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ABC de la langue française : forums » Parler pour ne rien dire » Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

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Messages [ 151 à 175 sur 279 ]

151 Dernière modification par mercattore (25-08-2016 12:53:47)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

Oui, à rapprocher du texte de Loliée de 1899.

Encore Rossignol ! Il avait été blessé assez grièvement par deux fois à ses débuts dans le cadre de son travail, c'est ce qui je suppose avait permis de le lancer. Je me demande ce que devait penser cet homme que ses diverses promotions portaient en fin de carrière à jouer les cicérones pour des journalistes en mal d'articles et de frissons et de riches oisifs. Flatté, agacé, comblé par sa position sociale, ennuyé ?

Je me demande si le personnage en bas à droite sur votre carte postale ne pourrait pas justement être lui (quelque peu dégarni).

http://img15.hostingpics.net/pics/729856ChateauRougefiguresdtail.jpg

Comparez avec ce portrait du Voleur llustré du 18 novembre 1886 :

http://img15.hostingpics.net/pics/86795418861118levoleurillustrRossignol.jpg

Je parierai que la scène de l'arrestation est copiée d'un dessin de Meyer publié entre le 9 et le 28 décembre 1884. Le Journal illustré de cette période n'est pas disponible sur Gallica, il faudrait chercher ailleurs.

éponymie a écrit:

Oui, à rapprocher du texte de Loliée de 1899.

Encore Rossignol ! Il avait été blessé assez grièvement par deux fois à ses débuts dans le cadre de son travail, c'est ce qui je suppose avait permis de le lancer. Je me demande ce que devait penser cet homme que ses diverses promotions portaient en fin de carrière à jouer les cicérones pour des journalistes en mal d'articles et de frissons et de riches oisifs. Flatté, agacé, comblé par sa position sociale, ennuyé ?

Je me demande si le personnage en bas à droite sur votre carte postale ne pourrait pas justement être lui (quelque peu dégarni).

http://img15.hostingpics.net/pics/729856ChateauRougefiguresdtail.jpg

Comparez avec ce portrait du Voleur llustré du 18 novembre 1886 :

http://img15.hostingpics.net/pics/86795418861118levoleurillustrRossignol.jpg

Je parierai que la scène de l'arrestation est copiée d'un dessin de Meyer publié entre le 9 et le 28 décembre 1884. Le Journal illustré de cette période n'est pas disponible sur Gallica, il faudrait chercher ailleurs.

Procédons par ordre smile

- Rossignol était un des meilleurs limiers de la sûreté, avec Jaume. On retrouve leurs noms dans nombre d'articles de divers quotidiens. Jaume, par exemple, avait été appelé en province pour résoudre l'énigme de l'assassin à la pélerine, Jean-Dauga, un ancien gendarme, qui fit dix victimes. Jaume le démasqua. Dauga fut exécuté guillotiné publiquement devant la prison de Nancy, le 23 janvier 1890.

- Effectivement, ressemblance entre les deux figures pour Rossignol.

- Voilà l'arrestation de Gamahut dans le Journal Illustré. Oui, la peinture est copiée du dessin. Bingo ! Bravo.

http://img15.hostingpics.net/pics/610461GAMAHUTARRESTATION.jpg

152

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Merci, merci smile Z'êtes formidable.

Il reprend un peu moins fidèlement le dessin de Weber mais les 3 personnages principaux y sont dans une pose identique.

Et quelle est la date de ce dessin ? Pour pouvoir refaire et compléter le message 108 et débrouiller le sac de nœud que tend à devenir ce long fil.

Apparemment nous avons des images plus ou moins fidèles de tout ce dont nous avons des traces écrites. Que de chemin parcouru !

153 Dernière modification par glop (25-08-2016 15:06:33)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Sauf pour le pont sur lequel s’avance une noce… mentionné dans le message -97 . wink

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1 … f165.image

http://www.huysmans.org/betsseverin/severin.htm

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

154 Dernière modification par éponymie (25-08-2016 16:19:00)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

glop a écrit:

Sauf pour le pont sur lequel s’avance une noce… mentionné dans le message -97 . wink

Non, non, je n'avais pas oublié votre contribution,je parlais des peintures de la salle où se trouvait la guillotine.

Vos paysages étaient dans la grande salle, qui, d'après Huysmans, occupait avec la salle des morts le rez-de chaussée.

Il situait le sénat au premier.

La troisième salle du rez de chaussée - la salle des visiteurs - est celle qui nous intéresse et elle  a été ajoutée après, au lieu de la chambre où dormaient  les filles de Trolliet, d'après Huysmans, qui était contigüe à la salle des morts (je ne sais plus dans quel texte j'ai lu de cet ajout). La géographie du bouge reste encore à préciser parce qu'il y avait aussi le coin des femmes dont nous avons une illustration, il était au pied de l'escalier menant au premier.

Quand je disais que la femme à la pipe me rappelait quelque chose : le texte parle de Pau-Pau et de ses pipes.

155

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Un peu de géographie de l'immeuble, il était occupé par tout un petit peuple ouvrier, souvent des travailleurs de l'imprimerie. Des gens honnêtes, pas de la pègre. Le Chateau Rouge n''occupait qu'une partie de l'arrière-cour.

Procès-verbal de la Commission du Vieux Paris, 7 avril 1898

Rue Galande, 57. — Dans la première cour, bâtiment à droite, très curieuses fenêtres biaises d’un bel ouvrage de menuiserie. L’escalier en fer forgé est remarquable.
Au 2e étage subsiste un appartement Louis XIV, caractérisé par une cheminée de marbre et une alcôve et les plaques de cheminée fin Louis XIII.
D’une fenêtre de cet appartement l’on aperçoit le derrière d’une intéressante maison Louis XVI, située rue Saint-Jacques, 21, avec bandeaux de fenêtres de belle allure.
Au fond de la cour, à droite, très curieux escalier en fer forgé d’une pureté et d’une légèreté de lignes très remarquables.
À l’étage supérieur, les balustres en bois de l’escalier d’origine subsistent encore.
Enfin, le bâtiment du milieu est occupé au rez-de-chaussée par le « Château Rouge », cabaret qui a hérité de la renommée de certains débits de boissons de l’ancienne Cité.

L'escalier du  bâtiment de la première cour est représenté dans une estampe d'Auguste Lepère (1849-1918) déposée au musée Carnavalet.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
glop a écrit:

Sauf pour le pont sur lequel s’avance une noce… mentionné dans le message -97 . wink

Non, non, je n'avais pas oublié votre contribution,je parlais des peintures de la salle où se trouvait la guillotine.

Vos paysages étaient dans la grande salle, qui, d'après Huysmans, occupait avec la salle des morts le rez-de chaussée.

Il situait le sénat au premier.

La troisième salle du rez de chaussée - la salle des visiteurs - est celle qui nous intéresse et elle  a été ajoutée après, au lieu de la chambre où dormaient  les filles de Trolliet, d'après Huysmans, qui était contigüe à la salle des morts (je ne sais plus dans quel texte j'ai lu de cet ajout). La géographie du bouge reste encore à préciser.

Quand je disais que la femme à la pipe me rappelait quelque chose : le texte parle de Pau-Pau et de ses pipes.

Huysmans est bien le seul à situer la salle des morts au rez-de-chaussée ! Et message 63, il nomme la salle des morts le Sénat, ce qui est une confusion.
Elle est bien légendée dortoir du 1er en regard de la photo de l'agent-voyer, dans le message 128. Et cette photo date de même époque que la parution du livre de Huysmans, c'est à dire environ 1 an avant la démolition (1899). Alors ?

157 Dernière modification par éponymie (25-08-2016 17:55:10)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Je suis en train de refaire le message 108 et je me rends compte que tout le monde nomme un peu comme il l'entend, Huysmans est victime de la confusion générale en la matière.

Quand le message sera prêt, on pourra reprendre tous les articles, photos et dessins qui nomment les salles, dessiner une géographie des lieux et comprendre la variation des appellations dans le temps. Je ne me risqque à aucune assertion avant.

Au fait, avez-vous la date du second dessin de Weber ?

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Ah, j'ai oublié de l'indiquer : La même que la scène de la morgue, 28 décembre 1884.

Les dessins sont de Meyer smile

159 Dernière modification par éponymie (26-08-2016 17:32:06)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Merci d'avoir la charité de me corriger sans trop en avoir l'air, j'ai confondu Weber et Meyer. Du coup je viens de corriger le message 150. Merci infiniment smile

Textes (en vert) et documents (en bleu) cités traitant du Château Rouge et de son quartier, tous les messages sont cliquables pour se ballader dans le fil.

  • 1848, 30 juin : Journal des débats, message 110, officier tué devant le 57 rue Galande lors des journées de juin

  • 1860 : Les dessous de Paris, Alfred Delvau, message 75, description du quartier

  • 1865 : Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III: De la Rue des Postes à l'impasse des peintres, M. Lefeuve, message 133, le 57 rue Galande et Gabrielle d'Estrées

  • 1869 : Paris, ses organes, sa fonction et sa vie, Maxime du Camp, message 25, message 76, mention de la Guillotine

  • 1869, 27 juin : Journal des débats, message 110, reprise de l'article du Journal des débats du 30 juin 1848

  • 1872, 15 aout : Le XIXe, message 107, décès au cabaret, sans mention du nom

  • 1873, 17 mai : Journal des débats politiques et littéraires, message 107, faillite du propriétaire Trichard

  • 1875, 23 février : Le Petit Journal, Quelques gargottes, message 87, mention du Château de la Guillotine avec brève description

  • 1876 : Les mystères du nouveau Paris, Fortuné du Boisgobey, message 76, mention de la Guillotine

  • 1878, 25 octobre : Le Gaulois, message 85, mention du Château-Rouge

  • 1878, 12 décembre :  Archives commerciales de la France, message 107, passage de propriété de Cadoux à Debrabant

  • 1879, 11 aout : Le Figaro, Le cabaret de la rue Galande, Albert Wolff, message 111, description du Château-Rouge

  • 1880, 14 juin : Le Petit Parisien, message 112, blessure de Debrabant lors d'une rixe

  • 1881 : Revue des deux mondes, La misère à Paris, comte Othenin d’Haussonville, message 75, description du quartier et brève description du Château-Rouge

  • 1882 : Paris horrible et Paris original, Georges Grison, message 67, description du Château-Rouge, message 128, fac-similé couverture originale

  • 1882 : La vie à Paris, article du 12 avril, Jules Claretie, message 133, visite avec Rossignol, salle du sénat contigüe à la grande salle, Debrabant parle de Gabrielle d'Estrées

  • 1883 : Bouche cousue, Fortuné du Boisgobey, message 76, mention de la Guillotine

  • 1883 : Paris Étrange, Louis Baron, message 64, message 164, description de la salle du Sénat du Château-Rouge

  • 1883, 11 septembre : Le Figaro, message 109, découverte d'un cadavre dans la cour du Château-Rouge

  • 1883, 12 septembre : La Lanterne, message 109, découverte d'un cadavre dans la cour du "Théâtre-Rouge"

  • 1883, 13 septembre : Le Radical, message 109, découverte d'un cadavre dans la cour du "Théâtre-Rouge"

  • 1883, 1er décembre : Archives commerciales, message 112, passage de propriété de la veuve Debrabant au père Trolliet

  • 1884, 17 janvier : Le Figaro, message 137, rixe au Chateau-Rouge

  • 1884, 31 octobre : La Presse, message 137, recension de l'écume de Paris de Wolff sans allusion particulière au Chateau Rouge

  • 1884, 2 novembre : Les Annales politiques et litérraires, message 137, reprise de l'article de Wolff de 1879

  • 1884, 30 novembre : Le Radical, message 138, assassinat de madame Ballerich

  • 1884, 1er décembre : La Presse, message 138, arrestation des premiers suspects

  • 1884, 9 décembre : La Justice, message 138, arrestation de Gamahut

  • 1884, 14 décembre : La Presse, message 138, agression contre Trolliet, grièvement blessé

  • 1884, 14 décembre : La lanterne, message 119, message 137reprise de l'article de Wolff de 1879

  • 1884, 15 décembre : Le Temps, message 138, aveux de Gamahut

  • 1884, 28 décembre : 2 dessins, Henri Meyer, message 151, arrestation de Gamahutmessage 139, message 144, message 146, Gamahut devant le cadavre de sa victime

  • 1885 : Lécume de Paris, Wolff message 119, message 137, ouvrage publiant les anciens articles de Wolff

  • 1885, 7 mars : Le Figaro, supplément littéraire du dimanche, les chambrées à la nuit, Pierre Mazerollle, message 123, article sur les garnis parisiens

  • 1885, 6 janvier : Le cri du peuple, Ferdinand Chastan, message 60, article jugé outrageux par les fils Ballerich

  • 1885, 4 juin : Le Matin,  message 69, rafle de la police au Château-Rouge

  • 1885, 7 juin : Le Petit Parisien  message 83, mention de la légende (notoriété) récente du Château-Rouge

  • 1886, 18 novembre : Le Voleur Illustré  message 149, portrait de Rossignol, dessin

  • 1886 : Grande encyclopédie - inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, Volume 8, message 84, mention du Château-Rouge et de son ancien nom “La Guillotine”

  • 1889 : Nuits à Paris - Notes sur une ville, Rodolphe Darzens, message 59, message 121, description du Château-Rouge. À  noter le dessin représentant Gamahut soulevant des haltères à la page 229

  • 1889 : Le chemin du crime, Hugues le Roux, message 132, brève description du Château-Rouge, salle des morts, salle de retirance, allusion aux deux premières salles

  • 1889 : Le magasin pittoresque, V.C. Tabur, message 28, brève description du Château-Rouge

  • 1889 : L'illustration, 2 gravures, message 63, message 128, salle des morts message 89, coin réservé aux femmes

  • 1890 : dessin, Auguste Vitu message 89, les hôtes du Château Rouge

  • 1891, 2 mai : La France Illustrée, gravure sur bois, message 79, vue du Château-Rouge et d'une partie de la rue Galande

  • 1891 (édité en 1895) : Journal des Goncourts, tome 8e, message 63, mention de Huysmans et de Lorrain et de leur connaissance du Château-Rouge

  • 1893 : Le chansonnier populaire Aristide Bruant, Oscar Méténier, message 37, Méténier “édite” une chanson sur Montparnasse sur une table du Château-Rouge (épisode qui remonterait à avant 1885)

  • 1893 : Buveurs  d'âmes, Jean Lorrain, message 122, Un soir qu'il neigeait, nouvelle

  • 1894 : dessin, Jules Adolphe Chauvet, message 66, message 128, entrée du Château Rouge

  • 1895 : Paris de siècle en siècle, Albert Robida, message 101, brève mention du Château-Rouge, dernier des bouges, avec dessin

  • 1897 : La mendicité, Georges Berry, message 39, message 147, première description détaillée des fresques du Château Rouge

  • 1898 au moins, un tirage en 1901 (musée Carnavalet): Escalier de l'ancienne maison du Château-Rouge, rue Galande, Auguste Lepère message 155, estampe reproduisant l'escalier du bâtiment de la cour principale

  • 1898 (réédité en 1901) : La Bièvre, les Gobelins, saint Séverin, Huysmans, message 8message 97, message 153, mention des dessins bucoliques de la seconde salle du basmessage 63, les différentes salles, Pierre Trollier, les dessins de la salle au premier étage (la salle des morts), messages 65 et 66, les nuits au Château-Rouge et ses clients; les femmes et les fêtes qui dégénèrent, message 68, les rixes au Château-Rouge, message 94, rue Galande et Château-Rouge. À noter, dans l'édition de 1901, une illustration de la grande salle, page 101, l'estampe d'Auguste Lepère, page 93, les masures derrière le Château-Rouge, page 139

  • 1898, 7 avril : procès verbal de la commission du vieux Paris, compte-rendu de la visite effectuée dans le quartier, message 155, description de l'immeuble du 57, rue Galande

  • 1898, 29 aout : Le Matin , Les bouges, Solness, message 148, l'enfer de pacotille du quartier Saint-Séverin pour touristes fortunés, la salle des morts

  • 1898, 30 septembre : Le Matin , Victor de Cottens, message 70, l'enfer de pacotille du quartier Saint-Séverin pour touristes fortunés, mention de la salle des cadavres

  • 1899, 24 avril : La Presse, paris qui s'en va,un bouge célèbre, Émile Lapaix message 143, annonce de la démolition du Château-Rouge et visite et brève description de deux salles du rez-de-chaussée, dont celle des peintures murales et du premier étage

  • 1899, 6 mai : Le Monde Illustré, message 113, annonce de la démolition du Château-Rouge et description

  • 1899, 19 juin : Le Gaulois, message 71, ce qui sera conservé du Château-Rouge

  • 1899, août  : les salles du Château-Rouge, message 35, message 74, message 128, 6 photographies, message 145, salle des peintures murales, message 150, détail de la peinture des figures

  • 1899 : Revue des revues, volume XXIX, Au pays de Misère, les bouges de Paris, Frédéric Loliée, message 78, message 144, message 147, message 149, description d'une scène de visite au Château-Rouge des touristes fortunés

  • 1899 : photographies, Eugène Atget  message 6, message 62, entrée du Château Rouge, message 62, cour du Château Rouge, message 77, rue Galande avant la démolition du Château Rouge, message 128, rue Galande avant la démolition du Château Rouge, vue rapprochée

  • 1900 : 2 photographies, Eugène Atget  message 77, rue Galande après la démolition du Château Rouge

  • 1900 : Mémoires, Rossignol, message 58, brève mention des peintures murales et du fait qu'elles sont récentes

  • 1900 : L'ami des monuments et des arts, numéro 81 message 92, exposition de la commission municipale du vieux Paris au pavillon de la ville de Paris de l'exposition universelle de 1900, photographies ou reproductions du Château-Rouge présentées

  • 1900 : Exposition universelle de 1900 – le Vieux Paris, guide message 93

  • 1901 : Dictionnaire d'argot, Rossignol message 150, couverture illustrée par Weber

  • 1901, 2 septembre : annonce message 142, ventes de 40.000 cartes postales “reproduction authentique des peintures murales du Château Rouge”

  • 1906 : photographie, Eugène Atget message 128, message 136, petit Château Rouge

  • 1909, 10 janvier : La Vie Illustrée,  message 83, un peintre Peuvrier inconnu, auteur possible des fresques du Père Lunette (également auteur au moins de la peinture de la Guillotine du Château-Rouge ?)

  • 1912 (enregistrée en) : À la place Maubert, Aristide Bruant,  message 13, chanson

  • 2012 : L'invention du vieux Paris, Ruth Fiori message 93

Les sites et blogs, on en croise énormément dans les recherches, peu sont cités  (il faut attendre le message 94 de glop pour voir citer l'inévitable Autour du père Tanguy par exemple) :

Les 3 cartes postales d'une série datant de 1900, produite à l'occasion de l'exposition universelle Et reproduisant – très mal – les peintures murales du Château Rouge :

P.S.: merci de signaler les erreurs de lien et les documents manquants.

160 Dernière modification par mercattore (25-08-2016 22:40:14)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Excellent smile

Dans votre liste : 1901 Dictionnaire d'argot, message 150. Meyer (message 150 également).

161

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

Dans votre liste : 1901 Dictionnaire d'argot, message 150. Meyer (message 150 également).

Je ne comprends plus, la notice du dico de gb dit :

Couverture illustrée [par Weber], tirée en noir et rouge. – Entre les deux dictionnaires (pp. 117-130), quelques spécimens de poésies argotiques modernes.

(http://www.languefrancaise.net/Argot/Rossignol1900)

Je pensais avoir stupidement confondu Meyer et Weber. Me dites-vous que c'est bien Meyer qui a illustré le dictionnaire et que je n'avais pas tort d'imaginer un gang Meyer-illustrateur, Peuvrier-peintre, Trolliet-tenancier, Rossignol-guide de mèche pour mettre en place un piège à gogo et touriste ?

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

C'est moi qui pédale dans la choucroute. Un coup de chaleur !  Mille excuses, éponymie smile

163

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Je crois savoir que Louis-Sébastien Mercier a décrit bien des lieux de perdition dans « Tableau de Paris ».
Je vais essayer de consulter ce livre.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

164

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Je complète le message 64 de mercattore en ajoutant le lien vers Paris étrange de Louis Baron (à partir de la page15).

Je regrette de ne pas trouver le texte complet des Mémoires de Rossignol, il avait probablement écrit quelque chose d'intéressant sur la disposition des lieux.

Avant l'affaire Gamahut-Ballerich, 6 descriptions disponibles du troquet :

  • 1875 : une salle basse

  • 1879 (Wolff) : première vaste salle, un vaste poêle en fonte avec plusieurs tuyaux,le comptoir et de longues tables
    2 autres pièces beaucoup moins grandes et le bureau de Debrabant

  • 1881 (Othenin d'Aussonville) : première salle garnie de tables et de bancs en bois
    deuxième salle plus obscure servant de dortoir aux femmes

  • 1882 (Grison) : première salle, grosses poutres, poêle  aux longs tuyaux, comptoir d'étain
    2 salles au fond dont la salle du Sénat

  • 1882 (Claretie) : première grande salle, tuyaux d'un poêle  immense
    1 salle plus petite, le Sénat

  • 1883 (Baron) : première large salle fumeuse, comptoir de zinc, tables et bancs
    salle du Sénat, accessible en traversant la grande salle, 2 becs de gaz

Après l'affaire :

  • 1886 (Grande Encyclopédie) : tables fixées au sol  par des crampons de fer

  • 1889 (Darzens) : 3 marches, porte vitrée
    première grande salle haute, le comptoir de zinc, un bec de gaz et de longues tables
    deuxième salle sur la gauche, le salon, très éclairée, très bruyante, rangées de  tables
    troisième salle, toujours sur la gauche, salle des morts, sans éclairage
    premier étage, autre salle des morts, accesible depuis la grande salle par un large escalier, bec de gaz

  • 1889 (Hugues le Roux) : première salle (vaste hall)
    troisième salle plongée dans les ténèbres, chambre des morts plongée dans les ténèbres, bancs et tables
    premier ètage, salle de retirance, dortoir en haut d'un escalier obscur

  • 1889 (Magazin Pittoresque) : première salle où l'on consomme
    premier étage, chambre des morts

  • 1889 (L'Illustration) : première grande salle, le poêle, le coin réservé aux femmes sous l'escalier
    premier étage, salle des morts en haut de l'escalier, une porte au fond à droite (la chambre des filles de Trolliet ?)

  • 1889 (Auguste Vitu) : première salle, partie opposée au coin des femmes et à l'escalier

  • 1891 (Goncourt) : premier étage, chambre des morts occupant la chambre de Gabrielle d'Estrées (on ne l'imagine pas dormir au rez-de-chaussée)

On a l'impression que la “vedette” était la chambre (ou salle) des morts au premier étage. Les choses changent après 1891 (rappelons-nous du 92, sur la peinture murale de la guillotine), et c'est une des deux petites salles du rez-de-chaussée qui devient la salle à voir, et le Sénat du rez-de-chaussée monte au premier étage.  Et c'est ce Château Rouge-là qui va être documentée par la photographie.

Mes excuses à glop, les peintures qu'il a mentionné par deux fois semblent avoir été dans la deuxième salle, pas dans la première.

Ils semblent que la deuxième salle est celle qui nous intéresse mais il y a contradiction entre le texte de Berry et celui de Huysmans (à moins que Huysmans ne parle d'un état plus ancien du troquet, ce n'est pas impossible).

  • 1897 (Berry) : première salle, immédiatement à gauche en entrant, tables et bancs réservés aux vieilles femmes
    deuxième salle à droite du comptoir, très bruyante, réservée aux buveurs, les peintures – guillotine (sur le mur du fond), arrestation de Gamahut, Gamahut devant sa victime – au milieu un trou noir qui donne sur la
    troisième salle, la chambre des morts servant de dortoir
    premier étage, dortoir occupant la chambre de Gabrielle d'Estrées

  • 1898 (Huysmans) : 80 mètres de profondeur des immeubles du 57 rue Galande
    première salle immense qui donne sur la cour, énorme  poêle de fonte, tables, bancs, long comptoir en face de l'escalier au pied de l'escalier devant la fenêtre ; dans l'alignement du  poêle, entrée de la deuxième salle (dessin page 101 de l'édition de 1901)
    deuxième grande salle, peinte de paysages, prairies, clocher, rivière, pont sur lequel s'avance une noce
    troisième salle minuscule et toute noire (salle des morts)
    premier étage, en haut d'un immense escalier, immense salle dans l'ancienne chambre de Gabrielle d'Estrées, appelée le Sénat, chambre des deux filles de Trolliet accessible en traversant le Sénat.

  • 1898 (Solness) : allusion à seulement deux salles

  • 1898 (Victor de Cottens) : mention  de la salle des cadavres où Gamahut chantait

  • 1899 (Émile Lapaix) : perron de quelques degrés
    première salle immense au plafond élevé, corniches sculptées, comptoir enlevé rècemment, peintures murales représentant des scènes bachiques
    salle plus petite à droite avec les peintures murales inspirées de l'histoire de Gamahut
    premierétage, dortoir

  • 1899 (Loliée) : première salle, comptoir d'étain, allusion au coin des femmes
    salle réservée aux buveurs avec les peintures murales inspirées de l'histoire de Gamahut
    premierétage, chambrée commune

  • 1899 (Le Monde Illustré) : première salle,comptoir en face de l'entrée (photo), coin des femmes sous l'escalier, décor de paysages de la Nouvelle-Calédonie avec les forçats
    une salle du fond appelée salle des morts, décorée de légendes et dessins macabres

  • 1899 (photos de la commission du vieux Paris) : première salle, salle d'entrée avec le poêle, l'escalier, l'entrée de la deuxième salle et le comptoir au premier plan
    deuxième salle sans peinture apparentes
    troisième salle, salle des visiteurs avec les peintures murales inspirées de l'affaire Gamahut
    premier étage, dortoir

  • 1900 (Rossignol) : nouvelle salle avec les peintures murales inspirées de l'affaire Gamahut

C'est bien ce qu'il me semblait : tout ceci présente des contradictions.

Certitude : 1 salle au premier et 3 au rez-de-chaussée - la principale avec le comptoir, l'escalier et le poêle et au mojns une entrée sur une autre salle, une deuxième assez vaste, un autre plus petite  - les peintures murales qui nous intéressent sont dans la plus petite.

On ne sait pas vraiment comment on passait dans la troisième salle, directement depuis la première ou enpassant par la deuxième. On pourrait supposer qu'elle était accessible tant directement de la deuxième salle (le fameux trou d'ombre de 1889 dans le texte de Darzens) que d'une porte à droite de celle donnant de la pièce principale dans la deuxième salle. Cette porte non documentée se trouvant près de l'extrémité du comptoir (au fond à gauche de la première salle en regardant depuis l'entrée).

Les appellations sont fluctuantes. Je tendrais à dire que la petite salle/chambre des morts/cadavres du rez-de-chaussée (la troisième) est celle qui a accueilli nos peintures et que la deuxième salle était celle qui a un temps été appelée sénat ou salon.

165 Dernière modification par éponymie (26-08-2016 17:49:44)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

Huysmans est bien le seul à situer la salle des morts au rez-de-chaussée !

Faux. C'est maintenant amplement démontré.

La deuxième salle (la plus grande des deux salles annexes, celle dont l'entrée était près de l'escalier) semble avoir été appelée d'abord sénat, puis salon tandis que la troisième était la chambre des morts (ou dénominations équivalentes), appellation qu'elle a partagé avec le dortoir du premier, avant de se voir légendée comme salle des visiteurs.

Je pense pouvoir dire que vous avez tort d'identifier cette salle des peintures murales au sénat, c'est l'horrible dortoir-trou noir des débuts qui a été transformé en salle d'accueil des touristes fortunés avec le décor qui convenait.

mercattore a écrit:

Et message 63, il nomme la salle des morts le Sénat, ce qui est une confusion.

Exact, il ne semble jamais y avoir eu confusion entre la salle des morts du rez-de-chaussée (troisième salle) et le sénat (deuxième salle). Mais comme le sénat s'est baladé d'un étage à l'autre et que la salle du premier a aussi été appelée salle des morts, il y a eu incertitude.

166 Dernière modification par éponymie (26-08-2016 18:14:16)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

On ne sait pas vraiment comment on passait dans la troisième salle, directement depuis la première ou en passant par la deuxième. On pourrait supposer qu'elle était accessible tant directement de la deuxième salle (le fameux trou d'ombre de 1889 dans le texte de Darzens) que d'une porte à droite de celle donnant de la pièce principale dans la deuxième salle. Cette porte non documentée se trouvant près de l'extrémité du comptoir (au fond à gauche de la première salle en regardant depuis l'entrée).

En y réfléchissant et en pensant aux photos de 1898-99, la seule explication possible est que l'accès à la troisième salle par la deuxième salle a été fermé (il se situait sur la paroi figurant l'arrestation de Gamahut) et qu'à l'époque des touristes on y accédait par une porte depuis la grande salle. Il est probable que cet accès a été ajouté dans un second temps (au plus tard en 1889) mais toutefois avant la décoration murale.

C'est sur le mur dans lequel il y avait cette porte que se trouvait la guillotine et les figures : un texte situe la guillotine sur la paroi du fond, face à Gamahut devant le cadavre de madame Ballerich donc. La paroi portant cette dernière représentation étant sans ouverture, la deuxième salle ayant une forme relativement carrée et la deuxième et la troisième salle occupant le rez-de-chaussée du batiment central dans le prolongement de la première salle sur la gauche, c'est la seule disposition possible pour la troisième pièce.

Il faut décortiquer textes et photos pour arriver à cette conclusion. Pour l'instant, ce n'est que la mienne.

167 Dernière modification par éponymie (27-08-2016 18:56:52)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

- Rossignol était un des meilleurs limiers de la sûreté, avec Jaume. On retrouve leurs noms dans nombre d'articles de divers quotidiens. Jaume, par exemple, avait été appelé en province pour résoudre l'énigme de l'assassin à la pélerine, Jean-Dauga, un ancien gendarme, qui fit dix victimes. Jaume le démasqua. Dauga fut exécuté guillotiné publiquement devant la prison de Nancy, le 23 janvier 1890.

Une trentaine de pages sont consacrées à Rossignol dans La police de sûreté en 1889 d'Horace Valbel.

Il faut tout lire, il y a matière à tout un feuilleton télévisé tellement il y a de rocambolesque dans ses aventures ici et là. C'était plus rigolo d'être dans la police au XIXe qu'au XXIe, sans parler des méthodes qui seraient aujourd'hui probablement aux limites de la légalité. En outre aux temps des réseaux sociaux, les travestissements ne seraient pas très efficaces...

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:
mercattore a écrit:

Huysmans est bien le seul à situer la salle des morts au rez-de-chaussée !

Faux. C'est maintenant amplement démontré.

La deuxième salle (la plus grande des deux salles annexes, celle dont l'entrée était près de l'escalier) semble avoir été appelée d'abord sénat, puis salon tandis que la troisième était la chambre des morts (ou dénominations équivalentes), appellation qu'elle a partagé avec le dortoir du premier, avant de se voir légendée comme salle des visiteurs.

Je pense pouvoir dire que vous avez tort d'identifier cette salle des peintures murales au sénat, c'est l'horrible dortoir-trou noir des débuts qui a été transformé en salle d'accueil des touristes fortunés avec le décor qui convenait.

mercattore a écrit:

Et message 63, il nomme la salle des morts le Sénat, ce qui est une confusion.

Exact, il ne semble jamais y avoir eu confusion entre la salle des morts du rez-de-chaussée (troisième salle) et le sénat (deuxième salle). Mais comme le sénat s'est baladé d'un étage à l'autre et que la salle du premier a aussi été appelée salle des morts, il y a eu incertitude.

Oui, je suis d'accord sur la fausse attribution de Sénat à la salle des visiteurs et qu'une deuxième salle du rez-de chaussée avait la fonction de salle de sommeil, portant, comme au 1er étage l'appellation de salle des morts. Par contre, je pense que situer, un temps, le Sénat au 1er étage me parait érroné. Cette pièce a toujours eu une fonction de salle de sommeil, qu'elle soit appelée salle des morts, dortoir, salle des cadavres etc.

169

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

En 1887, La police parisienne : un joli monde de Gustave Macé (1835-1904), chef du Service de la sureté.

On y parle des ouvriers suisses qui logent dans les anciens jardins et qui évitent soigneusement le troquet.

http://img4.hostingpics.net/pics/4716541887LapoliceparisienneUnjolimonde.jpg



En 1890, une autre description dans Paris et ses merveilles de L. Huard.

http://img4.hostingpics.net/pics/7807331890Parisetsesmerveilles.jpg

Le coin des femmes est déplacé.



Nous n'avions pas documenté les grands-ducs, voilà qui est fait : c'était dans la nuit du 17 au 18 novembre 1891 (article du  Petit Journal) :

http://img4.hostingpics.net/pics/61121518911118LePetitJournal.jpg

Avec l'immanquable Rossignol.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Evictions,  expropriations…

Quotidien Le Gaulois (12/12/1898)

LA FIN DE LA RUE GALANDE


On l’exproprie, que dis-je ? Elle est expropriée depuis hier. Nid de vices, où le microbe du crime se développait à souhait comme en un bouillon de culture ad hoc, la rue Galande était fatalement vouée à une fin misérable : la pioche du démolisseur, comme la guillotine de M. Deibler, ne tardera pas à opérer ici. Telle est la volonté des pouvoirs publics, et if faut bien reconnaître qu’ils n'ont pas tout à fait tort.
Les choses ne semblent point avoir marché toutes seules. Les habitants de ia rue Galande, les clients ordinaires du Père-Lunette et du Château-Rouge, trouvaient de fort mauvais goût qu'on les voulût réduire à merci. Ils sont électeurs comme vous et moi, et longtemps ils ont joué de cette qualité à la Ledru-Rolin.

Mais Finalement il a bien fallu leur démontrer que cette très vieille rue avait cessé de plaire, et on a sorti l'argument décisif : l'argent. On exproprié ces « Messieurs ».
L'acte officiel est mieux à tire c'est un chapitre de plus à ajouter à l'histoire de l’ancien Paris.
Jugez-en :
Un fabricant de « pattes de bretelles » demandait 23,000 francs d'indemnité : on lui a alloué 8,000 francs.
On a donné 12,000 francs à un « marchand de rognures » qui réclamait 40,000 francs ; et je relève ces chiffres : 2,500 francs à un sculpteur qui en voulait 32,000 ; — 36,000 à « un bouillon et boeuf » qui n'en attendait pas moins de 130,000, — et quant aux marchands de vin, très nombreux en cet endroit, les allocations varient entre 2,000 francs et 26,000 francs. Enfin au fameux Château-Rouge à qui on offrait d'abord 25,000 francs, et qui s’estimait lui-même à 99,640 francs, les experts ont attribué 55,000 francs, ce qui est vraiment une somme.


Source : gallica.bnf.fr

171

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Que de chemin parcouru depuis le début de ce fil. Et je suppose que ce n'est pas terminé. Merci smile

172 Dernière modification par éponymie (01-09-2016 23:10:20)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

La maison de la Bannière de France dont parlait Huysmans m'intriguait, vérification faite, il semble bien qu'il avait raison :

http://img15.hostingpics.net/pics/825271topographiehisto06bertuoft.jpg

Sur ce plan de 1884, on voit bien le numéro 57, on peut faire le parallèle avec les fameuses photos d'Atget prises du carrefour de la rue Saint-Julien le Pauvre (près de Chez Odette). Et en remontant la partie méridionale de la rue de la page 163 à la page 161 du tome VI de la Topographie historique du vieux Paris (1893) d'où est extraite la carte de 1884, notre 57 parait effectivement correspondre avec l'emplacement de cette maison de la Bannière de France (les immeubles changent mais les emplacements et, plus tard, les numéros perdurent souvent dans les vieilles rues).

Tout ceci nous ramène au plus tard à 1524.

P.S.: si Huysmans a utilisé cette source pour son livre et s'il a suivi un raisonnement identique au mien, nous ne sommes pas plus avancés smile Difficile de trouver ce collège d'Allemagne ou cette maison de la Bannière de France par ailleurs.

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

Oui, pas grand chose sur cette Bannière de France.

En 1522, un médecin s'installa dans une maison à l'enseigne de la Bannière de France, rue Galande, mais pas d'autres précisions.


http://img4.hostingpics.net/pics/517858TEXTEBANNIEREDEFRANCE.jpg


Extrait du Dictionnaire biographique des médecins en France au moyen âge, d'Ernest Wickersheimer (supplément) - Danielle Jaquart. Librairie DROZ, Genève. Librairie Champion, Paris. 1979.

174 Dernière modification par mercattore (04-09-2016 09:13:52)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

éponymie a écrit:

(les immeubles changent mais les emplacements et, plus tard, les numéros perdurent souvent dans les vieilles rues).

Oui, ce n'est pas rare.


http://img4.hostingpics.net/pics/617569RUEGALANDE9.jpg

Rue Galande aujourd’hui. En direction de l’ancien Château-Rouge.


http://img4.hostingpics.net/pics/814189RUEGALANDE10.jpg

Emplacement du Château-Rouge, en brique...rouge ! Toujours au n° 57. La flèche indique un bâtiment ancien à la suite duquel tous les bâtiments (à gauche) ont remplacé des anciennes constructions : n° 59, commerce TABACS (maison à pignon), N° 57, Château-Rouge, n° 55 etc. Voir ci-dessous. On retrouve ce bâtiment ancien à la dernière photo.


http://img4.hostingpics.net/pics/457036RUEGALANDE1898.jpg


http://img4.hostingpics.net/pics/742912RUEGALANDE10BIS.jpg

On aperçoit la maison à pignon (mitoyenne du Château-Rouge), disparue, et à sa droite, mitoyen et fléché, le bâtiment ancien préservé de la photo 2 où commence le retrait.

175 Dernière modification par éponymie (05-09-2016 09:45:26)

Re : Cabaret «Au Chateau-Rouge», rue Galande, à Paris

mercattore a écrit:

En 1522, un médecin s'installa dans une maison à l'enseigne de la Bannière de France, rue Galande, mais pas d'autres précisions.

Aux archives nationales, quelque chose en 1624 :

Claude de Paris, maître bourrelier, demeurant à Saint-Germain des Prés lez Paris rue des Boucheries, paroisse Saint-Sulpice, et Hélène La Maire, veuve de Marin de La Rue, maître tailleur d'habits à Paris, demeurant rue Galande, à l'enseigne de la Bannière de France, paroisse Saint-Séverin contrat de mariage passé en présence de Nicolas Le Brun, maître sculpteur et peintre à Paris.
Notice n° 5326
Date de l'acte : 28 septembre 1624

On rencontre plusieurs enseignes de ce type dans Paris, c'était normal, explication dans la page 8 de ce pdf : http://www.jstor.org/stable/41742200?se … b_contents.

En changeant d'époque, on voit aussi qu'il y a eu un fabricant de couvertures assez connu entre 1826 - si ce n'est 1810 - et 1858 dans notre immeuble : Poupinel  (père et fils, en activité depuis au moins 1810, signalés au numéro 62 - inexistant - en 1813, leur filature était à Pantin) jusqu'en 1850 puis, à partir de 1851, date à laquelle il participe à l'expo universelle, le collaborateur et successeur de Poupinel jeune, Edmond Guyon. Ont-ils précédé dans les lieux Trichard, le premier marchand de vin connu ? En 1867, Guyon avait déménagé au 22, rue des Bourdonnais.

Toutes ces infos se trouvent facilement sur Gallica voire sur GL.

P.S.: il ne serait pas illogique que le marchand de couverture ait occupé la boutique donnant sur la rue mais il me semble avoir lu en passant sur un blog un passage parlant de Guyon.

P.P.S.: il existait en 1643, une maison rue Saint-Jacques, tout près donc, une maison à l'enseigne du château rouge. Coïncidence ?

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