Sujet : plaît-il ?

Bonjour à toutes et tous !

Je voudrais savoir l'histoire du petit Plaît-il ? qu'on utilise quand on ne comprend pas quelqu'un. Je ne sais pas pourquoi cette expression semble avoir ses origines dans le verbe plaire - parce que l'effet produit par plaît-il ? n'a rien a voir avec la plaisance ou de l'amusement, à mon avis...

Est-ce que vous pourriez m'aider, svp. ? D'où vient cette étrange (et néanmoins très belle) expression Plaît-il ?

Ceci devient vraiment insignifiant. - Pas encore assez.

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Re : plaît-il ?

Utilisée plutôt plaisamment aujourd'hui smile
cf. http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/f … t=plait-il
Déjà dans (MOLIÈRE, Bourgeois gentilhomme, III, 2 - 1670)
http://www.toutmoliere.net/oeuvres/bour … 3.html#sc2

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Re : plaît-il ?

Bonjour à nouveau, Andreas.

  Pour ce qui est de l'origine de l'expression, sine libro, je penserais volontiers à une apocope, ou plutôt une élision, du genre : " (vous) plaît-il (de répéter) ?", avec le sens originel de "Vous agrée-t-il de répéter ?".

  À revoir après consultation livresque.

elle est pas belle, la vie ?

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Re : plaît-il ?

Moi, j'avais plutôt pensé à "S'il vous plaît ?". Cela rejoint en fait, le "vous plaît-il de répêter ?", de Piotr smile

Résistant aux anglicismes et à gougueule !

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Re : plaît-il ?

L'expression "Plaît-il ?" signifie une question à un interlocuteur dont on aurait mal entendu ou mal compris.

Re : plaît-il ?

Bernard a écrit:

L'expression "Plaît-il ?" signifie une question à un interlocuteur dont on aurait mal entendu ou mal compris.

Plaît-il ?

Re : plaît-il ?

Bernard a écrit:

L'expression "Plaît-il ?" signifie une question à un interlocuteur dont on aurait mal entendu ou mal compris.

«Plaît-il» n'a, aujourd'hui, que très accessoirement la fonction que vous lui attribuer. Il s'agit surtout, àmha, d'une formulation, ironique, archaïsante et précieuse, destinée à faire ressortir une infraction aux règles de la civilité, une expression particulièrement maladroite ou hors de propos, une «question idiote», etc. Rarement employée sur le mode hypocoristique avec des inconnus, elle a surtout pour objet de «chambrer», plus ou moins gentiment, l'interlocuteur. Variante, prononcée sur le ton d'une question (et non d'une excuse): «Pardon ?».

Dernière modification par Bookish Prat (03-03-2007 13:23:20)

« Jeunesse, folies. Vieillesse, douleurs ». Proverbe rom.

Re : plaît-il ?

Bookish Prat a écrit:

Variante, prononcée sur le ton d'une question (et non d'une excuse): «Pardon ?».

Quoi ? yikes Est-ce que je risque donc de vexer mon interlocuteur en l'employant ?...
J'utilise « Pardon ? » couramment.

Ceci devient vraiment insignifiant. - Pas encore assez.

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Re : plaît-il ?

Andreas a écrit:
Bookish Prat a écrit:

Variante, prononcée sur le ton d'une question (et non d'une excuse): «Pardon?».

Quoi ? yikes Est-ce que je risque donc de vexer mon interlocuteur en l'employant ?...
J'utilise « Pardon ? » couramment.

Ce pardon-là est un« pardon interrogatif» qui, selon l'intonation que vous y mettrez (l'expression du visage y contribuera), deviendra un « pardon?» peu amène sad, voire un « pardon agressif» mad . Un «Pardon ?» interrogatif, sans une suite qui l'atténue ou en précise le sens, peut indisposer ou vexer l'interlocuteur avec lequel vous n'êtes pas dans une relation de familiarité. Prudence, donc, et surtout, «sourire» dans l'usage du pardon !:D

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Re : plaît-il ?

Bookish awol a écrit:

Ce pardon-là est un« pardon interrogatif» qui, selon l'intonation que vous y mettrez (l'expression du visage y contribuera), deviendra un « pardon?» peu amène sad, voire un « pardon agressif» mad . Un «Pardon ?» interrogatif, sans une suite qui l'atténue ou en précise le sens, peut indisposer ou vexer l'interlocuteur avec lequel vous n'êtes pas dans une relation de familiarité. Prudence, donc, et surtout, «sourire» dans l'usage du pardon !:D

...et moi qui avais pensé que «pardon» était la manière la plus polie de demander puisque tout le monde l'utilise dans le métro parisien...:(

Ceci devient vraiment insignifiant. - Pas encore assez.

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Re : plaît-il ?

Si tu marches sur les pieds de qqun et que tu dis «pardon», c'est une façon de dire : «excusez-moi Monsieur (ou Madame)», «je vous prie de me pardonner». Compléter avec Monsieur ou Madame, c'est plus poli. Si elle est jolie, recommencer doucement pour attirer son attention.

«pardon ?» tout court peut aussi s'employer sans qu'il y ait l'idée de s'excuser ni de se faire pardonner, avec un peu défi parfois, pour dire : «oserez-vous répéter ce que vous venez de dire», «ai-je bien entendu (cette sottise) ?». C'est le signe d'une mise en doute, d'une demande de précision. «Plaît-il ?» est souvent plus ludique.

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Re : plaît-il ?

Andreas a écrit:

...et moi qui avais pensé que «pardon» était la manière la plus polie de demander puisque tout le monde l'utilise dans le métro parisien...:

«Pardon !» dans le sens d'«excusez-moi !» est une formule polie, mais lapidaire, qu'il ne faut pas confondre, cher Andreas,  avec «pardon ?». C'est ce point d'interrogation et l'intonation de la demande qui changent tout. hmm

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Re : plaît-il ?

En Haïti, il est courant d'entendre "Plaît-il?" en réponse à un interpellation.
Quelqu'un vous appelle: "Andréas!"   Et votre réponse serait: "Plaît-il?", comme elle aurait pu être un "Oui!", un "J'arrive!", ce qui sous-entend que les interlocuteurs ne sont pas forcément vis-à-vis l'un de l'autre; et en même temps, "Vous plaît-il de poursuivre?" serait sous-entendu, car on est ou est sur le point d'être prêt à écouter la personne qui nous interpelle, et dans la plupart des cas, de se mettre à son service. Ce dernier détail introduis donc un contexte pour l'utilisation de cette expression (en Haïti), défini par les rapports entre  l'interpellateur et l'interpellé.

Re : plaît-il ?

Relisons de Versailles, de Molière.
Molière, seul en scène, interpelle ses camarades qui tous, lui répondent des coulisses :

Allons donc, messieurs et mesdames, vous moquez-vous avec votre longueur, et ne voulez-vous pas tous venir ici ? La peste soit des gens ! Holà, ho ! monsieur de Brécourt !

BRÉCOURT
Quoi ?

MOLIÈRE
Monsieur de la Grange !

LA GRANGE
Qu'est-ce ?

MOLIÈRE
Monsieur du Croisy !

DU CROISY
Plaît-il ?

Molière fait ainsi l'appel de sa troupe, et l'intéressant, sur le plan lexical, c'est que chaque comédien répond d'une façon différente :
Hé bien ?
Qu'y a-t-il, ?
Que veut-on ?
Qu'est-ce que c'est ?
On y va !

On peut donc considérer que toutes ces exclamations sont synonymes, et qu'elles n'ont pas de sens précis, à part leur rôle phatique, comme dirait Jakobson. Façon de signaler qu'on a entendu, et qu'on attend la suite.
On voit aussi que le  « plaît-il ? » d'Haïti provient directement des usages du XVIIe siècle.

... ne supra crepidam  sutor iudicaret. Pline l'Ancien