Mise à jour du forum (mars 2016)

Le programme du forum a été mis à jour. Et rien ne semble cassé.

(Page 8 sur 12)

ABC de la langue française : forums » Parler pour ne rien dire » Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Flux RSS du sujet

Messages [ 176 à 200 sur 279 ]

176 Dernière modification par éponymie (18-12-2016 15:37:08)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Et voilà : quand on laisse dormir un sujet  sur lequel on a beaucoup cherché, trouvé et indexé, Google fait son travail et fait remonter d'autres documents à la surface :

http://img11.hostingpics.net/pics/5478721878inscriptionsChateauRouge.jpg

Le dessin est de Jules-Adolphe Chauvet est de 1878 et constitue une des toute premières mentions - voire la toute première - du nom Chateau Rouge (les autres datent de la fin 1878) à l'époque du propriétaire Cadoux (orthographié Cadaux sur le dessin mais enregistré avec ou dans les actes) avec ce commentaire :

1878 le château rouge rue / galande nº57. Md de vins où se réunit la lie du peuple des quartiers Maubert et Mouffetard

Le nom s'est donc figé vers la fin des années 70, supplantant la Guillotine, tout simplement parce qu'il était inscrit en façade.

(source)

L'entrée du bouge est clairement représentée et on voit combien le quartier était aussi industrieux que mal-famé avec de nombreuses petites entreprises.

177 Dernière modification par éponymie (20-12-2016 11:01:26)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Je n'ai résisté que deux  jours à l'envie de publier cette photo de la rue datant de 1860, le photographe est Charles Marville (1813-1879). Malheureusement, l'angle est différent de celui des photos d'Atget et l'entrée du Chateau-Rouge est cachée : on ne voit que la boutique du numéro 57 avec l'ébauche du demi-pignon appuyé contre le mur  de l'immeuble de 5 étages (numéro 55) qui suit. C'est rageant (voir la deuxième photo du message 77 pour comparaison).

http://img11.hostingpics.net/pics/6199841860rueGalandeCharlesMarville.jpg

Laurent Cloaguen s'occupe de restaurer ses photos et de les publier sur son site Vergue : http://vergue.com. Celle-ci n'en est pas tirée, je l'ai trouvée sur un site de vente. Apparemment, elle ne figurait pas non plus dans l'Album du vieux Paris publié par Marville en1865.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Belle trouvaille avec ce dessin de Chauvet, éponymie. Cet artiste a beaucoup dessiné sur divers quartiers de Paris. Je me souviens l'avoir découvert, il y a de nombreuses années, en faisant des recherches sur la rivière Bièvre, qui coulait autrefois dans Paris (XIIIème et Vème arrondissement).
Il est récidiviste sur le Chateau-Rouge qu'il a encore représenté en 1894 (voir page 6, reprise du message 66).

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Dans son livre PARIS-ESCARPE - réponse à M. Macé (1887), Charles Virmaitre cite le Chateau-Rouge. Auparavant, il critique vertement l’ancien chef de la sûreté (1879-1884) Gustave Macé qui démissionna, estimant ne pas avoir assez de liberté pour exercer pleinement sa fonction. Macé publia ses souvenirs de police dans plusieurs ouvrages, notamment Le service de sûreté (1884). Pour comprendre la critique de Virmaitre envers Macé, intégralité du texte :

Gallica ICI

Virmaitre :

« Anciennement, il n'y avait qu'un certain nombre de voleurs, tous connus des agents. Aujourd'hui, les voleurs ont généralement de dix-huit à vingt ans, ils déroutent les agents. Avec les anciens voleurs, il y avait toujours un point de repère, une piste indiquée; ils avaient leurs manières de travailler. Quand un agent de la sûreté constatait un vol, il pouvait sûrement, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, dire un tel a passé par là, il a laissé sa marque de fabrique; il a déjà payé (été en prison) pour un vol identique.

Les voleurs descendent des quartiers excentriques, de Grenelle, Montrouge, Clichy et Belleville. Ils n'ont plus de repaires, et c'est une vaste plaisanterie que de vouloir nous y faire croire. Le Caveau des Halles, le Père Lunette, le Père Jules, le Château-Rouge sont des cabarets inoffensifs. Ce sont des refuges de gouapeurs, de pochards, de déclassés. La plupart des misérables qui composent la clientèle de ces assommoirs sont des abrutis qui posent pour la galerie et se font rincer la dalle par les rupins qui sont assez bêtes pour ajouter foi aux récits fantaisistes et viennent se repaître de ce hideux spectacle, où s'étalent à l'œil nu toutes les misères humaines qui défient les philanthropes.

Quand la police de sûreté fait une descente dans une maison borgne, signalée comme un repaire, qu'y trouve-t-elle ? Quelques misérables qu'elle est forcée de relâcher aussitôt, n'ayant contre eux aucune preuve de culpabilité, car il ne suffit pas de soupçonner, il faut prouver.
Les voleurs instruits par l'expérience ne sont plus assez naïfs pour se réunir dans des cabarets
ouverts à tous, que la police connaît et ne prend même plus la peine de surveiller, sachant que ce serait peine perdue. Ils se réunissent sur un banc, dans un lieu désert, à l'abri des indiscrets. Ils n'ont pourtant plus à redouter mastroque (marchand de vin qui ne crible plus à la crible (avertir la police) parce que la loi de 1881, en abolissant la licence de l'honorable corporation des mouilleurs (1), a privé la société d'une source précieuse d'indicateurs, source sans laquelle, je le dis plus haut, il n'y a plus de police, quels que soient le zèle et la perspicacité des agents.

Autrefois, avant cette loi, très bonne au point de vue de la liberté commerciale, mais néfaste pour la sécurité de Paris, les mastroquets, pour se ménager une faveur auprès de la préfecture de police, laquelle fermait les yeux sur des contraventions de minime importance, écoutaient tout ce qui se disait devant le comptoir. Aussitôt qu'ils entendaient des confidences échangées pour un vol projeté, ils s'empressaient d'en prévenir le chef de la Sûreté, qui était parfaitement et promptement renseigné par les indicateurs amateurs. Ce n’était pas de la délation, c'était de la préservation sociale, et il n'est pas un honnête homme, digne de ce nom, qui ne dénonce un crime qu'il connaîtrait. Autrement, par son silence, il mériterait le titre de complice des malfaiteurs.

Cette surveillance occulte de tous les instants était des plus efficace. Point n'était besoin d'être un malin pour l'exercer il suffisait à l'indicateur d'avoir des chasses (yeux) et des esgourdes (oreilles), bien que l'argot des voleurs soit un langage conventionnel et sujet à des fluctuations. Il y a, en effet, plusieurs sortes d'argot, celui des Batignolles diffère de celui de la Chapelle. Chaque quartier excentrique a le sien. C'est la raison pour laquelle les voleurs, en causant, reconnaissent facilement à quel quartier ils appartiennent. Cette particularité est précieuse parfois pour découvrir l'identité d'un criminel.

Supposons Pince-moi-le-dard, la petite Linotte et Baigne-dans-le-beurre en train de faire un zanzibar sur le zinc, l'autel où le pochard dit la messe à deux sous le canon, pendant que leurs marmites (femmes) sont à la chasse de compères cochons (hommes). Le turbin (travail) ne va pas. Tous les trois calendrinent le sable (traînent la misère). La marmite à la petite Linotte s'est affourchée sur ses ancres (se repose du trottoir). Il a, la veille, dégoté (trouvé) une affaire juteuse (vol d'un bon rapport). Il en fait part à ses aminches d'aff (amis d'affaire).
Le vol est accepté les malfaiteurs se donnent rendez-vous. Le marchand de vin prévient aussitôt la Sûreté. Voilà les gredins pincés en flagrant délit et peut-être un crime évité. »

(1) Loi de 1881. Corporation des mouilleurs ? Des explications d’abécédistes à la coule seraient les bienvenues.

- Dans son ouvrage Les sources de l'argot ancien (1912), Lazare Sainéan indique des erreurs dans les ouvrages de Virmaitre (Dictionnaire d’argot fin de siècle, 1894), de Delesalle (Dictionnaire argot-français, 1896), Bruant (L’Argot au XXème siècle, 1901, 1905), certaines dues à Gustave Macé, lui-même abusé par un vrai-faux espagnol, taulard à la prison de la Santé, Bernardo Pastilla. Voir aussi : http://www.languefrancaise.net/Argot/Mace1889


Ci-dessous : Intérieur de la grande salle d’entrée du Château-Rouge, par Auguste Lepère (1849-1918).

http://img11.hostingpics.net/pics/258078CHATEAUROUGELepere.jpg

Vers 1899. Crayon noir et aquarelle. Musée des beaux-arts de Nantes.

180

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

(1) Loi de 1881. Corporation des mouilleurs ? Des explications d’abécédistes à la coule seraient les bienvenues.

Il y a déjà quelque chose dans bob : http://www.languefrancaise.net/Bob/37806

Pour le reste, j'ai un problème depuis une dizaine de jours avec Gallica, je ne réussis plus à faire une seule recherche avancée, sur opéra, firefox et chrome, rien à faire.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Depuis une dizaine de jours ! Cet incident s'est-il déjà produit ?
Oui, pour Bob, mais cela ne donne pas le fin mot de l'affaire. Liberté de la presse et mouilleurs ?

182

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Non, c'est la première fois, apparemment, c'est lié à Java : "Request processing failed; nested exception is java.lang.IllegalArgumentException: 500".

De quelle loi de 1881 s'agit-il ? S'agit-il vraiment de celle du 29 juillet sur la liberté de la presse ? Et puis s'il s'agit bien d'elle, elle semble tellement complexe qu'il est possible qu'on y trouve quelque chose sur les indicateurs de police.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

AU CHATEAU ROUGE

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Hideuses goules, rouges trognes,
Rustres, pleutres, gueux et truands,
Loqueteux, guenilleux, ivrognes,
Pendards, soudards tonitruants,
Avec la nuit tombent ensemble
En ce borgne recoin d'enfer:
C'est le grand conseil qui s'assemble,
Le grand conseil de Lucifer.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire.
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

C'est ici que rend ses oracles
La troupe des noirs scélérats;
C'est ici la cour des miracles
Où le crime prend ses ébats.
Chacun, franc gibier de potence,
Y donne à son tour son avis;
Car il s'agit qu'avec prudence
Tous les forfaits soient accomplis.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Quand a sonné l'heure tardive,
Alors sous les libations,
Du Diable chaque noir convive
Jette ses malédictions.
Hommes et dieux, terre, ciel, monde,
Saisis dans le souffle du mal,
Sont maudits par la troupe immonde
Prise d'un rictus infernal.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Puis succèdent aux chants obscènes
Les airs aux bachiques refrains,
Les mimiques louches, les scènes
Et les débraillements sans freins;
Sinistre et fantastique orgie,
Saturnale aux lourdes vapeurs
D'acre djinn et de tabagie,
Ivresses de démons vainqueurs.

Du Château-Rouge
C'est l'affreuse bouge
Où vient Satan
Chanter et boire,
Quand la nuit noire
Partout s'étend.

Et quand sous la froide lumière
Chacun par l'orgie épuisé
Laissant retomber sa paupière,
Sur le sol nu s'est affaissé,
Il n'est pas de tristesse égale
A celle de ce lieu perdu,
De cet asile impur où râle
Le crime par l'excès vaincu.

Du Château-Rouge
C'est l'affreux bouge
D'où Satan fuit,
Quand vient l'aurore,
Blafarde encore,
Chasser la nuit.

Edouard de Perrodil 1860-1931)   
Extrait de son recueil de poésies Les rumeurs de Paris . Léon Vanier, libraire-éditeur, Paris. 1893.


Le journaliste Edouard de Perrodil (Edouard Casimir Marie Gros de Perrodil), a été réédité en 2006. Non pas pour ses poésies, mais pour un exploit sportif réalisé du 28 juin 1893 au 2 juillet : Paris-Madrid, à bicyclette. A cette époque, les routes n’étaient pas en l’état d’aujourd’hui, loin de là, le dérailleur n’existait pas encore, et l’engin pesait 12kg. Un homme accompagnait de Perrodil, Henri Farman, récent champion de France de demi-fond en cyclisme, à 19 ans. Farman s’orientera ensuite vers l’aéronautique et établira plusieurs records aériens, en circuit fermé, de ville à ville, etc. Avec ses deux frères, il fondera une société de construction d’avions. Farman reste un nom dans l’histoire de l’aviation.

De Perrodil participera deux fois à la difficile course Bordeaux-Paris (plus de 600km) où sa meilleure place a été 17ème. Ne reculant devant rien, il tentera de battre le record du monde de l’heure réalisé en mai 1893 par Henri Desgranges (futur co-fondateur du tour de France, en 1903), 35,325km, mais échouera. Il effectua également le parcours Paris-Vienne (Autriche) *, la traversée de l’Algérie ** etc.
Ce journaliste a laissé une petite trace pour le développement et la popularité de la petite reine, ses écrits sur son sport d’affection ayant été nombreux.


http://img11.hostingpics.net/pics/540175VELOSTOROS.jpg

Editions Le Pas d’oiseau. 2006.

1ère édition : C. Marpon et Flammarion. 1893.


* A vol de vélo, raid Paris-Vienne. Ernest Flammarion, éditeur. 1895

** A travers les cactus (traversée de l’Algérie à bicyclette). Ernest Flammarion, éditeur. 1896.

184

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
mercattore a écrit:

(1) Loi de 1881. Corporation des mouilleurs ? Des explications d’abécédistes à la coule seraient les bienvenues.

Il y a déjà quelque chose dans bob : http://www.languefrancaise.net/Bob/37806

Pour le reste, j'ai un problème depuis une dizaine de jours avec Gallica, je ne réussis plus à faire une seule recherche avancée, sur opéra, firefox et chrome, rien à faire.

Bon Gallica fonctionne de nouveau, et j'y trouve tout de suite une réponse dans l'Intransigeant du 2 juillet 1886 :

http://img15.hostingpics.net/pics/97945618860702Lintransigeant1.jpg

[ ... ]

http://img15.hostingpics.net/pics/40488718860702Lintransigeant2.jpg

(source)

Le passage à mouilleur au sens donné par bob semble couler de source.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

J'avais lu cette source. Mais l'explication pour « La loi de 1881 en abolissant la licence de l'honorable corporation des mouilleurs, a privé la société d'une source précieuse d'indicateurs. » reste encore imprécise pour moi.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Souvenirs de la chanteuse et actrice Yvette Guilbert sur le Château-Rouge.
(Emma Laure Esther Guilbert. 1865-1944)

http://img11.hostingpics.net/pics/677813YVETTEGUILBERTPORTRAIT.jpg

L’artiste en 1900.
(source : gallica.bnf.fr)

Comment j’ai compris Bruant 

« Que de succès à la Scala, je dus à Bruant…Et pourtant combien m’intimidèrent ses couplets.
Je n’étais jamais sûre de pouvoir, de savoir les exprimer.Je n'étais jamais sûre de pouvoir, de savoir les exprimer. Quel pouvoir ! Quelle profondeur sous la forme de gouailleuse de son verbe ! comme j’aimais Bruant ! Son immense talent ! Sa miséricorde !

Je le revois, il y a trente-huit-ans, chez Léon Sari, le dernier d’Artagnan du boulevard ; il recevait Bruant à son château de Fortvaches, en Seine-et-Oise, et la curieuse silhouette d’Aristide Bruant effarait les habitants du village. Moi, toute jeunette, je le regardais, ne me doutant guère qu’un jour je serai son interprète ! Et plus tard, devenue l’Yvette aux gants noirs, je fus menée l’entendre en son cabaret par Hugues Le Roux et le grand bouleversement se fit en moi. Je voulus savoir, cher Bruant, si tu chantais la vérité, si la misère pouvait vraiment susciter tant de suicides moraux, et le vice tant de miséricorde ! J’étais si jeune alors, qu’il me fallait tout apprendre de cette très spéciale chienne de vie des prostituées que tu dépeignais.
Et un soir, nous voila partis avec Hugues Le Roux (1), rue Galande, au célèbre Château-Rouge (ancien hôtel de la belle Gabrielle) escortés de Jaume (2), le célèbre policier.

Ah! soirée inoubliable. Le bouge regorge de monde. Paris est tout blanc de neige depuis plusieurs jours et à deux heures du matin, par ce froid tueur de pauvres gens, tous ces malheureux doivent sortir ! Ordonnance de police. Pour allez où…Le patron du bouge, pistolet à la ceinture, est enfermé derrière un haut comptoir et sert du vin, des alcools aux femmes et aux hommes venus là se réchauffer et dormir. Hugues Le Roux est annoncé à cette cohue grouillante ; on l’accueille avec sympathie, car il a aidé à sortir de prison un "des leurs? ", d’où reconnaissance. On me regarde avec hostilité… 

Une femme, défigurée par une tache rouge qui semble lui couper le visage en deux, vient à nous avec un sourire édenté. Hugues Le Roux me la présente : "C’est Lie-de-Vin », l’amie de Gamahut !" Je reste bouche bée… (les crimes de Gamahut étant à l’époque dans tous les journaux), je la regarde avec de tels yeux que « Lie-de-vin" me dit en hoquetant "Oui…, c’est moi Lie-de-vin qui l’a bien aimé…ah les vaches ! y m’l’ont raccourci… mais on dit qu’un va y faire "au Grévin" sa tête en cire et l’histoire de son crime ! J’irai, j’irai l’embrasser et j’crèverai le bourgeois qui m’en empêchera !"

Et « Lie-de-Vin" retourna boire à son banc… Vint alors une sorcière de Macbeth, elle pouvait avoir soixante-dix ans, avec des yeux écaillés, vitreux, la bouche teinte, absolument teinte de violet, du dessus du nez au menton, par le vin "colorié" qu’elle happait comme un chien, tenant son verre, non dans sa main, mais dans la jointure de son bras replié ; elle nous tendit sa main ouverte, on lui donna de l’argent. Puis vint un énorme garçon, rouflaquettes aux tempes et sentant fort le patchouli, recherché pour vol avec effraction et chourinage de trois filles. Celui-là, nu jusqu’à la ceinture, était entièrement tatoué ; il nous demanda deux francs pour faire rigoler la Reine d’Angleterre (Victoria à l’époque) ; nous acceptâmes son programme, et, à ma grande gêne et à celle de Le Roux, il fit d’un coup de pouce dégringoler son pantalon et nous cria "Mesdames et Messieurs, voyez au-dessus du "robinet d’amour" qui rigole ! Puis, empoignant son ventre à pleines mains, il en pétrit la chair et nous vîmes "Victoria rigoler" , j’étais figée…si intimidée…si gênée…

Enfin, nous montâmes au premier étage. Ah ! là je vis l’enfer ! Des vieillards, des jeunes hommes pêle-mêle, dormant sur le parquet, des guenilles sordides, des chapeaux, des casquettes, surtout des vestons, des pantalons, de tout, de tout, éclairés par un minuscule bec de gaz, en cas de bagarre, et une odeur terrible ! Un vieillard surtout, avec de longs cheveux blancs sur les épaules me bouleversa…les bras étendus et comme cloués au sol, la bouche ouverte, les yeux révulsés, il semblait le christ de la misère. Je versai tout mon porte-monnaie dans ses mains ; le froid de la monnaie le réveilla. Ah ! son regard, son regard « émerveillé et triste" d’éternel abandonné ! En redescendant, nous aperçûmes "de longues tables" où des petits enfants dormaient : « Leurs mères, nous dit le patron, les confient à "leurs hommes" quand, à deux heures de la nuit, elles doivent quitter la chaleur du bouge pour "filer aux Halles" faire tous les métiers.
Bref, pendant des semaines, je fus hantée par cette vision infernale et je compris Bruant. »

- Guilbert Yvette La chanson de ma vie - Mes mémoires. Bernard Grasset, Paris, 1927.
320p, broché.

Nouvelle édition : Grasset et Fasquelle   collection Les cahiers rouges, Paris, 1995.
Broché, couverture illustrée. 288p  in.8  (19 x 12)

(1) Hugues le Roux (Robert Charles Henri le Roux. 1860-1925). Ancien secrétaire d’Alphonse Daudet. Journaliste, écrivain, homme politique (sénateur).
http://data.bnf.fr/atelier/12729869/hugues_le_roux/

(2) Jaume (Fortuné)  Voir page 7, message 151.

http://img11.hostingpics.net/pics/293633YVETTEGUILBERTAFFICHE.jpg

Lithographie d’André Sinet (1893)
(source : gallica; bnf.fr)

187 Dernière modification par éponymie (13-01-2017 11:24:16)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

J'avais lu cette source. Mais l'explication pour « La loi de 1881 en abolissant la licence de l'honorable corporation des mouilleurs, a privé la société d'une source précieuse d'indicateurs. » reste encore imprécise pour moi.

Apparemment, c'est lié à l'interprétation de l'article 35 de la loi du 29 juillet 1881 qui porte sur la diffamation : cet article précise que prouver des faits diffamatoires est interdit. Et si elle l'interdit, on ne peut exiger de prouver les faits (dans la série, bonnet blanc, blanc bonnet, c'est fortiche ça). Il y a des exceptions à cette règle mais les cabaretiers n'entraient pas dans ces exceptions, leurs renseignements n'étaient donc d'aucune utilité pour la police qui ne pouvait en faire usage.

C'est ce qu'il me semble avoir compris.

Source : Annales de la propriété industrielle, artistique et littéraire - 1897 (pp. 45-48) : il s'agit d'une interprétation de cette loi dans un cas particulier. J'ai vu les exceptions je ne sais plus où, en passant sur GL, ce sont - si je me rappelle bien - les articles 30 à 32 qui les régissent.

Concernant, Yvette Guibert, je suis tombé et retombé plusieurs fois sur cet épisode moi aussi.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Merci pour ces explications.


éponymie a écrit:

Concernant, Yvette Guibert, je suis tombé et retombé plusieurs fois sur cette épisode moi aussi.

Ses écrits sont tombés dans le domaine public en 2015.

189 Dernière modification par mercattore (14-01-2017 06:39:56)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Extrait de CROQUINETTE, article de l’Hebdomadaire illustré (n° 27 - 7 mai 1899)


« Aussi le titre d'une enseigne est-il une propriété reconnue par la loi pour le commerçant qui l'a prise le premier. Les progrès des lumières et des arts ont influé sur leur perfectionnement et leur luxe. On en trouve bien peu, du moins à Paris et dans les grandes villes, où la langue ne soit pas respectée. On y voit briller — surtout sur les grands boulevards — l'or, l'émail, les marbres précieux ; quelques-unes offrent des tableaux, des peintures assez agréables.
L'époque la plus riche en enseignes est le moyen âge.Toutefois, relativement à celles de Paris, on n'a aucun renseignement antérieur au XIII siècle, et c'est dans un document du règne de Philippe le Bel, le Livre de la taille(1272) qu'on en rencontre les premières traces.

Mais, le vieux Paris s'en va, sous la poussée des embellissements, et bien peu des enseignes modernes méritent d'attirer l'attention. Quant je dis que les enseignes s'en vont, ce n'est pas bien étonnant, puisque les vieux immeubles tombent sous la pioche des démolisseurs. C'est ainsi que le Château-Rouge vient de fermer ses portes. Il est veuf de ses habitants. La commission officielle du Vieux-Paris l'a visité, non qu'elle pensât sauver aucun souvenir digne d'être recueilli, du bouge que fut cet hôtel princier au temps de sa gloire crapuleuse, dans sa déchéance de coupe-gorge; mais l'immeuble que les démolisseurs vont attaquer, pouvait renfermer quelques vestiges de sa première manière, qui tussent dignes d'être conservés.
Notre confrère, l’Eclair nous donne de curieux détails sur ce lieu connu de tout Paris.

Le Château-Rouge s'ouvrait rue Galande au n° 59. Vous pouvez n'y avoir jamais été ; encore qu'il s'y donnât quelques rendez-vous de noble compagnie. La tournée des grands ducs comportait le Château-Rouge. C'était notre Lapin-Blanc. Ne vous y fiez pas. Encore qu'on arrêtât ici l'assassin Gamahut, ce bouge était truqué pour donner le trac. Les habitués étaient des manières de figurants. Le patron avait organisé une ingénieuse mise en scène. Frédéric Loliée l'a définie d'un mot heureux : « C'est un attrape-pantes. »
Un peintre à l’eau-forte, du Vieux-Paris, l'admirable styliste et le profond philosophe qu'est M. Huysmann, a laissé, sur le Château-Rouge, dans ce court chef-d'œuvre le Quartier Saint-Séverin, une page qui assure l'immortalité au cabaret borgne. Il en a décrit les hôtes et le patron, le père Trolliet :
Suit la description de Huysmans, déjà éditée dans les messages antérieurs.

Le papa [tenancier] s'est retiré, le bouge est désert. Des représentants de la municipalité le visitaient samedi. Ils l'ont revu, sans son comptoir, ni son lourd poêle de fonte, où autour des tables étaient affalés des paquets de bardes. Derrière, c'était la salle des morts, un plancher sur lequel grouillait toute la vermine des bas-fonds. Une seconde salle où se tenaient les joueurs, a conservé ses peintures idylliques et champêtres, une noce dans la prairie. Dans la pièce du fond, en retrait, des peintures sont restées, qui pourraient tenter un amateur. Ce sont des portraits peints sur le mur et de grandes compositions en harmonie avec le milieu :
l'arrestation d'un contrebandier, la confrontation à la Morgue d'un assassin avec sa victime — et de chaque côté d'une croisée, des panneaux : l'un représentant la guillotine sur un monceau de tètes coupées ; l'autre le billot et la hache et couché au bas un lys — symbole de l'erreur judiciaire.
Un escalier grimpe au premier, où la misère et le crime, jusqu'à doux heures, dormaient sur le plancher. Plus de traces d'un art quelconque, mais d'anciens papiers souillés, lacérés, et des tachés brunes rappelant des chasses nocturnes où le pouce du dormeur incommodé s'exerçait.
Et dire qu'une des plus charmantes créatures dont le sourire égaie nos sévères annales, aurait dormi là ! Dire que sous ces plafonds s'étirait, toute rose de ses rêves royaux : Gabrielle d'Estrées !

Maintenant, n'exagère-t-on pas ! Où n'a-t-elle pas habité à Montmartre ? Mais des domiciles qu'on lui prête, le professeur érudit Henri Monin, qui faisait encore, hier soir, une conférence si applaudie, rue de la Vieuville, sur la population de Paris, impitoyablement la déloge. On voulait que, pour elle, ait été construit l'autre Château-Rouge,- le bal qui n'est plus et où est maintenant Dufayel : il en rit. Que pense-t-il de son séjour au Château-Rouge des purotins !
De toutes façons, l'immeuble eut une origine aristocratique. Sous les outrages qu'il reçut, se lit, en quelques plaques de cheminée, en la rampe de fer forgé de l'escalier du fond, et surtout dans le fronton et les détails sculptés de la porte — postérieurs au reste — une destination seigneuriale.
La Commission a retenu quelques-uns de ces témoignages d'un glorieux passé ; ils iront à Carnavalet... Quant au bouge, c'est l'iconographie qui le rappellera dans les aquarelles signées Delafontaine et des photographies, précieuses aux historiens des bas-fonds. »

190

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

Ce sont des portraits peints sur le mur et de grandes compositions en harmonie avec le milieu :
l'arrestation d'un contrebandier, la confrontation à la Morgue d'un assassin avec sa victime — et de chaque côté d'une croisée, des panneaux : l'un représentant la guillotine sur un monceau de tètes coupées ; l'autre le billot et la hache et couché au bas un lys — symbole de l'erreur judiciaire.

Le dernier, c'est la carte postale des vautours (message 81). Apparemment, il ne manque pas de fresques à l'iventaire de ce qui a déjà été trouvé.

mercattore a écrit:

Quant au bouge, c'est l'iconographie qui le rappellera dans les aquarelles signées Delafontaine et des photographies, précieuses aux historiens des bas-fonds. »

Vous auriez donc trouvé l'auteur des (mauvaises) reproductions.

191

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
mercattore a écrit:

Quant au bouge, c'est l'iconographie qui le rappellera dans les aquarelles signées Delafontaine et des photographies, précieuses aux historiens des bas-fonds. »

Vous auriez donc trouvé l'auteur des (mauvaises) reproductions.

Ou non. Robert Delafontaine était un dessinateur, aquarelliste, peintre. Ses représentations d'architectures parisiennes (Bibliothèque de France, puits, portes, portails, escaliers, etc.) lui avaient été commandées par le musée Carnavalet. Les quelques productions que l'on peut voir de lui sur Internet montrent un talent bien plus grand que celui de nos cartes postales.

On trouve une photo de lui et sa nécrologie (il est probablement décédé en 1902) dans Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6 … taine.zoom

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Que Delafontaine soit l'auteur des peintures du Château-Rouge semble assez peu probable.
Plus sûrement le bâtiment lui même, l'intérieur aussi, peut-être ?

193 Dernière modification par mercattore (15-01-2017 13:21:42)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

L’ ECHO DU PUBLIC

Cet hebdomadaire publiait des questions de lecteurs et les réponses de lecteurs sur tous les sujets. Parfois, la rédaction répondait elle-même à certaines questions.
Hormi la périodicité, et quelques différences, il se rapprochait de la revue l’Intermédiaire des chercheurs et des curieux dont la parution commença en 1864.

Il expliquait son programme :

« L’ Echo du Public, fondé en 1896 et qui, depuis, n'a cessé de progresser, a surtout pour but d'aider les personnes peu expérimentées dans l'art des recherches, ou celles qui n'ont pas de temps ou les moyens matériels de les effectuer. Chaque fois que l'on est embarrassé pour trouver un renseignement d'un genre quelconque il suffit de le demander à nos nombreux et érudits correspondants, et il est bien rare que l'on ne reçoive pas pleine et entière satisfaction.
Pour cela, on est prié de rédiger la question, et de nous l'adresser. Elle est insérée gratuitement dans l'un des plus prochains numéros, et un grand nombre de réponses ne tardent pas à nous être envoyées. Nous publions avec impartialité ces réponses, ignorées ou controversées, qu'elles soient corroborantes ou contradictoires, en nous réservant seulement de mentionner celles qui ne sont que l'exacte répétition des précédentes.De plus, nous possédons des archives accumulées laborieusement depuis cinq ans qui nous permettent de répondre directement et immédiatement à un grand nombre de questions dans notre i]Petite correspondance.
L’Echo du Public est aussi une sorte de salon de conversation entre tous les érudits qui veulent bien s’entre-questionner dans ses colonnes, et dont les discussions ont été à plusieurs reprises passionnantes, tout en contribuant à éclaircir des points jusqu’ici ignorés ou controversés. »

Dans son n° 150, du 23 septembre 1899, figurent quelques lignes sur le Château-Rouge, à la rubrique Petite correspondance. Elles proviennent donc de la rédaction du journal.


http://img11.hostingpics.net/pics/842813TROLLIETDONNEUR2.jpg

De fait, tous les tenanciers de ce genre d’établissement étaient des indicateurs de police.

La revue l'Echo du public : Gallica  ICI

194 Dernière modification par éponymie (15-01-2017 16:15:50)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

Que Delafontaine soit l'auteur des peintures du Château-Rouge semble assez peu probable.

Je n'ai jamais écrit ça. Je supposais qu'il était l'auteur des reproductions par la suite éditées en cartes postales. Hypothèse écartée au vu de sa biographie et de ses productions.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

OK, je me suis mal exprimé.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

En 1892, le Château-Rouge n'est pas nommé, mais tout indique qu'il est le lieu où Jaume a appris de Trolliet l'indentité de l'assassin.

Extrait de la Revue illustrée, du 15 juin 1892 :
« On se souvient de l'affaire Ballerich. Jaume, chargé de découvrir l'auteur du crime, se déguisa en maçon, fréquenta pendant quelque temps une crèmerie où les amis de Gamahut venaient quelquefois, parvint à y apprendre le nom de l’assassin et, peu de temps après, ayant retrouvé sa trace, l’arrêta dans la Nièvre. »


Travestissements de Jaume (d'après photographies).


http://img15.hostingpics.net/pics/577790JAUMECREMERIEPORTRAIT2.jpg

En Bourgeois.


http://img15.hostingpics.net/pics/331506JAUMEMACONPORTRAIT.jpg

En maçon.


http://img15.hostingpics.net/pics/331001JAUMECOCHERportrait.jpg

En cocher.

Lire l'article sur Jaume > ICI

197 Dernière modification par éponymie (16-01-2017 22:22:14)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Le texte sur Jaume n'est pas sans évoquer ce que l'on lisait sur Rossignol dans le message 167. Par contre je me demande si les illustrations ne sont pas des montages.

En 1892, le Château-Rouge n'est pas nommé, mais tout indique qu'il est le lieu où Jaume a appris de Trolliet l'indentité de l'assassin.

Extrait de la Revue illustrée, du 15 juin 1892 :
« On se souvient de l'affaire Ballerich. Jaume, chargé de découvrir l'auteur du crime, se déguisa en maçon, fréquenta pendant quelque temps une crèmerie où les amis de Gamahut venaient quelquefois, parvint à y apprendre le nom de l’assassin et, peu de temps après, ayant retrouvé sa trace, l’arrêta dans la Nièvre. »

Plus qu'au Château-Rouge, cela fait penser à la crèmerie d'Alexandre voisine (je ne trouve plus le texte qui la situe précisément, si elle n'est pas mitoyenne, elle est en face).

Les derniers documents que vous avez mis en ligne clarifient la décoration, la Nouvelle-Calédonie dans la salle principale, les scènes campagnardes (dont la scène de noce, chère à glop) dans la seconde salle et nos fresques dans la troisième.

Dans les années 1890, les infos - et la désinformation - foisonnent, personnellement je trouverais plus intéressant de comprendre les origines (1869-83), la période du changement de nom (1875-78 ou 1873-78 s'il y a un lien avec le passage de propriété de Trichard à Cadoux, c'est en 1875 que nous rencontrons château pour désigner le cabaret et château-rouge apparait en 1878). Je me demande toujours s'il n'y a pas un lien avec la Commune de Paris et avec les évènements du Château-Rouge de Montmartre qui lui sont liés, les fresques sur la Nouvelle-Calédonie pouvant corroborer cette hypothèse.

Au prochain changement de page, je produirai une nouvelle version du message 159, bien utile pour s'y retrouver et se replonger dans le sujet le cas échéant.

198 Dernière modification par mercattore (17-01-2017 00:32:10)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Oui, il est possible que ce soit la crèmerie d'Alexandre. La bande Gamahut fréquentait surtout Le Château-Rouge, d'après les nombreux articles sur ce fait-divers mais, comme vous vous le précisez, la crèmerie Alexandre était située toute proche du Château-Rouge (sur le trottoir d'en face). Crèmerie peut être pris aussi dans le sens plus général de débit de boisson (voir Bob), mais il est vrai que dans ce cas, un autre mot que crèmerie aurait peut-être été employé si le lieu avait été le Château-Rouge.
Pour le lien avec la Commune de Paris, je me suis aussi posé la question. Effectivement, les fresques sur la Nouvelle-Calédonie peuvent avoir un rapport avec elle - Communards déportés - ou bien alors avec des criminels  etc, condamnés à la transportation en Nouvelle-Calédonie (en Guyane aussi).
(les déportés politiques de la Commune n'ont été déportés qu'en Nouvelle-Calédonie, mais pas en Guyane).

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Oui, les photos de Jaume ont l'air de montage pour le livre.

200 Dernière modification par mercattore (17-01-2017 16:31:27)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Quelques remarques :

Dans son message n° 25, parisien mentionne, je cite :

« 2) Le bouge "la Guillotine" est cité dès 1869 par Maxime Du Camp dans Paris, ses organes (etc.), tome III, pages 44-46. Sa brève description n'évoque pas de peintures. »

- C'est exact et... inexact. En 1869, est paru le premier tome, oui, mais on ne trouvera jamais cette date pour le tome III. Il est très probablement paru après la Commune de Paris, peut-être en 1872 ? (la troisième édition parait en 1875).

Par contre, Alain Corbin, sur le site CAIRN.INFO mentionne la date de 1869 pour la rédaction du tome III, mais la rédaction seulement. Le texte intégral était-il alors déjà établi ou Maxime du Camp l’a-t’il complété ensuite ?

Alain Corbin : ICI

- Dans ce quartier de la Maub’ rôde la guillotine et les supplices. Actuellement, le Caveau des oubliettes, situé 52 rue Galande, est sous-nommée La Guillotine (pendant longtemps, une guillotine grandeur nature y a trôné). A existé aussi le Caveau des oubliettes rouges (disparu), situé à l’ex n°11 de la rue Saint-Julien-le-Pauvre.


http://img11.hostingpics.net/pics/347495CAVEAUdesoubliettestougesPhoto.jpg

(source : site de vente eBay)


- Maxime du Camp écrit à propos du cabaret La guillotine :

[…] qui se trouve établi sur l’emplacement où Sainte-Croix, l’amant de la Brinvilliers, avait son laboratoire secret. » (tome III, page 45).
(la Brinvilliers sera décapitée et brûlée place de Grève).

- Appellation Château de la guillotine (Petit-Journal, 1875). Cette demeure parait avoir été une habitation princière, ou équivalente, et le mot château lui aurait été attribué ? Mais pour guillotine ? Noir complet !

Messages [ 176 à 200 sur 279 ]

ABC de la langue française : forums » Parler pour ne rien dire » Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris



Généré en 0,350 secondes, 33 requêtes exécutées