Re : L'écrivain caché

A la décharge de ce livre on peut ajouter qu'il figure dans l'ouvrage Les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie.
Peut-être pour lui donner un coup de pouce puisqu'il est écrit qu'il est « largement oublié du reste du monde ».

Re : L'écrivain caché

1001 seulement ?
Et quel est le châtiment prévu pour ceux qui n'obtempèreraient pas ?

Pauvre Albert Cohen ! Heureusement que je le connais déjà, sinon sa présence sur cette liste m'aurait à jamais détourné de lui...

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien

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Re : L'écrivain caché

Bien, voyons si le sentiment de P'tit prof est fondé ; je vous livre la mère Deume, extraits glanés au fil du roman .

" Quelques détails encore en vue de mon roman. La Deume est née Antoinette Leerberghe, à Mons, Belgique. Revers de fortune après la mort du père, un notaire, je crois. A quarante ans, dotée de peu de chair et d'attraits mais de beaucoup d'os et de verrues , elle parvint à se faire épouser par le brave et faible Hippolyte Deume, un tout petit bourgeois d'origine vaudoise , ancien comptable dans une banque privée de Genève. De nationalité belge, elle devint donc suisse par son mariage avec le gentil Hippolyte , petit barbichu moustachu. ..."

" J'ai oublié de dire plus haut que dès son installation à Genève la mère Deume a senti le besoin spirituel de faire partie du groupe d'Oxford. Depuis son entrée dans cette secte religieuse ( qu'elle adore car on peut y tutoyer sur-le-champ et appeler par leur prénom des dames tout à fait bien socialement) elle n'a cessé d'avoir " des directions", ce qui dans l'argot oxfordien signifie recevoir en droite ligne des ordres de Dieu. Aussitôt membre du groupe, la Deume a eu la direction d'inviter des consoeurs de la bonne société à goûter ou à déjeuner. ( Elle préfère dire lunch, qui lui semble plus distingué et qu'elle prononce lonche.) Cologny où se trouve la villa Deume étant un quartier bien, ces dames ont eu la direction d'accepter. Mais ayant fait la connaissance du petit père Deume , lors d'une première visite, elles ont eu la direction de refuser les invitations suivantes. Il n'y a eu qu'une certaine Madame Ventradour à avoir la direction d'accepter deux ou trois autres invitations à goûter. O mon Père, ma tante Valérie,mon oncle Agrippa,mes nobles chrétiens, si vrais, si sincères, si purs. Oui, vraiment, il n'y a rien de plus beau moralement que les protestants genevois de grande race. Je suis fatiguée, assez. Je continuerai demain."

" La chambre à coucher du couple Deume , de jour exclusivement occupée par Madame, ses fatigues de tête requérant solitude et concentration....

Interminable et osseuse, étendue sur son lit,ses mains aux brunes verrues croisées sur sa poitrine, Mme Deume faisait sa sieste tardive, ronflant avec certitude et légitimité, ses dents obliques couchées sur le pâle traversin de la lèvre inférieure. Brusquement réveillée, elle se débarrassa de la courtepointe et,accompagnée de ses ongles incarnés, se leva en déshabillé peu galant mais judicieux. En effet,le temps fraîchissant toujours vers le soir,elle avait jugé prudent de se démunir des habituels pantalons en  madapolam et de s'empaqueter dans de flasques caleçons de laine masculins qui lui arrivaient aux chevilles et la moulaient fort peu; lesquels caleçons, fendus devant et derrière,étaient molletonnés à l'intérieur et leur couleur extérieure était celle, si pratique, de la moutarde, la place du séant étant consolidée par un fond de percale à fleurs mauves. "

" Wer fremde Sprachen nicht kennt, weiß auch nichts von seiner eigenen."   J.W.v.Goethe

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Re : L'écrivain caché

P'ti Prof a écrit:

Pauvre Albert Cohen ! Heureusement que je le connais déjà, sinon sa présence sur cette liste m'aurait à jamais détourné de lui ...

C'est exactement ma réaction : qu'est-ce que ça veut dire, ça « les livres qu'il faut avoir lus » (et peu importe qu'ils soient 10 ou 10 000) ? Selon quel diktat de quelle coterie ?
    Et si j'y mettais tous les Gaston et tous les Lucky Luke (ou Titeuf ou Kid Paddle ...) ? et San Antonio ? plus des livres rares on inconnus que j'ai aimés ?

    C'est précisément ça qui est gênant avec les « listes d'incontournables ». Au moins, un auteur d'anthologie honnête, sérieux, écrira, « mes 1 000 poèmes préférés / ce que j'ai aimé / ma bibliothèque idéale », mettant l'accent sur le côté subjectif de la chose. Mais là : il FAUT avoir lu ces bouquins !
    Ça me rappelle ce que nous faisions quand nous avions  20 ans, ou un peu moins ou un peu plus, et que nous nous promenions avec, sous le bras, un titre qu'il fallait avoir lu,  à la couverture bien visible ... Mais j'ai quelque peu dépassé ce stade pour être sensible encore à ce genre d'argument.

     Finalement, les cavistes et rédacteurs de bouquins de pinard sont plus prudents sur les vinothèques idéales. Mettons alors en application l'oracle de la Dive Bouteille : Trinch !

elle est pas belle, la vie ?

Re : L'écrivain caché

La réédition d'un texte (mondialement) connu mais augmenté de nombreux passages censurés (ceci est un premier indice) me donne l'occasion de proposer une énigme littéraire qui devrait, je l'espère, faire chauffer le mulot et peut-être le ciboulot (de ceux qui ne l'auront pas carbonisé sur d'autres fils) big_smile
Il s'agit de trouver les deux auteurs homonymes, fort connus, qui publièrent, fait rarissime, leur chef-d'œuvre la même année. C'est facile, alors j'arrête là les indices wink

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

Re : L'écrivain caché

Alexandre Dumas (père) a publié en 1848 Le vicomte de Bragelonne ; La même année Alexandre Dumas (fils) publiait La dame aux camélias.

Rien n'empêche de considérer que Le vicomte de Bragelonne soit le chef-d'oeuvre d'Alexandre Dumas (père).

Je suis bien conscient que ce n'est pas du tout la réponse attendue, mais c'était histoire de ne pas perdre le fil et manière de demander quelques indices supplémentaires.

Re : L'écrivain caché

zycophante a écrit:

Je suis bien conscient que ce n'est pas du tout la réponse attendue, mais c'était histoire de ne pas perdre le fil et manière de demander quelques indices supplémentaires.

Excellente suggestion ! wink Pour la peine, un indice supplémentaire : bien qu'ils soient homonymes, les deux auteurs en question n'ont aucun lien de parenté.

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

Re : L'écrivain caché

zycophante a écrit:

Je suis bien conscient que ce n'est pas du tout la réponse attendue, mais c'était histoire de ne pas perdre le fil et manière de demander quelques indices supplémentaires.

CREUSE PLUS, CHER ZYCO !

http://www.3simplerules.com/images/digging.jpg

SILLY ME ! (suis-je bête !) Quelque chose me chiffonnait tant l'un et l'autre ouvrages firent scandale au moment de leur parution, l'un d'eux (celui d'Homonyme 01) eut une pré-publication confidentielle et quatre ans plus tard fut publié mais amputé d'un bon quart de son texte (restitué en 2009 seulement pour l'édition traduite en français) et l'autre (celui d'Homonyme 02) ne put tout simplement pas être publié dans le pays de son auteur (et ne le fut qu'en 1960, soit trente ans après sa mort) mais cela se passait DEUX ANS APRÈS la publication tronquée du premier (d'Homonyme 01). La censure du pays en question sévissait au point que nombre d'écrivains venaient à Paris pour y être publiés. Ainsi James Joyce, en 1922... Je m'avais trompé ! Mes plus sincères contritionnements : il y avait deux ans d'écart entre les deux œuvres, toutes deux mondialement connues. La preuve : l'une et l'autre furent portées à l'écran et pas qu'une fois big_smile

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

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Re : L'écrivain caché

http://www.visoterra.com/images/inter/med-les-7-piliers-de-la-sagesse-visoterra-20483.jpg

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:wNIfoTFoOKnXsM:http://www.notrecinema.com/images/cache/l-amant-de-lady-chatterley-wallpaper_71955_7594.jpg   


Sulfureux ! big_smile

Dernière modification par regina (03-09-2009 09:13:08)

" Wer fremde Sprachen nicht kennt, weiß auch nichts von seiner eigenen."   J.W.v.Goethe

Re : L'écrivain caché

regina a écrit:

Sulfureux ! big_smile

Ach ! Kant on laisse traîner trop d'indices... avec cette fine mouche de Regina qui était à l' affut big_smile
Je pensais, of course, à T.E. LAWRENCE (Thomas Edward)  l'auteur des Sept Piliers de la sagesse (1926, pour l'édition courante et très incomplète) et D.H. LAWRENCE (David Herbert) pour L'Amant de lady Chatterley (1928, publié à Florence).

Dernière modification par Bookish Prat (03-09-2009 10:31:41)

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.