le glide/la spirante disparait au profit de quelque chose qui ressemble à la voyelle correspondante et est composante de la polyphtongue.

message 207

Il ne peut y avoir de consonne (glissante ou spirante ou autre) dans une polyphtongue (diphtongue, tripthongue) car à l'instar des monophtongues les polyphtongues sont des voyelles.

Les syllabes à deux phonèmes type ɥɛ̃, wo, et uj ne sont pas des polyphtongues car une polyphtongue est un phonème et un seul.

Je l'avais bien compris ainsi, ma manière de formuler prêtait probablement à confusion.

Merci pour les explications.

221

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

Que faites-vous apparaitre en posant la paire bonbon/pompon ?

Deux paires de couilles, car pompon est une autre façon de nommer les choses !


... cela n'élève pas le débat, mais c'était trop tentant !

Cela dit, pour cerner les attentes du jury, je suppose que Jourdan veut nous faire constater l'opposition entre les deux labiales, l'une voisée et l'autre non voisée.
Ce qui n'a pas de rapport avec les diphtongues...

Oui, cela n'a pas du tout élevé le débat, je confirme.
Savoir ce que les paires minimales produisent, ce qu'elles mettent en évidence, est au contraire crucial pour la recherche des diphtongues, et il est bon pour cela de s’entraîner sur des "sons" simples.

222

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

Jourdan  nous a aimablement prévenus qu'il nous tendait un piège, ce qui est une bonne raison de NE PAS lui répondre.

Ce passage du Dictionnaire de linguistique fera sans doute la rue Michel :

Ce sont les traits distinctifs qui opposent entre eux les morphèmes, les mots et les messages : le voisement, par exemple, oppose bain à pain.

Non, je n'ai pas dit que je TENDAIS un piège, j'ai avertis qu'il y AVAIT un piège. Cette phrase est intéressante, un peu extirpée de son contexte, je suppose que ça se trouve dans la définition du trait distinctif. Je n'ai pas l'ouvrage sous la main, je ne sais plus où il est en fait (si c'est le même dico). On ne voit pas bien pourquoi ils ne mettent pas le trait distinctif en rapport directement avec le phonème, plutôt que de passer immédiatement aux morphèmes et aux "messages" (?).

Re : les diphtongues

. On ne voit pas bien pourquoi ils ne mettent pas le trait distinctif en rapport directement avec le phonème

J'ai une hypothèse : mettre le trait distinctif en rapport avec le phonème, ce serait du cratylisme.
Ne pas oublier que le signe est immotivé.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

224

Re : les diphtongues

éponymie a écrit:

"William et Yolande déguste une bouillabaisse dans un bar au bord du vieux port."

BAR / BORD / PORT

Vous me faites faire de la phonétique là (comme pour Yolande et Hollande d'ailleurs). Ce sont le B et le P qui distingue le port du bord qui désignent deux trucs complètement différents.

Mais si je suis enrhumé, je ne vais pas distinguer les mots, ce sera la syntaxe qui me donnera le sens.

J'ai beau chercher, je ne vois aucun bon ni aucun pont dans votre réponse.

Si vous allez à la fête du village et que vous participez à la course en sac, allez vous laissez le sac par terre et courir jusqu'à la ligne d'arrivée ? les gens seront bien épatés de voir que vous savez si bien courir, mais vont-ils vous accorder la victoire ?

Et je ne vous faisait pas "faire de la phonétique", la question était éminemment phonologique : que nous apprennent les mots "pont" et "bon".

Maintenant pour progresser un peu, je dirai que cette question a en réalité deux sens différents, rappelez vous le tableau qu'on peut montrer à un terrien (qui a déjà vu des arbres) ou à un martien.

Si nous savons que ce sont des mots français et que nous connaissons plus ou moins bien la langue, la question est un peu vague, elle semble trop facile, peut-être même qu'elle encourage les réponses erratiques, qui parlent de Port et de Bord, par exemple.

Donc cette question n'est intéressante en réalité que si on ignore tout de la langue dans laquelle les mots en question sont prononcés. Dans ces conditions, que nous apprend elle ?

Dernière modification par JOURDAN (07-07-2012 23:42:55)

225

Re : les diphtongues

P'tit prof a écrit:

. On ne voit pas bien pourquoi ils ne mettent pas le trait distinctif en rapport directement avec le phonème

J'ai une hypothèse : mettre le trait distinctif en rapport avec le phonème, ce serait du cratylisme.
Ne pas oublier que le signe est immotivé.

Euh, du cratylisme ? (je vais me renseigner pour voir si vous parlez sérieusement). Le trait distinctif est censé être un composant du phonème. On parle toujours des TD dans un travail sur le phonème. Je n'ai jamais vu parler de TD dans un texte sur le morphème, avant la phrase en question, encore moins en parlant d'une unité supérieure.

Bon, OK, le cratylisme. Mais non, mettre le TD en rapport avec le phonène, ça n'a rien de cratylique. Le phonème est défini par certains comme un faisceau de TD (définition à peu près inutilisable, mais très structurale il est vrai) et il me semble que cela reste une bonne définition. La signification n'intervient, ni au niveau du trait, ni au niveau du phonème dans cette vision, comment y voir des cratylistes ?

Dernière modification par JOURDAN (07-07-2012 23:29:13)