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Messages [ 1 351 à 1 375 sur 1 855 ]

1 351

Re : les doublets en français

Un vieux cas épineux que je me décide enfin à traiter.

vh message 1021, page 41 a écrit:

zouave/ ►Zwawa/Zouaoua

L'adjectif invariable zouazoua existe bel et bien dans le vocabulaire spécialisé des linguistes, je le date en français, faute de mieux, de 1925 (traduction d'un ouvrage en arabe du XVe; cf. l'article de Persée en lien ci-dessous).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zouaoua
http://www.persee.fr/doc/remmm_0035-147 … _26_1_1825
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb119834141

Donc :

zouave / zouazoua (étymon arabe maghrébin zwāwa)

  • 1 – arabe maghrébin – français moderne (1623)

  • 2  – arabe maghrébin – français moderne (1925)

zouazoua cf. zouave

1 352 Dernière modification par éponymie (08-07-2016 10:12:52)

Re : les doublets en français

Lettre T.

vh message 1288, page 52 a écrit:

teindre / teigne (étymon latin tingere)

J'ai lu les notices étymologiques mais ne voit pas le rapport, si ce n'est l'analogie avec certaines formes subjonctives de teindre.

Je peux me tromper mais il me semble que c'est la première fois que j'intègre les notices étymologiques faisant appel au proto-gallo.-roman (cf. fils sur la phonétique historique du français et les tribulations des mots).

terme / terminus (latin terminus)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin – anglais moderne (1550) – français moderne (1840)

terme / *► tertre (latin populaire termitem accusatif de termes, réfection de termen d'après les formes de limes « limite, borne »)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin termen – latin populaire termitem – ancien français (ca 1100)

terminus cf. terme

tertre cf. terme

tessiture / texture (latin textura, substantivation du participe futur féminin de texere)
Cf. étymologie du terme italien.

  • 1 – latin – italien tessitura – français moderne (1901)

  • 2 – latin – moyen français (ca 1380)

texture cf. tessiture

torche / torque (2) (proto-gallo-roman torca)

  • 1 – proto-gallo-roman – gallo-roman tortche (av. IXe) – ancien français torge (1174), torche (1175)

  • 2 – proto-gallo-roman – roman-nord-occidental torque (av. IXe) – ancien picard – ancien français (1250)

torque (2) cf. torche

1 353

Re : les doublets en français

Le N avec la jolie histoire du nombril.

nacaire / nacre (arabe naqqaīra, naqqāra « petit tambour »)

  • 1 – arabe – ancien français (1276)

  • 2 – arabe – italien nacc(h)aro, nacchera, nacc(h)ara – moyen français (1347)

nacelle / navicelle (latin populaire navicella)

  • 1 – latin populaire – ancien français nacele (ca 1050)

  • 2 – latin populaire – latin chrétien – français moderne (1818 )

nacre cf. nacaire

navicelle cf. nacelle

nexe / nexus (latin nexus)

  • 1 – latin – français moderne (1840)

  • 2a – latin – français moderne (1771)

  • 2b – latin – anglais moderne (1663) – français moderne (1924)

nexus cf. nexe

*► nombril (issu par dissimilation de l'ancien français nomblil issu à travers une série de modifications phonétiques du latin umbelicus) / ombilic (latin umbelicus)

  • 1 – latin – latin populaire *ŭmbĭlīcŭlus  puis la forme attestée umblil qui donnera par agglutinationde l'article défini lonblil et sa forme dissimilée lonbril – ancien français nomblil (1155), nombril (1165) soit issus par agglutination de l'article indéfini des formes précédentes soit issu l'un de l'autre par dissimilation

  • 2 – latin – moyen français ombelic (XIVe)

nomenclature / nomenklatura (latin nomenclatura)

  • 1 – latin – français moderne (1559)

  • 2 – latin – russe (fin des années 20 du XXe) – français moderne (XXe)

nomenklatura cf. nomenclature


ombilic cf. nombril

1 354

Re : les doublets en français

Et voici le G :

geindre (latin gĕmĕre qui a donné en ancien français giembre altéré en geindre sous l'influence des verbes en -eindre) / gémir (latin gĕmĕre)

  • 1 – latin – ancien français giembre altéré en geindre (ca 1200)

  • 2 – latin – ancien français (1170)

gémir cf. geindre

gloire  / gloria (latin gloria)

  • 1 – latin – ancien français glorie (ca 1050)

  • 2 – latin – ancien français (fin XIIe)

gloria cf. gloire

glu  / gluten (latin gluten, accusatif)

  • 1 – latin – latin tardif gluten accusatif de glus  – ancien français glud (fin XIe)

  • 2 – latin – français moderne (1515)

gluten cf. glu

goddam / (godon) (moyen anglais god-damn)
Cf. etymonline

  • 1 – moyen anglais – moyen français goddem (1431) – français moderne (1767)

  • 2 – moyen anglais – moyen français (XIVe)

godon cf. goddam

grade / gradus / grau (latin classique gradus)
Si le troisième est issu de la forme provençale de l'ancien occitan, il y a altération pour ce doublet (carré bleu)

  • 1 – latin – français moderne (1578 )

  • 2 – latin – français moderne (1821)

  • 3 – latin – ancien occitan  dans sa forme provençale gra(s) (ca 1350) altérée en grau sous l'influence d'une forme masculine de *grava « grève » ou bien dans sa forme catalane grau – occitan – français moderne (1704 )

gradus cf. grade ; grau

grau cf. grade ; gradus

1 355

Re : les doublets en français

Un petit R, un petit rien pour la route :

rébus (latin rebus, ablatif pluriel de res) ; rien (latin rem, accusatif singulier de res)
L'étymologie de rébus est cependant constestée, cf. la notice étymologique du TLFi en lien.

  • 1 – latin – français moderne (1512)

  • 2 – latin – ancien français ren (fin Xe)

rien cf. rébus

1 356

Re : les doublets en français

Le F :

*► faillite (latin populaire fallita, la forme française a été altérée sous l'influence de failli, faillir) / *► faute (latin populaire fallita)

  • 1 – latin populaire – italien fallita – français moderne (1566)

  • 2 – latin populaire – ancien français (1174-1178 )

far (latin populaire farsus participe passé masculin de farcire) / farce (1)(latin populaire farsa participe passé féminin de farcire)

  • 1 – latin populaire – ancien occitan – bas limousin  –  dialectes de l'Ouest et du Centre – français moderne (1799)

  • 2 – latin populaire – ancien français farse – moyen français (début XIVe)

farce (1) cf. far

faute cf. faillite

feuille / foil  (ancien français foil, fueill, fueille)
Cf. etymonline

  • 1 – ancien français (1re moitié XIIe)

  • 2 – ancien français (1re moitié XIIe) – moyen anglais (début XIVe) – français moderne (postérieur à 1959)

foil cf. feuille

frigidaire / frigidarium  (latin classique frigidarium)
Voir aussi cette discussion sur ABC

  • 1 – latin classique –  anglo-américain (1918 ) – français moderne (1636 puis 1926)

  • 2 – latin classique – français moderne (1838 )

frigidarium cf. frigidaire

fuste (latin classique fustis qui a donné en latin populaire un fustum neutre dont le pluriel était fusta) / fût (latin classique fustis)

  • 1 – latin classique – latin populaire fusta féminin à valeur collective tiré du neutre fustum issu du latin classique –  italien (vénitien)  – moyen français (1392-1393)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

fût cf. fuste

1 357 Dernière modification par glop (18-07-2016 10:05:09)

Re : les doublets en français

pimpinelle / pimprenelle (étymon latin pipinella)

pimprenelle cf. pimpinelle

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 358

Re : les doublets en français

Et re-voilà la botanique. C'est noté, merci smile

1 359

Re : les doublets en français

éponymie message 1334, page 54 a écrit:

Je signale le  Français langue d'accueil (2000), partie d'un recueil plus vaste d'articles rédigée par Henriette Walter. Aux pages 8 et 9 une liste de doublets. Beaucoup ont déjà été trouvés, certains rejetés mais malgré tout des nouveautés (qui restent cependant à valider).

Et, à lire le TLFi, des trucs très fantaisistes comme calcul/caillou ou faisant entrer en jeu des dérivés comme fisc/faisselle. Notre Henriette Walter est beaucoup moins rigide que d'autres pour adopter des doublets.

Cela fait plus d'un mois que je me le tiens sous le coude mais je ne l'ai encore exploité que partiellement pour alimenter la liste des doublets à traiter. Son apport est signalé par FLA.

Décidément, les résultats sont totalement différents selon les critères de sélection adoptés, j'ai bien trouvé une paire de doublets à partir de la paire advenir/avenir d'Henriette Walter mais ils sont différents et il a fallu les accoucher au forceps. Avenir au sens de futur est à exclure, reste simplement la forme non différenciée sémantiquement de advenir.

J'attendrai avant de traiter ses autres doublets.

abrotone / aurone (latin abrotanum)

  • 1 – latin – moyen français (abrotane XIVe)

  • 2 – latin – ancien français (abrogne 1213)

acinus (latin acinus) / aine (2) (latin acina forme féminine de acinus)
Les étymons sont deux mots distincts strictement synonymes pour l'acception « grain de raisin »

  • 1 – latin – français moderne (1814)

  • 2 – latin – ancien français (asne ca 1200)

advenir, avenir (ancien français avenir,« arriver, se produire » , qui connait dans la 2e moitié du XIIIe la réfection advenir d'après l'étymon latin advenire) / avenant (3) sens B (participe présent de l'ancien français avenir « arriver, se produire »)

  • 1 – ancien français (première moitié Xe)

  • 2 – ancien français (1266)

aine (2) cf. acinus

aître / atrium (latin atrium)

  • 1 – latin – ancien français (ca 1100)

  • 2 – latin – français moderne (1627)

atrium cf. aître

aurone cf. abrotone

avenant (3) sens B cf. advenir, avenir

1 360

Re : les doublets en français

Le E.

Un autre exemple de doublets de Français Langue d'Accueil rejetés ici : encaustique vient de encaustica « art de peindre à l'encaustique » et encre vient de encaustum « encre de pourpre » puis « peint à l'encaustique ». Apparentés non doublets.

L'ajout d'étiage au couple estuaire/étier était depuis longtemps dans les cartons, je ne sais plus qui l'a proposé dans quel message et je n'arrive pas à le retrouver. Quoi qu'il en soit, étiage est un dérivé de étier. Apparentés non doublets.

écluse (latin tardif exclusa substantivation du participe passé féminin de excludere) / exclure  (latin classique excludere)

  • 1 – latin – ancien français (escluse XIe)

  • 2 – latin classique – ancien français (XIIIe)

écoute (1) / scout (ancien français escute)
Attention ! L'on line etymology dictionary fait du substantif scout un dérivé du verbe to scout et non le produit d'un emprunt au français escute, auquel cas nous n'aurions pas de doublets au sens où il sont sélectionnés sur ce site.

  • 1 – ancien français (début XIIe)

  • 2 – ancien français (début XIIe) – anglais moderne (ca 1550) – français moderne (1907 au sens de « bâtiment de guerre participant à une recherche », 1910 au sens de « boy-scout » )

endurer / indurer (latin indurare)

  • 1 – latin– ancien français (ca 1050)

  • 2 – latin – français moderne (1833)

épine / spina (latin classique spina)

  • 1 – latin classique – ancien français (fin Xe)

  • 2 – latin classique – français moderne (1817)

exclure cf. écluse

exit (latin classique exit 3e personne singulier du présent de exire) / (issir) (latin classique exire) / issu (latin classique exitus participe passé de exire)

  • 1 – latin – latin médiéval (XVe) – anglais moderne (XVIe) – français moderne (1832)

  • 2 – latin classique  – ancien français (première moitié Xe)

  • 3 – latin classique  – ancien français (1120-1150)

indurer cf. endurer

(issir) cf. exit; issu

issu cf. exit; (issir)

scout cf. écoute  (1)

spina cf. épine

1 361

Re : les doublets en français

Un ajout sugéré par le fil sur l'étymologie de mode

façon / faction / fashion (latin classique factionem accusatif de factio)
Cf. Online etymology dictionary.

  • 1 – latin classique – ancien français (1121-1134)

  • 2a – latin classique – moyen français (1355)

  • 2b – latin classique –  italien fazione (ca 1500) – français moderne (1616)

  • 3 – latin classique – ancien français (façon 1121-1134) – moyen anglais (fasoun ca 1300) – français moderne (1819)

1 362 Dernière modification par glop (22-07-2016 17:03:33)

Re : les doublets en français

point / pointe (étymon latin pungere)

pointe cf. point

Voir poindre.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 363 Dernière modification par glop (23-07-2016 11:40:16)

Re : les doublets en français

alizé / lisière (étymon latin licium)

lisière cf. alisée

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 364 Dernière modification par éponymie (24-07-2016 08:19:33)

Re : les doublets en français

Alizé :

Origine incertaine. Peut-être à rattacher aux descendants du latin lixare« lisser », proprement « lessiver », croisé avec allisus (voir lisser, lisse adjectif) : cf. ancien provençal lis « lisse, doux (en parlant du temps) », bas berr. alizer « rendre uni, lisse », languedocien alisá « polir, lisser », béarnais alisá « lisser » (dans S. Palay, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes,1932), etc. (voir FEW tome 5, s.v. lixare).

L'emprunt à l'espagnol (vientos) alisios « vents alizés » (Dauzat 1968, DEI, EWFS), n'est pas possible, ce mot espagnol n'étant attesté que depuis 1884 (d'après Cor. t. 1 1954, s.v.) et étant au contraire probablement emprunté au français.

Une dérivation du moyen français au lis du vent « dans la direction où le vent souffle » (Dutko dans Français moderne t. 3, pp. 162-163) est difficile à comprendre tant du point de vue sémantique  que du point de vue phonétique. D'autre part cette expression assez rare est elle-même d'origine très obscure : Dutko, loc.cit., la fait remonter au francique. *listia, FEW t. 5, au latin lectus « lit », et Jal 1848, s.v. lit du vent, au latin licium« chaîne de l'étoffe ».

Lisière :

Origine incertaine. Peut-être dérivé de l'ancien bas francique *lisa « ornière », que l'on suppose d'après  le lituanien lysẽ « plate-bande (d'un jardin) » et l'ancien prussien lyso « id. (d'un champ) ». Cette forme *lisa a dû exister à côté de l'ancien bas francique *laiso, de la même famille que l'allemand Gleis, Geleise « voie ferrée, ornière »; cf. ancien haut allemand waganleisa « ornière »; cf. aussi le normand alise « ornière »; alisée « id. » (v. REW et FEW t. 16, p. 468b).

L'hypothèse du FEW t. 5, pp. 313b-314a, qui dérive lisière du substantif masculin lis (du latin licium « lisière d'étoffe »), est peu probable, ce dernier étant plus récent que lisière (1380, « grosses dents aux extrémités d'un peigne de tisserand », Ordonnances des rois de France, t. 6, p. 473, v. aussi note b; puis, au XVIIIe siècle, au sens de « lisière d'une étoffe », v. FEW t. 5, p. 312b).

Ce que les deux ont en commun dans ces deux notices, c'est effectivement licium. Dans les deux cas, c'est dans le cadre d'hypothèses contestées.

Par contre, je note pointe/pointer/poindre à ajouter à point/punctum. J'étais persuadé d'avoir déjà regardé cette famille dans la préhistoire de ce fil (page 15) mais la série point/pointe est évidente. Probablement le profilage des doublets n'était pas encore au point il y a 2 ans.

1 365

Re : les doublets en français

éponymie message 1147, page 46 a écrit:
glop message 1146, page 46 a écrit:

Que faire de répartir et repartir?

Et comme en ancien français, il n'y avait pas de schwa (le e caduc), il est arrivé avec le moyen français (XIVe, XVe), c'est donc repartir qui est venu faire concurrence à répartir. Du coup je trouve curieuse la notice du TLF :

Dérivé de partir (1)*; préfixe re-*, avec substitution de ré- à re-* pour éviter la confusion avec repartir*. Il est impossible d'établir à partir de quelle période on prononça ré-.

C'est dès le XIIe que les acceptions de répartir sont connues et, justement, il se prononçait bien ré-. Ce serait que le é se serait amuï et que l'on aurait rétabli l'ancienne prononciation - en français moderne je suppose - pour éviter la confusion avec "partir de nouveau" ou "user de repartie" . Mah...

Tout un article ici : http://linx.revues.org/705

Mais ils ne se posent pas la question de la prononciation, tout juste donnent-ils une règle pour l'alternance re/ré qui, comme d'hab, a des exceptions à la pelle.

Et puis il pourrait aussi s'agir de dérivations parallèles parce que repartir dans toutes ses acceptions semble dater au maximum du XVIe : auquel cas, pas de doublets (mais répartir qui décide de bien se tenir pour se distinguer du nouveau venu).

Bleu, olive ou gris ? J'ai rédigé tout en réfléchissant (ou réfléchi tout en rédigeant) et au point où j'en suis de cette réflexion - ici ---> Je finis par pencher pour les pas doublets sans même les ranger dans les cas litigieux. Mais je pourrais me tromper.

En fait, il s'agit de dérivations parallèles, répartir (1155) vient du verbe partir (1) au sens de « séparer, diviser », repartir (1273) vient du verbe partir (2) au sens de « s'en aller » dont l'acception dérive de partir (1). Proches parents mais pas doublets.

Je me demande toujours pourquoi il faut que je laisse reposer longtemps les problèmes épineux pour les résoudre plus tard en un clin d'œil.

omble(-chevalier) (latin umbra « poisson du genre sciène » altéré sous l'influence du latin humilis) / ombre (2) (latin  umbra « poisson du genre sciène » )
Il existe un autre poisson nommé omble mais l'étymologie du mot est différente, il vient du latin tardif amulus.

  • 1 – latin – français moderne (1553)

  • 2 – latin –  moyen français (XIVe)

ombre (2) cf. omble

or (2) / ores, ore, or (latin populaire hā horā)
Le second est vieilli dans quasiment toutes ses acceptions et ne subsiste dans la langue courante que dans d'ores et déjà. La distinction orthographique est moderne.

  • – latin populaire – ancien français (ore première moitié du Xe pour 1, or 1230-35 pour 2)

ores, ore, or cf. or (2)

racème / *► raisin (latin classique racēmus)

  • 1 – latin – latin scientifique racemo (1727) – français moderne (1856)

  • 2 – latin – latin populaire *racīmus (1727)– ancien français (1121-1134)

raisin cf. racème

redoute (latin reductus qui a donné en italien ridotto altéré lors de l'emprunt sous l'influence de redouter) / réduit (latin  reductus qui a donné en latin populaire le neutre substantivé reductum)

  • 1 – latin – italien ridotto – français moderne (1599)

  • 2 – latin – latin populaire reductum – ancien français (ca 1150)

réduit cf. redoute

réticule / réticulum (latin  reticulum)

  • 1 – latin – français moderne (1682)

  • 2a – latin – français moderne (1758)

  • 2b – latin – français moderne (1765)

  • 2c – latin – français moderne (1817)

réticulum cf. réticule

ronce (latin rumicem accusatif de rumex) / rumex (latin  rumex)

  • 1 – latin – ancien français (1175)

  • 2 – latin – latin scientifique (1770) – français moderne (1805)

rumex cf. ronce

1 366 Dernière modification par glop (24-07-2016 17:29:25)

Re : les doublets en français

Entre autres cas litigieux:

Tyran
… [… Empr. au lat.tyrranus, -i « souverain », « despote, usurpateur », du gr. τ υ ́ ρ α ν ν ο ς « maître absolu », par suite « celui qui usurpe le pouvoir absolu dans un État libre », d'où « tyran, despote », et p. anal. le roitelet, oiseau, cf. lat. sc. Tyrannus…]…

Tirrer
… [Selon Wartburg, tirer serait une réduction de l'a. fr. martirier « martyriser, torturer (en général) » (xiies. ds T.-L.), dér. de martyre*. Le part. prés. de martirier, martirant, aurait été interprété comme comp. de l'a. adv. mar « malheureusement » (du lat. mala hora « à la mauvaise heure ») et de tiranz, nom habituel du bourreau au Moyen Âge, lui-même issu du lat. tyrannus (tyran*), une torture fréquente était en effet la dislocation des membres par étirement ou écartèlement. Tirer s'est substitué à traire* dans la plupart de ses empl. en m. fr]…

De toute façon, si je n'm'abuse, un verbe ne peut pas former un doublet avec un substantif.


PS

ALISIER, ALIZIER
http://www.cnrtl.fr/etymologie/alisier

AULNE
http://www.cnrtl.fr/etymologie/aulne

Il faudrait demander à Vercingétorix ce qu’il en pense.

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 367 Dernière modification par éponymie (24-07-2016 17:47:24)

Re : les doublets en français

glop a écrit:

De toute façon, si je n'm'abuse, un verbe ne peut pas former un doublet avec un substantif.

Ce n'est pas vraiment courant mais il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas arriver.

Une forme verbale peut éventuellement former un doublet avec un substantif ou un adjectif. Nous avons vu il y a peu exit (forme verbale latine) et issu (adjectif ancien participe passé) qui ne forment pas l'exemple le plus probant mais il y en a d'autres, il suffit de parcourir le site : dès la lettre A, je tombe sur astreindre (verbe)/astringent (adjectif issu d'un participe présent latin)

Il suffit qu'un infinitif  ou un adjectif soit substantivé par que l'on puisse tomber sur un couple verbe/substantif.

Tirer et tyran seront parents (cela semble tiré par les cheveux) mais effectivement dans leur cas, il est impossible d'en faire des doublets. L'italien ne se risque guère non plus à trouver une étymologie à tirer (il a tirare et l'équivalent de traire, trarre), en espagnol et en portugais, le mot existe aussi. Certains l'apparentent à l'anglais to tear. Toujours curieux de voir combien un mot si courant peut poser de problèmes...

Tirer un trait serait un pléonasme alors smile ? Et ce qui est rigolo, c'est qu'en écrivant ceci, vérification faite, nous voici justement avec une de ces séries de doublets qui vous semblait improbable : trait vient directement de tractus supin du latin trahere et traire vient aussi de trahere en passant par la forme populaire tragere (traggere est une forme ancienne de trarre en italien). Je les note illico.

Merci glop, plus extraordinaire que vous on meurt.

P.S.: pour votre propositon en post-scriptum, je préfère noter alise/aulne. Merci encore.

1 368

Re : les doublets en français

Tout compte fait, traire/trait ne sont probablement pas des doublets issus de formes diférentes de l'étymon latin, un petit tour dans le DHLF semble confirmer que trait substantif est seulement une spécialisation tardive du participe passé de notre traire médiéval.

1 369

Re : les doublets en français

vh message 1163, page 47 a écrit:

détresse / détroit / district (étymon lat. districtus)

districtus < distringere (serrer)

J'élimine détresse, c'est le cas déjà rencontré plusieurs fois de dérivation pour former un mot de sens nouveau par ajout de suffixe (ici féminin). Il faut que je recense ces cas, car j'ai peur de me faire piéger de temps à autre, je me le suis noté.

daintiers / dignité  (latin classique dignitas)
Cf, aussi FEW

  • 1 – latin classique – ancien français (deintie ca 1100)

  • 2 – latin classique – ancien français (1155)

damoiselle / demoiselle (ancien français domnizelle)

  • – ancien français (domnizelle 881, damizele ca 1100)

damoiselle ; demoiselle / donzelle (latin populaire domnicella)

  • 1 – latin populaire– ancien français (domnizelle 881, damizele ca 1100)

  • 2 – latin populaire– ancien français (donzele ca 1160)

débit (2) (latin classique debitum) / dette (latin debita pluriel substantivé du latin classique debitum)

  • 1 – latin classique – français moderne (1675)

  • 2 – latin populaire– ancien français (dete ca 1174-1176)

délire / délirium (latin delirum)

  • 1 – latin – moyen français (deslere 1478 )  – français moderne (deslire 1537)

  • 2 – latin – français moderne (1824)

délirium cf. délire

demoiselle cf. damoiselle

dette cf. débit (2)

détroit (latin classique districtus participe passé de distringere / district  (latin classique districtum supin de distringere

  • 1 – latin classique – ancien français (destreiz ca 1100)

  • 2 – latin classique – latin tardif districtus substantivation du précédent – moyen français (1480)

dignité cf. daintiers

district cf. détroit

donzelle cf. damoiselle ; demoiselle

J'en termine avec les D à traiter demain et poursuis avec le M.

1 370

Re : les doublets en français

vh message 1288, page 52 a écrit:

draille / troller/trôler (étymon latin tragulare)

L'étymon de draille n'est pas le verbe latin mais le nom tragula « javelot muni d'une courroie, herse, filet » , par contre draille a effectivement un doublet, traille.

doge / duc / duce (latin classique ducem, dux)

  • 1 – latin classique– vénitien doxe  –  français moderne (1552)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

  • 3 – latin classique – itaslien (fin XIIIe)  –  français moderne (1929)

douro / dur (latin classique durus)

  • 1 – latin classique – espagnol (duro  –  français moderne (1838 )

  • 2 – latin classique – ancien français (finXe)

drac, drak (latin classique draco) / dragon  (latin classique dragonem accusatif de draco)

  • 1 – latin classique – occitan (dra ca 1140, drac début XIIIe)  – français moderne (1690)

  • 2 – latin classique – ancien français (ca 1100)

dragon cf. drac, drak

draille / traille (latin tragula)

  • 1 – latin – ancien occitan (tralha 1348 ) –  languedocien (dralho) –  français moderne (1792)

  • 2 – latin – moyen français (1409)

drosse (latin traducem, tradux « sarment » qui a donné en italien trozza altéré sous l'influence de drisse) / troche (1)  (latin traducem, tradux)
Certaines étymologies italiennes font remonter trozza à l'ancien français troche métathèse de torche : cf. Garzanti Linguistica

  • 1 – latin – italien trozza (XIIIe)  – français moderne (1636)

  • 2 – latin – latin populaire traduca altération du précèdent avec changement de déclinaison – ancien français (XIe)

duc cf. doge ;duce

duce cf. doge ;duc

dur cf. douro

traille cf. draille (1)

troche (1) cf. drosse

1 371

Re : les doublets en français

fagne / fange (du gotique fani)

fange cf. fagne

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 372

Re : les doublets en français

glop a écrit:

fagne / fange (du gotique fani)

fange cf. fagne

En italien et en espagnol, c'est fango, en anglais, fen et en allemand, fenn. Il va falloir se plonger dans l'étymologie de tous ces mots pour avoir une idée plus ou moins correcte de leur parcours et de la langue de l'étymon (faut-il vraiment remonter jusqu'au gothique ?).

Pour fagne, ça semble un peu tordu : du gothique au latin populaire (gallo-roman) à l'ancien bas-francique au latin médiéval au wallon... La notice du TLFi en dit plus que le DHLF mais n'est pas très claire.

En tout ça, c'est noté. Merci beaucoup.

1 373 Dernière modification par glop (31-07-2016 22:23:30)

Re : les doublets en français

ladrerie / lazaret (nom Lazare)

lazaret cf. ladrerie

Nomina si nescis, perit cognitio rerum. Edward Coke

1 374

Re : les doublets en français

Les doublets sont dans ce cas : ladre/Lazare. Les deux autres sont des dérivés. Je note donc ce nouveau couple mais, comme tous ceux comprenant un nom propre, il sera traité dans longtemps, longtemps...

Merci smile

Re : les doublets en français

déport - sport (français desport > anglais disport > par aphérèse anglais sport > français sport)

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